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Sagesse 5
Alors les justes s’élèveront avec une grande hardiesse contre ceux qui les auront accablés d’affliction, et qui leur auront ravi le fruit de leurs travaux.
Les méchants, à cette vue, seront saisis de trouble, et d’une horrible frayeur ; ils seront frappés d’étonnement en voyant tout d’un coup contre leur attente les justes sauvés ;
Ils diront en eux-mêmes, étant touchés de regret, et jetant des soupirs dans le serrement de leurs cœurs : Ce sont ceux-là qui ont été autrefois l’objet de nos railleries, et que nous donnions pour exemple de personnes dignes de toutes sortes d’opprobres.
Insensés que nous étions, leur vie nous paraissoit une folie, et leur mort honteuse :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Sagesse, 3, 2.
Cependant les voilà élevés au rang des enfants de Dieu, et leur partage est avec les saints.
Nous nous sommes donc égarés de la voie de la vérité, la lumière de la justice n’a point lui pour nous, et le soleil de l’intelligence ne s’est point levé sur nous.
Nous nous sommes lassés dans la voie de l’iniquité et de la perdition ; nous avons marché dans des chemins âpres, et nous avons ignoré la voie du Seigneur.
De quoi nous a servi notre orgueil ? qu’avons-nous tiré de la vaine ostentation de nos richesses ?
Toutes ces choses sont passées comme l’ombre, et comme un courrier qui court,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Paralipomènes, 29, 15 ; Sagesse, 2, 5.
Ou comme un vaisseau qui fend les flots agités, dont on ne trouve point de trace après qu’il est passé, et qui n’imprime sur les flots aucune marque de sa route ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 30, 19.
Ou comme un oiseau qui vole au travers de l’air, sans qu’on puisse remarquer par où il passe : on n’entend que le bruit de ses ailes qui frappe l’air, et qui le divise avec effort ; et après qu’en les remuant il a achevé son vol, on ne trouve plus aucune trace de son passage ;
Ou comme une flèche qui est lancée vers son but, l’air qu’elle divise se rejoint aussitôt, sans qu’on reconnaisse par où elle est passée :
Ainsi nous ne sommes pas plus tôt nés que nous avons cessé d’être ; nous n’avons pu montrer en nous aucune trace de vertu, et nous avons été consumés par notre malice.
Voilà ce que les pécheurs diront dans l’enfer :
Parce que l’espérance des méchants est comme ces petites pailles que le vent emporte ; ou comme l’écume légère qui est dispersée par la tempête ; ou comme la fumée que le vent dissipe, ou comme le souvenir d’un hôte qui passe et qui n’est qu’un jour en un même lieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 1, 4 ; Proverbes, 10, 28 ; 11, 7.
Mais les justes vivront éternellement, le Seigneur leur réserve leur récompense, et le Très-Haut a soin d’eux.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les soins en leur faveur ; littéralement la pensée ou le soin d’eux (cogitalio illorum). Ici, comme en bien d’autres passages de l’Ecriture, le pronom possessif a le sens passif. Comparer à la fin des Observations préliminaires des Psaumes. Le grec porte la sollicitude, le soin ; ce qui confirme notre assertion par rapport au pronom possessif.
C’est pourquoi ils recevront de la main du Seigneur un royaume admirable, et un diadème éclatant de gloire ; il les couvrira de sa main droite et les défendra par son bras saint.
Son zèle se revêtira de toutes ses armes, et il armera ses créatures pour se venger de ses ennemis.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 17, 40 ; Ephésiens, 6, 13.
Il prendra la justice pour cuirasse, et pour casque l’intégrité de son jugement.
Il se couvrira de l’équité comme d’un bouclier impénétrable ;
Il aiguisera sa colère inflexible comme une lance aiguë, et tout l’univers combattra avec lui contre les insensés.
Les foudres iront droit à eux, ils seront lancés des nuées comme les flèches d’un arc bandé avec force, et ils fondront au lieu qui leur aura été marqué.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les foudres lancées ; littéralement les émissions des foudres. L’auteur, ainsi que les autres écrivains sacrés, envisage les foudres comme les flèches d’un arc. ― Elles seront décochées ; c’est-à-dire renvoyées, retirées ; car le latin exterminabuntur signifie proprement seront renvoyées, chassées de leur lieu. ― Des nuées. Le génitif latin nubium pourrait à la rigueur être considéré comme régime du mot arc (arcu) ; mais il nous a paru plus naturel de le faire dépendre du verbe. Il est vrai que dans cette hypothèse, il devait être à l’ablatif ; mais il est constant que pour les cas comme pour les genres, la Vulgate se conforme souvent, non pas au latin, mais à l’idiome du texte original. Ainsi le génitif est mis ici, comme dans le grec, pour l’ablatif que réclame la langue latine.
La colère de Dieu, semblable à une machine qui jette des pierres, fera pleuvoir sur eux des grêles ; la mer répandra contre eux sa vague irritée, et les fleuves se déborderont avec furie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Semblable à une baliste, comme porte le texte grec ; la Vulgate dit pierreuse. Or la baliste ou catapulte était une machine dont on se servait anciennement dans les sièges pour lancer des pierres. Le sens est donc que la colère de Dieu sera comme une baliste, qui fera tomber sur les impies une quantité de grêles aussi dures que des pierres.
Un vent violent s’élèvera contre eux, et les dispersera comme un tour billon ; leur iniquité réduira toute la terre en un désert, et le trône des puissants sera renversé par leur malice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Alors ; c’est-à-dire lors du jugement des impies, dont il est parlé au chapitre précédent.