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1 Samuel 17
LES Philistins assemblèrent de nouveau toutes leurs troupes pour combattre Israël : ils se rendirent tous à Socho dans la tribu de Juda, et se campèrent entre Socho et Azéca, dans le pays de Dommim.
Saül d’autre part et les enfants d’Israël s’étant aussi assemblés, vinrent en la vallée du Térébinthe, et mirent leur armée en bataille pour combattre les Philistins.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La vallée du Térébinthe, l’ouadi es-Sumt, près de Socho, ou une vallée voisine.
Les Philistins étaient d’un côté sur une montagne, Israël était de l’autre sur une autre montagne ; et il y avait une vallée entre deux.
Or il arriva qu’un homme qui était bâtard sortit du camp des Philistins. Il s’appelait Goliath ; il était de Geth, et il avait six coudées et un palme de haut.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De la hauteur de six coudées et d’un(e ?) palme. Environ 3 mètres.
Il avait en tête un casque d’airain ; il était revêtu d’une cuirasse à écailles, qui pesait cinq mille sicles d’airain.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cinq mille sicles d’airain. Environ 60 kilogrammes.
Il avait sur les cuisses des cuissards d’airain ; et un bouclier d’airain lui couvrait les épaules.
La hampe de sa lance était comme ces grands bois dont se servent les tisserands ; et le fer de sa lance pesait six cents sicles de fer : et son écuyer marchait devant lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Six cents sicles, environ 7 kilogrammes 500 grammes.
Cet homme vint se présenter devant les bataillons d’Israël, et leur criait : Pourquoi venez-vous donner bataille ? Ne suis-je pas Philistin, et vous serviteurs de Saül ? Choisissez un homme d’entre vous, et qu’il vienne se battre seul à seul.
S’il ose se battre contre moi et qu’il m’ôte la vie, nous serons vos esclaves ; mais si j’ai l’avantage sur lui, et que je le tue, vous serez nos esclaves, et vous nous serez assujettis.
Et ce Philistin disait : J’ai défié aujourd’hui toute l’armée d’Israël, et je leur ai dit : Donnez-moi un homme, et qu’il vienne se battre contre moi.
Saül et tous les Israélites entendant ce Philistin parler de la sorte, étaient frappés d’étonnement, et tremblaient de peur.
Or David était fils de cet homme d’Ephrata, dont il a été parlé auparavant, de la ville de Bethléhem en Juda, qui s’appelait Isaï et avait huit fils, et qui était l’un des plus vieux et des plus avancés en âge du temps de Saül.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 16, 1.
Les trois plus grands de ses fils avaient suivi Saül à l’armée : l’aîné de ces trois qui étaient allés à la guerre, s’appelait Eliab, le second Abinadab, et le troisième Samma.
David était le plus petit de tous. Et les trois plus grands ayant suivi Saül,
il était revenu d’auprès de Saül, et s’en était allé à Bethléhem pour mener paître les troupeaux de son père.
Cependant ce Philistin se présentait au combat le matin et le soir, et cela dura pendant quarante jours.
Il arriva qu’au même temps Isaï dit à David, son fils : Prenez pour vos frères une mesure de farine d’orge et ces dix pains, et courez à eux jusqu’au camp.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un éphi, 38 litres 88. ― Les Israélites qui faisaient la guerre devaient s’approvisionner eux-mêmes.
Portez aussi ces dix fromages pour leur mestre de camp : voyez comment vos frères se portent, et sachez en quelle compagnie ils sont.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au tribun. Voir Exode, 18, 21.
Or Saül, et ces fils d’Isaï, et tous les enfants d’Israël étaient prêts à combattre contre les Philistins en la vallée du Térébinthe.
David s’étant donc levé dès la pointe du jour, laissa à un homme le soin de son troupeau, et s’en alla chargé au camp, selon l’ordre qu’Isaï lui avait donné. Il vint au lieu appelé Magala, où l’armée s’était avancée pour donner bataille ; et l’on entendait déjà les cris pour le signal du combat.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Magala n’est pas un nom propre, mais désigne le campement des Israélites.
Car Israël avait rangé en bataille toutes ses troupes ; et de l’autre côté les Philistins se préparaient à les combattre.
David ayant donc laissé au bagage tout ce qu’il avait apporté, entre les mains d’un homme pour en avoir soin, courut au lieu du combat, et s’enquit de l’état de ses frères, et s’ils se portaient bien.
