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Jérémie 4

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

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Si tu veux revenir Israël, — oracle de Yahweh, reviens vers moi. Et si tu ôtes tes abominations de devant moi, tu ne seras plus errant !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pierre d’achoppement ; nom que l’Ecriture donne souvent aux idoles.

Et si tu jures « Yahweh est vivant ! » avec vérité, avec droiture et avec justice, les nations se diront bénies en lui ; et se glorifieront en lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le Seigneur vit ! formule de serment qui équivaut à : Je jure par le Seigneur.

Car ainsi parle Yahweh aux hommes de Juda et de Jérusalem : Défrichez vos jachères, et ne semez pas dans les épines.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Osée, 10, 12. ― Le Prophète, après s’être adressé dans les deux versets précédents aux Israélites captifs, s’adresse ici aux Juifs qui étaient encore dans leur pays. ― Une novale, une terre nouvelle, qui n’a pas encore été cultivée, mais était restée en friche.

Circoncisez-vous pour Yahweh, et enlevez les prépuces de votre cœur, hommes de Juda et habitants de Jérusalem, de peur que ma colère n’éclate comme un feu et ne consume, sans que personne éteigne, à cause de la méchanceté de vos actions.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Soyez circoncis au Seigneur ; c’est-à-dire, recevez la circoncision qui plaît au Seigneur ; la circoncision du cœur. Comparer à Deutéronome, 10, 16 ; Romains, 2, 29.

Publiez dans Juda et annoncez dans Jérusalem ; parlez, sonnez de la trompette dans le pays ; criez à pleine voix et dites : Rassemblez-vous, et allons dans les villes fortes !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

II. Juda est impénitent, malgré l’imminence du danger, du chapitre 4, verset 5 au chapitre 6. ― 1° Le Prophète annonce maintenant l’accomplissement de la sentence divine, en exhortant les habitants d’Israël à fuir devant les Chaldéens, chapitre 4, versets 5 à 7, et à se couvrir de vêtements de deuil, verset 8. ― 2° Juda est dans la terreur, ― oh ! s’il pouvait se convertir ! ― la ville sainte est assiégée, versets 9 à 18. ― 3° Accablé de douleur, le Prophète voit en esprit l’œuvre de dévastation des Chaldéens, et en fait un tableau lugubre, versets 19 à 31. ― 4° La cause de ces calamités, c’est qu’il n’y a plus de justes dans Jérusalem, mais seulement des hypocrites, des idolâtres, des adultères, parmi les petits comme parmi les grands, chapitre 5, versets 1 à 9. ― 5° Les coupables doivent donc périr, par la main d’un peuple lointain, terrible, versets 10 à 18. ― 6° Ils n’ont pas voulu craindre le Tout-Puissant ; ils ont persévéré dans leur impénitence ; ce qu’ils ont refusé d’entendre va s’accomplir, versets 19 à 31. ― 7° Le Chaldéen arrive, il envahit le pays ; il assiège Jérusalem, ― oh ! si Jérusalem pouvait se convertir encore, avant d’être dévastée ! chapitre 6, versets 1 à 8. ― 8° Mais tout le monde est sourd à la voix de Dieu ; aussi personne n’échappera-t-il à la vengeance, versets 9 à 15. ― 9° Exhortations, menaces, tout est inutile, tout est méprisé, aussi les sacrifices sont-ils vains et inutiles, versets 16 à 21. ― 10° Le vengeur de Dieu vient du nord ; il est terrible, il assiège la ville ; Dieu l’a examinée, elle est coupable ; son Seigneur la réprouve, versets 22 à 30.

Élevez un étendard du côté de Sion, sauvez-vous, ne vous arrêtez pas ! Car j’amène du septentrion une calamité et un grand désastre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Jérémie, 1, 14.

Un lion s’élance de son fourré, et un destructeur des nations a levé sa tente, quitté son lieu, pour réduire ton pays en désert ; tes villes seront désolées, sans habitants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le lion, etc. Nabuchodonosor est comparé au lion à cause de sa force, et à un brigand, à cause de ses violences et de l’injustice de ses conquêtes.

C’est pourquoi ceignez-vous du cilice ; pleurez et lamentez-vous ; car le feu de la colère de Yahweh ne s’est pas détourné de nous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La colère de la fureur ; hébraïsme, pour la colère très grande, très violente ; ou bien pour la colère et la fureur. Comparer à Jérémie, 32, 37.

En ce jour-là, — oracle de Yahweh, le cœur manquera au roi et aux princes ; les prêtres seront consternés, et les prophètes stupéfaits.

Et je dis : Ah ! Seigneur Yahweh, vous avez donc trompé ce peuple et Jérusalem, en disant : « Vous aurez la paix ! » alors que l’épée va les frapper à mort !

