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Jérémie 51

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Ainsi parle Yahweh : Voici que je vais soulever contre Babel, et contre les habitants de la Chaldée l’esprit d’un destructeur.

Et j’enverrai à Babel des vanneurs qui la vanneront ; et ils videront son pays, car ils fondront de toutes parts sur elle, au jour du malheur.

Que l’archer tende son arc contre l’archer et contre celui qui se pavane dans sa cuirasse ! N’épargnez pas ses jeunes gens, exterminez toute son armée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui tend ; c’est-à-dire, qui se prépare, se dispose à tendre.

Que des blessés à mort tombent sur la terre des Chaldéens, et des transpercés dans les rues de Babel !

Car Israël et Juda ne sont pas veuves de leur Dieu, de Yahweh des armées, et le pays des Chaldéens est rempli d’iniquités contre le Saint d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Leur terre ; la terre des Chananéens, ou, selon d’autres, de Juda et d’Israël. ― Contre le saint d’Israël ; c’est-à-dire, commis contre le Seigneur ; littéralement quant au saint d’Israël, au sujet du saint d’Israël (a sancto Israel) ; ou bien, par le saint, etc., en considérant cette expression comme complément du verbe a été remplie ; mais alors le mot crimes (delicto), signifiera peines, châtiments du crime, comme dans bien d’autres passages de l’Ecriture.

Fuyez du milieu de Babylone, et que chacun de vous sauve sa vie ! Ne périssez pas pour son crime ; car c’est le temps de la vengeance pour Yahweh ; il va lui rendre ce qu’elle a mérité.

Babel était une coupe d’or dans la main de Yahweh ; elle enivrait toute la terre ; les nations ont bu de son vin, c’est pourquoi les nations sont en délire.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une coupe d’or par laquelle Dieu a enivré les peuples du vin de sa colère ; il s’est servi de Babylone, dont la gloire était éclatante, comme d’un instrument pour châtier les nations qui l’avaient irrité.

Soudain Babel est tombée, et s’est brisée ; hurlez sur elle ; prenez du baume pour sa plaie ; peut-être guérira-t-elle !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vor Isaïe, 21, 9 ; Apocalypse, 14, 8. ― De la résine. Voir Jérémie, 8, 22.

« Nous avons voulu guérir Babel, mais elle n’a pas guéri ; laissez-la ! allons chacun dans notre pays ! Car son jugement atteint jusqu’aux cieux, et s’élève jusqu’aux nues. »

Yahweh a manifesté la justice de notre cause ; venez et racontons en Sion l’œuvre de Yahweh notre Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Notre justice ; littéralement nos justices ; c’est-à-dire nos justes droits, violés par les Chaldéens.

Aiguisez les flèches, couvrez-vous de vos boucliers ! Yahweh a excité l’esprit des rois de Médie ; car son dessein sur Babel est de la détruire. Car c’est là la vengeance de Yahweh, la vengeance de son temple.

Élevez l’étendard contre les murs de Babylone ; renforcez le blocus, posez des sentinelles, dressez des embuscades ! Car Yahweh a formé un dessein, il exécute ce qu’il a dit contre les habitants de Babel.

Toi qui habites au bord des grandes eaux, riche en trésors, ta fin est venue, le terme de tes rapines !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le fondement est le mot qui nous a paru le plus propre à rendre le latin pedalis, c’est-à-dire relatif au pied, concernant le pied, et dont saint Jérôme a fait un substantif. ― Toi qui habites sur de grandes eaux. Babylone était traversée par le grand fleuve de l’Euphrate et tous ses environs étaient arrosés par des canaux dérivés du fleuve.

Yahweh des armées l’a juré par lui-même : Je te remplirai d’hommes, comme de sauterelles, et ils pousseront sur toi le cri du triomphe.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Amos, 6, 8. ― Bruchus, chenille.

Il a fait la terre par sa force, affermi le monde par sa sagesse, et par son intelligence il a étendu les cieux.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 1, 1.

À sa voix, les eaux s’amassent dans les cieux ; il fait monter les nuages des extrémités de la terre, il fait briller les éclairs d’où jaillit l’averse, et tire le vent de ses réservoirs.

Tout homme est stupide, hors de sens ; tout artisan a honte de son idole, car ses idoles ne sont que mensonge ; il n’y a point de souffle en elles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tout homme, etc. Voir pour l’explication de ce verset, Jérémie, 10, 14.

Elles sont une vanité, une œuvre de tromperie ; au jour du châtiment, elles périront.

Telle n’est point la part de Jacob ; lui, il a formé l’univers ; sa part d’héritage est celui qui se nomme Yahweh des armées.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le sceptre de son héritage ; le royaume sur lequel il étend son sceptre et qu’il gouverne comme son héritage.