Lorsqu’il leur parlait encore, ce Philistin de Geth, appelé Goliath, qui était bâtard, sortit du camp des Philistins ; et David lui entendit dire les mêmes paroles qu’il disait toujours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Leur ; c’est-à-dire ceux qu’il interrogeait.
Tous les Israélites ayant vu Goliath, fuirent devant lui tremblants de peur.
Et quelqu’un du peuple d’Israël se mit à dire : Voyez-vous cet homme qui se présente au combat ? Il vient pour insulter Israël. S’il se trouve un homme qui puisse le tuer, le roi le comblera de richesses, lui donnera sa fille en mariage, et rendra la maison de son père exempte de tribut dans Israël.
David dit donc à ceux qui étaient auprès de lui : Que donnera-t-on à celui qui tuera ce Philistin, et qui ôtera l’opprobre d’Israël ? Car qui est ce Philistin incirconcis, pour insulter ainsi l’armée du Dieu vivant ?
Et le peuple lui répétait les mêmes choses, en disant : On donnera telle récompense à celui qui l’aura tué.
Mais Eliab, frère aîné de David, l’ayant entendu parler ainsi avec d’autres, se mit en colère contre lui, et lui dit : Pourquoi êtes-vous venu, et pourquoi avez-vous abandonné dans le désert ce peu de brebis que nous avons ? Je sais quel est votre orgueil et la malignité de votre cœur, et que vous n’êtes venu ici que pour voir le combat.
David lui dit : Qu’ai-je fait ? N’est-il pas permis de parler ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
N’est-ce pas, etc. Est-ce autre chose qu’une simple parole qui ne saurait tirer à conséquence ? ― Ou plutôt : N’est-il pas permis de dire une parole et de prendre quelques informations ?
Et s’étant un peu détourné de lui, il s’en alla vers un autre, et il dit la même chose ; et le peuple lui répondit comme auparavant.
Or ces paroles de David ayant été entendues, elles furent rapportées à Saül.
Et Saül l’ayant fait venir devant lui, David lui parla de cette sorte : Que personne ne s’épouvante de ce Philistin ; votre serviteur est prêt à aller le combattre.
Saül lui dit : Vous ne sauriez résister à ce Philistin, ni combattre contre lui ; parce que vous êtes encore tout jeune, et que celui-ci est un homme nourri à la guerre depuis sa jeunesse.
David répondit à Saül : Lorsque votre serviteur menait paître le troupeau de son père, il venait quelquefois un lion ou un ours qui emportait un bélier du milieu du troupeau.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 47, 3. ― Le lion ou l’ours. Les animaux féroces étaient autrefois communs en Palestine.
Alors je courais après eux, je les battais, et je leur arrachais le bélier d’entre les dents ; et lorsqu’ils se jetaient sur moi, je les prenais à la gorge, je les étranglais et je les tuais.
C’est ainsi que votre serviteur a tué un lion et un ours ; et il en sera autant de ce Philistin incirconcis. J’irai contre lui, et je ferai cesser l’opprobre du peuple. Car qui est ce Philistin incirconcis qui ose maudire l’armée du Dieu vivant ?
Et David ajouta : Le Seigneur qui m’a délivré des griffes du lion et de la gueule de l’ours, me délivrera encore de la main de ce Philistin. Saül dit donc à David : Allez, et que le Seigneur soit avec vous !
Il le revêtit ensuite de ses armes, lui mit sur la tête un casque d’airain, et l’arma d’une cuirasse.
Et David s’étant mis une épée au côté, commença à essayer s’il pourrait marcher avec ces armes, ne l’ayant point fait jusqu’alors. Et il dit à Saül : Je ne saurais marcher ainsi ; parce que je n’y suis pas accoutumé. Ayant donc quitté ces armes,
il prit le bâton qu’il avait toujours à la main ; il choisit dans le torrent cinq pierres très-polies, et les mit dans sa panetière qu’il avait sur lui ; et tenant à la main sa fronde, il marcha contre le Philistin.
Le Philistin s’avança aussi, et s’approcha de David, ayant devant lui son écuyer.
