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1 Machabées 8

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

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Or, Judas entendit parler des Romains : ils sont, lui dit-on, puissants dans les combats ; ils montrent de la bienveillance à tous ceux qui s’attachent à leur cause et font amitié avec quiconque vient à eux, et ils sont puissants dans les combats.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Judas apprit, etc. ; littéralement, Judas apprit le nom des Romains, qu’ils étaient, etc. ; genre de construction hébraïque, dont la Bible fournit de nombreux exemples. ― Très puissants ; littéralement, et par hébraïsme, puissants en forces.

On lui raconta leurs guerres et les exploits accomplis par eux chez les Galates, qu’ils avaient soumis et rendus tributaires ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Juifs ; est évidemment le sujet sous-entendu du verbe pluriel apprirent (audierunt). ― La Galatie se prenant aussi en grec pour la Gaule, les uns expliquent ceci d’une partie de la Galatie qui était soumise aux Romains, et les autres, des Gaulois de la Narbonnaise, qui étaient alors tributaires des Romains. Il est certain que l’an 189 avant Jésus-Christ, les Romains, sous la conduite du consul Manlius Vulso, vainquirent les Galates, peuples de l’Asie Mineure, dans deux combats.

tout ce qu’ils avaient fait dans le pays d’Espagne, pour s’emparer des mines d’or et d’argent qui s’y trouvent, et comment ils avaient soumis tout ce pays par leur prudence et leur patience :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’Espagne. Les Phéniciens avaient longtemps tiré d’Espagne des métaux précieux. Les Romains tenaient aussi particulièrement à la possession de ce pays à cause de ses mines. Il fut une des causes principales de la seconde guerre punique, et abandonné formellement aux Romains par les Carthaginois après la bataille de Zama en 201.

ce pays était très éloigné d’eux. Il en avait été de même des rois qui étaient venus les attaquer des extrémités de la terre ; ils les avaient battus et frappés d’une grande plaie, et les autres leur paient un tribut annuel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les rois qui étaient venus contre eux des extrémités de la terre, les rois qui régnaient en Espagne et aussi les généraux carthaginois, à qui les anciens donnaient souvent le titre de roi.

Ils avaient vaincu à la guerre Philippe et Persée, roi des Céthéens, et ceux qui avaient pris les armes contre eux, et ils les avaient soumis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Céthéens ou Macédoniens. Comparer à 1 Machabées, 1, 1. ― Philippe III, roi de Macédoine, fils de Démétrius II (221-179) fut complètement battu, après une guerre de plusieurs années à Cynocéphale en 197 et obligé de signer une paix humiliante. ― Persée, son fils naturel et son successeur, dernier roi de Macédoine (179-168) fut battu en 168 à Pydna, par Paul-Emile, et conduit en triomphe à Rome, où il mourut en prison vingt ans après. ― Tous les autres, qui avaient fourni des troupes à Persée, les Epirotes, les Thessaliens, les Thraces, les Illyriens.

Antiochus le Grand, roi de l’Asie, qui s’était avancé contre eux pour les combattre avec cent vingt éléphants, de la cavalerie, des chariots et une très puissante armée, avait été aussi battu par eux ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’Asie. Ce nom désigne dans l’Ecriture tout ou partie de l’Asie Mineure. ― Antiochus III le Grand portait le titre de roi d’Asie comme souverain de la Syrie et d’une grande partie de l’Asie Mineure. Après plusieurs combats, il fut complètement défait par les Romains à la bataille de Magnésie (189) et il dut céder à ses vainqueurs, qui les donnèrent à Eumène II, roi de Pergame, ses possessions à l’ouest du Taurus, la Mysie, la Lydie et la Phrygie.

ils l’avaient pris vivant et lui avaient imposé l’engagement de leur payer, lui et ses successeurs, un tribut considérable, de livrer des otages et de céder une partie de son royaume,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un grand tribut, quinze mille talents eubéens (ou plus de quatre-vingt trois millions). Cinq cent talents devaient être payés à la conclusion des négociations ; deux mille cinq cents à la ratification de la paix, et les douze mille restants pendant les douze années suivantes, mais les paiements ne furent pas faits régulièrement, de sorte qu’Antiochus Epiphane avait encore à payer les arrérages en 173, au rapport de Tite-Live. ― Qu’il donnerait des otages. Antiochus Epiphane fut un des ces otages. Voir plus haut, 1 Machabées, 8, 7. ( ?)

savoir le pays de l’Inde, la Médie et la Lydie, et des portions de ses plus belles provinces, et, après les avoir reçues de lui, ils les avaient cédées au roi Eumène.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme du temps de Judas Machabée les Romains n’avaient porté leurs armes ni dans les Indes, ni dans la Médie, quelques interprètes pensent qu’on doit lire Ioniens, au lieu d’Indiens, et Mysiens, au lieu de Mèdes ; mais il faut remarquer que, pour la vérité de l’histoire, il suffit que les Juifs l’eussent ainsi entendu dire. ― Eumène II, roi de Pergame (197-159), fils et successeur d’Attale Ier, avait hérité de son père la faveur et l’alliance des Romains. Ceux-ci le récompensèrent des services qu’il leur avait rendus et de la part qu’il avait prise à la victoire de Magnésie, en commandant son contingent de troupes en personne, par le don de plusieurs provinces enlevées à Antiochus le Grand. Voir le verset 6.

