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2 Corinthiens 11

PLUT à Dieu que vous voulussiez un peu supporter mon imprudence ! et supportez-la, je vous prie.

Car j’ai pour vous un amour de jalousie, et d’une jalousie de Dieu ; parce que je vous ai fiancés à cet unique époux, qui est Jésus-Christ, pour vous présenter à lui comme une vierge toute pure.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

D’une jalousie de Dieu ; c’est-à-dire de la jalousie la plus forte, la plus véhémente. On sait que les Hébreux employaient le nom de Dieu pour exprimer le superlatif à son plus haut degré. D’autres traduisent : Par zèle pour Dieu ; c’est-à-dire que la jalousie que je vous porte est uniquement pour Dieu.

Mais j’appréhende qu’ainsi que le serpent séduisit Ève par ses artifices, vos esprits aussi ne se corrompent, et ne dégénèrent de la simplicité chrétienne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 3, 4. ― Le serpent. Le démon sous la forme du serpent.

Car si celui qui vient vous prêcher, vous annonçait un autre Jésus-Christ que celui que nous vous avons annoncé ; ou s’il vous faisait recevoir un autre esprit que celui que vous avez reçu ; ou s’il vous prêchait un autre évangile que celui que vous avez embrassé, vous auriez raison de le souffrir !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vous le souffrirez avec raison ; c’est-à-dire vous auriez raison de l’écouter, s’il venait vous annoncer un Messie que nous eussions dû vous annoncer nous-mêmes, et que nous vous avons pas réellement annoncé, ou s’il vous donnait un autre Esprit-Saint supérieur à celui que vous avez reçu par notre ministère, ou enfin s’il vous enseignait un meilleur Evangile que celui que nous vous avons prêché.

Mais je ne pense pas avoir été inférieur en rien aux plus grands d’entre les apôtres.

Si je suis grossier et peu instruit pour la parole, il n’en est pas de même pour la science ; mais nous nous sommes fait assez connaître parmi vous en toutes choses.

Est-ce que j’ai fait une faute, lorsque afin de vous élever je me suis rabaissé moi-même en vous prêchant gratuitement l’Évangile de Dieu ?

J’ai dépouillé les autres Églises, en recevant d’elles l’assistance dont j’avais besoin pour vous servir.

Et lorsque je demeurais parmi vous, et que j’étais dans la nécessité, je n’ai été a charge à personne ; mais nos frères qui étaient venus de Macédoine, ont suppléé aux besoins que je pouvais avoir ; et j’ai pris garde à ne vous être à charge en quoi que ce soit, comme je ferai encore à l’avenir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

De Macédoine. Voir Actes des Apôtres, 16, 9.

Je vous assure par la vérité de Jésus-Christ qui est en moi, qu’on ne me ravira point cette gloire dans toute l’Achaïe.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Est en moi ; c’est-à-dire m’est témoin. ― Dans les contrées de l’Achaïe, de l’ancienne Grèce, sauf la Thessalie.

Et pourquoi ? Est-ce que je ne vous aime pas ? Dieu le sait.

Mais je fais cela, et je le ferai encore, afin de retrancher une occasion de se glorifier à ceux qui la cherchent, en voulant paraître tout à fait semblables à nous, pour trouver en cela un sujet de gloire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je fais cela, je vous prêche gratuitement. Voir le verset 10.

Car ces personnes sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, qui se transforment en apôtres de Jésus-Christ.

Et l’on ne doit pas s’en étonner, puisque Satan même se transforme en ange de lumière.

Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se transforment en ministres de la justice ; mais leur fin sera conforme à leurs œuvres.

Je vous le dis encore une fois (que personne ne me juge imprudent ; ou au moins souffrez-moi comme imprudent, et permettez-moi de me glorifier un peu) :

Croyez, si vous voulez, que ce que je dis, je ne le dis pas selon Dieu, mais que je fais paraître de l’imprudence dans ce que je prends pour un sujet de me glorifier.

Puisque plusieurs se glorifient selon la chair, je puis bien aussi me glorifier comme eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tant de gens : mes adversaires. ― Selon la chair, les penchants naturels de l’homme. ― Je me glorifierai aussi de la même manière, dans le sens du verset 17. Saint Jean Chrysostome entend ici selon la chair des avantages extérieurs, noblesse d’origine, richesses, éloquence, etc.