Et lorsqu’il eut aperçu David, et qu’il l’eut envisagé, voyant que c’était un jeune homme roux et fort beau, il le méprisa,
et lui dit : Suis-je un chien, pour que tu viennes à moi avec un bâton ? Et ayant maudit David en jurant par ses dieux,
il ajouta : Viens à moi, et je donnerai ta chair à manger aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre.
Mais David dit au Philistin : Tu viens à moi avec l’épée, la lance et le bouclier ; mais moi je viens à toi au nom du Seigneur des armées, du Dieu des troupes d’Israël, auxquelles tu as insulté aujourd’hui.
Le Seigneur te livrera entre mes mains ; je te tuerai, et je te couperai la tête ; et je donnerai aujourd’hui les corps morts des Philistins aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre : afin que toute la terre sache qu’il y a un Dieu dans Israël,
et que toute cette multitude d’hommes reconnaisse que ce n’est point par l’épée ni par la lance que le Seigneur sauve ; parce qu’il est l’arbitre de la guerre, et ce sera lui qui vous livrera entre nos mains.
Le Philistin s’avança donc, et marcha contre David. Et lorsqu’il en fut proche, David se hâta, et courut contre lui pour le combattre.
Il mit la main dans sa panetière, il en prit une pierre, la lança avec sa fronde, et en frappa le Philistin dans le front. La pierre s’enfonça dans le front du Philistin, et il tomba le visage contre terre.
Ainsi David remporta la victoire sur le Philistin avec une fronde et une pierre seule : il le renversa par terre, et le tua. Et comme il n’avait point d’épée à la main,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 47, 4 ; 1 Machabée, 4, 30.
il courut, et se jeta sur le Philistin : il prit son épée, la tira du fourreau, et acheva de lui ôter la vie en lui coupant la tête. Les Philistins voyant que le plus vaillant d’entre eux était mort, s’enfuirent.
Et les Israélites et ceux de Juda s’élevant avec un grand cri, les poursuivirent jusqu’à la vallée et aux portes d’Accaron. Et plusieurs des Philistins tombèrent percés de coups dans le chemin de Saraïm, jusqu’à Geth et Accaron.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Accaron, Geth, deux des cinq grandes villes des Philistins. ― Saraïm, dans le texte original, désigne probablement les portes de Geth et d’Accaron.
Les enfants d’Israël étant revenus après avoir poursuivi les Philistins, pillèrent leur camp.
Et David prit la tête du Philistin, la porta à Jérusalem, et mit ses armes dans son logement.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Jérusalem. La citadelle de cette ville était encore occupée par les Jébuséens, mais la ville était sans doute déjà en la possession des Israélites. ― Dans son tabernacle, dans le Tabernacle de Dieu, non la demeure de David.
Lorsque Saül vit David qui marchait pour combattre le Philistin, il dit à Abner, général de son armée : Abner, de quelle famille est ce jeune homme ? Abner lui répondit : Seigneur, je vous jure que je n’en sais rien.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Votre âme vit ! c’est-à-dire je jure par votre âme. Comparer à 1 Rois, 1, 25 ; et Juges, 8, 19. ― Bien que David eût eu déjà des rapports avec Saül, il a pu n’être pas reconnu de lui, à cause de l’aliénation mentale du prince. Quant à Abner, qui avait vu aussi David auparavant, il feignit probablement de ne pas le reconnaître, pour ne pas affliger Saül en lui montrant l’état de son dérangement d’esprit. ― L’auteur lui-même rattache 1 Rois, 17, 12 à 1 Rois, 16, 18-22, en disant, au verset 12 : David, fils de cet homme Ephrathéen dont il a été parlé plus haut. On peut d’ailleurs observer que Saül demande quelle est la famille de David, non qui il est.
Et le roi lui dit : Enquérez-vous de qui ce jeune homme est fils.
Et lorsque David fut retourné du combat après avoir tué le Philistin, Abner l’emmena et le présenta à Saül, ayant la tête du Philistin à la main.
Et Saül dit à David : Jeune homme, de quelle famille êtes-vous ? David lui répondit : Je suis fils de votre serviteur Isaï, qui est de Bethléhem.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Socho de Juda, aujourd'hui Schouwekéh, près de la Séphéla où habitaient les Philistins. ― Azéca était aussi une ville de Juda. ― Dommim, en hébreu Ephes-Dammim (dans 1 Paralipomènes, 11, 13, Phesdomim), dans la vallée d’Elah ou du Térébinthe.