En ce temps-là, on dira à ce peuple et à Jérusalem : Un vent brûlant vient des collines du désert sur le chemin qui mène à la fille de mon peuple, non pour vanner, ni pour nettoyer ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le désert de la voie de la fille, etc. ; le désert, qui conduit à la fille de mon peuple, à Jérusalem.

un vent plus fort que celui qui chasse la paille vient vers moi. Maintenant, à mon tour, je vais prononcer leur sentence.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Un vent plein ; fort, impétueux. ― D’elles (ex his) ; c’est-à-dire des voies du désert (voir verset 11) : c’est, selon nous, le vrai sens de l’hébreu, aussi bien que de la Vulgate, car nous regardons comme forcée et inexacte la traduction : Un vent plus fort que pour ces choses ; c’est-à-dire, un vent plus fort qu’il ne le faut pour vanner et nettoyer le blé.

Voici qu’il monte comme les nuées ; pareils à l’ouragan sont ses chars ; plus rapides que les aigles sont ses chevaux. Malheur à nous, car nous sommes perdus !

Purifie ton cœur de la méchanceté, Jérusalem, pour que tu sois sauvée ; jusques à quand demeureront-elles dans ton cœur, tes pensées funestes ?

Car une voix partie de Dan l’annonce ; elle publie le malheur depuis la montagne d’Éphraïm.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui annonce de Dan ; l’approche des ennemis. La ville de Dan et la montagne d’Ephraïm étaient entre Babylone et Jérusalem. ― Qui fait connaître l’idole ; l’arrivée de l’idole. L’image du dieu Bel était représentée sur les étendards de l’armée chaldéenne.

Faites-le savoir aux nations, annoncez-leur le malheur de Jérusalem. Des assiégeants arrivent d’une terre lointaine ; ils poussent leurs cris contre les villes de Juda.

Comme les gardiens des champs, ils entourent Jérusalem ; car elle s’est révoltée contre moi, — oracle de Yahweh.

Voilà ce que t’ont valu ta conduite et tes actes criminels ; voilà le fruit de ta méchanceté, et il est amer ! Oui, cela atteint jusqu’au cœur !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sagesse, 1, vv. 3, 5. ― Ta malice ; pour l’effet, le fruit de ta malice.

Mes entrailles ! mes entrailles ! je souffre au plus intime du cœur ! Mon cœur s’agite ; je ne puis me taire ! Car tu entends ; ô mon âme, le son de la trompette, le cri de guerre.

On annonce ruine sur ruine ; car tout le pays est ravagé. Tout d’un coup on détruit mes tentes, en un instant mes pavillons.

Jusques à quand verrai-je l’étendard, entendrai-je le son de la trompette ?…

C’est que mon peuple est fou ! Ils ne me connaissent pas ; ce sont des fils insensés, qui n’ont pas d’intelligence ; ils sont habiles à faire le mal, ils ne savent pas faire le bien.

Je regarde la terre, et voici qu’elle est informe et vide ; les cieux, et leur lumière a disparu.

Je regarde les montagnes, et voici qu’elles sont ébranlées, et toutes les collines chancellent.

Je regarde, et voici qu’il n’y a plus d’homme ; et tous les oiseaux du ciel ont fui.

Je regarde, et voici que le verger est devenu un désert ; et toutes ses villes sont détruites devant Yahweh, devant le feu de sa colère.

Car ainsi parle Yahweh : Tout le pays sera dévasté ; cependant je ne le détruirai pas entièrement.

À cause de cela, la terre est en deuil, et les cieux en haut sont obscurcis, parce que je l’ai dit et que je l’ai résolu, et je ne m’en repens pas et je n’en reviendrai pas.

À la voix du cavalier et de l’archer, toute la ville est en fuite ; on entre dans les bois, on monte sur les rochers ; toutes les villes sont abandonnées, il n’y a plus d’habitant.

Et toi, dévastée, que feras-tu ? Quand tu te revêtirais de pourpre, que tu te parerais d’ornements d’or, que tu borderais tes yeux de fard : c’est en vain que tu te ferais belle ; tes amants te dédaignent ; c’est à ta vie qu’ils en veulent.

Car j’entends une voix comme d’une femme en travail, des cris d’angoisse comme d’une femme qui enfante pour la première fois ; voix de la fille de Sion, qui pousse des soupirs et étend les mains : « Malheur à moi ! car mon âme succombe aux coups des meurtriers ! »

Commentaire (versets 19 à 31) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 19 à 31 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

« Qui parle ici ? Est-ce Dieu ? est-ce le prophète ? C’est l’un et l’autre à tour de rôle ; mais Jérémie ne prend pas le loisir de nous avertir du changement… C’est merveille que la mobilité, la promptitude, la souplesse de ces âmes (des prophètes), courant d’une impression à l’autre : vives, rapide, exactes à sentir chaque chose à mesure qu’elle se présente et autant qu’elle le mérite, frappent vite, juste et fort, toutes les notes de la gamme du sentiment. De là, ces visions qui se pressent, puis ces exclamations, ces apostrophes, ces élans de la passion ardente, mais rationnelle toujours. » (G. LONGHAYE.)