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Apocalypse 2
ÉCRIVEZ à l’ange de l’Église d’Éphèse : Voici ce que dit celui qui tient les sept étoiles dans sa main droite, et qui marche au milieu des sept chandeliers d’or :
Je connais vos œuvres, votre travail et votre patience ; je sais que vous ne pouvez souffrir les méchants, et qu’ayant éprouvé ceux qui se disent apôtres, et ne le sont point, vous les avez trouvés menteurs ;
je sais que vous êtes patient ; que vous avez souffert pour mon nom, et que vous ne vous êtes point découragé.
Mais j’ai un reproche à vous faire, qui est que vous vous êtes relâché de votre première charité.
Souvenez-vous donc de l’état d’où vous êtes déchu, et faites pénitence, et rentrez dans la pratique de vos premières œuvres. Si vous y manquez, je viendrai bientôt à vous ; et j’ôterai votre chandelier de sa place, si vous ne faites pénitence.
Mais vous avez ceci de bon, que vous haïssez les actions des nicolaïtes, comme je les hais moi-même.
Que celui qui a des oreilles, entende ce que l’Esprit dit aux Églises : Je donnerai au victorieux à manger du fruit de l’arbre de vie, qui est au milieu du paradis de mon Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Cet arbre de vie au milieu du paradis, c’est Jésus-Christ présent dans le ciel ; le fruit de cet arbre, c’est la possession de Dieu. « L’arbre de vie, planté au milieu du paradis terrestre, et dont les fruits devaient communiquer l’immortalité à nos premiers parents, était le symbole de la communion intime de l’homme avec Dieu, source de la vie véritable : la même image symbolise ici la communication incessamment renouvelée de la vie divine accordée aux élus, l’aliment toujours nouveau de leur éternel amour. » (CRAMPON, 1 885)
Écrivez aussi à l’ange de l’Église de Smyrne : Voici ce que dit celui qui est le premier et le dernier, qui a été mort et qui est vivant :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Smyrne, ville ionienne, port de la mer Egée, dans l’Asie Mineure, à 320 stades romains au nord d’Ephèse, célèbre par son commerce.
Je sais quelle est votre affliction et votre pauvreté ; et cependant vous êtes riche ; je sais que vous êtes noirci par les calomnies de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui se disent, etc. Ils se disaient Juifs, et ne l’étaient pas, parce que le vrai Juif n’est pas celui qui le paraît au dehors, mais celui qui l’est intérieurement. Voir Romains, 2, 28-29.
Ne craignez rien de ce qu’on vous fera souffrir. Le diable dans peu de temps mettra quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés ; et vous aurez à souffrir pendant dix jours. Soyez fidèle jusqu’à la mort, et je vous donnerai la couronne de vie.
Que celui qui a des oreilles, entende ce que l’Esprit dit aux Églises : Celui qui sera victorieux, ne recevra point d’atteinte de la seconde mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La seconde mort est la damnation éternelle, comme la première est la mort du corps.
Écrivez à l’ange de l’Église de Pergame : Voici ce que dit celui qui porte l’épée à deux tranchants et bien affilée :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Pergame, ville de la grande Mysie, en Asie Mineure, au confluent du Caïque et du Cétius, renommée pour son temple d’Esculape et pour sa riche bibliothèque, ainsi que pour ses fabriques de parchemin. Le mot parchemin n’est qu’une altération du nom de Pergame.
Je sais que vous habitez où est le trône de Satan ; que vous avez conservé mon nom, et n’avez point renoncé ma foi, lors même qu’Antipas, mon témoin fidèle, a souffert la mort au milieu de vous, où Satan habite.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Antipas, d’après certaines hypothèses, aurait été évêque de Pergame avant celui à qui s’adressa saint Jean. Les martyrologes nous apprennent qu’il consomma son martyre dans les flancs d’un taureau d’airain brûlant.
Mais j’ai quelque chose à vous reprocher : c’est que vous avez parmi vous des hommes qui tiennent la doctrine de Balaam, lequel enseignait à Balac à mettre comme des pierres d’achoppement devant les enfants d’Israël, pour leur faire manger de ce qui avait été offert aux idoles, et les faire tomber dans la fornication.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Nombres, 24, 3 ; 25, 2.
