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1 Machabées 6

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

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Cependant, le roi Antiochus parcourait les hautes provinces. Ayant appris qu’il y avait en Perse, dans l’Elymaïde, une ville célèbre par ses richesses en argent et en or,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Elymaïde ; était appelé aussi Persépolis. Voir 2 Machabées, 9, 2. ― Ou plutôt, il faut traduire, comme le portent les meilleurs manuscrits grecs : Il y a en Elymaïde, province qui fait partie du royaume de Perse, une ville, etc. Cette ville n’est pas nommée ici ; l’auteur sacré n’indique que la région dans laquelle elle se trouve.

avec un temple très riche renfermant des armures d’or, des cuirasses et d’autres armes qu’y avait laissées Alexandre, fils de Philippe, roi de Macédoine, qui régna le premier sur les Grecs,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Alexandre. Voir plus haut, 1 Machabées, 1, 1-9.

il s’y rendit, et il cherchait à prendre la ville et à la piller ; mais il n’y réussit pas, parce que les habitants de la ville eurent connaissance de son dessein.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La chose (sermo). Voir 1 Machabées, 5, 37.

Ils se levèrent pour le combattre, et il prit la fuite et se retira avec une grande tristesse, pour retourner à Babylone.

Alors vint en Perse un messager qui lui annonça la défaite des troupes qui étaient entrées dans le pays de Juda :

Lysias, s’étant avancé avec une armée très forte, avait dû fuir devant les Juifs, et ceux-ci avaient accru leur puissance en armes, en soldats et en dépouilles enlevées aux armées vaincues ;

ils avaient détruit l’abomination élevée par lui sur l’autel qui était à Jérusalem, ils avaient entouré le temple de hautes murailles, comme il était auparavant, et fait de même à Bethsur, une de ses villes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bethsura. Voir 1 Machabées, 4, 61.

En apprenant ces nouvelles, le roi fut frappé de terreur, un grand trouble le saisit ; il se jeta sur son lit et tomba malade de tristesse, parce que ses désirs ne s’étaient pas réalisés.

Il demeura là pendant plusieurs jours, retombant sans cesse dans sa profonde mélancolie. Lorsqu’il se crut sur le point de mourir,

il appela ses amis et leur dit : « Le sommeil s’est retiré de mes yeux, et le chagrin fait défaillir mon cœur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ses amis. Voir plus haut, 1 Machabées, 2, 18.

Je me dis : À quel degré d’affliction suis-je arrivé, et dans quel profond abîme suis-je maintenant ! Moi qui étais bon et aimé dans mon empire !

Mais maintenant, je me souviens des maux que j’ai faits dans Jérusalem ; j’ai emporté tous les ustensiles d’or et d’argent qui s’y trouvaient, et j’ai envoyé une armée pour exterminer tous les habitants de la Judée sans motif.

Je reconnais donc que c’est à cause de cela que ces maux m’ont atteint, et voici que je meurs dans une grande affliction sur une terre étrangère. »

Alors il appela Philippe, un de ses amis, et l’établit sur tout son royaume.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Philippe, frère de lait d’Antiochus Epiphane, voir 2 Machabées, 9, 29, est vraisemblablement le Phrygien, dont les Juifs avaient eu beaucoup à se plaindre, voir 2 Machabées, 5, 22. Antiochus Epiphane le chargea de gouverner le royaume après sa mort, pendant la minorité d’Antiochus V, mais il fut chassé d’Antioche par Lysias qui gouvernait au nom d’Antiochus V Eupator. Voir plus haut, 1 Machabées, 3, 32. Philippe fut obligé de se réfugier en Egypte, voir 2 Machabées, 9, 29.

Il lui donna son diadème, sa robe et le sceau royal, le chargeant d’instruire son fils Antiochus et de l’élever pour la royauté.

Et le roi Antiochus mourut en ce lieu, l’an cent quarante-neuf.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’année cent quarante-neuvième du règne des Grecs : elle répond à l’année cent soixante-deuxième avant Jésus-Christ. ― Dans une terre étrangère. Antiochus Epiphane mourut à Tabès, en Perse.

Lorsque Lysias eut appris la mort du roi, il établit pour régner à sa place son fils Antiochus, qu’il avait nourri depuis son enfance, et il lui donna le nom d’Eupator.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lysias. Voir plus haut, 1 Machabées, 3, 32. ― Antiochus V Eupator, fils d’Antiochus Epiphane, avait neuf ans, d’après Appien, à la mort de son père (quatorze, d’après Eusèbe). Pendant les deux ans qu’il régna nominalement, il ne fut qu’un instrument entre les mains de Lysias (164-162). Il périt par l’ordre de son cousin Démétrius Ier qui se rendit maître du royaume.

La garnison de la citadelle tenait Israël enfermé autour du sanctuaire ; elle cherchait sans cesse à le molester, et elle était un appui pour les nations.

Judas résolut de la détruire et rassembla tout le peuple pour l’assiéger.

