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Jérémie 22

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Ainsi parle Yahweh : Descends à la maison du roi de Juda, et là tu prononceras ces paroles :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voici, etc. Cette prophétie se rapporte au temps du règne de Joakim, qui monta sur le trône après que le Pharaon Néchao eut déposé et emmené en Egypte son frère Joachaz. Comparer à 4 Rois, 23, 34.

Tu diras : Écoute la parole de Yahweh, ô roi de Juda, qui sièges sur le trône de David, toi, tes serviteurs et ton peuple, qui entrez par ces portes.

Ainsi parle Yahweh : Faites droit et justice ; arrachez l’opprimé aux mains de l’oppresseur ; l’étranger, l’orphelin et la veuve, ne les maltraitez pas, ne les violentez pas, et ne versez pas le sang innocent dans ce lieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 21, 12. ― De l’oppresseur (calumniatoris). Nous avons déjà fait remarquer que la Vulgate rend souvent par calomnier le verbe hébreu traiter injustement et avec violence, opprimer.

Si vous accomplissez exactement cette parole, les rois assis sur le trône de David entreront par la porte de cette maison, montés sur des chars et sur des chevaux, eux, leurs serviteurs et leur peuple.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Si observant vous observez ; hébraïsme, pour si vous observez entièrement.

Mais si vous n’écoutez pas ces paroles, je le jure par moi-même, — oracle de Yahweh, cette maison deviendra une ruine.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Galaad ; pays très beau et très fertile au-delà du Jourdain, et qui avait fait partie du royaume d’Israël. Dieu donne ce nom au palais de Juda pour relever sa magnificence et ses richesses, mais en même temps pour faire connaître que, comme cette province du royaume d’Israël avait été désolée par Théglathphalasar, roi des Assyriens (voir 4 Rois, 15, 29), la maison de Juda devait craindre le même châtiment, si elle imitait l’infidélité de la maison d’Israël. ― Liban ; montagne élevée, au nord-ouest de la Palestine.

Car ainsi parle Yahweh, touchant la maison du roi de Juda : Tu es pour moi un Galaad, le sommet du Liban ; eh bien ! je ferai de toi un désert, des villes inhabitées.

Je prépare contre toi des destructeurs, chacun avec ses outils ; ils couperont tes cèdres de choix, et les jetteront au feu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je consacrerai (sanctificabo). Comparer pour le sens de ce mot, à Jérémie, 6, 4.

De nombreuses nations passeront par cette ville, et elles se diront l’une à l’autre : « Pourquoi Yahweh a-t-il ainsi traité cette grande ville ? »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 29, 24 ; 3 Rois, 9, 8.

Et l’on dira : « Parce qu’ils ont abandonné l’alliance de Yahweh, leur Dieu, qu’ils se sont prosternés devant d’autres dieux, et les ont servis. »

Ne pleurez point celui qui est mort, et ne vous lamentez pas sur lui ; pleurez, pleurez celui qui s’en est allé, car il ne reviendra plus, et ne verra pas le pays de sa naissance !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un mort, selon l’hébreu ; le mort, suivant les Septante ; c’est-à-dire, le roi Josias, mort pieusement peu auparavant et fort regretté du peuple (voir 2 Paralipomènes, 35, 24). ― Celui qui sort ; Joachaz, appelé aussi Sellum. Voir le verset suivant.

Car ainsi parle Yahweh touchant Sellum, fils de Josias, roi de Juda, qui a régné à la place de Josias, son père, et qui est sorti de ce lieu : Il n’y reviendra plus ;

au lieu où on l’a emmené captif, il mourra, et il ne reverra plus ce pays.

Malheur à celui qui bâtit sa maison par l’injustice, et ses étages avec l’iniquité, qui fait travailler son prochain pour rien, sans lui donner son salaire !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Celui qui bâtit, etc. ; Joakim établi roi par Néchao en la place de Sellum.

Qui dit : « Je me bâtirai une maison vaste, et des chambres spacieuses ; » qui y perce beaucoup de fenêtres, la couvre de cèdre, et la peint au vermillon !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La terre de Sinope ; servait à faire une couleur rouge d’un vif éclat. ― Le texte original, au lieu de terre de Sinope, parle d’un rouge vif.

