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Ézéchiel 21

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

La parole de Yahweh me fut adressée en ces termes :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Disant (dicens). Voir, sur ce mot, Ezéchiel, 3, 16.

« Fils de l’homme, tourne ta face dans la direction de Théman ; fais découler ta parole vers le sud, et prophétise contre la forêt de la campagne du midi ;

et dis à la forêt du midi : Écoute la parole de Yahweh ! Ainsi parle le Seigneur Yahweh : Voici que je vais allumer au milieu de toi un feu, et il dévorera en toi tout arbre vert et tout arbre sec ; la flamme dévorante ne s’éteindra point, et toute face sera brûlée par elle, du midi au septentrion.

Et toute chair verra que c’est moi, Yahweh, qui l’ai allumée, et elle ne s’éteindra pas.

Et je dis : « Ah ! Seigneur Yahweh, ils disent de moi : Est-ce qu’il ne parle pas en paraboles ? »

Et la parole de Yahweh me fut adressée en ces termes :

« Fils de l’homme, tourne ta face vers Jérusalem, et fais découler ta parole vers les lieux saints, et prophétise contre la terre d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui vient ; littéralement, parce qu’il vient ; mais c’est un pur hébraïsme dont le vrai sens est celui que nous avons rendu dans notre traduction. ― L’eau coulera, etc. Voir Ezéchiel, 7, 17.

Dis à la terre d’Israël : Ainsi parle Yahweh : Voici que je viens à toi ; je tirerai mon épée de son fourreau, et j’exterminerai de ton sein juste et méchant.

Et parce que je vais exterminer de ton sein juste et méchant, à cause de cela, mon épée sortira de son fourreau contre toute chair, du midi au septentrion.

Et toute chair saura que c’est moi, Yahweh, qui ai tiré mon épée du fourreau ; elle n’y rentrera plus.

Et toi, fils de l’homme, gémis ; jusqu’à te rompre les reins avec amertume, gémis devant eux.

Et quand ils te diront : pourquoi gémis-tu ? Tu répondras : À cause d’une nouvelle qui arrive. Et tout cœur se fondra, toute main faiblira, tout esprit sera dans le trouble, tout genou s’en ira en eau. Voici qu’elle arrive ; c’est fait, — oracle du Seigneur Yahweh. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Frappe sur ta cuisse. Ce geste se fait souvent dans l’admiration, mais ici il marque la douleur. Comparer à Jérémie, 31, 19.

Et la parole de Yahweh me fut adressée en ces termes :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ce sceptre. Voir verset 10. ― Lorsqu’il ; c’est-à-dire le glaive.

« Fils de l’homme, prophétise et dis : Ainsi parle Yahweh : Dis : L’épée, l’épée est aiguisée et fourbie :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Frappe des mains ; littéralement, de main à main ; soit en signe d’applaudissement aux vengeances du Seigneur (voir verset 17), soit en signe de douleur et d’indignation contre les infidélités du peuple (voir Ezéchiel, 22, 13). ― Qu’il soit triplé, etc. Saint Jérôme voit dans ces mots les trois invasions de Nabuchodonosor : l’une, qui eut lieu lorsque ce prince se rendit Joakim tributaire (voir 4 Rois, 24, 1) ; la seconde, lorsqu’il fit Joachin captif (voir 4 Rois, 24, 15), et la troisième, lorsqu’il transporta Sédécias à Babylone (voir 4 Rois, 25, 27).

c’est pour faire un massacre qu’elle est aiguisée, pour faire briller l’éclair qu’elle est fourbie. Ou bien nous réjouirons-nous en disant : « Le sceptre de mon fils méprise tout bois ? »

On l’a donnée à fourbir pour qu’on la prenne en main ; c’est une épée aiguisée, et elle est fourbie, pour qu’on la mette dans la main de l’égorgeur.

Crie et hurle, fils de l’homme, car elle est pour mon peuple, elle est pour tous les princes d’Israël. Ils sont livrés à l’épée avec mon peuple ; frappe donc sur ta cuisse !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je frapperai des mains. Comparer au verset 14.

Car l’épreuve est faite : et quoi donc ? Si ce sceptre continue de mépriser, mes menaces ne se réaliseraient pas, — oracle du Seigneur Yahweh !

Et toi, fils de l’homme, prophétise et frappe main contre main : Que l’épée double, triple ses coups ! C’est l’épée du carnage, l’épée du grand carnage, qui les encercle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pose-toi ; c’est-à-dire représente, trace. ― C’est de la main, etc. La manière de conjecturer, de deviner par la main, ou de tirer au sort, est décrite au verset 21.

