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2 Machabées 12
Ce traité ayant été fait, Lysias s’en retourna vers le roi, elles Juifs s’occupèrent alors à cultiver leurs champs.
Mais ceux qui étaient demeurés dans le pays, Timothée, et Apollonius, fils de Gennaeus, et de plus, Jérôme, Démophon, et Nicanor, gouverneur de Chypre, ne les laissaient point vivre en paix ni en repos.
Cependant il arriva que ceux de Joppé commirent alors une grande perfidie : ils prièrent les Juifs, avec lesquels ils habitaient, de monter avec leurs femmes et leurs enfants sur des barques qu’ils avaient préparées, comme n’y ayant aucune inimitié entre eux.
Les Juifs, se fiant au décret de pacification qui avait été arrêté d’une commune voix dans la ville, et n’ayant aucun mauvais soupçon, à cause de la paix qui était entre eux, acquiescèrent à cette proposition ; mais lorsqu’ils furent avancés en pleine mer, ceux de Joppé en noyèrent environ deux cents.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Eux-mêmes, les Juifs. ? Ayant acquiescé à ce décret qui ratifiait la proposition faite aux Juifs (voir verset 3) de monter sur des barques.
Lorsque Judas eut appris cette cruauté qu’on avait commise contre les gens de sa nation, il donna ses ordres à ceux qui étaient avec lui ; et après avoir invoqué Dieu qui est le juste juge,
Il marcha contre ces meurtriers de leurs frères, il brûla leur port pendant la nuit, il mit le feu à leurs barques, et fit passer au fil de l’épée ceux qui s’étaient échappés des flammes.
Après cette action, il partit dans le dessein d’y revenir, pour exterminer tous ceux de Joppé.
Mais comme il fut averti que ceux de Jamnia voulaient user d’une semblable perfidie à l’égard des Juifs qui demeuraient avec eux,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jamnia. Voir 1 Machabées, 4, 15.
Il les surprit de même la nuit, et brûla leur port avec leurs vaisseaux ; de sorte que la lumière de ce feu parut jusqu’à Jérusalem, quoique éloignée de deux cent quarante stades.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Deux cent quarante stades ; environ dix lieues (44 km).
Lorsqu’il fut parti de Jamnia avec ses gens, ayant déjà fait neuf stades, et marchant contre Timothée, il fut attaqué par les Arabes qui avaient cinq mille hommes d’infanterie, et cinq cents chevaux ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Avec lui, Judas (voir verset 5). ? Des Arabes, Bédouins nomades, habitant entre l’Egypte et la Palestine et faisant souvent des incursions dans le pays des Philistins.
Et après un rude combat, Judas ayant réussi heureusement par le secours de Dieu, les Arabes qui étaient restés, se voyant vaincus, lui demandèrent qu’il composât avec eux, lui promettant de lui donner des pâturages, et de l’assister en tout.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De leur donner la main droite. Voir 1 Machabées, 11, 50.
Judas, croyant qu’effectivement ils pourraient lui être utiles en beaucoup de choses, leur promit la paix ; et la composition étant faite, ils se retirèrent en leurs tentes.
Il attaqua aussi une bonne place, nommée Casphin, forte à cause des ponts-levis, et environnée de hautes murailles, où habitait un mélange de diverses nations.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Casphin, peut-être la même ville que Casbon (voir 1 Machabées, 5, 36). ? Casphin ?tait environnée de ponts, c’est-à-dire, d’après un des sens du mot grec, de larges murs en terre.
Ceux de dedans se confiant en la force de leurs murailles, et en l’abondance des vivres dont ils avaient fait provision, se défendaient négligemment, et disaient à Judas des injures mêlées de blasphèmes et de paroles détestables.
Mais les gens de Machabée ayant invoqué le Maître du monde, qui au temps de Josué fit tomber tout d’un coup, sans machines et sans béliers, les murs de Jéricho, montèrent avec furie sur les murailles ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jésu, c’est-à-dire Josué. ? Voir Josué, 6, 1-20.
Et ayant pris la ville par la volonté du Seigneur, ils y firent un carnage incroyable, de sorte que l’étang d’auprès, qui avait deux stades de large, fut tout rouge du sang des morts.
Étant partis de là, ils marchèrent sept cent cinquante stades, et vinrent à Characa vers les Juifs, qui étaient appelés Tubianéens ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tubianéens qui habitaient le pays de Tubin ou de Tob. Voir 1 Machabées, 5, 13. ? Characa, d’après les uns, Kir, ville de Moab, sur l’ouadi Kérek, mais, d’après d’autres, comme Kir n’était pas dans le pays de Tob, simple camp retranché, situé entre l’Ammonitide et la Syrie.
