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1 Samuel 12

ALORS Samuel dit à tout le peuple d’Israël : Vous voyez que je me suis rendu à tout ce que vous m’avez demandé, et que je vous ai donné un roi.

Votre roi maintenant marche à votre tête. Pour moi je suis vieux et déjà tout blanc, et mes enfants sont avec vous. Ayant donc vécu parmi vous depuis ma jeunesse jusqu’à ce jour, me voici prêt à répondre de toute ma vie.

Déclarez devant le Seigneur et devant son christ, si j’ai pris le bœuf ou l’âne de personne ; si j’ai imputé à quelqu’un de faux crimes ; si j’ai opprimé quelqu’un par violence ; si j’ai reçu des présents de qui que ce soit ; et je vous ferai connaître le peu d’attache que j’y ai, en vous le rendant présentement.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 46, 22. ― Devant son christ, devant le roi.

Ils lui répondirent : Vous ne nous avez point opprimés ni par de fausses accusations, ni par violence, et vous n’avez rien pris de personne.

Samuel ajouta : Le Seigneur m’est donc témoin aujourd’hui contre vous, et son christ m’est aussi témoin, que vous n’avez rien trouvé en moi qu’on puisse me reprocher. Le peuple lui répondit : Oui, ils en sont témoins.

Alors Samuel dit au peuple : Le Seigneur qui a fait Moïse et Aaron, et qui a tiré nos pères de la terre d’Egypte m’est donc témoin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le Seigneur. Devant ce mot est sous-entendu : Ainsi le témoin est.

Venez maintenant en sa présence, afin que je vous appelle en jugement devant lui touchant toutes les miséricordes que le Seigneur a faites à vous et à vos pères.

Vous savez de quelle manière Jacob entra dans l’Egypte ; comment vos pères crièrent au Seigneur, et le Seigneur envoya Moïse et Aaron, tira vos pères de l’Egypte, et les établit en ce pays-ci.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 46, 5.

Ils oublièrent depuis le Seigneur, leur Dieu ; et il les livra entre les mains de Sisnra, général d’armée d’Hasor, entre les mains des Philistins, et entre les mains du roi de Moab, qui combattirent contre eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Juges, 4, 2. ― D’Hasor ou Asor. Voir Josué, 11, 1.

Ils crièrent ensuite au Seigneur, et ils lui dirent : Nous avons péché, parce que nous avons abandonné le Seigneur, et servi Baal et Astaroth ; mais délivrez-nous maintenant de la main de nos ennemis, et nous vous servirons.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les Baalim. Voir Juges, note 6.25. ― Les Astaroth. Voir Juges, note 3.7.

Et le Seigneur envoya Jérobaal, Badan, Jephté et Samuel ; il vous délivra de la main des ennemis qui vous environnaient, et vous avez habité dans vos maisons en une pleine assurance.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Juges, 6, 14.

Cependant voyant que Naas, roi des enfants d’Ammon, marchait contre vous, vous êtes venus me dire : Non, nous ne ferons point ce que vous dites ; mais nous aurons un roi pour nous commander ; quoique alors le Seigneur, votre Dieu, fût le roi qui vous commandait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 8, 19 ; 10, 19. ― L’auteur sacré assigne ici une nouvelle cause de l’élévation de Saül à la royauté. Les deux causes pour lesquelles les Hébreux désirent un roi, savoir la cupidité des enfants de Samuel, voir 1 Rois, 8, 3-5, et les menaces d’invasion des Ammonites, voir 1 Rois, 12, 12-13, ne s’excluent point, comme on l’a affirmé : elles concordent parfaitement ensemble ; seulement l’historien ne s’est pas cru obligé de les faire connaître en même temps, mais quand il en a trouvé l’occasion.

Maintenant donc vous avez votre roi que vous avez choisi et que vous avez demandé. Vous voyez que le Seigneur vous a donné un roi.

Si vous craignez le Seigneur, si vous le servez, si vous écoutez sa voix, et que vous ne vous rendiez point rebelles à sa parole ; vous serez, vous et le roi qui vous commande, à la suite du Seigneur, votre Dieu, comme son peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

N’exaspériez point la bouche du Seigneur. La phrase hébraïque correspondante a été rendue ailleurs dans la Vulgate par : Ne soyez pas incrédules, ou rebelles à la parole, ou à l’ordre du Seigneur.

Mais si vous n’écoutez point la voix du Seigneur, et que vous vous rendiez rebelles à sa parole, la main du Seigneur sera sur vous, comme elle a été sur vos pères.

Et maintenant prenez garde, et considérez bien cette grande chose que le Seigneur va faire devant vos yeux.

Ne fait-on pas aujourd’hui la moisson du froment ? Et cependant je vais invoquer le Seigneur, et il fera éclater les tonnerres et tomber la pluie : afin que vous sachiez et que vous voyiez combien est grand devant le Seigneur le mal que vous avez fait en demandant un roi.

Samuel cria donc au Seigneur, et le Seigneur en ce jour-là fit éclater les tonnerres, et tomber la pluie.

Commentaire (versets 17 à 18) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 17 à 18 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Des tonnerres ; littéralement des voix ; le tonnerre est assez souvent appelé la voix de Dieu dans l’Ecriture.

Et tout le peuple fut saisi de la crainte du Seigneur et de Samuel. Et ils dirent tous ensemble à Samuel : Priez le Seigneur, votre Dieu, pour vos serviteurs, afin que nous ne mourions pas. Car nous avons encore ajouté ce péché à tous les autres que nous avions faits, de demander un roi qui nous gouverne.

Samuel répondit au peuple : Ne craignez point. Il est vrai que vous avez fait tout ce mal ; mais néanmoins ne quittez point le Seigneur, et servez-le de tout votre cœur.

Ne vous détournez point de lui, pour suivre des choses vaines, qui ne vous serviront point, et qui ne vous délivreront point, parce qu’elles sont vaines.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les choses vaines ; c’est-à-dire les faux dieux, qui n’ont point d’existence réelle, et qui par là même ne peuvent rien pour les hommes.

Le Seigneur n’abandonnera point son peuple à cause de son grand nom ; parce qu’il a juré qu’il vous rendrait son peuple.

Pour moi, Dieu me garde de commettre ce péché contre lui, que je cesse jamais de prier pour vous. Je vous enseignerai toujours la bonne et la droite voie.

Craignez donc le Seigneur, et servez-le dans la vérité, et de tout votre cœur : car vous avez vu les merveilles qu’il a faites parmi vous.

Si vous persévérez à faire le mal, vous périrez tous ensemble, vous et votre roi.