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1 Machabées 7

En la cent cinquante-unième année, Démétrius, fils de Séleucus, étant sorti de la ville de Rome, vint avec peu de gens dans une ville sur la côte de la mer, et commença à y régner.

Et lorsqu’il fut entré dans la maison du royaume de ses pères, l’armée se saisit d’Antiochus et de Lysias pour les emmener à Démétrius.

Lorsqu’il en fut averti, il leur dit : Ne me faites point voir leur visage.

Ils furent donc tués par l’armée, et Démétrius s’assit sur le trône de son royaume.

Commentaire (versets 1 à 4) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 1 à 4 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Démétrius Ier Soter, fils de Séleucus IV Philopator. Ce dernier était le fils aîné d’Antiochus III le Grand. Démétrius aurait dû succéder naturellement à son père, mais à la mort de celui-ci, il était retenu comme otage à Rome, et son oncle Antiochus IV Epiphane en profita pour s’emparer du trône. A la mort de son oncle, Démétrius essaya de faire reconnaître ses droits par le sénat romain. Ce fut en vain. Rome trouvait sans doute plus avantageux pour elle que le trône de Syrie fut occupé par un enfant, Antiochus V Eupator. Démétrius avait alors 22 ans, et paraissait déjà sans doute à craindre. Il parvint cependant à s’échapper de Rome et à se rendre en Syrie sur un vaisseau carthaginois. Il débarqua à Tripoli, rassembla des troupes, gagna celles de son compétiteur, fit périr son cousin Antiochus V avec Lysias et devint ainsi seul possesseur du royaume. Nous allons voir comment il traita les Juifs.

Alors des hommes d’Israël méchants et impies le vinrent trouver, ayant à leur tête Alcime, qui aspirait à être établi grand-prêtre ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Alcime était prêtre de la race d’Aaron (voir verset 14). ― Qui voulait être confirmé dans la dignité de grand prêtre qu’il avait injustement obtenue sous Antiochus Eupator.

Et ils accusèrent le peuple devant le roi, en lui disant : Judas et ses frères ont fait périr tous vos amis, et il nous a même chassés de notre pays.

Envoyez donc maintenant un homme dont vous soyez assuré, afin qu’il reconnaisse tous les maux qu’il nous a fait souffrir et aux provinces qui appartiennent au roi, et qu’il punisse tous ses amis, et tous ceux qui le soutiennent.

Et le roi choisit d’entre ses amis Bacchide, qui commandait dans son royaume au-delà du grand fleuve, et qui lui était fidèle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bacchide, envoyé par Démétrius en Judée avec le semi-païen Alcime, avait été gouverneur des provinces syriennes à l’est de l’Euphrate. C’était un des plus habiles généraux de l’armée de Syrie. Il réussit dans sa première mission. Nicanor ayant été battu et tué l’année suivante, Bacchide fut envoyé avec une grande armée contre les Juifs. Il défit Judas Machabée qui périt dans le combat. Plus tard, en 757, il revint en Palestine pour combattre Jonathas, mais il fut obligé de faire la paix avec lui.

Il l’envoya reconnaître tous les maux qu’avait faits Judas ; et il établit grand-prêtre l’impie Alcime, et lui ordonna de punir les enfants d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le sacerdoce, c’est-à-dire dans la souveraine sacrificature. Comparer à la note précédente.

Ils vinrent donc en diligence avec une grande armée dans le pays de Juda, et ils députèrent vers Judas et vers ses frères pour leur faire des propositions de paix dans le dessein de les surprendre.

Mais ils n’eurent aucun égard à leurs paroles, voyant qu’ils étaient venus avec une puissante armée.

Cependant les docteurs de la loi, s’étant assemblés, vinrent trouver Alcime et Bacchide pour leur faire des propositions très-justes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Scribes. Voir sur ce mot, 1 Machabées, 5, 42.