Ils se réunirent tous, en firent le siège l’an cent cinquante et construisirent contre elle des tours à balistes et des machines.

Mais quelques-uns des assiégés s’échappèrent et plusieurs Israélites impies se joignirent à eux.

Ils allèrent trouver le roi et lui dirent : « Jusqu’à quand tarderas-tu à nous rendre justice et à venger nos frères ?

Nous nous sommes mis volontiers au service de ton père, faisant ce qu’il nous disait et exécutant ses ordres.

À cause de cela les fils de notre peuple sont devenus nos ennemis ; tous ceux d’entre nous qui sont tombés entre leurs mains ont été massacrés, et ils ont mis au pillage nos héritages.

Ce n’est pas seulement sur nous qu’ils ont étendu la main, mais sur tous les pays limitrophes.

Vois, ils sont campés en ce moment devant la citadelle de Jérusalem pour s’en emparer, et ils ont fortifié le temple et Bethsur.

Si tu ne te hâtes pas de les prévenir, ils en feront encore plus et tu ne pourras plus les arrêter. »

Le roi, les ayant entendus, fut pris de colère ; il convoqua tous ses amis, les chefs de son armée et ceux qui commandaient la cavalerie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le roi Antiochus V. Malgré sa jeunesse, les ambassadeurs parlent devant lui, ou bien, selon un usage commun, ce que fait Lysias lui est attribué. ― Ses amis, ses conseillers, voir 1 Machabées, 2, 18.

Il lui vint aussi des troupes mercenaires d’autres royaumes et des îles de la mer.

Son armée comptait cent mille fantassins, vingt mille cavaliers et trente-deux éléphants dressés à la guerre.

Ils s’avancèrent par l’Idumée et établirent leur camp devant Bethsur ; ils combattirent longtemps et construisirent des machines ; mais les Juifs firent une sortie et les brûlèrent, déployant une grande vaillance.

Alors Judas quitta la citadelle et alla camper à Beth-Zacharia, vis-à-vis du camp du roi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bethzachara, lieu entre Jérusalem et Bethsura. ― A quatre heures de distance au sud-ouest de Jérusalem.

Le roi se leva de grand matin et fit prendre brusquement à son armée le chemin de Beth-Zacharia, et les troupes se disposèrent pour l’attaque et sonnèrent de la trompette.

Ils mirent sous les yeux des éléphants du jus de raisin et de mûre, pour les exciter au combat.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les éléphants aiment beaucoup le vin et les liqueurs enivrantes. Pour les irriter, on leur montre seulement, au lieu de leur faire boire, le sang de raisin et de mûre, c’est-à-dire du vin rouge, et une liqueur spiritueuse faite avec des mûres de mûrier.

Ils distribuèrent ces animaux entre les phalanges ; chaque éléphant était accompagné de mille hommes revêtus de cuirasses en mailles de fer, avec un casque d’airain sur la tête, et cinq cents cavaliers d’élite étaient rangés auprès de lui.

Ces derniers, d’avance, étaient partout où était la bête ; là où elle allait, ils y allaient, et ils ne la quittaient jamais.

Sur chacun des éléphants s’élevait, pour sa défense, une solide tour de bois attachée autour de lui par des sangles, et chaque animal portait trente-deux hommes de l’armée, combattant sur les tours, en plus de son cornac.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On croit avec raison que ces éléphants étaient de l’Inde, et par conséquent beaucoup plus gros et plus forts que ceux d’Afrique. Les faits rapportés par Pline et par plusieurs autres auteurs prouvent que l’Ecriture n’exagère nullement dance qu’elle dit ici de ces animaux. ― Un éléphant ne pouvait porter trente-deux hommes, ce qui est matériellement impossible, mais au plus quatre ou cinq combattants. Il y a ici une fausse traduction ou une altération de chiffres. Le texte hébreu original avait probablement deux ou trois hommes, d’où l’on a tiré trente-deux par une fausse combinaison de chiffres.

Ils placèrent le reste de la cavalerie sur les deux flancs de l’armée, afin d’inquiéter l’ennemi et de protéger les phalanges.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le reste de la cavalerie, etc. Chez les anciens, la cavalerie servait à couvrir les flancs des troupes de pied.

Lorsque les rayons du soleil tombèrent sur les boucliers d’or et d’airain, les montagnes resplendirent de leur éclat et brillèrent comme des lampes de feu.

Une partie de l’armée du roi se déploya sur les hautes montagnes et l’autre partie dans les vallées, et ils s’avançaient d’un pas assuré et en bon ordre.

Tous étaient épouvantés des cris de cette multitude, du bruit de leur marche et du fracas de leurs armes. C’était en effet une armée extrêmement nombreuse et puissante.

Judas s’avança avec son armée pour livrer bataille, et six cents hommes de l’armée du roi tombèrent.

