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1 Machabées 4

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Gorgias prit avec lui cinq mille hommes et mille cavaliers d’élite, et ils se mirent en marche pendant la nuit,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gorgias. Voir plus haut, 1 Machabées, 3, 38.

pour s’approcher du camp des Juifs et les frapper à l’improviste ; les hommes de la forteresse de Sion leur servaient de guides.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceux qui, etc., littéralement, et par hébraïsme, les fils qui, etc.

Judas, l’ayant appris, se leva, lui et les vaillants, pour frapper l’armée du roi qui était à Emmaüs,

pendant que les troupes étaient encore dispersées hors du camp.

Gorgias arriva pendant la nuit au camp de Judas, mais il ne trouva personne ; alors il se mit à leur recherche dans les montagnes, car il disait : « Ils fuient devant nous ! »

Dès que vint le jour, Judas apparut dans la plaine, avec trois mille hommes ; seulement ils n’avaient, ni pour se couvrir ni pour frapper, les armes qu’ils auraient désirées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De boucliers et de glaives ; le texte grec et quelques exemplaires latins ajoutent : Comme ils les auraient voulus. On comprend en effet difficilement que les Juifs qui avaient déjà gagné deux batailles, qui avaient profité des dépouilles et des armes des troupes d’Apollonius et de Séron, fussent alors absolument sans boucliers et sans glaives ; et n’est-il pas dit expressément un peu plus bas (voir verset 15) qu’ils percèrent par le glaive tous les soldats de Nicanor qui ne purent se sauver par la fuite ?

À la vue du camp fortifié des nations, des soldats couverts de cuirasses et des cavaliers qui faisaient patrouille autour d’eux, tous exercés au combat,

Judas dit aux hommes qui étaient avec lui : « Ne craignez pas leur multitude, et ne redoutez pas leur attaque.

Rappelez-vous comment nos pères ont été sauvés dans la mer Rouge, lorsque Pharaon les poursuivait avec une puissante armée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 14, 9.

Crions maintenant vers le ciel, dans l’espoir qu’il daignera avoir pitié de nous, se souvenir de son alliance avec nos pères, et détruire aujourd’hui cette armée devant nos yeux.

Et toutes les nations sauront qu’il y a quelqu’un qui délivre et sauve Israël. »

Alors les étrangers levèrent les yeux et les aperçurent marchant contre eux ;

et ils sortirent du camp pour livrer bataille ; en même temps ceux qui étaient avec Judas sonnèrent de la trompette.

On en vint aux mains, et les nations furent abattues et s’enfuirent dans la plaine.

Les derniers rangs tombèrent tous par l’épée, et les Juifs les poursuivirent jusqu’à Gazara, et jusque dans les plaines de Judée, d’Azot et de Jamnia, et ils leur tuèrent près de trois mille hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gézéron ; probablement la même ville que Gézer (voir 2 Rois, 5, 25 ?) ou Gazer, dans la tribu d’Ephraïm (voir Josué, 16, 3 ; 21, 21). ― Idumée ; petite contrée au midi de Juda. ― Azot, Jamnia ; villes des Philistins dont la première était à huit lieues et la seconde à vingt-deux au sud d’Emmaüs. ― Trois mille hommes furent tués sur place, sans compter ceux qui le furent dans la fuite, et qu’on peut évaluer à plus de six mille, puisque l’auteur du 2e livre des Machabées (voir 2 Machabées, 8, 24) porte le nombre général des morts à plus de neuf mille.

Alors Judas, avec son armée, revint sur ses pas et cessa de les poursuivre,

disant au peuple : « Ne soyez pas avides de butin, car un combat nous attend.

Gorgias et ses troupes sont près de nous dans la montagne ; mais tenez ferme en ce moment contre nos ennemis, battez-les, et vous pourrez ensuite prendre sans crainte leurs dépouilles. »

Judas parlait encore, lorsqu’une division de Gorgias se montra sortant de la montagne.

Ils virent que les leurs étaient en fuite et que les Juifs avaient mis le feu au camp ; car la fumée qu’on apercevait manifestait ce qui s’était passé.

À cette vue, ils eurent une grande peur ; et comme ils apercevaient en même temps l’armée de Judas rangée dans la plaine, prête à livrer bataille,

ils s’enfuirent tous dans le pays des Philistins.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le pays des étrangers, des Philistins.

