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1 Machabées 9
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Ayant appris que Nicanor et son armée étaient tombés dans le combat, Démétrius envoya encore une fois Bacchidès et Alcime en Judée, avec l’aile droite de son armée.
Ils prirent la route qui mène à Galgala, et dressèrent leur camp à Masaloth, qui est dans le territoire d’Arbèles ; ils s’emparèrent de cette ville et tuèrent un grand nombre d’habitants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Galgala, probablement la Galilée. ― Masaloth, peut-être la même que Masal, ville de la tribu d’Aser (voir Josué, 21, 30 ; 1 Paralipomènes, 6, 74). ― Arbelles, peut-être mis ici pour Araboth, ou plaines. Comparer à 1 Machabées, 5, 23. ― Ames, c’est-à-dire, personnes, est ici purement pléonastique, son complément hommes ayant la même signification. ― Sur Arbelles, voir Osée, 10, 14.
Le premier mois de l’an cent cinquante-deux, ils rangèrent leurs troupes devant Jérusalem.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au premier mois de l’année sacrée, qui était le septième de l’année civile. Ce mois commençait à la nouvelle lune de mars, selon les rabbins ; mais c’était plus probablement à celle d’avril. ― L’année cent cinquante-deuxième du règne des Grecs ; elle répond à la cent-cinquante-neuvième avant Jésus-Christ.
Puis ils levèrent le camp et allèrent à Bérée avec vingt mille hommes et deux mille cavaliers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Bérée, peut-être la même que Béroth, ville de la tribu de Benjamin (voir Josué, 18, 25).
Judas avait établi son camp à Eléasa, ayant avec lui trois mille guerriers d’élite.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Laïsa, site inconnu. Ce nom est diversement écrit dans les versions et les manuscrits. Cette localité devait être située en tout cas à l’ouest ou au sud de Jérusalem.
À la vue du grand nombre d’ennemis, ils furent remplis de frayeur, et beaucoup s’enfuirent secrètement du camp ; il n’en resta que huit cents.
Judas vit que son armée s’était dérobée, et que cependant la bataille était imminente ; alors son cœur fut brisé, parce que le temps lui manquait pour rassembler les siens, et il se sentit défaillir.
Cependant il dit à ceux qui lui restaient : « Allons, marchons contre nos adversaires, si toutefois nous pouvons lutter contre eux ! »
Mais eux l’en détournaient en disant : « Nous ne le pouvons pas ; sauvons maintenant notre vie et retournons auprès de nos frères, ensuite nous reviendrons combattre nos ennemis ; mais nous sommes trop peu. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nos âmes, c’est-à-dire, nos personnes ou nos vies.
Judas leur dit : « Loin de moi d’agir ainsi, de prendre la fuite devant eux ! Si notre heure est venue, mourons bravement pour nos frères et ne laissons pas une tache à notre gloire ! »
L’armée syrienne sortit du camp, s’avançant à leur rencontre ; les cavaliers étaient partagés en deux corps, les frondeurs et les archers marchaient en tête, les plus vaillants au premier rang.
Bacchidès était à l’aile droite, et la phalange s’avançait des deux côtés, au son de la trompette.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Légion (legio), chez les Anciens, Romains signifiait un corps de gens de guerre, composé d’infanterie et de cavalerie. Le texte grec porte phalange, terme de milice macédonienne, qui désignait un bataillon de troupes serrées d’infanterie.
Ceux du côté de Judas sonnèrent aussi de la trompette et la terre était ébranlée du bruit des deux armées. Le combat s’engagea et dura du matin jusqu’au soir.
Judas, voyant que Bacchidès et ses meilleures troupes étaient à l’aile droite, rassembla autour de lui tous les hommes de cœur,
battit l’aile droite des Syriens et la poursuivit jusqu’à la montagne d’Azot.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Azot, ville des Philistins.
Mais ceux qui étaient à l’aile gauche, s’apercevant que l’aile droite était battue, firent volte-face et suivirent par derrière Judas et les siens ;
la lutte devint acharnée, et il y eut de part et d’autre un grand nombre de morts.
