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2 Machabées 9
En ce temps-là Antiochus revint de Perse après un succès honteux de cette guerre.
Car étant entré dans la ville de Persépolis, et se disposant à piller le temple, et à accabler la ville, tout le peuple courut aux armes, et le mit en fuite avec ses gens ; ainsi Antiochus fut obligé, après cette fuite honteuse, de s’en retourner,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Machabées, 6, 1. ? Persépolis, une des capitales de la Perse, au nord de l’Araxe, dans une plaine fertile ; elle fut appelée Istakhar sous les Sassassides. Brûlée, mais non détruite par Alexandre le Grand, elle demeura longtemps encore une ville importante, mais finit par tomber tout à fait en ruines. On y voit encore de nombreux monuments des rois perses.
Lorsqu’il fut venu vers Ecbatane, il reçut les nouvelles de la défaite de Nicanor et de Timothée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ecbatane, ville capitale de la Médie. ? Sur Ecbatane, voir Tobie, 3, 7.
Et étant transporté d’orgueil et de colère, il s’imaginait qu’il pourrait se venger sur les Juifs de l’outrage que lui avaient fait ceux qui l’avaient mis en fuite ; c’est pourquoi il commanda à celui qui conduisait son char de toucher sans cesse, et de hâter son voyage, étant lui-même poursuivi par la vengeance du ciel, à cause de cette parole insolente qu’il avait dite : Qu’il irait à Jérusalem, et qu’il en ferait le tombeau de tous les Juifs.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le tombeau ; littéralement, l’amas, le monceau de cadavres.
Mais le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui voit toutes choses, frappa ce prince d’une plaie incurable et invisible ; car dans le moment qu’il eut proféré cette parole, il fut attaqué d’une effroyable douleur dans les entrailles, et d’une colique qui le tourmentait cruellement :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Paralipomènes, 16, 9 (?).
Et ce fut sans doute avec beaucoup de justice, puisqu’il avait déchiré lui-même les entrailles des autres par un grand nombre de nouveaux tourments, et qu’il n’avait point renoncé à sa malice.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Très justement. C’est le vrai sens des mots satis juste, expliqués par le grec et même par l’hébreu. Comparer à 1 Machabées, 7, 21.
Au contraire, se laissant aller aux transports de son orgueil, ne respirant que feu et flammes contre les Juifs, il commanda qu’on précipitât sa marche ; mais lorsque ses chevaux couraient avec impétuosité, il tomba de son char, et eut tout le corps froissé, et les membres meurtris de cette chute.
Ainsi celui qui, s’élevant par son orgueil au-dessus de la condition de l’homme, s’était flatté de pouvoir même commander aux flots de la mer, et peser dans une balance les montagnes les plus hautes, se trouva alors humilié jusqu’en terre, et était porté tout mourant dans une chaise, attestant publiquement la toute-puissance de Dieu qui éclatait en sa propre personne ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les hauteurs des montagnes ; hébraïsme, pour, les montagnes très élevées.
Car il sortait des vers du corps de cet impie comme d’une source ; et vivant au milieu de tant de douleurs, toutes les chairs lui tombaient par pièces, avec une odeur si effroyable, que toute l’armée n’en pouvait souffrir la puanteur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son odeur infecte ; littéralement, son odeur et infection ; figure grammaticale, dont la Bible fournit un certain nombre d’exemples. ? Du corps de cet impie des vers sortaient. Hérode Agrippa Ier mourut d’une maladie semblable, très probablement l’helminthiasis, maladie qui produit des vers dans les entrailles, des abcès, des ulcères remplis de vers qui répandent une infection insupportable.
Celui qui s’imaginait peu auparavant qu’il pourrait atteindre jusqu’aux étoiles du ciel était alors en un tel état, que nul ne pouvait plus le porter, à cause de l’infection insupportable qui sortait de lui.
Il commença donc à rabattre de ce grand orgueil dont il était possédé, et à entrer dans la connaissance de lui-même, étant averti de ce qu’il était, par la plaie dont il se sentait frappé, et ses douleurs redoublant à chaque moment.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La plaie divine ; la plaie dont Dieu l’avait frappé.
Ainsi ne pouvant plus lui-même souffrir la puanteur qui venait de lui, il dit : Il est juste que l’homme soit soumis à Dieu, et que celui qui est mortel ne s’égale pas au Dieu souverain.
