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1 Samuel 17

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Les Philistins, ayant rassemblé leurs armées pour faire la guerre, se réunirent à Socho, qui appartient à Juda ; ils campèrent entre Socho et Azéca, à Ephès-Dommim.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Socho de Juda, aujourd'hui Schouwekéh, près de la Séphéla où habitaient les Philistins. ― Azéca était aussi une ville de Juda. ― Dommim, en hébreu Ephes-Dammim (dans 1 Paralipomènes, 11, 13, Phesdomim), dans la vallée d’Elah ou du Térébinthe.

Saül et les hommes d’Israël se rassemblèrent aussi et campèrent dans la vallée de Térébinthe ; ils se rangèrent en bataille en face des Philistins.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La vallée du Térébinthe, l’ouadi es-Sumt, près de Socho, ou une vallée voisine.

Les Philistins étaient postés sur la montagne d’un côté, et Israël était posté sur la montagne de l’autre côté : la vallée était entre eux.

Alors sortit des camps des Philistins un champion ; il se nommait Goliath, il était de Geth, et sa taille était de six coudées et un palme.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De la hauteur de six coudées et d’un(e ?) palme. Environ 3 mètres.

Un casque d’airain couvrait sa tête, et il portait une cuirasse à écailles ; et le poids de la cuirasse était de cinq mille sicles d’airain.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cinq mille sicles d’airain. Environ 60 kilogrammes.

Il avait aux pieds une chaussure d’airain et un javelot d’airain entre ses épaules.

Le bois de sa lance était comme une ensouple de tisserand, et la pointe de sa lance pesait six cents sicles de fer ; celui qui portait son bouclier marchait devant lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Six cents sicles, environ 7 kilogrammes 500 grammes.

Goliath s’arrêta et, s’adressant aux bataillons d’Israël, il leur cria : « Pourquoi êtes-vous sortis pour vous ranger en bataille ? Ne suis-je pas le Philistin, et n’êtes-vous pas les esclaves de Saül ? Choisissez un homme qui descende contre moi.

S’il l’emporte en se battant avec moi et qu’il me tue, nous vous serons assujettis ; mais si je l’emporte sur lui et que je le tue, vous nous serez assujettis et vous nous servirez. »

le Philistin ajouta : « Je jette aujourd’hui ce défi à l’armée d’Israël : Donnez-moi un homme, et nous nous battrons ensemble. »

En entendant ces paroles du Philistin, Saül et tout Israël furent effrayés et saisis d’une grande crainte.

Or David était fils de cet Ephratéen de Bethléem de Juda nommé Isaï, qui avait huit fils ; cet homme, au temps de Saül, était vieux, avancé en âge.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 16, 1.

Les trois fils aînés d’Isaï étaient allés suivre Saül à la guerre ; et les noms de ces trois fils qui étaient allés à la guerre étaient Eliab l’aîné, Abinadab le second, et Samma le troisième.

David était le plus jeune. Les trois aînés suivaient Saül,

et David allait et venait d’auprès de Saül, pour paître les brebis de son père à Bethléem.

Le Philistin s’avançait matin et soir, et il se présenta pendant quarante jours.

Isaï dit à David, son fils : « Prends pour tes frères cet épha de grain rôti et ces dix pains, et cours au camp vers tes frères.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un éphi, 38 litres 88. ― Les Israélites qui faisaient la guerre devaient s’approvisionner eux-mêmes.

Et ces dix fromages, porte-les au chef de leur millier. Tu visiteras tes frères pour voir s’ils se portent bien, et tu prendras d’eux un gage.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au tribun. Voir Exode, 18, 21.

Saül et eux, et tous les hommes d’Israël, sont dans la vallée de Térébinthe, faisant la guerre aux Philistins. »

David se leva de bon matin et, laissant les brebis à un gardien, il prit les provisions et partit, comme Isaï le lui avait commandé. Quand il arriva au campement, l’armée sortait du camp pour se ranger en bataille et on poussait des cris de guerre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Magala n’est pas un nom propre, mais désigne le campement des Israélites.