Ceux d’entre les enfants d’Israël, appelés Assidéens, étaient les premiers de cette assemblée, et ils voulaient leur demander la paix ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Assidéens. Comparer à 1 Machabées, 2, 42.

Car ils disaient : C’est un prêtre de la race d’Aaron qui vient à nous, il ne nous trompera pas.

Alcime leur répondit comme un homme qui n’aurait eu que des pensées de paix, et leur dit avec serment : Nous ne vous ferons aucun mal, ni à vos amis.

Ils le crurent ; mais il en fit arrêter soixante, qu’il fit mourir tous en un même jour, selon cette parole de l’Écriture :

Ils ont fait tomber les corps de vos saints, et ils ont répandu leur sang autour de Jérusalem, sans que personne les ensevelît.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 68, 1-3 (?).

Et tout le peuple fut saisi de crainte et de frayeur, et ils se disaient les uns aux autres : Il n’y a ni vérité ni justice parmi eux ; car ils ont violé la parole qu’ils avaient donnée, et le serment qu’ils avaient fait.

Bacchide étant parti de Jérusalem, alla camper près de Bethzecha ; et il envoya prendre plusieurs de ceux qui avaient quitté son parti, et il tua quelques-uns du peuple qu’il fit jeter dans un grand puits.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bethzécha ; selon le grec, Bêzeth ; probablement la ville nommée dans Juges, 7, 25 (?). Bacchide reprenait ainsi le chemin de la Syrie.

Après cela il remit toute la province entre les mains d’Alcime, à qui il laissa des troupes pour le soutenir ; et il retourna trouver le roi.

Cependant Alcime faisait tous ses efforts pour s’affermir dans la principauté du sacerdoce ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Beaucoup, extrêmement ; c’est le vrai sens du latin satis, par lequel la Vulgate rend quelquefois le terme hébreu, très fort, excessivement, etc. ― Pour la principauté, etc. Comparer au verset 5.

Et tous ceux qui troublaient le peuple s’étant assemblés près de lui, se rendirent maîtres du pays de Juda, et firent un grand carnage dans Israël.

Judas, considérant que tous les maux qu’Alcime et ceux qui étaient avec lui avaient faits aux enfants d’Israël, étaient beaucoup plus grands que tout ce que les nations leur avaient fait,

Alla de tous côtés dans la Judée, et punit les déserteurs de son parti ; et depuis ce temps-là ils ne firent plus de courses dans le pays.

Mais lorsque Alcime eut reconnu que Judas et ses gens étaient les plus forts, et qu’il eut senti qu’il ne pouvait leur résister, il retourna vers le roi, et les accusa de plusieurs crimes.

Alors le roi envoya Nicanor, l’un des principaux seigneurs de sa cour, qui était un des plus grands ennemis d’Israël, et lui commanda de perdre ce peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Machabées, 15, 1. ― Nicanor. Voir plus haut, 1 Machabées, 3, 38.

Nicanor vint donc à Jérusalem avec une grande armée, et il députa vers Judas et ses frères, pour les surprendre, sous prétexte de traiter de la paix avec eux.

Il leur fit dire : Qu’il n’y ait point de guerre entre vous et moi. Je viendrai avec peu de gens pour vous voir, et pour vous parler de paix.

Il vint ensuite trouver Judas, et ils se saluèrent comme amis ; et les ennemis se préparaient à se saisir de Judas.

Mais Judas reconnut qu’il était venu à lui pour le surprendre, et ayant eu peur de lui, il ne voulut plus le voir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il fut connu ; littéralement, la parole fut connue. Voir 1 Machabées, 6, 3.

Nicanor voyant que son dessein était découvert, marcha contre Judas pour le combattre près de Capharsalama.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Capharsalama, lieu inconnu, qui devait être près de Jérusalem, puisque Judas s’y retira après le premier combat contre Nicanor.

