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2 Corinthiens 11
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Oh ! si vous pouviez supporter de ma part un peu de folie ! Mais oui, vous me supportez.
J’ai conçu pour vous une jalousie de Dieu ; car je vous ai fiancés à un époux unique, pour vous présenter au Christ comme une vierge pure.
Mais je crains bien que, comme Ève fut séduite par l’astuce du serpent, ainsi vos pensées ne se corrompent et ne perdent leur simplicité à l’égard du Christ.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 3, 4. ― Le serpent. Le démon sous la forme du serpent.
Car si quelqu’un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous vous avons prêché, ou si vous recevez un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre évangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vous le souffrirez avec raison ; c’est-à-dire vous auriez raison de l’écouter, s’il venait vous annoncer un Messie que nous eussions dû vous annoncer nous-mêmes, et que nous vous avons pas réellement annoncé, ou s’il vous donnait un autre Esprit-Saint supérieur à celui que vous avez reçu par notre ministère, ou enfin s’il vous enseignait un meilleur Evangile que celui que nous vous avons prêché.
Certes, j’estime que je ne suis inférieur en rien à ces apôtres par excellence !
Si je suis étranger à l’art de la parole, je ne le suis point à la science ; à tous égards et en tout, nous l’avons fait voir parmi vous.
Ou bien ai-je commis une faute, parce qu’en m’abaissant moi-même pour vous élever, je vous ai annoncé gratuitement l’Évangile de Dieu ?
J’ai dépouillé d’autres Églises, en recevant d’elles un salaire, pour pouvoir vous servir.
Me trouvant au milieu de vous et dans le besoin, je n’ai été à charge à personne : des frères venus de Macédoine ont pourvu à ce qui me manquait. Je me suis gardé de vous être à charge en quoi que ce soit, et je m’en garderai.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De Macédoine. Voir Actes des Apôtres, 16, 9.
Aussi vrai que la vérité du Christ est en moi, je proteste que cette gloire-là ne me sera pas enlevée dans les contrées de l’Achaïe.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Est en moi ; c’est-à-dire m’est témoin. ― Dans les contrées de l’Achaïe, de l’ancienne Grèce, sauf la Thessalie.
Pourquoi ? Parce que je ne vous aime pas ? Ah ! Dieu le sait !
Mais ce que je fais, je le ferai encore, pour ôter ce prétexte à ceux qui en cherchent un, afin d’être reconnus semblables à nous dans la conduite dont ils se vantent.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Je fais cela, je vous prêche gratuitement. Voir le verset 10.
Ces gens-là sont de faux apôtres, des ouvriers astucieux, qui se déguisent en apôtres du Christ.
Et ne vous en étonnez pas ; car Satan lui-même se déguise en ange de lumière.
Il n’est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres.
Je le répète, que personne ne me regarde comme un insensé ; si non, acceptez-moi comme tel, afin que moi aussi je me glorifie un peu.
Ce que je vais dire, avec cette assurance d’avoir sujet de me glorifier, je ne le dis pas selon le Seigneur, mais comme si j’étais en état de folie.
Puisque tant de gens se glorifient selon la chair, je me glorifierai aussi.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tant de gens : mes adversaires. ― Selon la chair, les penchants naturels de l’homme. ― Je me glorifierai aussi de la même manière, dans le sens du verset 17. Saint Jean Chrysostome entend ici selon la chair des avantages extérieurs, noblesse d’origine, richesses, éloquence, etc.
Et vous qui êtes sensés, vous supportez volontiers les insensés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Reproche mêlé d’ironie : si les Corinthiens étaient vraiment sages, est-ce qu’ils auraient si volontiers prêté l’oreille aux vantardises des faux docteurs ?
Vous supportez bien qu’on vous asservisse, qu’on vous dévore, qu’on vous pille, qu’on vous traite avec arrogance, qu’on vous frappe au visage.
