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Apocalypse 12
Il parut encore un grand prodige dans le ciel : c’était une femme qui était revêtue du soleil, et qui avait la lune sous ses pieds, et une couronne de douze étoiles sur sa tête.
Elle était enceinte, et elle criait comme étant en travail, et ressentant les douleurs de l’enfantement.
Un autre prodige parut aussi dans le ciel : c’était un grand dragon roux, qui avait sept têtes et dix cornes, et sept diadèmes sur ses sept têtes.
Il entraînait avec sa queue la troisième partie des étoiles du ciel, et il les fit tomber sur la terre. Ce dragon s’arrêta devant la femme qui devait enfanter, afin que, lorsqu’elle aurait enfanté, il dévorât son fils.
Commentaire (versets 3 à 4) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 3 à 4 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Un grand dragon, « Satan, représenté dans le ciel, parce qu’il y est remonté, en quelque sorte, en se faisant adorer par toute la terre ; roux ou rouge, par allusion soit au feu de l’enfer, soit au sang des martyrs. ― Sept têtes, etc. ; ce sont à peu près les insignes de la bête (voir Apocalypse 13, 1 et chapitre 17), qui tient sa puissance du dragon. ― Des étoiles du ciel, des anges qu’il a entraînés dans sa révolte ; selon d’autres, des fidèles de toute condition, entraînés à leur perte par Satan. » (CRAMPON, 1 885)
Elle mit au monde un enfant mâle, qui devait gouverner toutes les nations avec une verge de fer ; et son fils fut enlevé vers Dieu et vers son trône.
Et la femme s’enfuit dans le désert, où elle avait un lieu que Dieu lui avait préparé, afin qu’on l’y nourrît durant mille deux cent soixante jours.
Alors il y eut un grand combat dans le ciel : Michel et ses anges combattaient contre le dragon, et le dragon avec ses anges combattait contre lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Michel. A cet archange était confiée la conduite du peuple juif ; voir Daniel, 10, 21.
Mais ceux-ci furent les plus faibles ; et depuis ce temps-là ils ne parurent plus dans le ciel.
Et ce grand dragon, cet ancien serpent qui est appelé le Diable et Satan, qui séduit tout le monde, fut précipité ; il fut précipité en terre, et ses anges avec lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Diable veut dire calomniateur, et Satan, adversaire.
Et j’entendis dans le ciel une grande voix qui dit : Maintenant est établi le salut, et la force et le règne de notre Dieu, et la puissance de son Christ ; parce que l’accusateur de nos frères, qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu, a été précipité.
Ils l’ont vaincu par le sang de l’Agneau, et par la parole à laquelle ils ont rendu témoignage ; et ils ont renoncé à l’amour de la vie jusqu’à souffrir la mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et par la parole de leur témoignage ; c’est-à-dire par la confession qu’ils ont faite de leur foi.
C’est pourquoi réjouissez-vous, cieux, et vous qui y habitez. Malheur à la terre et à la mer ! parce que le diable est descendu vers vous avec une grande colère, sachant qu’il ne lui reste que peu de temps.
Le dragon se voyant donc précipité en terre, poursuivit la femme qui avait mis au monde l’enfant mâle.
Mais on donna à la femme deux ailes d’un grand aigle, afin qu’elle s’envolât dans le désert au lieu de sa retraite, où elle devait être nourrie un temps, des temps, et la moitié d’un temps, hors de la présence du serpent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Des temps ; c’est-à-dire deux temps ; en tout 42 mois (voir Apocalypse, 11, 2), ou 1 260 jours (voir Apocalypse, 11, 3).
Alors le serpent jeta de sa gueule après la femme une quantité d’eau semblable à un fleuve, afin que ce fleuve l’entraînât et la submergeât.
Mais la terre secourut la femme, et ayant, pour ainsi dire, ouvert sa bouche, elle engloutit le fleuve que le dragon avait vomi de sa gueule.
Le dragon alors irrité contre la femme, alla faire la guerre à ses autres enfants qui gardaient les commandements de Dieu, et qui demeuraient fermes dans la confession de Jésus-Christ.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui ont le témoignage de Jésus-Christ ; ce que l’on explique généralement par : Ceux qui ont conservé fidèlement le témoignage qu’ils ont rendu à Jésus-Christ, qui sont demeurés fermes dans la confession qu’ils ont faite de Jésus-Christ. Comparer au verset 11.
Et il s’arrêta sur le sable de la mer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« La femme revêtue du soleil, couronnée de douze étoiles et dans le travail de l’enfantement, c’est l’Eglise. Le soleil dont elle parée, c’est Notre Seigneur, dont elle partage la gloire et dont elle fait rayonner la lumière dans le monde. Elle a lune sous ses pieds, pour montrer qu’elle domine toutes les agitations et les vicissitudes de ce monde. Sur sa tête est une couronne de douze étoiles, parce que sa gloire et son autorité lui viennent des douze Apôtres. Elle est dans l’enfantement parce que, parmi tant de persécutions et de martyres, il faut qu’elle donne naissance à un peuple nouveau, le peuple chrétien, destiné à dominer sur les nations infidèles. Ce n’est pas sans de grands efforts et sans exciter les soulèvements de l’enfer qu’elle le mettra au monde. Elle sera forcée de se dérober bien des fois à la rage de Satan ; et sa prudence n’empêchera pas le démon d’entraîner dans le même abîme que lui un certain nombre de chrétiens et de pasteurs. Les saints docteurs ont eu raison d’appliquer cet emblème à la sainte Vierge. Etant la reine de l’Eglise, Marie doit en posséder tous les dons et en partager toutes les prérogatives. On peut dire que l’idée de l’une et de l’autre se présente ici à la fois. » (L. BACUEZ.)