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Apocalypse 3
ÉCRIVEZ à l’ange de l’Église de Sardes : Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais vos œuvres ; et je sais qu’ayant la réputation d’être vivant, vous êtes mort.
Soyez vigilant, et confirmez le reste de votre peuple qui est près de mourir : car je ne trouve point vos œuvres pleines devant mon Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tous les restes. Il y a dans le texte le genre neutre, ce qui est un pur hébraïsme qui a pour but de marquer une universalité complète, qui n’admet aucune exception.
Souvenez-vous donc de ce que vous avez reçu, et de ce que vous avez entendu ; gardez-le, et faites pénitence : car si vous ne veillez, je viendrai à vous comme un larron, sans que vous sachiez à quelle heure je viendrai.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Thessaloniciens, 5, 2 ; 2 Pierre, 3, 10 ; Apocalypse, 16, 15.
Vous avez néanmoins à Sardes quelque peu de personnes qui n’ont point souillé leurs vêtements ; ceux-là marcheront avec moi habillés de blanc, parce qu’ils en sont dignes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Noms. Dans les énumérations, le mot nom se prend pour tête, individu, personne. Comparer à Actes des Apôtres, 1, 15, où la Vulgate elle-même a rendu par hommes le terme grec qui signifie noms.
Celui qui sera victorieux, sera ainsi vêtu d’habits blancs ; et je n’effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges.
Que celui qui a des oreilles, entende ce que l’Esprit dit aux Églises.
Écrivez à l’ange de l’Église de Philadelphie : Voici ce que dit le Saint et le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre sans que personne puisse fermer, et qui ferme sans que personne puisse ouvrir :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 22, 22 ; Job, 12, 14. ― Philadelphie était en Lydie, comme Sardes, au pied du mont Tmolus, sur le Caïstre. Elle avait été bâtie par Attale II Philadelphe qui lui avait donné son nom. Depuis l’an 132 avant Jésus-Christ, elle était soumise à la province romaine.
Je connais vos œuvres : je vous ai ouvert une porte que personne ne peut fermer ; parce qu’encore que vous ayez peu de force, vous avez néanmoins gardé ma parole, et n’avez point renoncé mon nom.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai posé ; littéralement, j’ai donné. Le verbe hébreu correspondant réunit ces deux significations.
Je vous amènerai bientôt quelques-uns de ceux qui sont de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont point, mais qui sont des menteurs : je les ferai bientôt venir se prosterner à vos pieds, et ils connaîtront que je vous aime.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je produirai, je poserai, j’établirai. Voir le verset 8. ― Qui se disent, etc., Voir Apocalypse, 2, 9. ― Qu’ils adorent. On a déjà vu que dans le style des Hébreux, le mot adoration signifiait souvent un simple hommage de respect.
Parce que vous avez gardé la patience ordonnée par ma parole, je vous garderai aussi de l’heure de la tentation qui viendra sur tout l’univers, pour éprouver ceux qui habitent sur la terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La parole de ma patience. Le mot parole est mis pour précepte. Saint Jean, en effet, emploie souvent la phrase garder la parole, pour garder la loi. De plus, l’expression la parole de ma patience, est une hyperbate hébraïque ; la construction régulière est : Ma parole, ou mon précepte de la patience, touchant la patience.
Je viendrai bientôt : conservez ce que vous avez, afin que nul ne prenne votre couronne.
Quiconque sera victorieux, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, en sorte qu’il n’en sortira plus ; et j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem, qui descend du ciel et vient de mon Dieu ; et mon nom nouveau.
Que celui qui a des oreilles, entende ce que l’Esprit dit aux Églises.
Écrivez à l’ange de l’Église de Laodicée : Voici ce que dit celui qui est la vérité même, le témoin fidèle et véritable, le principe de tout ce que Dieu a créé :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jean, 14, 6. ― Des créatures. Le texte porte au singulier de la créature, mais c’est évidemment un nom collectif ; ou bien ce mot doit se prendre ici, comme en plusieurs autres passages, dans le sens de création. ― Laodicée. Voir Colossiens, 2, 1.
Je connais vos œuvres ; et je sais que vous n’êtes ni froid ni chaud. Que n’êtes-vous ou froid ou chaud ?
Mais parce que vous êtes tiède, et que vous n’êtes ni froid ni chaud, je suis près de vous vomir de ma bouche,
Vous dites : Je suis riche, je suis comblé de biens, et je n’ai besoin de rien. Et vous ne savez pas que vous êtes malheureux, et misérable, et pauvre, et aveugle, et nu.
Je vous conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé au feu, pour vous enrichir ; et des vêtements blancs, pour vous revêtir, de peur qu’on ne voie votre nudité honteuse ; mettez aussi un collyre sur vos yeux, afin que vous voyiez clair.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cet or éprouvé au feu est le symbole de la charité ; ces habits blancs, celui de l’innocence, des vertus chrétiennes, des œuvres saintes (voir Apocalypse, 19, 8), et ce collyre, celui de l’humilité qui nous ouvre les yeux, en nous faisant connaître nos défauts.
Je reprends et je châtie ceux que j’aime : animez-vous donc de zèle, et faites pénitence.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Proverbes, 3, 12 ; Hébreux, 12, 6.
Me voici à la porte, et j’y frappe : si quelqu’un entend ma voix, et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui, et je souperai avec lui, et lui avec moi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dieu frappe à la porte de notre cœur par les avertissements qu’il nous donne ; il entre en nous par la charité qu’il répand dans nos cœurs ; il soupe avec nous par les grâces dont il nous comble en cette vie, considérée comme le soir qui précède le grand jour de l’éternité.
Quiconque sera victorieux, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône ; de même qu’ayant été moi-même victorieux, je me suis assis avec mon Père sur son trône.
Que celui qui a des oreilles, entende ce que l’Esprit dit aux Églises.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sardes, métropole de la Lydie, en Asie Mineure, toute adonnée aux plaisirs, sur la pente du Tmolus, baignée par le Pactole, ancienne capitale de Crésus. Il y avait beaucoup de Juifs.