Judas revint pour piller le camp ; ils emportèrent beaucoup d’or et d’argent, ainsi que des étoffes de pourpre violette et de pourpre écarlate, et de grandes richesses.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La pourpre marine se faisait avec le sang du poisson nommé purpura, et elle était plus estimée que celle qui se tirait de certaines herbes. ― La pourpre marine était de couleur écarlate ; l’hyacinthe était une espèce de pourpre tirant sur le violet.

À leur retour, ils chantaient des cantiques, faisant monter vers le ciel des louanges au Seigneur : « Car il est bon, car sa miséricorde subsiste à jamais. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Parce qu’il est bon, etc. ; reprise ou refrain d’un cantique d’actions de grâces, et particulièrement du Psaume 135.

Une grande délivrance fut donnée à Israël en ce jour-là.

Ceux des étrangers qui avaient échappé vinrent annoncer à Lysias tout ce qui était arrivé.

En apprenant cette nouvelle, il fut attristé et abattu, parce que ses desseins contre Israël avaient échoué et que les ordres du roi n’étaient pas exécutés.

L’année suivante, Lysias rassembla une armée de soixante mille fantassins d’élite et de cinq mille cavaliers, afin de venir à bout des Juifs.

Ils s’avancèrent vers la Judée et établirent leur camp près de Béthoron. Judas marcha contre eux à la tête de dix mille hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Béthoron. Voir 1 Machabées, 3, 16.

À la vue de cette armée redoutable, il pria en disant : « Vous êtes béni, ô libérateur d’Israël, qui avez brisé la force du géant par la main de votre serviteur David, et livré le camp des Philistins entre les mains de Jonathas, fils de Saül, et de son écuyer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 17, 50 ; 14, 13.

Enfermez cette armée dans les mains de votre peuple d’Israël, et qu’ils soient confondus avec leurs fantassins et leurs cavaliers.

Inspirez-leur la terreur, abattez leur audace présomptueuse, et qu’ils soient ébranlés par leur défaite.

Faites-les tomber par l’épée de ceux qui vous aiment, et que tous ceux qui connaissent votre nom vous adressent des hymnes de louange. »

Ils engagèrent le combat, et cinq mille hommes de l’armée de Lysias tombèrent devant les Juifs.

Voyant la déroute de son armée et l’intrépidité des soldats de Judas, qui se montraient disposés à vivre ou à mourir honorablement, Lysias retourna à Antioche et recruta des étrangers ; il se promettait, après avoir augmenté son armée, de revenir en Judée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lysias. Voir plus haut, 1 Machabées, 3, 32. ― Antioche. Voir 1 Machabées, 3, 37.

Alors Judas et ses frères dirent : « Voilà nos ennemis défaits ; montons maintenant purifier le temple et le reconsacrer. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Purifier ; c’est-à-dire, faire disparaître les objets profanes, comme l’autel des idoles, etc. ― Renouveler ; c’est-à-dire, consacrer, destiner de nouveau au culte du Seigneur par la prière, les sacrifices, etc.

Toute l’armée se rassembla, et ils montèrent au mont Sion.

En voyant le sanctuaire désert, l’autel profané, les portes brûlées, des arbrisseaux croissant dans le parvis comme dans un bois ou sur les montagnes, et les chambres détruites,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les chambres (pastophoria) ; ce mot comprend les magasins et les habitations des prêtres dans les parvis du temple.

ils déchirèrent leurs vêtements, se lamentèrent en grand deuil, répandirent de la cendre sur leur tête,

se prosternèrent le visage contre terre, et, pendant que les trompettes sonnaient en fanfare, poussèrent des cris vers le ciel.

Alors Judas détacha un corps de troupes pour combattre les Syriens qui étaient dans la citadelle, jusqu’à ce que les lieux saints fussent purifiés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Afin de combattre contre ceux, etc. ; ou plutôt, afin de leur résister, dans le cas où ils voudraient empêcher Judas et les siens de purifier le temple.

Puis il choisit des prêtres sans défauts, attachés à la loi de Dieu ;

et ils purifièrent le sanctuaire et transportèrent dans un lieu immonde les pierres souillées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les pierres de contamination, les pierres qui avaient été souillées en servant à l’autel sacrilège, dressé sur l’autel des holocaustes (voir 1 Machabées, 1, 57).

On délibéra sur ce qu’on devait faire à l’autel des holocaustes qui avait été profané,

et l’heureuse pensée leur vint de le détruire, de peur qu’il ne fût pour eux un opprobre après que les Gentils l’avaient souillé. Ils démolirent l’autel,

et en déposèrent les pierres sur la montagne du temple, dans un lieu convenable, en attendant la venue d’un prophète qui donnerait une décision à leur sujet.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La montagne de la maison, la montagne où le temple était bâti.