Eléazar, surnommé Abaron, aperçut un des éléphants couvert des harnais royaux et dépassant tous les autres en hauteur. S’imaginant que le roi était dessus,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Eléazar, fils de Saura. On doit lire ici comme à 1 Machabées, 2, 5, Eléazar, qui était surnommé Abaron, un des frères de Judas Machabée. La signification de ce surnom est inconnue, Eléazar, voyant cet éléphant couvert de caparaçons royaux, crut qu’il portait le roi et se dévoua pour le faire périr, dans l’espoir que la mort du roi, privant l’armée et Lysias de son chef nominal, en entraînerait la défaite, mais, dit Josèphe, le roi n’était pas sur cet éléphant et peut-être même n’assistait-il pas au combat à cause de sa jeunesse et parce que Lysias tenait à ménager sa vie, dont son pouvoir dépendait.

il se dévoua pour délivrer son peuple et s’acquérir un nom immortel.

Il courut hardiment vers lui à travers la phalange, tuant à droite et à gauche, et devant lui les ennemis s’écartaient de part et d’autre.

Alors il se glissa sous l’éléphant, lui enfonça son épée et le tua ; l’éléphant tomba par terre sur lui, et Eléazar mourut là.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sous lui, sous son ventre, qui est l’endroit où l’éléphant a la peau la moins dure.

Les Juifs, voyant les forces du royaume et l’impétuosité des troupes, se retirèrent devant elles.

En même temps ceux de l’armée du roi montèrent vers Jérusalem à la rencontre des Juifs, et le roi établit son camp contre la Judée et contre le mont Sion.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et l’armée du roi s’avança. C’est un autre corps de troupes, une autre partie de l’armée.

Il fit la paix avec ceux qui étaient à Bethsur, et ceux-ci sortirent de la ville, parce qu’il n’y avait pas eu de vivres à renfermer pour eux dans la place, car c’était l’année du repos de la terre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les sabbats de la terre, l’année sabbatique, durant laquelle on laissait la terre en repos, sans la travailler, sans qu’il fût permis de semer et de récolter.

Le roi s’empara ainsi de Bethsur, et il y laissa une garnison pour la garder.

Il établit son camp devant le lieu saint pendant beaucoup de jours, et il y dressa des tours à balistes, des machines de guerre, des catapultes pour lancer des traits enflammés et des pierres, des scorpions pour lancer des flèches, et des frondes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Saint ; littéralement, de sanctifications. Voir 1 Machabées, 1, 23. ― Des balistes, machines de guerre pour lancer des pierres. ― Béliers, autres machines de guerre avec lesquelles on battait les murs d’une ville. ― Des falariques, flèches incendiaires. ― Des scorpions, petites machines pour lancer des flèches, qui pouvaient être manœuvrées par un seul soldat.

Les assiégés construisirent aussi des machines pour les opposer à celles des assiégeants, et prolongèrent longtemps la résistance.

Mais il n’y avait pas de vivres dans les magasins, parce que c’était la septième année, et que les Israélites qui s’étaient réfugiés en Judée devant les nations avaient consommé le reste de ce qu’on avait mis en réserve.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La septième année. Voir le verset 49.

Il ne resta dans le lieu saint qu’un petit nombre de Juifs, car la faim se faisait de plus en plus sentir ; les autres se dispersèrent chacun chez soi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En son lieu, en sa maison, chez soi.

Cependant Philippe, que le roi Antiochus encore vivant avait désigné pour élever Antiochus son fils et en faire un roi,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lysias et Philippe. Voir plus haut, 1 Machabées, 3, 32 et 6, 14.

était revenu de Perse et de Médie, et avec lui les troupes qui avaient accompagné le roi ; et il cherchait à prendre en main les affaires du royaume.

À cette nouvelle, Lysias n’eut rien de plus pressé que de se retirer ; il dit au roi, aux chefs de l’armée et aux troupes : « Nous nous amoindrissons ici de jour en jour ; nous n’avons que peu de vivres, et le lieu que nous assiégeons est bien fortifié, et nous avons à nous occuper des affaires de l’État.

Maintenant donc, tendons la main à ces hommes, et faisons la paix avec eux et avec toute leur nation.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Donnons, etc. La plupart des Orientaux n’avaient pas des marques plus assurées de leurs promesses, que de donner la main droite.

Reconnaissons-leur le droit de vivre selon leurs lois, comme auparavant ; car c’est à cause de ces lois, que nous avons voulu abolir, qu’ils se sont irrités et ont fait tout cela. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’ils vivront, etc. ; littéralement, et par hébraïsme, qu’ils marcheront dans, etc.

Ce discours plut au roi et aux chefs, et il envoya vers eux pour traiter de la paix, et ils l’acceptèrent.

Le roi et les chefs confirmèrent le traité par serment ; là-dessus, les assiégés sortirent de la forteresse.

Mais le roi ayant pénétré dans l’enceinte du mont Sion et en ayant vu les fortifications, il viola le serment qu’il avait prêté et donna l’ordre de détruire les murailles tout autour.

Puis il partit en grande hâte et retourna à Antioche, où il trouva Philippe maître de la ville ; il combattit contre lui et se rendit maître de la ville.