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1 Machabées 14

En la cent soixante-douzième aimée, le roi Démétrius assembla son armée, et s’en alla en Médie, pour s’y fortifier par un nouveau secours, et être en état de combattre contre Tryphon.

Et Arsacès, roi des Perses et des Mèdes, ayant appris que Démétrius était entré sur ses états, envoya l’un des généraux de ses armées pour le prendre vif, et le lui amener.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Arsacès ; nom commun aux rois de Perse ; il s’agit ici de Mithridate Ier. ― Mithridate Ier était le sixième roi des Parthes portant le nom d’Arsacès. La Perse et la Médie désignent le royaume parthe, parce qu’elles en étaient les deux provinces principales. Mithridate Ier possédait tous les pays à l’est de l’Euphrate jusqu’à l’Inde.

Il marcha donc contre Démétrius, défit son armée, le prit, et le mena à Arsacès, qui le fit mettre en prison.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mithridate Ier donna plus tard sa fille Rodogune en mariage à Démétrius II et lui rendit enfin la liberté. Voir plus haut, 1 Machabées, 10, 67.

Tout le pays de Judée demeura paisible pendant tout le temps de Simon ; il ne chercha qu’à faire du bien a sa nation, et sa puissance et sa gloire furent agréables aux Juifs tant qu’il vécut.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Toute la terre de Juda fut en repos. La captivité de Démétrius II a été racontée pour expliquer comment la Judée est laissée en repos.

Outre toutes les actions glorieuses qu’il fit, il prit Joppé, pour lui servir de port, et il en fit un passage pour aller dans les îles de la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les îles de la mer. Les Hébreux appelaient ainsi même tous les pays maritimes et qui n’étaient pas du contient de la Palestine.

Il étendit les limites de sa nation, et se rendit maître de tout le pays.

Il fit un grand nombre de prisonniers ; il s’empara de Gazara, de Bethsura, et de la forteresse de Jérusalem ; il en ôta toutes les impuretés, et il n’y avait personne qui lui résistât.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gazara. Voir le verset 34. ― Les souillures des idoles. ― Bethsura. Voir 1 Machabées, 4, 61.

Chacun cultivait alors sa terre en paix ; le pays de Juda était couvert de blé, et les arbres de la campagne produisaient leurs fruits.

Les vieillards étaient tous assis dans les places publiques, et s’entretenaient de l’abondance des biens de la terre ; les jeunes hommes se paraient de vêtements magnifiques et d’habits de guerre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des biens de la terre (de bonis terræ), probablement, de ce qui concernait le bien de la nation. ― De gloire, c’est-à-dire de vêtements magnifiques. ― D’habits de guerre pris sur les ennemis.

Il distribuait des vivres dans les villes, et il en faisait des places d’armes ; enfin son nom devint célèbre jusqu’aux extrémités de la terre.

Il établit la paix dans tout son pays, et tout Israël fut comblé de joie.

Chacun se tenait assis sous sa vigne et sous son figuier ; et nul n’était en état de leur donner de la crainte.

Il ne se trouva plus dans le pays aucun ennemi qui osât les attaquer ; et les rois furent abattus dans tout ce temps-là.

Il protégea tous les pauvres de son peuple, il fut zélé pour l’observation de la loi, et il extermina tous les injustes et tous les méchants :

Il rétablit la gloire du sanctuaire, et il multiplia les vases saints.

Or la nouvelle de la mort de Jonathas ayant été portée jusqu’à Rome, et à Lacédémone, ils en furent fort affligés.

Mais lorsqu’ils apprirent que Simon, son frère, avait été fait grand-prêtre en sa place, et qu’il était maître de tout le pays et de toutes les villes,

Ils lui écrivirent sur des tables d’airain, pour renouveler l’amitié et l’alliance qu’ils avaient faite avec Judas et Jonathas, ses frères.

Ces lettres furent lues dans Jérusalem devant tout le peuple. Et voici ce que contenaient celles que les Lacédémoniens envoyèrent :

Les Princes et les villes des Lacédémoniens, à Simon, grand-prêtre, aux anciens, aux prêtres, et à tout le peuple des Juifs, leurs frères, salut.