Judas tomba aussi, et ses compagnons prirent la fuite.
Jonathas et Simon emportèrent Judas, leur frère, et ils l’ensevelirent dans le sépulcre de leurs pères, à Modin.
Là tout Israël le pleura et fit entendre sur lui de grandes lamentations ; on mena le deuil pendant plusieurs jours,
et l’on disait : « Comment est-il tombé le héros, celui qui sauvait Israël ! »
Le reste de l’histoire de Judas, ses autres guerres, les autres exploits qu’il accomplit, et ses titres de gloire n’ont pas été écrits ; car ils sont très nombreux. _____________ _____________
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Toutes les autres guerres de Judas ; littéralement, toutes les autres paroles (voir 1 Machabées, 6, 3) des guerres de Judas ; le grec porte : Les restes des discours et des guerres de Judas.
Après la mort de Judas, les impies se montrèrent dans tout le territoire d’Israël, et tous ceux qui commettent l’iniquité levèrent la tête.
En ces jours-là, survint une très grande famine, et le sol lui-même fut infidèle avec eux.
Bacchidès choisit les hommes impies et les établit pour administrer le pays.
Ils recherchaient les amis de Judas et, quand ils en avaient trouvé, ils les amenaient à Bacchidès, qui les punissait et les tournait en dérision.
Et Israël fut affligé d’une grande tribulation, telle qu’il n’y en avait pas eu de pareille depuis le jour où il ne parut plus de prophète en Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Depuis le jour, etc., c’est-à-dire, depuis la mort des prophètes Aggée, Zacharie et Malachie, qui parurent quelques temps après la captivité de Babylone.
Alors tous les amis de Judas s’assemblèrent et dirent à Jonathas :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jonathas se distingua par sa vaillance dans les combats et plus encore par son habileté politique. Il sut si bien mettre à profit les divisions intestines de la Syrie qu’il réussit à affranchir la Judée.
« Depuis que ton frère Judas est mort, il ne se trouve plus d’homme semblable à lui pour marcher contre nos ennemis, Bacchidès et tous ceux qui haïssent notre nation.
Nous te choisissons donc aujourd’hui pour être notre chef à sa place, et pour nous commander dans nos combats. »
Jonathas reçut donc en ce temps-là le commandement, et il se leva à la place de Judas, son frère.
Dès que Bacchidès eut appris l’élection de Jonathas, il chercha à le faire périr.
Informés de ce dessein, Jonathas, son frère Simon et tous ceux qui étaient avec lui s’enfuirent au désert de Thécué, et ils s’établirent près des eaux de la citerne Asphar.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Thécua, ville près de Jérusalem, dans la tribu de Juda. ― Le lac d’Asphar est probablement le lac Asphaltite, nommé par les Hébreux la mer de Sodome, et par les Grecs, Asphaltite, à cause de l’asphalte ou bitume qu’on en tire. ― Le désert de Thécua, qui tire son nom de la ville ainsi appelée, commence à deux heures environ au sud-est de Bethléhem et s’étend jusqu’à la mer Morte. Il n’y a guère que des pâturages pour les troupeaux. Sur la ville de Thécua(é), voir Amos, 1, 1.
— Bacchidès en eut connaissance le jour du sabbat, et il se rendit lui-même avec toute son armée au-delà du Jourdain. —
Jonathas envoya son frère Jean, comme chef du peuple, chez les Nabatéens, ses amis, les priant de leur permettre de déposer chez eux ses bagages, qui étaient considérables.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Nabuthéens ; voir 1 Machabées, 5, 25. ― De leur prêter, ou bien de prendre sous leur garde, comme portent le grec, le syriaque, l’historien Josèphe et même quelques exemplaires latins, qui lisent en effet, commendarent illis.
Mais les fils de Jambri, étant sortis de Madaba, se saisirent de Jean et de tous ses bagages, et s’en allèrent avec tout ce butin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ma(é)daba, ville célèbre dans la terre de Moab (voir Isaïe, 15, 2). ― Jean était un des fils de Mathathias. Comparer plus haut à 1 Machabées, 2, 2.