Car étant sages comme vous êtes, vous souffrez sans peine les imprudents.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Reproche mêlé d’ironie : si les Corinthiens étaient vraiment sages, est-ce qu’ils auraient si volontiers prêté l’oreille aux vantardises des faux docteurs ?

Vous souffrez même qu’on vous asservisse, qu’on vous mange, qu’on prenne votre bien, qu’on vous traite avec hauteur, qu’on vous frappe au visage.

C’est à ma confusion que je le dis, puisque nous passons pour avoir été trop faibles en ce point. Mais puisqu’il y en a qui sont si hardis à parler d’eux-mêmes, je veux bien faire une imprudence en me rendant aussi hardi qu’eux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’Apôtre ne regarde pas précisément comme une honte pour lui de n’avoir pas maltraité les Corinthiens, comme l’avaient fait les faux apôtres, mais, par une piquante ironie, il montre qu’il n’est inférieur à ces faux apôtres qu’en une seule chose, dans le mal qu’ils sont opéré.

Sont-ils Hébreux ? Je le suis aussi. Sont-ils Israélites ? Je le suis aussi. Sont-ils de la race d’Abraham ? J’en suis aussi.

Sont-ils ministres de Jésus-Christ ? Quand je devrais passer pour imprudent, j’ose dire que je le suis encore plus qu’eux. J’ai plus souffert de travaux, plus reçu de coups, plus enduré de prisons ; je me suis souvent vu tout près de la mort.

J’ai reçu des Juifs cinq différentes fois, trente-neuf coups de fouet.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 25, 3. ― Comme la loi défendait de passer le nombre de quarante coups, les Juifs, pour ne pas se méprendre, l’avaient fixé à trente-neuf.

J’ai été battu de verges par trois fois, j’ai été lapidé une fois, j’ai fait naufrage trois fois, j’ai passé un jour et une nuit au fond de la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 14, 18 ; 16, 22 ; 27, 41.

J’ai été souvent dans les voyages, dans les périls sur les fleuves, dans les périls des voleurs, dans les périls de la part de ceux de ma nation, dans les périls de la part des païens, dans les périls au milieu des villes, dans les périls au milieu des déserts, dans les périls sur mer, dans les périls entre les faux frères.

J’ai souffert toutes sortes de travaux et de fatigues, de fréquentes veilles, la faim, la soif, beaucoup de jeûnes, le froid et la nudité.

Outre ces maux qui ne sont qu’extérieurs, le soin que j’ai de toutes les Églises m’attire une foule d’affaires dont je suis assiégé tous les jours.

Qui est faible sans que je m’affaiblisse avec lui ? Qui est scandalisé sans que je brûle ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il s’intéresse même à chaque fidèle en particulier. L’un deux est-il faible dans la foi ou dans la vertu, Paul s’abaisse jusqu’à sa faiblesse pour l’encourager et le raffermir. ― Sans que je brûle, une douleur qui le consume.

S’il faut se glorifier de quelque chose, je me glorifierai des souffrances qui me font paraître faible.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ma faiblesse ; c’est-à-dire ce qui paraît faible, bas, méprisable en moi. Comparer à 2 Corinthiens, 12, vv. 5, 9-10.

Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, et qui est béni dans tous les siècles, sait que je ne mens point.

Étant à Damas, celui qui était gouverneur de la province pour le roi Arétas, faisait faire garde dans la ville pour m’arrêter prisonnier ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 9, 24. ― A Damas. Voir Actes des Apôtres, 9, 2. ― Arétas. Ce nom a été porté par plusieurs rois de l’Arabie Pétrée. Celui dont il est question ici est vraisemblablement Arétas Ænéas, qui monta sur le trône l’an 7 avant notre ère. Il donna sa fille en mariage à Hérode Antipas, le meurtrier de saint Jean Baptiste. Antipas ayant répudié cette princesse pour complaire à Hérodiade (voir Matthieu, 14, 3), Arétas lui fit la guerre et lui infligea une défaite sanglante. Lorsque saint Paul se convertit à Damas, Arétas était maître de cette ville et la faisait administrer par un gouverneur. On ne sait si elle était tombée en son pouvoir lorsqu’il avait fait la guerre à Hérode ou si elle lui avait été donnée par les Romains.

mais on me descendit dans une corbeille, par une fenêtre, le long de la muraille ; et je me sauvai ainsi de ses mains.