Les ambassadeurs que vous avez envoyés vers notre peuple nous ayant informés de la gloire, de l’honneur, et de la joie où vous êtes présentement, nous nous sommes réjouis beaucoup de leur arrivée.

Et nous avons écrit en ces termes dans les registres publics ce qu’ils nous avaient dit de votre part : Numénius, fils d’Antiochus, et Antipater, fils de Jason, sont venus nous trouver pour renouveler l’ancienne amitié qui est entre nous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Numénius, Antipater. Voir plus haut, 1 Machabées, 12, 16.

Et le peuple a trouvé bon de recevoir ces ambassadeurs avec grand honneur, et d’écrire leurs paroles dans les registres publics, afin qu’elles servent de monument au peuple de Lacédémone. Et nous avons envoyé une copie de cet écrit à Simon, grand-prêtre.

Après cela Simon envoya à Rome Numénius avec un grand bouclier d’or du poids de mille mines, pour renouveler l’alliance avec eux. Ce que le peuple romain ayant appris,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mille mines. Voir Ezéchiel, 45, 12. ― Romain ; ce mot ne se trouve ni dans le texte grec ni dans la version syriaque. Les interprètes conviennent d’ailleurs qu’il s’agit ici du peuple juif, puisque dans les versets suivants, ce sont les Juifs mêmes qui parlent, et que la réponse du peuple romain se trouve plus bas, voir 1 Machabées, 15, 16. ― On avait coutume d’envoyer ainsi à Rome des objets précieux pour le renouvellement des alliances ou pour obtenir quelque faveur. Antiochus Epiphane avait envoyé des vases d’or de 500 livres, pour renouveler son alliance avec le peuple romain ; Démétrius Ier et Tryphon, pour se faire reconnaître comme rois, envoyèrent, le premier une couronne d’or de vingt-cinq livres et le second une statue d’or de la Victoire, du même poids.

Il dit : Comment témoignerons nous notre reconnaissance à Simon et à ses fils ?

Car il a rétabli ses frères, et il a exterminé d’Israël ses ennemis ; et ils lui donnèrent le privilège d’une entière liberté ; et cela fut écrit sur des tables d’airain, et mis dans une inscription publique sur la montagne de Sion.

Voici ce que contenait cet écrit : Le Dix-huitième jour du mois d’élul, l’an cent soixante-douze, la troisième année sous Simon, grand-prêtre,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Elul, sixième mois de l’année sacrée, et douzième de l’année civile. Il commençait à la nouvelle lune d’août, selon les rabbins ; mais c’était plus probablement à celle de septembre. ― La troisième année du pontificat de Simon. ― Asaramel ; le grec porte Saramel, qui paraît être le nom du lieu où se tint l’assemblée mentionnée au verset suivant. La situation d’Asaramel est inconnue.

Cette déclaration fut faite à Asaramel, dans la grande assemblée des prêtres et du peuple, des premiers de la nation et des anciens du pays : Tout le monde sait que le pays de Judée ayant été affligé de beaucoup de guerres,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Fréquemment. Le mot quoniam, qui précède dans la Vulgate, est un pur hébraïsme : il n’a pour but ici que d’introduire dans le discours direct ; il répond aux mots à savoir, c’est-à-dire.

Simon, fils de Mathathias, de la race de Jarib, et ses frères, se sont abandonnés au péril, et ont résisté aux ennemis de leur nation, pour soutenir leur saint temple et leur loi, et ont élevé leur peuple en grande gloire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jarib, nommé Joarib, voir 1 Machabées, 2, 1.

Jonathas a rassemblé ceux de sa nation, est devenu leur grand-pontife, et a été réuni à son peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il a été réuni, etc., c’est-à-dire il est mort.

Et les ennemis des Juifs se sont efforcés ensuite de les fouler aux pieds, de ravager leur pays, et de profaner leur saint temple.

Mais Simon leur a résisté alors ; il a combattu pour son peuple ; il a distribué beaucoup d’argent ; il a armé les plus vaillants de sa nation, et les a entretenus à ses dépens.

Il a fortifié les villes de Judée, et la ville de Bethsura qui était sur la frontière de Judée, dont les ennemis avaient fait auparavant leur place d’armes ; et il y a mis une garnison de Juifs.

