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Ézéchiel 28

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

La parole de Yahweh me fut adressée en ces termes :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Disant (dicens). Voir sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.

« Fils de l’homme, dis au prince de Tyr : Ainsi parle le Seigneur Yahweh : Parce que ton cœur s’est élevé, et que tu as dit : « Je suis un dieu, je siège sur un trône de dieu au milieu des mers », alors que tu es un homme et non pas un dieu, quoique tu rendes ton cœur pareil au cœur d’un dieu :

— Voici que tu es plus sage que Daniel ; rien de secret ne t’est caché ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tu es plus sage que Daniel ; paroles dites par ironie. Daniel vivait alors à la cour du roi de Babylone, avec la réputation de l’homme le plus éclairé de cet empire. Il y avait quatorze ou quinze ans qu’il avait expliqué à Nabuchodonosor le songe de la statue composée de divers métaux (voir Daniel, 2, 27-28), ce qui avait été le commencement de sa grande réputation.

par ta sagesse et ton intelligence, tu t’es acquis de la richesse, et tu as entassé de l’or et de l’argent, dans tes trésors ;

par la grandeur de ta sagesse, par ton commerce, tu as accru ta richesse, et, dans ta richesse, ton cœur s’est élevé, —

à cause de cela, ainsi parle le Seigneur Yahweh : Parce que tu as rendu ton cœur pareil au cœur d’un dieu,

à cause de cela, voici que je fais venir contre toi des étrangers, féroces entre tous les peuples ; ils tireront l’épée contre les chefs-d’œuvre de ta sagesse, et ils profaneront ta splendeur.

Ils te feront descendre dans la fosse, et tu mourras de la mort de ceux qui sont tués, au sein des mers.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la fosse. Ces mots sont dans l’hébreu.

Diras-tu encore : « Je suis un dieu », en présence de ton meurtrier, quand tu es un homme et non pas un dieu, dans la main de celui qui t’égorge ?

Tu mourras de la mort des incirconcis par la main des étrangers ; car moi j’ai parlé, — oracle du Seigneur Yahweh. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De la mort des incirconcis, de mort violente.

La parole de Yahweh me fut adressée en ces termes : « Fils de l’homme, prononce une lamentation sur le roi de Tyr,

et dis-lui : Ainsi parle le Seigneur Yahweh : Tu étais le sceau de la perfection, plein de sagesse et parfait en beauté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La plupart des Pères regardent la description de la puissance du roi de Tyr comme une figure de la gloire et de la ruine de Lucifer.

Tu étais en Éden, dans un jardin de Dieu ; tu étais couvert de pierres précieuses, sardoine, topaze et diamant, chrysolithe, onyx et jaspe, saphir, escarboucle, émeraude et or ; tu avais à ton service des tambourins et des fifres, préparés le jour où tu fus créé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ta couverture (operimentum tuum) ; exprime non seulement le vêtement, mais tout ce qui sert à couvrir, comme les couvertures du lit, etc. ; il en est de même du terme hébreu correspondant, il signifie couverture en général. ― Tes bijoux percés ; littéralement, tes trous (foramina tua) ; c’est-à-dire, selon saint Jérôme, et les plus habiles hébraïsants modernes, les endroits où tu renfermes tes trésors ; suivant d’autres, des chatons de bague dans lesquels on enchâsse des pierres précieuses ; explication parfaitement conforme au contexte.

Tu étais le chérubin oint pour protéger ; je t’avais placé sur la sainte montagne de Dieu ; tu y étais ; tu marchais au milieu des pierres de feu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tu étais un chérubin, etc., allusion aux chérubins qui couvraient et protégeaient ainsi l’arche dans le temple du Seigneur, sur sa montagne sainte. ― Tu as marché, etc. ; c’était la coutume chez les anciens d’orner les murs et le pavé des appartements, non seulement de marbre, mais encore de pierres précieuses. D. Calmet a cité plusieurs exemples de ces sortes de somptuosités dans son Comment. littér. sur le livre d’Esther, I, 6.

Tu fus parfait dans tes voies depuis le jour où tu fus créé, jusqu’à ce que l’iniquité se trouva en toi.