C’est ainsi que vous en avez vous-même qui tiennent la doctrine des nicolaïtes.
Faites pareillement pénitence ; sinon je viendrai bientôt à vous, et je combattrai contre eux avec l’épée de ma bouche.
Que celui qui a des oreilles, entende ce que l’Esprit dit aux Églises : Je donnerai au victorieux à manger de la manne cachée ; et je lui donnerai encore une pierre blanche, sur laquelle sera écrit un nom nouveau, que nul ne connaît que celui qui le reçoit.
Écrivez à l’ange de l’Église de Thyatire : Voici ce que dit le Fils de Dieu, dont les yeux sont comme une flamme de feu, et les pieds semblables à l’airain le plus fin :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Thyatire. Voir Actes des Apôtres, 16, 14.
Je connais vos œuvres, votre foi, votre charité, l’assistance que vous rendez aux pauvres, votre patience, et je sais que vos dernières œuvres surpassent les premières.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tes aumônes ; littéralement, ton ministère ; mot qui, comme on l’a déjà vu, signifie quelquefois la dispensation, la distribution des aumônes. Comparer à 2 Corinthiens, 8, 4 ; 9, vv. 1, 12-13.
Mais j’ai quelque chose à vous reprocher : c’est que vous souffrez que cette Jézabel, cette femme qui se dit prophétesse, enseigne et séduise mes serviteurs, pour les faire tomber dans la fornication, et leur faire manger de ce qui est sacrifié aux idoles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jézabel était sans doute une femme chrétienne influente qu’on avait entraînée dans le parti de l’erreur. Ce nom de Jézabel pourrait du reste n’être pas véritable, mais bien une appellation déguisée, empruntée à la femme impie d’Achab, roi d’Israël. Crampon dit : « soit une secte personnifiée (celles des Nicolaïtes ?), soit un personnage réel, dont le nom est emprunté à la fameuse reine d’Israël, si ardente à propager l’idolâtrie et à persécuter les serviteurs de Dieu (voir 1 Rois, chapitre 19 et suivants). »
Je lui ai donné du temps pour faire pénitence, et elle n’a point voulu se repentir de sa prostitution.
Mais je vais la réduire au lit, et accabler de maux et d’afflictions ceux qui commettent adultère avec elle, s’ils ne font pénitence de leurs mauvaises œuvres.
Je frapperai de mort ses enfants, et toutes les Églises connaîtront, que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs ; et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres. Mais je vous dis à vous,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Samuel, 16, 7 ; Psaumes, 7, 10 ; Jérémie, 11, 20 ; 17, 10 ; 20, 12.
c’est-à-dire, à vous autres qui êtes à Thyatire, et qui ne suivez point cette doctrine, et ne connaissez point les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, que je ne mettrai point de nouvelle charge sur vous.
Mais seulement gardez bien, jusqu’à ce que je vienne, la doctrine que vous avez reçue.
Et quiconque aura vaincu, et aura persévéré jusqu’à la fin dans les œuvres que j’ai commandées, je lui donnerai puissance sur les nations.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
On voit ici que les saints après leurs morts vivent avec Dieu, et ont puissance sur les contrées et les nations.
Il les gouvernera avec un sceptre de fer, et elles seront brisées comme des vases d’argile ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Psaumes, 2, 9.
selon que j’ai reçu moi-même ce pouvoir de mon Père ; et je lui donnerai l’étoile du matin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
C’est Jésus-Christ lui-même qui est l’étoile du matin (voir Apocalypse, 22, 16), qui se lèvera dans nos cœurs (voir 2 Pierre, 1, 19), en se manifestant à nous, et qui se donnera à nous, en nous communiquant l’éclat de sa gloire.
Que celui qui a des oreilles, entende ce que l’Esprit dit aux Églises.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Nicolaïtes ; hérétiques qui avaient pris leur nom de Nicolas, l’un des sept diacres de Jérusalem, qui fut l’auteur, ou plutôt l’occasion de cette secte.