Il a fortifié Joppé sur la côte de la mer, et Gazara qui est sur la frontière d’Azot, où les ennemis demeuraient auparavant ; il y a mis des Juifs pour les garder, et les a pourvues de toutes les choses nécessaires pour leur défense.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gazara, la même que Gazer, selon Eusèbe et saint Jérôme ; mais comme ces Pères mettent Gazer dans la tribu d’Ephraïm à trois milles de Nicopolis, la Gazara dont ils parlent ne saurait être celle-ci, qui était située sur les confins d’Azot, et par conséquent assez éloignée des frontières d’Ephraïm. ― Joppé, Jaffa, port de mer sur la Méditerranée. ― Azot. Voir plus haut, 1 Machabées, 5, 68.

Le peuple a vu la conduite de Simon, et tout ce qu’il faisait pour relever la gloire de sa nation ; et ils l’ont établi leur chef, et prince des prêtres, parce qu’il avait fait toutes ces choses, qu’il avait conservé toujours la justice et une exacte fidélité envers son peuple, et qu’il s’était efforcé par toute sorte de moyens de relever l’honneur de sa nation.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le grec comme dans la Vulgate, les mots justice et fidélité sont à l’accusatif comme complément de avait fait ; construction qu’on ne saurait conserver dans notre langue.

Les affaires ont réussi de son temps très-heureusement sous sa conduite, en sorte que les étrangers ont été bannis du pays d’Israël, et qu’il a chassé de la ville de David et de la forteresse de Jérusalem ceux qui y étaient en garnison, qui faisaient des sorties. profanaient tout aux environs du sanctuaire, et faisaient une grande plaie à la pureté et sainteté des lieux :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et faisaient, etc., en troublant le culte qu’on y rendait au vrai Dieu.

Et il y a établi des Juifs pour la sûreté du pays et de la ville, et a relevé les murs de Jérusalem.

Le roi Démétrius l’a confirmé dans la souveraine sacrificature ;

Et en même temps il l’a déclaré son ami, et l’a élevé dans une haute gloire.

Car il avait su que les Romains avaient appelé les Juifs leurs amis, leurs alliés, et leurs frères, et qu’ils avaient reçu avec grand honneur les ambassadeurs de Simon ;

Que les Juifs et les prêtres avaient consenti qu’il fût leur chef, et leur souverain prêtre pour toujours, jusqu’à ce qu’il s’élevât parmi eux un prophète fidèle ;

En sorte qu’ayant sur eux l’autorité de chef, il prit le soin des choses saintes, qu’il établit ceux qui devaient avoir l’intendance sur les ouvrages publics, sur la province, sur les armes, et sur les garnisons ;

Qu’il veillât à la garde des lieux saints : que tous lui obéissent ; que tous les actes publics fussent écrits en son nom dans le pays, et qu’il fût vêtu de pourpre et d’or ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’il fut revêtu, etc. Voir 1 Machabées, 10, 20.

Qu’il ne fût permis à aucun ni du peuple, ni des prêtres, de violer aucune de ces choses, ni de contredire à ce qu’il aurait ordonné, ni de convoquer aucune assemblée dans la province sans son autorité, ni de se vêtir de pourpre, et de porter une agrafe d’or ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une agrafe d’or. Voir 1 Machabées, 10, 89.

Et que quiconque agirait contre cette ordonnance, ou en violerait quelque chose, serait tenu pour coupable.

Tout le peuple agréa donc que Simon fût établi dans cette grande autorité, et qu’on exécutât tout le contenu de cette déclaration.

Simon accepta le gouvernement, et il consentit à faire les fonctions de la souveraine sacrificature, et à être chef et prince de la nation des Juifs et des prêtres, et à avoir le commandement sur toutes choses.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’être à la tête de tous (prœesset omnibus) ou d’avoir le commandement de toutes choses ; le texte est amphibologique dans la Vulgate.

Il fut ordonné que cette déclaration serait écrite sur des tables d’airain, qu’on la placerait dans les galeries du temple, en un lieu exposé à la vue de tous ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En un lieu bien connu. Voir 1 Machabées, 11, 37.

Et qu’on en mettrait une copie dans le trésor, pour servir à Simon et à ses enfants.