Es-tu roi parce que tu as la passion du cèdre ! Ton père n’a-t-il pas mangé et bu ? Il faisait droit et justice, alors tout allait bien pour lui ;

il jugeait la cause du malheureux et du pauvre, alors tout allait bien. N’est-ce pas là me connaître, — oracle de Yahweh ?

Mais tes yeux et ton cœur ne sont tournés qu’à ton intérêt, au sang innocent pour le répandre, à l’oppression et à la violence pour les commettre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ton, seulement (ou si ce n’est) sont exprimés dans l’hébreu. ― Calomnie ; ou bien selon l’hébreu, injustice violente, oppression.

C’est pourquoi ainsi parle Yahweh touchant Joakim, fils de Josias, roi de Juda : On ne pleurera pas sur lui, en disant : « Hélas ! mon frère, hélas, ma sœur ! » On ne pleurera pas sur lui, en disant : « Hélas, seigneur ! hélas, majesté ! »

Il sera enterré comme on enterre un âne, il sera traîné et jeté hors des portes de Jérusalem.

Commentaire (versets 18 à 19) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 18 à 19 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Voir plus haut, Jérémie, note 21.2 ― Malheur, frère ! malheur, maître. Ce sont les cris de lamentation qu’on faisait entendre dans la cérémonie des funérailles. Voir plus loin, Jérémie, 34, 5 ; 3 Rois, 13, 30. ― Joakim. Le quatrième livre des Rois (voir 4 Rois, 24, 5) raconte sa mort, comme le fait remarquer saint Jérôme, mais il ne dit pas qu’il fut enseveli, parce qu’il fut privé de cet honneur. Voir Jérémie, 36, 30.

Monte au Liban et crie ; élève ta voix en Basan ! Crie du haut d’Abarim, car tous tes amants sont brisés.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Monte, élève, crie ; étant au féminin en hébreu, on ne peut leur supposer pour sujet ou nominatif que le mot Jérusalem ou Sion. ― Liban. Voir le verset 6. ― Basan ; montagne fertile, au nord-est de la Palestine ; l’une et l’autre peuvent être le symbole des montagnes mêmes sur lesquelles Jérusalem était bâtie.

Je t’ai parlé au temps de ta prospérité ; tu as dit : « Je n’écouterai pas ! » C’est là ta conduite dès ta jeunesse ; tu n’as pas écouté ma voix !

Car le vent emmènera paître tes pasteurs, et tes amants iront en captivité ; alors tu seras couverte de confusion et de honte pour toute ta méchanceté.

Toi qui habite au Liban, qui places ton nid dans les cèdres, comme tu gémiras quand viendront sur toi les douleurs, des convulsions pareilles à celles d’une femme en travail !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le Liban ; désigne ici Jérusalem, assise sur ses montagnes.

Je suis vivant ! — oracle de Yahweh : Quand Jéchonias, fils de Joakim, roi de Juda serait un anneau à ma main droite, je l’arracherais de là !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je vis, moi ; formule de serment expliquée dans Isaïe, 49, 18. ― Un anneau, qui sert à sceller, est un objet précieux, cher à son possesseur, qui ne s’en sépare pas volontiers.

Je te livrerai aux mains de ceux qui en veulent à ta vie, aux mains de ceux devant qui tu trembles, aux mains de Nabuchodonosor, roi de Babylone, et aux mains des Chaldéens.

Je te jetterai, toi et ta mère qui t’a mis au monde, dans un autre pays où vous n’êtes pas nés, et là vous mourrez.

Et au pays où ils aspireront à revenir, ils ne reviendront pas.

Est-ce donc un vase méprisé et brisé que cet homme, Jéchonias, ou bien un ustensile dont personne ne veut ?… Pourquoi les a-t-on chassés, lui et sa race, et les a-t-on jetés dans un pays qu’ils ne connaissaient pas ?

Terre, terre, terre, écoute la parole de Yahweh !

Ainsi parle Yahweh : Inscrivez cet homme comme stérile, comme un homme qui ne réussit pas dans ses jours ! Car nul de sa race ne réussira à s’asseoir sur le trône de David pour régner encore sur Juda !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Inscris ; dans les tables généalogiques. ― Stérile ; non pas qu’il ait été positivement privé d’enfants, puisque l’Ecriture elle-même dit le contraire (voir 1 Paralipomènes, 3, 17 ; Matthieu, 1, 12) ; mais stérile en ce sens qu’aucun de ses enfants ne régna après lui.