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1 Samuel 21

APRÈS cela David alla à Nobé vers le grand prêtre Achimélech. Achimélech fut surpris de sa venue, et lui dit : D’où vient que vous venez seul, et qu’il n’y a personne avec vous ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nobé est placé ordinairement au nord de Jérusalem et à peu de distance de cette ville, mais sa position est incertaine.

David répondit au grand prêtre Achimélech : Le roi m’a donné un ordre, et m’a dit : Que personne ne sache pourquoi je vous envoie, ni ce que je vous ai commandé. J’ai même donné rendez-vous à mes gens en tel et tel lieu.

Si donc vous avez quelque chose à manger, quand ce ne serait que cinq pains, ou quoi que ce soit, donnez-le-moi.

Le grand prêtre répondit à David : Je n’ai point ici de pain pour le peuple : je n’ai que du pain qui est saint, pourvu que vos gens soient purs, particulièrement à l’égard des femmes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Est-ce ; littéralement si, particule qui, en hébreu, exprime, outre le doute, l’interrogation et la négation.

David répondit au grand prêtre, et lui dit : Pour ce qui regarde les femmes, depuis hier et avant-hier que nous sommes partis, nous ne nous en sommes point approchés, et nos vêtements aussi étaient purs. Il est vrai qu’il y est arrivé quelque impureté légale en chemin ; mais ils en seront aujourd’hui purifiés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par les vases des serviteurs, les uns entendent les vêtements, les autres tous les objets qu’avaient les serviteurs avec eux, et qui pouvaient contracter quelque impureté légale ; d’autres enfin leurs propres corps ; car saint Paul prend quelquefois le mot vase en ce sens. ― Cette route a été souillée ; métonymie, pour : nous avons contracté des souillures légales sur cette route. ― Mais elle sera sanctifiée elle-même, etc. ; c’est-à-dire (en vertu de la même métonymie), nous nous sanctifierons, nous nous purifierons de ces souillures mêmes, contractées dans nos vêtements, ou dans nos autres objets, ou dans nos corps.

Le grand prêtre lui donna donc du pain sanctifié : car il n’y en avait point là d’autre que les pains exposés devant le Seigneur, qui avaient été ôtés de devant sa présence, pour y en mettre de chauds en la place.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Matthieu, 12, 3-4. ― Les pains de proposition. Voir Exode, 25, 30.

Or un certain homme des officiers de Saül se trouva alors au dedans du tabernacle du Seigneur. C’était un Iduméen, nommé Doëg, et le plus puissant d’entre les bergers de Saül.

David dit encore à Achimélech : N’avez-vous point ici une lance, ou une épée ? Car je n’ai point apporté avec moi mon épée, ni mes armes, parce que l’ordre du roi pressait fort.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Avez-vous ; littéralement si vous. Voir le verset 4.

Le grand prêtre lui répondit : Voilà l’épée de Goliath le Philistin, que vous avez tué dans la vallée du Térébinthe. Elle est enveloppée dans un drap derrière l’éphod. Si vous la voulez, prenez-la ; parce qu’il n’y en a point d’autre ici. David lui dit : Il n’y en a point qui vaille celle-là, donnez-la-moi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mon manteau ; littéralement le manteau. Voir 1 Rois, 20, 21. ― Derrière l’éphod. Sur l’éphod, voir Exode, note 25.7.

David partit donc alors ; et s’enfuyant de devant Saül, il se réfugia vers Achis, roi de Geth.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Geth, l’une des cinq villes principales des Philistins.

Les officiers d’Achis ayant vu David, dirent à Achis : N’est-ce pas là ce David qui est comme roi dans son pays ? N’est-ce pas pour lui qu’on a chanté dans les danses publiques : Saül en a tué mille, et David dix mille ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 18, 7 ; Ecclésiastique, 47, 7. ― Le roi de la terre ; c’est-à-dire comme le roi de son pays ; ou plutôt le roi de ce pays-ci, selon les conditions du combat dans lequel il a terrassé Goliath. Voir 1 Rois, 17, 9.

David fut frappé de ces paroles jusqu’au cœur ; et il commença à craindre extrêmement Achis, roi de Geth.

C’est pourquoi il se contrefit le visage devant les Philistins, il se laissait tomber entre leurs mains, il se heurtait contre les poteaux de la porte, et sa salive découlait sur sa barbe.

Achis dit donc à ses officiers : Vous voyiez bien que cet homme était fou : pourquoi me l’avez-vous amené ?

Est-ce que nous n’avons pas assez de fous sans nous amener celui-ci, afin qu’il fît des folies en ma présence ? Doit-on laisser entrer un tel homme dans ma maison ?