Tu me sers de marteau, d’arme de guerre : par toi je broie des peuples ; par toi je détruis des royaumes ;

par toi je broie le cheval et son cavalier ; par toi je broie le char et celui qui le monte ;

par toi je broie homme et femme ; par toi je broie vieillard et enfant ; par toi je broie jeune homme et jeune fille ;

par toi je broie le berger et son troupeau ; par toi je broie le laboureur et son attelage ; par toi je broie les gouverneurs et les chefs.

Mais je rendrai à Babylone et à tous les habitants de la Chaldée tout le mal qu’ils ont fait dans Sion, sous vos yeux, — oracle de Yahweh.

Me voici contre toi, montagne de destruction, — oracle de Yahweh qui détruis toute la terre ; j’étends ma main sur toi, je te roule du haut des rochers et je fais de toi une montagne brûlée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Montagne pernicieuse. Babylone était située dans une plaine, mais ses édifices dominaient au loin cette plaine, comme encore aujourd’hui les ruines du Birs-Nimroud, sur l’emplacement de la tour de Babel. Babylone peut aussi être appelée au figuré une montagne, à cause de sa force et de sa puissance.

On ne tirera de toi ni pierres d’angle, ni pierres pour les fondements, car tu seras à jamais une ruine, — oracle de Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On ne tirera pas de toi une pierre pour un angle, etc. On ne te reconstruira plus. Lorsque les rois de Babylone voulaient relever un édifice, ils cherchaient tout d’abord à l’angle du monument les tablettes qui y étaient cachées et qui relataient l’histoire de la fondation.

Élevez un étendard sur la terre ; sonnez de la trompette parmi les nations, consacrez les nations contre elle ; appelez contre elle les royaumes d’Ararat, de Menni et d’Ascenez ! Établissez contre elle un chef d’armée ; lancez les chevaux comme des sauterelles hérissées.

Consacrez contre elle les nations, les rois de Médie, ses capitaines et ses chefs, et tout le pays sur lequel ils commandent.

Commentaire (versets 27 à 28) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 27 à 28 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Consacrez contre elle, etc. Voir Jérémie, 6, 4. ― Ararat, Menni, Ascenez ; provinces d’Arménie. ― Taphsar ; paraît signifier la même chose que Satrape, en Perse ; c’est-à-dire gouverneur de province, sans exclure le titre de chef de troupes.

La terre tremble, elle s’agite ; car le dessein de Yahweh s’accomplit contre Babel, pour changer le pays de Babel en un lieu de terreur, sans habitants.

Les vaillants de Babel ont cessé de combattre ; ils se tiennent dans les forteresses ; leur vigueur est à bout, ils sont devenus comme des femmes. On a mis le feu à ses habitations, on a brisé les barres de ses portes.

Les courriers courent à la rencontre des courriers, les messagers à la rencontre des messagers, pour annoncer au roi de Babel que sa ville est prise de tous côtés.

Les passages sont occupés, on brûle au feu les marais, et les hommes de guerre sont consternés !

Car ainsi parle Yahweh des armées, Dieu d’Israël : La fille de Babel est comme une aire, au temps où on la foule ; encore un peu, et viendra pour elle le temps de la moisson.

Il m’a dévorée, il m’a consumée, Nabuchodonosor, roi de Babel ; il m’a posée là comme un vase vide ; tel qu’un dragon, il m’a engloutie ; il a rempli son ventre de mes meilleurs mets : il m’a chassée.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il m’a mangée, etc. C’est la nation juive qui parle ainsi, comme il paraît par le verset suivant. ― De plus délicieux ; c’est le sens du mot tendreté (teneritudine) de la Vulgate expliqué par le texte original.

Que ma chair déchirée soit sur Babel ! dira le peuple de Sion ; et mon sang sur les habitants de la Chaldée ! dira Jérusalem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ma chair ; c’est-à-dire mes enfants tués. ― L’habitation ; dans l’hébreu l’habitante.

C’est pourquoi ainsi parle Yahweh : Voici que je prends en main ta cause, et que j’exécute ta vengeance ; je dessécherai sa mer, et ferai tarir sa source.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je sècherai, etc. Cette prophétie fut accomplie littéralement, lorsque Cyrus, qui accompagnait Darius, son oncle, détourna les eaux de l’Euphrate qui traversaient Babylone, et dessécha ainsi le lit du fleuve. ― Sa mer désigne ici l’Euphrate.

Et Babel sera un monceau de pierres, un repaire de chacals, un sujet de terreur et de moquerie, sans habitants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Objet de sifflement. Voir Jérémie, 18, 16.

Ils rugissent tous ensemble comme des lions ; ils grondent comme les petits des lionnes.

Tandis qu’ils sont en fièvre, je leur verserai un breuvage, et je les enivrerai pour qu’ils se livrent à la joie ; et ils s’endormiront d’un sommeil éternel et ils ne se réveilleront plus, — oracle de Yahweh.

Je les ferai descendre comme des agneaux à la boucherie, comme des béliers et des boucs.

Comment a été prise Sésac, a été conquise la gloire de toute la terre ? Comment est-elle devenue un objet de terreur, Babel, parmi les nations ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sésach. Voir Jérémie, 25, 26.