Et il y eut près de cinq mille hommes de l’armée de Nicanor qui demeurèrent sur la place, et le reste s’enfuit dans la ville de David.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La cité de David ; la citadelle de Jérusalem.

Après cela Nicanor monta sur la montagne de Sion, et quelques-uns des prêtres le vinrent saluer avec un esprit de paix, et lui montrèrent les holocaustes qui s’offraient pour le roi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Après cela ; littéralement, après ces paroles. Voir 1 Machabées, 6, 3.

Mais il les méprisa en les raillant ; il les traita comme des personnes profanes, et leur parla avec grand orgueil ;

Il leur dit en colère et en jurant : Si on ne me livre entre les mains Judas avec son armée, aussitôt que je serai revenu victorieux, je brûlerai ce temple ; et il s’en alla plein de fureur.

Alors les prêtres étant entrés, se présentèrent devant l’autel et devant le temple, et ils dirent en pleurant :

Seigneur, vous avez choisi cette maison afin que votre nom y fût invoqué, et qu’elle fût une maison d’oraison et de prière pour votre peuple.

Faites éclater votre vengeance contre cet homme et contre ses troupes, et qu’ils tombent sous le tranchant de l’épée. Souvenez-vous de leurs blasphèmes, et ne permettez pas qu’ils subsistent longtemps sur la terre.

Nicanor étant parti de Jérusalem, vint camper près de Béthoron, où l’armée de Syrie le vint joindre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Courut, etc. c’est-à-dire, vint se joindre à lui. ― Béthoron. Voir 1 Machabées, 3, 16.

Et Judas alla camper près d’Adarsa avec trois mille hommes ; et il fit sa prière, en disant :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Adarsa, selon le grec Adasa ; apparemment la même qu’Adazer (voir verset 45), ville de la tribu d’Ephraïm. ― Adarsa était à quarante stades de Béthoron.

Seigneur, lorsque ceux qui avaient été envoyés par le roi Sennachérib vous blasphémèrent, un ange vint, qui leur tua cent quatre-vingt-cinq mille hommes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 4 Rois, 19, 35 ; Tobie, 1, 21 ; Ecclésiastique, 48, 24 ; Isaïe, 37, 36 ; 2 Machabées, 8, 19.

Exterminez de même aujourd’hui cette armée devant nous, afin que tous les autres sachent que Nicanor a déshonoré par ses blasphèmes votre maison sainte ; et jugez-le selon sa malice.

La bataille fut donc donnée le treizième jour du mois d’adar ; et l’armée de Nicanor fut défaite, et lui tué le premier dans le combat.

Ses troupes voyant que leur général était mort, jetèrent leurs armes, et prirent la fuite ;

Et les gens de Judas les poursuivirent une journée de chemin, depuis Adazer jusqu’à l’entrée de Gazara ; et ils sonnèrent des trompettes derrière eux pour avertir tout le monde de leur victoire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Adazer. Voir le verset 40. ― Gazara. Voir 1 Machabées, 14, 34.

Et les peuples de tous les villages de la Judée qui étaient aux environs, les chargèrent avec une grande vigueur et revenant attaquer de front ceux qui étaient demeurés derrière, ils les taillèrent tous en pièces, en sorte qu’il n’en échappa pas un seul.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les chargeaient, etc. ; littéralement, les jetaient au vent, les faisaient sauter en l’air avec leurs cornes ; métaphore empruntée des taureaux.

Ils s’enrichirent ensuite de leurs dépouilles ; ils coupèrent la tête de Nicanor, et sa main droite, qu’il avait étendue insolemment contre le temple ; et les ayant apportées, ils les suspendirent à la vue de Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les suspendirent. Comparer à 2 Machabées, 15, vv. 33, 35.

Le peuple ressentit une grande joie, et ils passèrent ce jour dans une réjouissance publique.

On ordonna que ce même jour seroit célébré tous les ans comme une fête, au treizième jour du mois d’adar.

Et le pays de Juda demeura en repos pendant peu de jours.