Quelque temps après, on vint annoncer à Jonathas et à son frère Simon que les fils de Jambri célébraient une noce solennelle et qu’ils amenaient de Nadabat en grande pompe la fiancée, fille d’un des puissants princes de Chanaan.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cela ; littéralement, ces paroles. Voir 1 Machabées, 6, 3.
Alors, se souvenant de leur frère jean, ils montèrent et se cachèrent à l’abri de la montagne.
Levant les yeux, ils observaient, et voici qu’un grand bruit se fit entendre et que parut un nombreux convoi ; l’époux, accompagné de ses frères et de ses amis, s’avançait à leur rencontre, avec des tambourins, des instruments de musique et un attirail considérable.
À cette vue, les compagnons de Jonathas se levèrent de leur embuscade et se précipitèrent sur eux pour les massacrer ; un grand nombre tombèrent sous leurs coups, le reste s’enfuit dans les montagnes, et les Juifs s’emparèrent de leurs dépouilles.
Ainsi les noces se changèrent en deuil, et les sons joyeux de leur musique en lamentation.
Après avoir ainsi vengé le meurtre de leur frère, Jonathas et Simon se retirèrent vers les marais du Jourdain.
Bacchidès en fut instruit, et il vint le jour du sabbat jusqu’aux berges du Jourdain, avec une puissante armée.
Alors Jonathas dit à ses compagnons : « Levons-nous maintenant, et combattons pour notre vie ! Car il n’en est pas aujourd’hui comme hier et avant-hier.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Hier et avant-hier ; hébraïsme pour auparavant.
Voici l’ennemi en armes devant nous et derrière nous, et de tous côtés l’eau du Jourdain, un marais et un bois ; nul moyen d’échapper.
Maintenant donc criez vers le ciel, afin que vous soyez sauvés de la main de vos ennemis. « Le combat s’engagea.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Paralipomènes, 20, 3.
Jonathas étendit la main pour frapper Bacchidès, mais celui-ci, pour l’éviter, se rejeta en arrière.
Alors Jonathas sauta dans le Jourdain, avec ses compagnons ; ils le passèrent à la nage, et les Syriens ne le passèrent point pour les poursuivre.
Il périt ce jour-là mille hommes du côté de Bacchidès. Celui-ci retourna à Jérusalem,
et bâtit des villes fortes dans la Judée, la forteresse près de Jéricho, Emmaüs, Béthoron, Béthel, Thamnatha, Phara et Téphon, avec de hautes murailles, des portes et des verrous,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ammaüs, vraisemblablement Emmaüs. ― Thamnata, ville de la tribu de Dan. ― Phara, selon le grec Pharatoni, dans la tribu d’Ephraïm (voir Juges, 12, 15). ― Thopo, peut-être la même que Taphua, dans la même tribu. ― Béthoron, voir 1 Machabées, 3, 16. ― Sur Emmaüs, voir 1 Machabées, 3, 40.
et il y mit des garnisons pour exercer les hostilités contre Israël.
Il fortifia la ville de Bethsur, Gazara et la citadelle, et il y mit des troupes et des dépôts de vivres.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Bethsura. Voir 1 Machabées, 4, 61. ― Gazara. Voir 1 Machabées, 14, 34.
Il prit pour otages les fils des principaux du pays, et les retint prisonniers dans la citadelle de Jérusalem.
L’an cent cinquante-trois, au deuxième mois, Alcime commanda d’abattre les murs du parvis intérieur du sanctuaire, détruisant ainsi l’œuvre des prophètes, et il commença à les démolir.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La cent quarante-troisième année du règne des Grecs ; elle répond à la cent cinquante-huitième avant Jésus-Christ. ― Au second mois de l’année sacrée, qui était le huitième de l’année civile. Ce mois commençait à la nouvelle lune d’avril, selon les rabbins ; mais c’était plus probablement à celle de mai. ― Les murs, etc. Il y avait dans l’intérieur du temple plusieurs murs : celui qui séparait le saint d’avec le sanctuaire ; celui qui séparait le parvis des prêtres d’avec le parvis du peuple, enfin celui qui séparait les gentils d’avec les Juifs. ― Les ouvrages des prophètes. C’était en effet les prophètes Aggée et Zacharie, qui avaient contribué, par leurs exhortations, à la construction du temple après la captivité.