Israélites et Philistins se rangèrent en ligne, troupe contre troupe.

David déposa ses bagages entre les mains du gardien des bagages, et courut vers la troupe. Aussitôt arrivé, il demanda à ses frères comment ils se portaient.

Pendant qu’il s’entretenait avec eux, voici que le champion, — il se nommait Goliath, le Philistin de Geth, — s’avança hors des rangs des Philistins, tenant les mêmes discours et David l’entendit.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur ; c’est-à-dire ceux qu’il interrogeait.

En voyant cet homme, tous ceux d’Israël se retirèrent devant lui, saisis d’une grande crainte.

Un Israélite dit : « Voyez-vous cet homme qui s’avance ? C’est pour défier Israël qu’il s’avance. Celui qui le tuera, le roi le comblera de grandes richesses, il lui donnera sa fille et il affranchira de toute charge la maison de son père en Israël. »

David dit aux hommes qui se tenaient près de lui : « Que fera-t-on à celui qui tuera ce Philistin et qui ôtera l’opprobre de dessus Israël ? Qui est donc ce Philistin, cet incirconcis, pour insulter les troupes du Dieu vivant ? »

Le peuple lui répéta les mêmes paroles, en disant : « Voilà ce qu’on fera à celui qui le tuera. »

Eliab, son frère aîné, l’entendit parler aux hommes, et la colère d’Eliab s’enflamma contre David, et il dit : « Pourquoi es-tu descendu, et à qui as-tu laissé ce petit nombre de brebis dans le désert ? Je connais ton orgueil et la malice de ton cœur ; c’est pour voir la bataille que tu es descendu. »

David répondit : « Qu’ai-je fait maintenant ? N’est-ce pas une simple parole ? »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

N’est-ce pas, etc. Est-ce autre chose qu’une simple parole qui ne saurait tirer à conséquence ? ― Ou plutôt : N’est-il pas permis de dire une parole et de prendre quelques informations ?

Et, se détournant de lui pour s’adresser à un autre, il tint le même langage ; et le peuple lui répondit comme la première fois.

Lorsqu’on eut entendu les paroles prononcées par David, on les rapporta à Saül, qui le fit venir.

David dit à Saül : « Que le cœur ne défaille à personne ! Ton serviteur ira combattre contre ce Philistin. »

Saül dit à David : « Tu ne peux aller contre ce Philistin pour combattre avec lui, car tu es un enfant, et il est un homme de guerre depuis sa jeunesse. »

David dit à Saül : « Lorsque ton serviteur faisait paître les brebis de son père, et qu’un lion ou un ours venait et enlevait une brebis du troupeau,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 47, 3. ― Le lion ou l’ours. Les animaux féroces étaient autrefois communs en Palestine.

je me mettais à sa poursuite, je le frappais et j’arrachais la brebis de sa gueule ; s’il se dressait contre moi, je le saisissais à la mâchoire, je le frappais et je le tuais.

Ton serviteur a tué le lion comme l’ours, et il en sera du Philistin, de cet incirconcis, comme de l’un d’eux, car il a insulté les troupes du Dieu vivant. »

David ajouta : « Yahweh qui m’a délivré du lion et de l’ours, me délivrera aussi de la main de ce Philistin. » Et Saül dit à David : « Va, et que Yahweh soit avec toi ! »

Saül fit revêtir David de ses habits, mit sur sa tête un casque d’airain et l’endossa d’une cuirasse ;

puis David ceignit l’épée de Saül par-dessus son armure, et il essaya de marcher, car il n’avait jamais essayé d’armure. David dit à Saül : « Je ne puis marcher avec ces armes, je n’y suis point accoutumé. » Et, s’en étant débarrassé,

David prit en main son bâton, choisit dans le torrent cinq cailloux polis et les mit dans son sac de berger, dans sa gibecière. Puis, sa fronde à la main, il s’avança vers le Philistin.

Le Philistin s’approcha peu à peu de David, précédé de l’homme qui portait le bouclier.