Pour que les cœurs se fondent, et pour multiplier les victimes, j’ai mis à toutes les portes l’épée meurtrière. Ah ! elle est préparée pour lancer l’éclair, elle est aiguisée pour le carnage !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Afin que vienne, etc. Nabuchodonosor veut aller à Rabbath, capitale des Ammonites, parce que les Ammonites, les Iduméens et les Moabites s’étaient ligués avec Sédécias contre le roi de Babylone, come nous l’apprend Jérémie (voir Jérémie, 27, 3).

En position à droite ! En place à gauche ! Fais face de tous côtés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mêlant les flèches. Lorsqu’un général voulait savoir quelle ville il devait d’abord attaquer, il écrivait sur les flèches d’un carquois les noms des différentes villes qu’il voulait attaquer, et il les mettait dans le carquois, et celle qu’il tirait indiquait la ville qui devait être prise la première. C’est ainsi que, la flèche qui portait le nom de Jérusalem ayant été tirée la première, Nabuchodonosor prit aussitôt le chemin de cette ville.

Moi aussi, je frapperai main contre main ; et j’assouvirai mon courroux. Moi, Yahweh, j’ai parlé. »

Et la parole de Yahweh me fut adressée en ces termes :

« Toi, fils de l’homme, trace deux chemins par où puisse aller l’épée du roi de Babylone ; que tous deux partent du même pays, et grave un signe, grave-le à l’entrée du chemin d’une ville.

Tu traceras un chemin à l’épée pour aller à Rabbath, capitale des fils d’Ammon, ou en Juda, contre Jérusalem, ville forte.

Car le roi de Babylone s’est arrêté au carrefour, à la tête des deux chemins, pour tirer des présages : il secoue les flèches, il interroge les théraphim, il examine le foie.

Dans sa droite est le présage « Jérusalem », pour dresser des béliers contre les murailles, pour ouvrir une entrée par une brèche, pour pousser à haute voix le cri de guerre, pour dresser des béliers contre les portes, pour élever des terrasses, pour construire des murs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mais cela, etc. il est impossible de ne pas considérer cette phrase comme une parenthèse, les verbes étant au passé dans l’hébreu aussi bien que dans la Vulgate. C’est pour cela que nous l’avons mise entre des crochets.

À leurs yeux, ce n’est qu’une divination mensongère ; ils ont pour eux les serments les plus sacrés ; mais lui les fera souvenir de leurs iniquités lorsqu’ils seront pris.

C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur Yahweh : Parce que vous avez rappelé votre iniquité en manifestant vos transgressions, en faisant voir vos péchés dans toutes vos actions, parce que vous vous êtes rappelés au souvenir, vous serez pris avec la main.

Et toi, profane, méchant prince d’Israël, dont le jour est venu, maintenant que l’iniquité est à son terme,

ainsi parle le Seigneur Yahweh : La tiare va être ôtée et la couronne enlevée ; tout sera bouleversé ; ce qui est bas sera élevé, ce qui est haut sera abaissé.

J’en ferai une ruine, une ruine, une ruine ; cela ne sera plus, jusqu’à ce que vienne celui à qui appartient le jugement et à qui je le remettrai.

Commentaire (versets 30 à 32) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 30 à 32 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Cette dernière prophétie regarde en partie Nabuchodonosor, et en partie ses successeurs et la monarchie même des Babyloniens, qui, après avoir été l’instrument des vengeances du Seigneur contre tant de peuples, fut elle-même ensuite détruite par Cyrus.

Et toi, fils de l’homme, prophétise et dis : Ainsi parle le Seigneur Yahweh, contre les fils d’Ammon et au sujet de leurs outrages. Dis : L’épée, l’épée est tirée pour massacrer ; elle est fourbie pour dévorer, pour lancer l’éclair.

— pendant qu’on a pour toi des visions vaines, et des présages menteurs, — pour te placer avec les cadavres des méchants livrés au glaive, dont le jour est venu au temps où l’iniquité est à son terme.

Rentre ton épée dans son fourreau ; c’est dans le lieu ou tu as été créé, sur la terre où tu as pris naissance que je te jugerai.

Je répandrai sur toi mon courroux ; avec le feu de ma fureur je soufflerai sur toi, et je te livrerai aux mains d’hommes insensés, à des artisans de destruction.

Tu seras la pâture du feu, ton sang sera au milieu du pays, on ne se souviendra pas de toi ; car moi, Yahweh, j’ai parlé. »