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2 Corinthiens 3

COMMENCERONS-nous de nouveau à nous relever nous-mêmes ? et avons-nous besoin, comme quelques-uns, que d’autres nous donnent des lettres de recommandation envers vous, ou que vous nous en donniez envers les autres ?

Vous êtes vous-mêmes notre lettre de recommandation, qui est écrite dans notre cœur, qui est reconnue et lue de tous les hommes ;

vos actions faisant voir que vous êtes la lettre de Jésus-Christ, dont nous avons été les secrétaires ; et qui est écrite, non avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant ; non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, qui sont vos cœurs.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Non sur des tables de pierre. Le Décalogue avait été gravé sur des tables de pierre, au Sinaï.

C’est par Jésus-Christ que nous avons une si grande confiance en Dieu ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Nous l’avons en Dieu par le Christ, en tenant compte de Dieu, source de tout bien, qu’il nous donne par Jésus-Christ. Cette assurance, exprimée aux 2 versets précédents, Paul ne la puise pas en lui-même. Ce n’est pas à ses propres forces qu’il attribue le succès de ses travaux apostoliques, c’est à Dieu seul, qui l’a rendu capable d’être ministre de la nouvelle alliance (verset 6), si supérieure à l’ancienne.

non que nous soyons capables de former de nous-mêmes aucune bonne pensée comme de nous-mêmes ; mais c’est Dieu qui nous en rend capables.

Et c’est lui aussi qui nous a rendus capables d’être les ministres de la nouvelle alliance, non pas de la lettre, mais de l’esprit : car la lettre tue, et l’esprit donne la vie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Par la lettre mal entendue et prise sans l’esprit. ― Outre la peine de mort que la loi inflige, elle tue encore, en ce qu’elle fait connaître le péché, sans donner la force de l’éviter.

Si le ministère de la lettre gravée sur des pierres, qui était un ministère de mort, a été accompagné d’une telle gloire, que les enfants d’Israël ne pouvaient regarder le visage de Moïse, à cause de la gloire dont il éclatait, laquelle devait néanmoins finir ;

combien le ministère de l’esprit doit-il être plus glorieux !

Car si le ministère de la condamnation a été accompagné de gloire, le ministère de la justice en aura incomparablement davantage.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Glorieux ; littéralement gloire. En vertu d’un hébraïsme que nous avons déjà fait remarquer, les écrivains sacrés mettent souvent l’abstrait pour le concret.

Et cette gloire même de la loi n’est point une véritable gloire, si on la compare avec la sublimité de celle de l’Évangile.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans le premier ministère, dont il est question au verset précédent.

Car si le ministère qui devait finir a été glorieux, celui qui durera toujours doit l’être beaucoup davantage.

Ayant donc une telle espérance, nous vous parlons avec toute sorte de liberté ;

et nous ne faisons pas comme Moïse, qui se mettait un voile sur le visage, afin que les enfants d’Israël ne vissent pas cette lumière passagère qui éclatait sur son visage.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 34, 33.

Mais leurs esprits sont demeurés endurcis et aveuglés : car aujourd’hui même, lorsqu’ils lisent le Vieux Testament, ce voile demeure toujours sur leur cœur, sans être levé, parce qu’il ne s’ôte que par Jésus-Christ.

Ainsi jusqu’à cette heure, lorsqu’on leur lit Moïse, ils ont un voile sur le cœur.

Mais quand leur cœur se tournera vers le Seigneur, alors le voile en sera ôté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Israël est expressément nommé au verset 13.

Or le Seigneur est esprit ; et où est l’Esprit du Seigneur, là est aussi la liberté.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jean, 4, 24. ― « Où est l’Esprit du Seigneur, là est aussi la liberté. L’amour de la liberté, dit Fénelon, est une des plus dangereuses passions du cœur humain ; et il arrive de cette passion comme de toutes les autres, elle trompe ceux qui la suivent, et au lieu de la liberté véritable, elle leur fait trouver le plus dur et le plus honteux esclavage. On croit être libre, quand on ne dépend plus que de soi-même. Folle erreur ! Y a-t-il un état où l’on ne dépende pas d’autant de maîtres qu’il y a des personnes à qui l’on a relation ? Y en a-t-il un où l’on ne dépende pas encore davantage des fantaisies d’autrui que des siennes propres ? Tout le commerce de la vie n’est que gêne, par la captivité des bienséances et par la nécessité de plaire aux autres. D’ailleurs nos passions sont pires que les plus cruels tyrans. O mon Dieu, préservez-moi de ce funeste esclavage, que l’insolence humaine n’a pas honte de nommer une liberté. C’est en vous seul qu’on est libre. »

Ainsi nous tous, n’ayant point de voile qui nous couvre le visage, et contemplant la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, nous avançant de clarté en clarté comme par l’illumination de l’Esprit du Seigneur.