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Ézéchiel 1
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Et la trentième année, au quatrième mois, le cinquième jour du mois, comme j’étais parmi les captifs, près du fleuve Chobar, les cieux s’ouvrirent et je vis des visions de Dieu.
Le cinquième jour du mois, — c’était la cinquième année de la captivité du roi Joachin, —
la parole de Yahweh fut adressée à Ézéchiel, fils de Buzi, prêtre, dans le pays des Chaldéens, près du fleuve Chobar, et là, la main de Yahweh fut sur lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La main du Seigneur ; c’est-à-dire, l’action, la force, l’énergie de l’Esprit-Saint dit Théodoret.
Je vis, et voici qu’un vent de tempête venait du septentrion, et une grande nuée, et une masse de feu qui resplendissait alentour ; et au milieu d’elle on voyait comme l’aspect d’un métal plongé dans le feu.
Et au milieu, je vis la ressemblance de quatre êtres vivants, et voici quel était leur aspect : ils avaient une ressemblance humaine.
Chacun avait quatre faces, et chacun avait quatre ailes.
Leurs pieds étaient des pieds droits, et la plante de leurs pieds était comme la plante du pied d’un veau ; ils étincelaient comme l’aspect de l’airain poli.
Des mains d’hommes sortaient de dessous leurs ailes, sur leurs quatre côtés ; et tous les quatre avaient leurs faces et leurs ailes.
Leurs ailes étaient jointes l’une à l’autre ; ils ne tournaient point en marchant ; chacun allait devant soi.
Et voici quelle était la ressemblance de leurs faces : une face d’homme par devant, une face de lion à droite à tous les quatre, une face de taureau à gauche à tous les quatre, et une face d’aigle à tous les quatre.
Et telles étaient leurs faces. Leurs ailes se déployaient au-dessus d’eux ; chacun avait deux ailes qui rejoignaient celles de l’autre, et deux ailes qui couvraient son corps.
Chacun allait devant soi ; là où l’esprit les faisait aller, ils allaient ; ils ne tournaient pas en allant.
L’aspect de ces êtres vivants ressemblait à des charbons ardents ; c’était comme l’aspect des lampes ; le feu circulait entre les êtres, le feu était éblouissant, et du feu sortaient des éclairs.
Et les êtres vivants couraient en tous sens, comme l’aspect de la foudre.
Et je regardai les êtres vivants, et voici une roue à terre auprès d’eux, devant leurs quatre faces.
L’aspect des roues et leur forme étaient ceux de la pierre de Tharsis, et toutes quatre étaient semblables ; leur aspect et leur forme étaient comme si une roue était au milieu d’une autre roue.
En avançant, elles allaient sur leurs quatre côtés et ne se retournaient pas dans leur marche.
Leurs jantes étaient d’une hauteur effrayante, et les jantes des quatre roues étaient remplies d’yeux tout autour.
Quand les êtres allaient, les roues allaient aussi à côté d’eux, et quand les êtres s’élevaient de terre, les roues s’élevaient aussi.
Là où l’esprit les poussait à aller, ils y allaient, l’esprit les y poussant, et les roues s’élevaient avec eux ; car l’esprit de l’être vivant était dans les roues.
Quand ils allaient, elles allaient ; quand ils s’arrêtaient, elles s’arrêtaient ; et quand ils s’élevaient de terre, les roues s’élevaient avec eux ; car l’esprit de l’être vivant était dans les roues.
Au-dessus des têtes des êtres vivants, était la ressemblance d’un firmament, pareil à un cristal éblouissant ; il était étendu au-dessus de leurs têtes.
Et sous le firmament se dressaient leurs ailes, l’une vers l’autre, et chacun en avait deux qui lui couvraient le corps de chaque côté.
Et j’entendis le bruit de leurs ailes, quand ils allaient, comme le bruit des grandes eaux, comme la voix du Tout-Puissant, un bruit tumultueux comme celui d’un camp ; quand ils s’arrêtaient, ils laissaient retomber leurs ailes.
Et il se faisait un bruit, partant du firmament étendu sur leurs têtes ; quand ils s’arrêtaient, ils laissaient retomber leurs ailes.
Au-dessus du firmament qui était sur leurs têtes, il y avait comme l’aspect d’une pierre de saphir, en forme de trône ; et sur cette ressemblance de trône, il semblait y avoir comme une figure d’homme au-dessus.
Au-dedans et alentour, je vis comme une forme de métal, comme un aspect de feu, depuis ce qui paraissait ses reins et au-dessus ; et depuis ce qui paraissait ses reins et au-dessous, je vis comme l’aspect du feu, et il y avait de l’éclat tout autour de lui.