En ce temps-là, Alcime fut frappé de Dieu, et ses entreprises furent arrêtées ; sa bouche se ferma ; atteint de paralysie, il ne put plus prononcer une seule parole, ni donner aucun ordre au sujet des affaires de sa maison.
Et Alcime mourut en ce temps-là dans de grandes tortures.
Voyant qu’Alcime était mort, Bacchidès s’en retourna auprès du roi, et le pays de Juda fut en paix pendant deux ans.
Alors tous les Juifs infidèles tinrent conseil, en disant : « Voici que Jonathas et ses compagnons vivent en paix et sécurité ; faisons donc venir Bacchidès, et il les prendra tous en une nuit. »
Et ils allèrent s’entendre avec lui.
Bacchidès se mit en marche à la tête d’une grande armée, et il envoya secrètement des lettres à tous ses partisans qui étaient en Judée, pour qu’ils se saisissent de Jonathas et de ses compagnons ; mais il n’y réussirent pas, parce que ces derniers eurent connaissance de leur dessein.
Et parmi les hommes du pays, chefs du complot, ils en prirent cinquante et les firent périr.
Puis Jonathas, avec Simon et ceux qui étaient avec eux, se rendit à Bethbasi dans le désert, et il en répara les ruines et la fortifia.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Bethbessen ; le grec lit Baïthbasi, l’historien Josèphe, Bethalaga ; vraisemblablement la même ville que Beth-Hagla, dans le désert de Jéricho (voir Josué, 15, 6).
Bacchidès l’apprit, rassembla toutes ses troupes et fit appel à ses partisans de Judée.
Il vint et établit son camp près de Bethbasi ; il assiégea cette ville pendant beaucoup de jours et construisit des machines.
Mais Jonathas, laissant dans la ville son frère Simon, sortit dans la campagne et revint avec une petite troupe.
Il battit Odoarrès, ainsi que ses frères et les fils de Phaséron dans leurs tentes, et il commença à attaquer les assiégeants et à marcher contre eux avec des forces.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Odaren et ses frères et les fils de Phaséron, tribus d’Arabes nomades dans les environs de Bethbessen.
Simon, de son côté, fit une sortie avec ses compagnons et brûla les machines de guerre.
Tous deux combattirent contre Bacchidès, le mirent en déroute, et le jetèrent dans une profonde affliction de ce que son dessein et son expédition étaient complètement manqués.
Outré de colère contre les hommes impies qui lui avaient conseillé de venir dans le pays, il en fit périr un grand nombre et prit la résolution de retourner dans son pays.
Jonathas le sut, et il lui envoya des messagers pour traiter avec lui de la paix et obtenir qu’on leur rendit les prisonniers.
Bacchidès les accueillit et accepta leurs propositions ; il s’engagea par serment envers Jonathas à ne lui faire aucun mal, tant qu’il vivrait.
Il lui rendit les prisonniers qu’il avait faits auparavant dans le pays de Juda, et, s’en étant allé dans son pays, il ne revint plus sur le territoire des Juifs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans son pays, à Antioche. ― Ses confins (fines ejus), les confins de Juda, la Judée.
L’épée se reposa dans Israël, et Jonathas fixa sa demeure à Machmas ; et il commença à juger le peuple, et il fit disparaître les impies du milieu d’Israël.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Machmas, sur les limites des tribus d’Ephraïm et de Benjamin (voir 1 Rois, 13, 2), Jonathas fit d’abord la sa résidence, parce qu’alors les troupes de Démétrius occupaient encore la citadelle de Jérusalem. ― Juger, c’est-à-dire, gouverner avec une pleine autorité.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Démétrius Ier Soter. ― Nicanor, voir 1 Machabées, 7, vv. 26, 43. ― De nouveau Bacchide et Alcime. Voir 1 Machabées, 7, vv. 5, 8. ― L’aile droite, expression obscure. Plusieurs commentateurs pensent qu’elle désigne la partie principale de l’armée syrienne.