Et ils ne purent prendre Timothée en ce lieu-là, parce que, comme il n’avait pu y rien faire, il s’en était retourné après avoir laissé en un certain lieu une garnison très-forte.
Mais Dosithée et Sosipatre, qui commandaient les troupes avec Machabée, tuèrent dix mille hommes que Timothée avait laissés pour la garde de cette place.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dosithée et Sosipater, lieutenants sous les ordres de Judas Machabée.
Cependant Machabée ayant mis en ordre autour de lui six mille hommes de ses troupes, et les ayant divisés par cohortes, il marcha contre Timothée, qui avait six-vingt mille hommes de pied, et deux mille cinq cents chevaux.
Timothée, ayant su l’arrivée de Judas, envoya devant les femmes, les enfants, et le reste du bagage, dans une place nommée Carnion, qui était imprenable, l’accès en étant fort difficile à cause des défilés qu’il fallait passer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Carnion, la même ville que Carnaïm (voir 1 Machabées, 5, vv. 26, 43).
Mais la première cohorte de Judas ayant paru, les ennemis furent frappés de terreur par la présence de Dieu qui voit toutes choses, et ils furent renversés et mis en fuite les uns par les autres, en sorte qu’ils étaient percés plutôt par leurs propres épées que par celles des ennemis.
Judas les poursuivit avec la dernière vigueur, en punissant ces profanes ; et il en tua trente mille.
Timothée étant tombé entre les mains de Dosithée et de Sosipatre, les conjura avec de grandes instances qu’ils voulussent le laisser aller en vie, parce qu’il avait fait prisonniers plusieurs pères et plusieurs frères des Juifs, qui perdraient par sa mort toute espérance.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Parce qu’il avait, etc. Timothée veut dire qu’ayant fiats prisonniers un grand nombre de pères et de frères des Juifs, ils seraient par sa mort trompés dans leur espérance de recouvrer la liberté.
Et leur ayant donné sa foi qu’il leur rendrait ses prisonniers, suivant l’accord fait entre eux, ils le laissèrent aller sans lui faire aucun mal, dans la vue de sauver leurs frères.
Judas retourna ensuite à Carnion, où il tua vingt-cinq mille hommes.
Après la fuite et le carnage de ces ennemis, il fit marcher son armée vers Ephron, qui était une ville forte, habitée par une grande multitude de divers peuples ; ses murailles étaient bordées de jeunes hommes fort vaillants, qui les défendaient vigoureusement ; et il y avait dedans plusieurs machines de guerre, et toutes sortes de traits et de dards.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ephron. Voir 1 Machabées, 5, 46.
Mais les Juifs ayant invoqué le Tout-Puissant, qui renverse par son pouvoir toutes les forces des ennemis, ils prirent la ville, et tuèrent vingt-cinq mille hommes de ceux de dedans.
De là ils allèrent à Scythopolis. éloignée de six cents stades de Jérusalem :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La cité des Scythes ou Scythopolis, la même que Bethsan. Voir 1 Machabées, 5, 52.
Et les Juifs qui demeuraient dans cette ville ayant eux-mêmes assuré que ces peuples les avaient fort bien traités, et avaient usé d’une grande modération à leur égard, dans le temps même de leur malheur,
Judas leur en rendit grâces ; et les ayant exhortés de continuer à l’avenir de témoigner la même bonté à ceux de sa nation, il vint à Jérusalem avec ses gens, lorsque la fête solennelle des semaines était proche.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le jour solennel des semaines, la Pentecôte, ainsi nommée, parce que, d’après les termes mêmes de la loi, elle se célébrait sept semaines complètes après Pâques (voir Lévitique, 23, 15-16).
Ils en partirent après la Pentecôte, et marchèrent contre Gorgias. gouverneur de l’Idumée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Gorgias. Voir 1 Machabées, 3, 38.
Judas l’alla attaquer avec trois mille hommes de pied et quatre cents chevaux.
Et les deux armées en étant venues aux mains, quelque peu de Juifs demeurèrent sur la place.
Un certain cavalier de ceux de Bacénoris, nommé Dosithée, qui était un vaillant homme, se saisit de Gorgias ; et, lorsqu’il voulait le prendre vif, un cavalier de ceux de Thrace se jeta sur lui, et lui ayant coupé l’épaule, donna lieu à Gorgias de se sauver à Maresa.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Marésa, ville de la tribu de Juda. ? Dosithée d’entre les Bacénores, différent du Dosithée des versets 19 et 24.