Je le dis à ma honte, nous avons été bien faibles ! Cependant, de quoi que ce soit qu’on ose se vanter, — je parle en insensé, moi aussi je l’ose.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
L’Apôtre ne regarde pas précisément comme une honte pour lui de n’avoir pas maltraité les Corinthiens, comme l’avaient fait les faux apôtres, mais, par une piquante ironie, il montre qu’il n’est inférieur à ces faux apôtres qu’en une seule chose, dans le mal qu’ils sont opéré.
Sont-ils Hébreux ? Moi aussi, je le suis. Sont-ils Israélites ? Moi aussi. Sont-ils de la postérité d’Abraham ? Moi aussi.
Sont-ils ministres du Christ ? — Ah ! je vais parler en homme hors de sens : — je le suis plus qu’eux : bien plus qu’eux par les travaux, bien plus par les coups, infiniment plus par les emprisonnements ; souvent j’ai vu de près la mort ;
cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups de fouet moins un ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 25, 3. ― Comme la loi défendait de passer le nombre de quarante coups, les Juifs, pour ne pas se méprendre, l’avaient fixé à trente-neuf.
trois fois, j’ai été battu de verges ; une fois j’ai été lapidé ; trois fois j’ai fait naufrage ; j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 14, 18 ; 16, 22 ; 27, 41.
Et mes voyages sans nombre, les périls sur les fleuves, les périls de la part des brigands, les périls de la part de ceux de ma nation, les périls de la part des Gentils, les périls dans les villes, les périls dans les déserts, les périls sur la mer, les périls de la part des faux frères,
les labeurs et les peines, les nombreuses veilles, la faim, la soif, les jeûnes multipliés, le froid, la nudité !
Et sans parler de tant d’autres choses, rappellerai-je mes soucis de chaque jour, la sollicitude de toutes les Églises ?
Qui est faible que je ne sois faible aussi ? Qui vient à tomber sans qu’un feu me dévore ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il s’intéresse même à chaque fidèle en particulier. L’un deux est-il faible dans la foi ou dans la vertu, Paul s’abaisse jusqu’à sa faiblesse pour l’encourager et le raffermir. ― Sans que je brûle, une douleur qui le consume.
S’il faut se glorifier, c’est de ma faiblesse que je me glorifierai.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ma faiblesse ; c’est-à-dire ce qui paraît faible, bas, méprisable en moi. Comparer à 2 Corinthiens, 12, vv. 5, 9-10.
Dieu, qui est le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, et qui est béni éternellement, sait que je ne mens point.
À Damas, l’ethnarque du roi Arétas faisait garder la ville pour se saisir de moi ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 9, 24. ― A Damas. Voir Actes des Apôtres, 9, 2. ― Arétas. Ce nom a été porté par plusieurs rois de l’Arabie Pétrée. Celui dont il est question ici est vraisemblablement Arétas Ænéas, qui monta sur le trône l’an 7 avant notre ère. Il donna sa fille en mariage à Hérode Antipas, le meurtrier de saint Jean Baptiste. Antipas ayant répudié cette princesse pour complaire à Hérodiade (voir Matthieu, 14, 3), Arétas lui fit la guerre et lui infligea une défaite sanglante. Lorsque saint Paul se convertit à Damas, Arétas était maître de cette ville et la faisait administrer par un gouverneur. On ne sait si elle était tombée en son pouvoir lorsqu’il avait fait la guerre à Hérode ou si elle lui avait été donnée par les Romains.
mais on me descendit par une fenêtre, dans une corbeille, le long de la muraille, et j’échappai ainsi de ses mains.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’une jalousie de Dieu ; c’est-à-dire de la jalousie la plus forte, la plus véhémente. On sait que les Hébreux employaient le nom de Dieu pour exprimer le superlatif à son plus haut degré. D’autres traduisent : Par zèle pour Dieu ; c’est-à-dire que la jalousie que je vous porte est uniquement pour Dieu.