La mer est montée sur Babel, elle l’a couverte du bruit de ses flots.

Ses villes sont devenues un objet de terreur, une terre désolée et déserte, une terre où personne ne demeure, où ne passe aucun fils d’homme.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le fils d’un homme. Voir, sur cette expression, Jérémie, 49, 18.

Je visiterai Bel à Babel ; et je tirerai de sa bouche ce qu’il a englouti ; et les nations n’afflueront plus vers lui. La muraille même de Babel est tombée :

Sortez du milieu d’elle, ô mon peuple ; et que chacun de vous sauve sa vie, devant l’ardente colère de Yahweh.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Son âme ; hébraïsme, pour sa personne, soi, se.

Que votre cœur ne défaille point, ne vous effrayez pas des bruits qu’on entendra dans le pays ! Car une année surviendra un bruit, et une année après un autre bruit : il y aura violence dans le pays, tyran contre tyran.

C’est pourquoi voici que des jours viennent où je visiterai les idoles de Babel, et tout son pays sera confus, et tous ses tués tomberont au milieu d’elle.

Le ciel et la terre et tout ce qu’ils renferment pousseront des cris de joie sur Babel ; car du septentrion viendront sur elle les dévastateurs, — oracle de Yahweh.

Babel doit tomber, ô tués d’Israël, comme pour Babel sont tombés les tués de toute la terre.

Échappés du glaive, partez, ne vous arrêtez pas ! De la terre lointaine souvenez-vous de Yahweh, et que Jérusalem soit présente à votre cœur !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Vous qui avez fui le glaive, Juifs, qui avez été épargnés par le vainqueur.

Nous étions confus, car nous avions appris l’outrage ; la honte couvrait nos visages, car des étrangers étaient venus contre le sanctuaire de la maison de Yahweh.

C’est pourquoi voici que des jours viennent, — oracle de Yahweh, où je visiterai ses idoles, et dans tout son pays gémiront ceux qu’on égorge.

Quand Babel s’élèverait jusqu’aux cieux, quand elle rendrait inaccessible sa haute forteresse, par mon ordre lui viendraient des dévastateurs, — oracle de Yahweh.

Une clameur retentit du côté de Babel : grand désastre au pays des Chaldéens !

Car Yahweh dévaste Babel, et il fait cesser son grand bruit ; leurs flots mugissent comme les grandes eaux ; et font entendre leur fracas.

Car il est venu contre elle, le dévastateur, — contre Babel ; ses guerriers sont pris, leurs arcs sont brisés ; car Yahweh est le Dieu des rétributions, il paiera sûrement !

J’enivrerai ses princes et ses sages, ses gouverneurs, ses magistrats et ses guerriers, et ils s’endormiront d’un sommeil éternel, et ne se réveilleront plus, — oracle du Roi, dont le nom est Yahweh des armées.

Ainsi parle Yahweh des armées : Les murailles de Babel, si larges, seront complètement rasées, et ses hautes portes seront brûlées. Ainsi les peuples travaillent pour le néant ; et les nations au profit du feu, et ils s’y épuisent.

L’ordre que donna Jérémie, le prophète, à Saraïas, fils de Nérias, fils de Maasias, lorsqu’il se rendit à Babylone avec Sédécias, roi de Juda, la quatrième année de son règne. Saraïas était grand chambellan.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Prince de la prophétie ; c’est-à-dire, selon les uns, un des premiers d’entre les prophètes, chef de l’ambassade, et chargé de porter la parole au roi de Babylone. L’hébreu porte, prince de repos (sçarmenouhâ), que quelques-uns expliquent par grand chambellan, quelques autres par prince de Menouha, ville ou canton, et d’autres autrement. Presque partout ailleurs la Vulgate a rendu l’hébreu [menouhâ] par repos (requies). ― Saraïas, fil de Nérias, devait être un frère de Baruch, secrétaire de Jérémie.

Jérémie écrivit dans un livre tous les malheurs qui devaient arriver à Babylone, toutes ces paroles écrites sur Babylone.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ces paroles ; ou ces choses ; car le terme hébreu correspond aux deux significations.

Et Jérémie dit à Saraïas : « Quand tu seras arrivé à Babylone, tu auras soin de lire toutes ces paroles,

et tu diras : « Yahweh, toi-même tu as dit au sujet de ce lieu qu’on le détruirait, de telle sorte qu’il n’y aurait plus d’habitant, ni homme, ni bête, mais qu’il serait une solitude pour toujours. »

Et quand tu auras achevé de lire ce livre, tu y attacheras une pierre et tu le jetteras au milieu de l’Euphrate,

et tu diras : Ainsi s’abîmera Babylone, et elle ne se relèvera pas du malheur que j’amènerai sur elle, et ils tomberont épuisés. » Jusqu’ici les paroles de Jérémie.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jusqu’ici, etc. ; ces paroles ne sont pas de Jérémie ; mais de celui qui a recueilli ses ouvrages.