Or ce scélérat priait le Seigneur, de qui il ne devait point recevoir miséricorde :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De qui, etc. ; parce que sa prière était l’effet de l’excès de son mal, mais nullement de la conversion de son cœur. ? Les rendre égaux ou semblables aux Athéniens, leur accorder l’indépendance et l’autonomie.
Lui qui se hâtait auparavant d’aller à Jérusalem pour la raser jusqu'en terre, et pour n’en faire qu’un sépulcre de corps morts entassés les uns sur les autres, il souhaite maintenant de la rendre libre ;
Et il promet d’égaler aux Athéniens ces mêmes Juifs qu’il avait jugés indignes de la sépulture, et de qui il avait dit : Qu’il exposerait en proie leurs corps morts aux oiseaux du ciel et aux bêtes farouches, et qu’il exterminerait jusqu’aux plus petits enfants.
Il s’engage aussi à orner de dons précieux le saint temple qu’il avait pillé auparavant, à y augmenter le nombre des vases sacrés, et à fournir de ses revenus les dépenses nécessaires pour les sacrifices ;
Et même à se faire Juif, et à parcourir toute la terre pour publier la toute-puissance de Dieu.
Mais comme il vit que ses douleurs ne cessaient point, parce que le juste jugement de Dieu était enfin tombé sur lui, commençant à perdre l’espérance, il écrivit aux Juifs une lettre, en forme de supplication, qui contenait ce qui suit :
Le Roi et prince Antiochus souhaite le salut, la santé, et toute sorte de prospérités aux Juifs ses bons citoyens.
Si vous êtes en santé, vous et vos enfants, et si tout vous réussit comme vous le souhaitez, nous en rendons de grandes grâces à Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Dieu est exprimé dans le grec.
Étant maintenant dans la langueur, et n’ayant pour vous que des sentiments de bonté dans cette grande maladie dont je me suis trouvé surpris, lorsque je revenais de Perse, j’ai cru nécessaire de prendre le soin des intérêts communs de mon état :
Ce n’est pas que je désespère de ma santé, mais j’ai au contraire une grande confiance que je reviendrai de ma maladie.
Ayant donc considéré que mon père lui-même, lorsqu’il marchait avec son armée dans les hautes provinces, déclara celui qui devait régner après lui,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les hautes provinces, les provinces d’au-delà de l’Euphrate. ? Mon père, Antiochus III le Grand. Il avait péri en essayant de piller un temple en Elymaïde, comme venait de le faire Antiochus IV Epiphane à Persépolis. Voir plus haut, 2 Machabées, 1, 11. ? Désigna celui qui devait recevoir la domination, son fils aîné, Séleucus IV Philopator, frère d’Antiochus Epiphane. Séleucus succéda en effet à son père sans aucune contestation.
Afin que s’il arrivait quelque malheur, ou si on venait à publier quelque fâcheuse nouvelle, ceux qui étaient dans les provinces de son royaume n’en pussent être troublés, sachant qui était celui qu’il avait laissé héritier de sa couronne ;
Et sachant de plus que ceux qui sont proches de nous et les plus puissants de nos voisins, observent les temps favorables à leurs desseins, et se préparent à profiter des conjonctures qui leur seront propres, j’ai désigné mon fils Antiochus pour régner après moi, lui que j’ai souvent recommandé à plusieurs d’entre vous, lorsque j’étais obligé de me transporter dans les hautes provinces de mes états ; et je lui ai écrit ce qui est joint ci-dessous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les royaumes supérieurs sont les contrées d’au-delà de l’Euphrate (voir verset 23). ? Antiochus V Eupator. Voir 1 Machabées, 3, 32.
Je vous prie donc et je vous conjure que, vous souvenant des grâces que vous avez reçues de moi en public et en particulier, vous gardiez la fidélité que vous devez et à moi et à mon fils.
Car j’espère qu’il se conduira avec modération et avec douceur, selon mes intentions, et qu’il vous donnera des marques de sa bonté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Il sera, etc. ; littéralement, il vous sera commun.
Enfin ce meurtrier et ce blasphémateur, frappé d’une horrible plaie, et traité de même qu’il avait traité les autres, étant sur les montagnes et loin de son pays, finit sa vie par une misérable mort.
Philippe, son frère de lait, prit le soin de transporter son corps ; et craignant le fils d’Antiochus, il s’en alla en Égypte vers Ptolémée Philométor.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir sur ce verset, 1 Machabées, 6, 14-17.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De Perse. Voir 1 Machabées, 3, 31.