Le Philistin regarda, vit David et le méprisa, car il était très jeune, blond et beau de visage.

Le Philistin dit à David : « Suis-je un chien, que tu viennes à moi avec un bâton ? » Et le Philistin maudit David par ses dieux.

Et le Philistin dit à David : « Viens à moi, que je donne ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs. »

David répondit au Philistin : « Tu viens à moi avec l’épée, la lance et le javelot ; et moi je viens à toi au nom de Yahweh des armées, du Dieu des bataillons d’Israël, que tu as insulté.

Aujourd’hui Yahweh te livrera entre mes mains, je te frapperai et j’enlèverai ta tête de dessus toi ; aujourd’hui je donnerai les cadavres de l’armée des Philistins aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre ; et toute la terre saura qu’Israël a un Dieu ;

et toute cette multitude saura que ce n’est ni par l’épée ou par la lance que Yahweh sauve, car à Yahweh appartient la guerre, et il vous a livrés entre nos mains. »

Le Philistin, s’étant levé, se mit en marche et s’avança au-devant de David, et David se hâta de courir, vers le front de la troupe, à la rencontre du Philistin.

David mit la main dans sa gibecière, en retira une pierre et la lança avec sa fronde ; il frappa le Philistin au front, et la pierre s’enfonça dans son front, et il tomba le visage contre terre.

Ainsi David, avec une fronde et une pierre, fut plus fort que le Philistin, il frappa à mort le Philistin. Et il n’y avait pas d’épée dans la main de David.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 47, 4 ; 1 Machabée, 4, 30.

David courut, s’arrêta près du Philistin et, s’étant saisi de son épée qu’il tira du fourreau, il le tua et lui coupa la tête avec elle.

Voyant leur héros mort, les Philistins prirent la fuite. Et les hommes d’Israël et de Juda se levèrent, en poussant des cris, et poursuivirent les Philistins jusqu’à l’entrée de Geth et jusqu’aux portes d’Accaron. Les cadavres des Philistins jonchèrent le chemin de Saraïm jusqu’à Geth et jusqu’à Accaron.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Accaron, Geth, deux des cinq grandes villes des Philistins. ― Saraïm, dans le texte original, désigne probablement les portes de Geth et d’Accaron.

À leur retour de la poursuite des Philistins, les enfants d’Israël pillèrent leur camp.

David prit la tête du Philistin et la fit porter à Jérusalem, et il mit dans sa tente les armes du Philistin.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Jérusalem. La citadelle de cette ville était encore occupée par les Jébuséens, mais la ville était sans doute déjà en la possession des Israélites. ― Dans son tabernacle, dans le Tabernacle de Dieu, non la demeure de David.

Lorsque Saül eut vu David s’avancer à la rencontre du Philistin, il dit à Abner, chef de l’armée : « De qui ce jeune homme est-il fils, Abner ? » Abner répondit : « Aussi vrai que ton âme est vivante, ô roi, je l’ignore. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Votre âme vit ! c’est-à-dire je jure par votre âme. Comparer à 1 Rois, 1, 25 ; et Juges, 8, 19. ― Bien que David eût eu déjà des rapports avec Saül, il a pu n’être pas reconnu de lui, à cause de l’aliénation mentale du prince. Quant à Abner, qui avait vu aussi David auparavant, il feignit probablement de ne pas le reconnaître, pour ne pas affliger Saül en lui montrant l’état de son dérangement d’esprit. ― L’auteur lui-même rattache 1 Rois, 17, 12 à 1 Rois, 16, 18-22, en disant, au verset 12 : David, fils de cet homme Ephrathéen dont il a été parlé plus haut. On peut d’ailleurs observer que Saül demande quelle est la famille de David, non qui il est.

Le roi lui dit : « Informe-toi donc de qui est fils ce jeune homme. »

Quand David fut de retour après avoir tué le Philistin, Abner le prit et le mena devant Saül ; David avait à la main la tête du Philistin.

Saül lui dit : « De qui es-tu fils, jeune homme. » Et David répondit : « Je suis fils de ton serviteur, Isaï de Bethléem. »