Mais ceux qui étaient commandés par Esdrin, combattant depuis longtemps, et se trouvant fatigués, Judas invoqua le Seigneur afin qu’il devînt lui-même leur protecteur, et leur chef dans le combat ;
Et commençant à parler dans la langue du pays, poussant vers le ciel des cris avec des hymnes et des cantiques, il mit en fuite les soldats de Gorgias.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La langue de sa patrie, l’araméen. Voir 2 Machabées, 7, 8.
Judas rassembla ensuite ses gens, et vint à la ville d’Odolla, où se trouvant le septième jour, ils se purifièrent, selon la coutume, et célébrèrent le sabbat.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Odollam, dans la partie méridionale de Juda.
Le jour suivant Judas vint avec ses gens, pour emporter les corps de ceux qui avaient été tués, et pour les ensevelir avec leurs parents dans le tombeau de leurs pères.
Or ils trouvèrent sous les tuniques de ceux qui étaient morts dans le combat, des choses qui avaient été consacrées aux idoles qui étaient dans Jamnia, et que la loi interdit aux Juifs ; tout le monde reconnut donc clairement que ç’avait été la cause de leur mort.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ils trouvèrent, etc. Il est probable que ces choses trouvées avaient été enlevées lors de l’expédition contre Jamnia (voir verset 8 et suivants). ? Que la loi, etc. Voir Deutéronome, 7, 25-26.
C’est pourquoi tous bénirent le juste jugement du Seigneur, qui avait découvert ce que l’on avait voulu cacher ;
Et se mettant en prières, ils conjurèrent le Seigneur d’oublier le péché qu’ils avaient commis. Mais le très-vaillant Judas exhortait le peuple à se conserver sans péché, en voyant devant leurs yeux ce qui était arrivé à cause des péchés de ceux qui avaient été tués.
Et ayant recueilli d’une quête qu’il fit faire douze mille drachmes d’argent, il les envoya à Jérusalem, afin qu’on offrît un sacrifice pour les péchés de ces personnes qui étaient mortes, ayant de bons et de religieux sentiments touchant la résurrection.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La drachme valait environ quarante centimes. ? Afin qu’un sacrifice, etc. Cette fin du verset et les versets suivants prouvent incontestablement la résurrection des morts et l’existence du purgatoire. C’est pour cela que Luther a rangé les livres des Machabées parmi les apocryphes ; mais l’authenticité et la divinité de ces livres sont prouvées par des arguments aussi solides que l’autorité de tous les autres livres de la bible. Quant aux versets 43, 46 en particulier, nous croyons devoir dire, après D. Calmet : " On ne s’arrête point à réfuter l’imagination de Munster, qui a soupçonné ce passage d’avoir été ajouté en cet endroit ; tous les exemplaires grecs, latins et syriaques, tant imprimés, que manuscrits, le portent uniformément, comme la Vulgate, et les anciens Pères l’ont cité et connu, sans aucune variété, ni aucun doute. "
(Car s’il n’avait espéré que ceux qui avaient été tués ressusciteraient un jour, il eût regardé comme une chose vaine et superflue de prier pour les morts.)
Ainsi il considérait qu’une grande miséricorde était réservée à ceux qui étaient morts dans la piété.
C’est donc une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Timothée, le même qui est nommé à 1 Machabées, 5, 11, et ci-après, verset 10, et dans la suite du chapitre. ? Jérôme et Démophon sont inconnus d’ailleurs. ? Apollonius, fils de Gennéus, est différent des deux autres personnages de ce nom qui étaient l’un, fils de Tharsée, voir 2 Machabées, 3, vv. 5, 7, l’autre, fils de Mnesthée, voir 2 Machabées, 4, 21. Il est aussi probablement différent d’Apollonius, gouverneur de Cœlésyrie, sous Démétrius, voir 1 Machabées, 10, 69, parce qu’à l’époque dont il s’agit ici, cet Apollonius était à Rome avec Démétrius Ier. Apollonius, fils de Gennéus, était vraisemblablement le père du gouverneur de la Cœlésyrie. Voir 1 Machabées, 10, 69. ? Nicanor, gouverneur de Chypre, doit être différent de Nicanor, fils de Patrocle, voir 2 Machabées, 8, 9, préposé aux éléphants, voir 2 Machabées, 14, 12, et dont il est longuement question à 1 Machabées, 7, 26-47 et 2 Machabées, du chapitre 14, verset 12 au chapitre 15.