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Sagesse 7
Je suis moi-même un homme mortel semblable à tous les autres, sorti de la race de celui qui le premier fut formé de terre ; mon corps a pris sa figure dans le ventre de ma mère,
Pendant dix mois, et j’ai été formé d’un sang épaissi, et de la substance de l’homme dans le repos du sommeil.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 10, 10. ― Dans l’espace de dix mois. L’année chez les Hébreux se composait de mois de 29 et 30 jours. La naissance de l’enfant arrivait ordinairement vers le milieu du dixième mois, et l’on comptait le mois commencé, dans le calcul que nous avons ici, selon un usage assez commun en Orient. C’est ainsi qu’il est dit que Jésus-Christ resta trois jours dans le tombeau, quoiqu’il n’y ait été mis que le vendredi soir et qu’il soit ressuscité le dimanche matin.
Étant né, j’ai respiré l’air commun à tous ; je suis tombé sur la même terre, et je me suis fait entendre d’abord en pleurant comme tous les autres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai reçu, etc. ; j’ai respiré l’air commun à tous les autres hommes.
J’ai été enveloppé de langes, et élevé avec de grands soins.
Car il n’y a point de rois qui soient nés autrement.
Il n’y a pour tous qu’une manière d’entrer dans la vie, et qu’une manière d’en sortir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 1, 21 ; 1 Timothée, 6, 7.
C’est pourquoi j’ai désiré l’intelligence, et elle m’a été donnée : j’ai invoqué le Seigneur, et l’esprit de sagesse est venu en moi ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai désiré, etc. Comparer à 3 Rois, 3, 9-11.
Je l’ai préféré aux royaumes et aux trônes, et j’ai cru que les richesses n’étaient rien au prix de la sagesse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et je l’ai mise, etc. Comparer à Proverbes, 8, vv. 10-11, 15-16.
Je n’ai point fait entrer en comparaison avec elle les pierres précieuses, parce que tout l’or au prix d’elle n’est qu’un peu de sable, et que de l’argent devant elle sera considéré comme de la boue.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Job, 28, 15 ; Proverbes, 8, 11.
Je l’ai plus aimée que la santé et que la beauté : j’ai résolu de la prendre pour ma lumière, parce que sa clarté ne peut être jamais éteinte.
Tous les biens me sont venus avec elle, et j’ai reçu de ses mains des richesses innombrables ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 3, 13 ; Matthieu, 6, 33. ― Richesses ; c’est le sens du grec, et même du latin de la Vulgate honestas, non seulement ici, mais dans tout le livre.
Et je me suis réjoui en toutes ces choses, parce que cette sagesse marchait devant moi, et je n’avais pas su qu’elle était la mère de tous ces biens.
Je l’ai apprise sans déguisement ; j’en fais part aux autres sans envie, et je ne cache point les richesses qu’elle renferme.
Car elle est un trésor infini pour les hommes ; et ceux qui en ont usé sont devenus les amis de Dieu, et se sont rendus recommandables par les dons de la science.
Dieu m’a fait la grâce de parler selon ce que je sens dans mon cœur, et d’avoir des pensées dignes des dons que j’ai reçus, parce qu’il est lui-même le guide de la sagesse, et que c’est lui qui redresse les sages.
Nous sommes dans sa main nous et nos discours, avec toute la sagesse la science d’agir, et le règlement de la vie.
C’est lui-même qui m’a donné la vraie connaissance de ce qui est, qui m’a fait savoir la disposition du monde, les vertus des éléments,
Le commencement, la fin, et le milieu des temps, les changements que causent l’éloignement et le retour du soleil, la vicissitude des saisons,
Les révolutions des années, les dispositions des étoiles,
La nature des animaux, les instincts des bêtes, la force des vents, les pensées des hommes, la variété des plantes, et les vertus des racines.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les colères des bêtes. Le sens du grec est plus général, il exprime tous les instincts des animaux. ― Les différences des plantes, la science de la botanique. ― Les vertus des racines, la connaissance des remèdes.
J’ai appris tout ce qui était caché, et qui n’avait point encore été découvert, parce que la sagesse même qui a tout créé me l’a enseigné ;
Car il y a dans elle un esprit d’intelligence, qui est saint, unique, multiplié dans ses effets, subtil, disert, agile, sans tache, clair, doux, ami du bien, pénétrant, que rien ne peut empêcher d’agir, bienfaisant,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La sagesse dont il est question dans ce verset et les suivants est la Sagesse incréée, comme l’enseignent les théologiens, et comme le prouve la comparaison du langage de notre livre avec celui de l’Ecclésiastique, 24, verset 4 et suivants, et avec Hébreux, 1, 3.
Amateur des hommes, bon, stable, infaillible, calme, qui a toute vertu, qui voit tout, qui renferme en soi tous les esprits, intelligible, pur, et subtil.
Car la sagesse est plus active que toutes les choses les plus agissantes ; et elle atteint partout à cause de sa pureté.
Elle est la vapeur de la vertu de Dieu, et l’effusion toute pure de la clarté du Tout-Puissant : c’est pourquoi elle ne peut être susceptible de la moindre impureté ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La vapeur ; comme une odeur qui s’exhale de la vertu divine.
Parce qu’elle est l’éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu, et l’image de sa bonté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Hébreux, 1, 3.
N’étant qu’une, elle peut tout ; et toujours immuable en elle-même, elle renouvelle toutes choses, elle se répand parmi les nations dans les âmes saintes, et elle forme les amis de Dieu et les prophètes,
Car Dieu n’aime que celui qui habite avec la sagesse.
Elle est plus belle que le soleil, et plus élevée que toutes les étoiles ; si on la compare avec la lumière, elle l’emportera.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au-dessus de toute disposition des étoiles ; c’est-à-dire supérieure par sa beauté à la disposition déjà si belle des étoiles du firmament. La traduction : Elle est plus élevée que toutes les étoiles, est aussi peu conforme à la Vulgate qu’au texte grec.
Car la nuit succède au jour ; mais la malignité ne peut prévaloir contre la sagesse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai été formé chair ; c’est-à-dire corps ; mon corps a été formé.