Et ils prirent des pierres brutes, selon la loi, et construisirent un autel nouveau sur le modèle de l’ancien.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Selon la loi. Voir Exode, 20, 25.

Ils rebâtirent le sanctuaire, ainsi que l’intérieur du temple, et ils sanctifièrent les parvis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De la maison, c’est-à-dire du temple.

Ils confectionnèrent de nouveaux ustensiles sacrés, replacèrent dans le temple le chandelier, l’autel des parfums et la table.

Ils firent fumer l’encens sur l’autel, allumèrent les lampes du chandelier et elles éclairaient dans le temple.

Ils placèrent des pains sur la table et suspendirent les voiles. Après avoir achevé tous les ouvrages qu’ils avaient faits,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des pains de proposition (voir Exode, 25, 30). ― Les voiles étaient à l’entrée du saint et du sanctuaire.

ils se levèrent de grand matin, le vingt-cinquième jour du neuvième mois — c’est le mois nommé Casleu — de l’an cent quarante-huit,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Casleu. Voir 1 Machabées, 1, 57. ― La cent quarante-huitième année du règne des Grecs ; elle répond à la cent soixante-troisième année avant Jésus-Christ.

et ils offrirent un sacrifice, selon la loi, sur le nouvel autel des holocaustes qu’ils avaient construit.

Dans le même mois et le même jour qu’il avait été profané par les nations, l’autel fut consacré de nouveau, au chant des psaumes, au son des harpes, des lyres et des cymbales.

Tout le peuple tomba sur sa face et adora et, levant les yeux vers le ciel, il bénissait Celui qui lui avait donné prospérité.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bénirent en élevant leur voix jusqu’au ciel.

Ils célébrèrent la dédicace de l’autel pendant huit jours, et ils offrirent des holocaustes avec joie, et des sacrifices d’actions de grâces et de louanges.

Ils ornèrent la façade du temple de couronnes et d’écussons, et réparèrent les entrées du temple et les chambres, et leur mirent des portes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils ornèrent, etc., ils rétablirent autant qu’ils le purent la façade du temple, et ils y remirent des ornements pareils à ceux qu’Antiochus en avait enlevés. ― Les couronnes et les petits boucliers étaient des monuments des victoires des Hébreux, et des marques de leur reconnaissance envers le Dieu des armées. ― Les chambres. Voir le verset 38.

Il y eut parmi le peuple une très grande joie, et l’opprobre infligé par les nations fut ôté.

Judas, d’accord avec ses frères et toute l’assemblée d’Israël, établit que les jours de la dédicace de l’autel seraient célébrés en leur temps chaque année pendant huit jours, à partir du vingt-cinq Casleu, avec joie et allégresse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La dédicace de l’autel ; fête connue dans l’Evangile sous le d’Encænia (voir Jean, 10, 22). ― A des temps fixés ; littéralement, en ses temps (in temporibus suis).

En ce même temps, ils construisirent sur le mont Sion une enceinte de hautes murailles et de fortes tours, afin que les nations ne vinssent plus, comme elles l’avaient fait auparavant, fouler aux pieds les saints lieux.

Et Judas y mit un détachement pour en avoir la garde, et pour sa défense. On fortifia Bethsur, afin que le peuple eût une forteresse en face de l’Idumée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bethsura ; ville entre Jérusalem et Hébron, sur les frontières de l’Idumée. ― Bethsura, ville de la tribu de Juda, aujourd’hui Kherbet Beit-Sour, est située sur une colline isolée de trois côtés par de petites vallées et des rochers à pic. Le quatrième côté est adhérent au reste de la colline. Les rochers sont percés de grottes sépulcrales. Du côté du nord, contre la paroi du rocher, il y a un beau puits dont l’eau bonne à boire alimentait la ville actuellement ruinée. ― Bethsura domine la route conduisant à Hébron qui se trouve à environ une heure et demie de marche plus au sud. Hébron, à cette époque, appartenait aux Iduméens. Les Syriens paraissent être venus plusieurs fois attaquer la Judée en contournant le sud de la mer Morte et en arrivant par conséquent en Juda par l’Idumée. De là l’importance de Bethsura. C’était la première place forte du domaine de la Judée qui pouvait arrêter les Syriens dans leur marche.