Comme l’aspect de l’arc qui est dans la nuée en un jour de pluie, tel était l’aspect de l’éclat tout autour de lui. Tel était l’aspect de la ressemblance de la gloire de Yahweh. À cette vue, je tombai sur ma face, et j’entendis la voix de quelqu’un qui parlait.
Commentaire (versets 4 à 28) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 4 à 28 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Les trois premiers grands prophètes reçurent chacun leur mission dans une vision qui en marque le caractère spécial, voir Isaïe, chapitre 6 ; Jérémie, chapitre 1 ; Ezéchiel, du chapitre 1 au chapitre 3, verset 21. Eloigné du temple et de la cité sainte, Ezéchiel vit en exil, près du fleuve Chobar, en Chaldée. Là se trouvaient une partie des Juifs qui avaient été déportés en même temps que le roi Jéchonias, par Nabuchodonosor, lors de son second siège contre Jérusalem. Le but que s’était proposé la Providence, en condamnant son peuple à la captivité, avait été, non pas de l’abandonner, mais de le convertir et de le purifier. Elle suscita donc un prophète destiné à rappeler aux captifs que le Dieu de leurs pères ne les délaisserait pas, mais qu’il tiendrait fidèlement toutes les promesses qu’il leur avait faites, et enverrait un jour à leurs enfants le libérateur qu’il leur avait annoncé. ― Aux enfants de Jacob, transplantés sur une terre étrangère, Dieu fait parler par son Prophète un nouveau langage. C’est en hébreu qu’il s’adresse encore aux captifs ; mais les images dont il va se servir sont empruntées en grand nombre au spectacle nouveau qu’ils ont sous les yeux, aux monuments de l’art assyro-chaldéen en particulier. ― Dieu se révèle à son Prophète sous une forme humaine assez semblable à celle par laquelle les Assyro-Chaldéens représentaient le Dieu suprême. Il était porté sur ce qu’on a appelé improprement char, d’où le nom de vision du char que les rabbins donnent à cette théophanie ou manifestation divine. Des anges, d’une forme extraordinaire, apparaissent à Ezéchiel, comme les ministres des volontés du Seigneur. Il les décrit comme des animaux symboliques, sans les désigner par un nom particulier ; il apprit plus tard qu’ils s’appelaient chérubins. On a découvert ces dernières années, dans les ruines des palais de l’Assyrie, des animaux sculptés qui portent précisément le même nom et ressemblent d’une manière frappante aux animaux décrits par le Prophète. Les chérubins avaient la forme de quatre animaux distincts. Ils avaient un corps de lion à droite et un corps de taureau à gauche, avec des pieds droits ; une figure d’homme et des aigles d’ailes. Ils se regardaient deux à deux, face à face, comme dans les palais royaux et les temples d’Assyrie, et ils produisaient ainsi l’impression que décrit le Prophète : « Ils ne se retournaient pas quand ils marchaient, mais chacun d’eux allait devant sa face. » En réunissant en eux les caractères des quatre rois de la création animée, ils nous apparaissent comme l’emblème de toutes les qualités physiques et morales.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ezéchiel, 3, 23 ; 10, 20 ; 43, 3. ― Trentième année d’Ezéchiel, selon les uns, de la découverte du livre de la loi sous Josias, suivant les autres, ou selon d’autres, parmi lesquels l’auteur de la Paraphrase chaldaïque, du commencement du règne de Nabopolassar, père de Nabuchodonosor ; manière de calculer les années qui étaient en usage chez les Babyloniens. ― Quatrième mois de l’année sacrée, et le dixième de l’année civile. Il commençait à la nouvelle lune de juin, selon les rabbins, mais c’était plus probablement à celle de juillet. ― Chobar ; en hébreu Chêbar ; fleuve qui prend sa source dans la Mésopotamie et se jette dans l’Euphrate. ― Il est assez difficile de savoir au juste quel est ce fleuve Chobar, Kebâr. Ce n’est pas le Chaboras, Khâbor, de Gozan, qui se jette dans le Tigre, voir 4 Rois, 17, 6, puisque ce nom est écrit différemment ; c’est, d’après la plupart des anciens interprètes, le Khabour actuel, qui arrose la haute Mésopotamie et se jette dans l’Euphrate ; il est cependant plus vraisemblable que ce nom désigne ici un des canaux de l’Euphrate, dans les environs de Babylone, parce que le texte ajoute, verset 3, dans la terre des Chaldéens, désignation qu’on ne peut appliquer au Khabour, qui coule au nord de Babylone, tandis que la Chaldée était située au sud de cette ville.