Ceux de la Grèce ayant formé le dessein d’aller les détruire, les Romains l’avaient appris

et avaient envoyé contre eux un seul général ; ils leur avaient fait la guerre, en avaient tué un grand nombre, emmené en captivité leurs femmes et leurs enfants, pillé leurs biens, soumis leur pays, détruit leurs forteresses et réduit les habitants en servitude jusqu’à ce jour.

Commentaire (versets 9 à 10) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 9 à 10 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Ce qui est dit des événements de Grèce est vague, sans doute parce que la renommée n’avait rien faire connaître de bien précis en Palestine sur ce qui s’était passé en Grèce. L’auteur sacré rapporte simplement les bruits qui étaient arrivés aux oreilles de Judas Machabée. Ils contiennent une allusion à l’alliance que les Etoliens avaient cherché à nouer avec Antiochus III le Grand.

Tous les autres royaumes et les îles qui leur avaient résisté, ils les avaient détruits et assujettis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le reste des royaumes et les îles, la Sicile, la Sardaigne et les îles grecques de l’Archipel.

Mais à leurs amis et à ceux qui mettent en eux leur confiance, ils gardent amitié ; ils se sont rendus maîtres des royaumes voisins et éloignés, et tous ceux qui entendent leur nom les redoutent.

Tous ceux à qui ils veulent prêter secours et conférer la royauté règnent, et ils ôtent le pouvoir à qui il leur plaît ; c’est une nation très puissante.

Malgré tout cela nul d’entre eux ne ceint le diadème, nul ne se vêtit de pourpre pour se grandir ainsi.

Ils se sont formé un sénat, où délibèrent chaque jour trois cent vingt membres s’occupant constamment des intérêts du peuple, pour le rendre prospère.

Ils confient chaque année le pouvoir à un seul homme pour commander dans tout leur pays ; tous obéissent à ce seul homme, et il n’y a parmi eux ni envie, ni jalousie.

Commentaire (versets 12 à 16) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 12 à 16 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Il y a ici plusieurs bruits qui ne sont vrais que grosso modo, mais c’étaient les bruits qui couraient en Palestine. Ainsi le sénat ne s’assemblait pas tous les jours, mais seulement aux calendes, aux nones, aux ides et aux fêtes. Depuis Tarquin l’ancien jusqu’en 123 avant Jésus-Christ, il ne compta que 300 membres. Pour avoir le chiffre de 320, il faut y ajouter les dix tribuns, les quatre édiles, les deux questeurs, les deux prêteurs et les deux consuls. ― Il n’y avait pas qu’un seul consul, mais les traités d’alliance portaient le nom du président du sénat (avec celui de l’ambassadeur).

Judas choisit Eupolème, fils de Jean, fils d’Accos, et Jason, fils d’Eléazar, et il les envoya à Rome pour faire avec eux amitié et alliance,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Eupolémus, fils de Jean. Ce Jean avait obtenu des rois de Syrie de grands avantages pour les Juifs, voir 2 Machabées, 4, 11. Il était de race sacerdotale. ― Jason, fils d’Eléazar, était probablement aussi de race sacerdotale, mais on ne connaît de lui que ce qui en est dit ici. Voir plus loin, 1 Machabées, 12, 16.

et pour qu’ils les délivrassent du joug, car ils voyaient que le royaume des Grecs réduisait Israël en servitude.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Juifs virent (viderunt). Comparer au verset 2. Du joug des Grecs, des rois de Syrie, qui étaient d’origine grecque.

Ils se rendirent donc à Rome, et le voyage fut très long ; et, étant entrés dans le sénat, il prirent la parole en ces termes :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils firent, etc. ; littéralement, ils allèrent à Rome, voie très grande.

« Judas Machabée, ses frères et le peuple juif nous ont envoyés vers vous pour conclure avec vous un traité d’alliance et de paix, et pour que nous soyons inscrits au nombre de vos alliés et de vos amis. »

Cette requête fut accueillie favorablement ;

et voici la copie du traité que les Romains gravèrent sur des tables d’airain, et envoyèrent à Jérusalem, pour y demeurer comme un monument de paix et d’alliance :

« Prospérité aux Romains et à la nation juive sur mer et sur terre, à jamais ! Loin d’eux l’épée et l’ennemi !

S’il survient une guerre aux Romains d’abord, ou à l’un de leurs alliés dans toute l’étendue de leur empire,

la nation juive leur prêtera secours, selon que les circonstances le permettront, de tout cœur ;

ils ne donneront aux combattants et ne fourniront ni blé, ni armes, ni argent, ni vaisseaux. Telle est la volonté des Romains ; et les Juifs observeront leurs engagements sans rien recevoir.

De même, s’il survient une guerre à la nation juive d’abord, les Romains combattront avec eux de toute leur âme, selon que les circonstances le leur permettront,

sans qu’il soit fourni aux troupes auxiliaires ni blé, ni armes, ni argent, ni vaisseaux. Telle est la volonté de Rome ; et ils observeront leurs engagements sans tromperie.

Telles sont les clauses du traité des Romains avec le peuple juif.

Que si, dans la suite, les uns et les autres veulent y ajouter ou en retrancher, ils le feront à leur gré, et ce qui aura été ajouté ou retranché sera obligatoire. »

« Au sujet des maux que le roi Démétrius leur a faits, nous lui avons écrit en ces termes : “Pourquoi fais-tu peser le joug sur les Juifs, qui sont nos amis et nos alliés ?

Si donc ils t’accusent encore auprès de nous, nous soutiendrons leurs droits, et nous te combattrons sur mer et sur terre.” »