En multipliant ton trafic, ton intérieur s’est rempli de violence, et tu as péché, et je t’ai banni de la montagne de Dieu, et je t’ai fait périr, ô chérubin protecteur, au milieu des pierres de feu.

Ton cœur s’est élevé à cause de ta beauté ; tu as perverti ta sagesse par l’effet de ta splendeur. Je t’ai précipité par terre ; je t’ai donné en spectacle aux rois.

À force d’iniquité, par l’injustice de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires ; et j’ai fait sortir un feu du milieu de toi, c’est lui qui t’a dévoré ; et je t’ai réduit en cendres sur la terre, aux yeux de tous ceux qui te voyaient.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ton sanctuaire ; la montagne sainte de Dieu. Comparer au verset 14.

Tous ceux qui te connaissaient parmi les peuples sont dans la stupeur à cause de toi ; tu es devenu un objet d’épouvante ; et pour jamais tu n’es plus. »

La parole de Yahweh me fut adressée en ces termes :

« Fils de l’homme, tourne ta face vers Sidon, prophétise sur elle,

et dis : Ainsi parle le Seigneur Yahweh : Voici que je viens à toi, Sidon ; je vais me glorifier au milieu de toi. On saura que je suis Yahweh quand j’exercerai des jugements contre elle, et que je me sanctifierai en elle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je serai glorifié ; par les châtiments que j’exercerai sur toi. ― Ils sauront ; c’est-à-dire ses habitants. ― Sur elle. Le Seigneur ne s’adresse plus directement à Sidon, mais à son prophète. Ce changement subit de personne est très commun dans le style prophétique. ― Que j’aurai été sanctifié en elle ; voir sur cette expression, Ezéchiel, 20, 41.

J’enverrai contre elle la peste, et il y aura du sang dans ses rues ; il tombera au milieu d’elle des victimes de l’épée qui la frappera de toutes parts ; et l’on saura que je suis Yahweh.

Alors il n’y aura plus pour la maison d’Israël d’épine malfaisante ou de ronce douloureuse, parmi tous ses voisins qui la méprisent ; et l’on saura que je suis le Seigneur Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sidon ne sera plus, etc. Sidon, en effet, fut un sujet de honte et de scandale pour la maison d’Israël, en l’engageant dans l’idolâtrie par Jézabel, femme d’Achab et fille d’Ethbaal, roi des Sidoniens (voir 3 Rois, 16, 31). Sidon fut aussi un sujet d’affliction et d’amertume pour le peuple du Seigneur en insultant à son malheur et à sa captivité. Enfin elle fut comme une épine qui pique et qui blesse douloureusement, par les vexations et les violences qu’elle commit contre les Israélites, aussi bien que leurs autres voisins les Tyriens, les Moabites, les Ammonites, etc. ― L’environnent, la combattent. Dans l’hébreu comme dans la Vulgate, au lieu du singulier féminin la, on lit le masculin pluriel les ; parce que Sidon, et maison d’Israël, sont mis ici pour les Sidoniens et les Israélites. ― A Sidon, « pas de traces de sa grandeur passée, dit Lamartine. Une jetée circulaire, formée de rochers énormes, enceint une darse comblée de sable, et quelques pêcheurs, avec leurs enfants, les jambes dans l’eau, poussent à la mer une barque sans mâture et sans voiles, seule image maritime de cette seconde reine des mers. »

Ainsi parle le Seigneur Yahweh : Lorsque je rassemblerai la maison d’Israël du milieu des peuples parmi lesquels elle est dispersée, je me sanctifierai en eux aux yeux des nations ; et ils habiteront sur leur terre, que j’aie donnée à mon serviteur, à Jacob.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils ; c’est-à-dire les Israélites, désignés par l’expression la maison d’Israël. Voir la note précédente. ― Je serai sanctifié. Voir sur cette expression, Ezéchiel, 20, 41.

Ils y habiteront en sûreté ; ils bâtiront des maisons et planteront des vignes ; ils l’habiteront en sûreté, quand j’aurai exercé des jugements sur tous leurs voisins qui les méprisent. Et l’on saura que je suis Yahweh leur Dieu. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils. Voir la note précédente.