Confort de lecture
Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.
2 Machabées 15
Or Nicanor, ayant appris que Judas était sur les terres de Samarie, résolut de l’attaquer avec toutes ses forces le jour du sabbat.
Et lorsque les Juifs qui étaient contraints de le suivre lui dirent : N’agissez pas si fièrement ni d’une manière si barbare, mais rendez honneur à la sainteté de ce jour, et révérez celui qui voit toutes choses,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De sanctification, de consécration, de sainteté ; c’est-à-dire, saint, consacré.
Ce malheureux leur demanda s’il y avait dans le ciel un Dieu puissant qui eût commandé de célébrer le jour du sabbat.
Eux lui ayant répondu : C’est le Dieu vivant, et le puissent Maître du ciel, qui a commandé qu’on honore le septième jour,
Il leur répondit : Je suis aussi moi-même puissant sur la terre, et je vous commande de prendre les armes pour exécuter les ordres du roi. Il ne put pas néanmoins exécuter ce qu’il avait résolu.
Ainsi Nicanor, dans ce comble d’orgueil où il était, avait fait dessein d’élever un même trophée de Judas et de tous ses gens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et de ceux, etc. C’est le sens du grec, le mot commun (commune) de la Vulgate semble d’ailleurs le supposer. ? Elever un trophée signifie élever un monument de victoire composé de dépouilles de l’ennemi, ou simplement, par figure, remporter un triomphe sur les ennemis.
Mais Machabée espérait toujours avec une entière confiance que Dieu ne manquerait point de lui envoyer son secours.
Et il exhortait ses gens à ne point craindre l’abord de ces nations, mais à repasser dans leurs esprits les assistances qu’ils avaient reçues du ciel, et à espérer encore présentement que le Tout-Puissant leur donnerait la victoire.
Leur ayant aussi donné des instructions tirées de la loi et des prophètes, et les ayant fait encore ressouvenir des combats qu’ils avaient auparavant soutenus, il leur inspira une nouvelle ardeur.
Après avoir relevé ainsi leur courage, il leur représenta en même temps la perfidie des nations, et la manière dont elles avaient violé leur serment.
Il les arma donc tous, non de boucliers et de dards, mais avec des paroles et des exhortations excellentes, et leur rapporta une vision très-digne de foi, qu’il avait eue en songe, qui les combla tous de joie.
Voici quelle fut cette vision : Il lui sembla qu’il voyait Onias, qui avait été grand-prêtre, étendre ses mains. et prier pour tout le peuple juif ; Onias, cet homme vraiment bon et plein de douceur, si modeste dans son visage, si modéré et si réglé dans ses mœurs, si agréable dans ses discours, et qui s’était exercé dès son enfance en toutes sortes de vertus :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Onias III, si souvent loué dans l’Ecriture. Comparer à 2 Machabées, 4, 34.
Qu’ensuite avait paru un autre homme vénérable par son âge, tout éclatant de gloire, et environné d’une grande majesté ;
Et qu’Onias avait dit en le montrant : C’est là le véritable ami de ses frères et du peuple d’Israël ; c’est là Jérémie, le prophète de Dieu, qui prie beaucoup pour ce peuple, et pour toute la ville sainte :
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Prenant la parole. Le verbe hébreu que les Septante et la Vulgate ont constamment traduit par répondre, signifie souvent, comme ici, élever la voix, prendre la parole. ? Jérémie. Voir l’Introduction à ce prophète.
Qu’en même temps Jérémie avait étendu la main, et donné à Judas une épée d’or, en lui disant :
Prenez cette épée sainte, comme un présent que Dieu vous fait, et avec lequel vous renverserez les ennemis de mon peuple d’Israël.
Étant donc excités par ces excellentes exhortations de Judas, qui étaient capables de relever les forces et d’animer le courage des jeunes gens, ils résolurent d’attaquer et de combattre vigoureusement les ennemis, afin que la force avec laquelle ils les pousseraient fit la décision de cette guerre, parce que la ville sainte et le temple étaient exposés à un grand péril.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jeunes hommes, soldats appelés ainsi chez les Hébreux.
Car ils se mettaient moins en peine pour leurs femmes, pour leurs enfants, pour leurs frères, et pour leurs parents ; mais la plus grande et la première crainte qu’ils avaient était pour la sainteté du temple.
Ceux qui demeuraient dans la ville étaient aussi dans une extrême inquiétude au sujet de ceux qui devaient combattre ;
Et lorsque tous s’attendaient à voir quel serait le succès du combat, que les ennemis étaient en présence, l’armée en bataille, les éléphants et la cavalerie rangés au lieu qui leur avait paru le plus avantageux,
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les bêtes, les éléphants, qui, comme on l’a déjà vu, sont quelquefois désignés par ce terme général dans les Machabées.
Machabée, considérant cette multitude d’hommes qui allait fondre sur eux, cet appareil de tant d’armes différentes, et la furie de ces bêtes formidables, étendit les mains vers le ciel, et invoqua le Seigneur qui fait des prodiges, et qui donne la victoire, comme il lui plaît, à ceux qui en sont le plus dignes, sans avoir égard à la puissance des armes.
Il implora donc son secours en lui parlant de cette manière : C’est vous, Seigneur, qui avez envoyé votre ange sous Ézéchias, roi de Juda, et qui avez tué cent quatre-vingt-cinq mille hommes de l’armée de Sennachérib ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Machabées, 8, 19.
Envoyez donc aussi maintenant devant nous, ô Dominateur des cieux, votre bon ange qui inspire la terreur et l’effroi de la grande puissance de votre bras,
Afin que ceux qui, en blasphémant votre nom, viennent attaquer votre saint peuple, soient frappés de crainte. Il finit ainsi sa prière.
Cependant Nicanor marchait avec son armée au son des trompettes, et au bruit des voix qui s’animaient au combat.
Mais Judas, et ceux qui étaient avec lui, ayant invoqué Dieu, combattirent par leurs prières.
Ainsi priant le Seigneur au fond de leurs cœurs, en même temps qu’ils chargeaient les ennemis l’épée à la main, ils tuèrent trente-cinq mille hommes, se sentant comblés de joie par la présence de Dieu.
Le combat étant fini, lorsqu’ils retournaient pleins d’allégresse, ils reconnurent que Nicanor était tombé mort, couvert de ses armes.
Et aussitôt ayant jeté un grand cri, et un bruit de voix confuses s’étant élevé, ils bénirent le Seigneur tout-puissant dans la langue du pays.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La langue de leur patrie, l’araméen. Voir 2 Machabées, 7, 8.
Judas, qui était toujours prêt de corps et d’esprit à donner sa vie pour ses concitoyens, commanda qu’on coupât la tête de Nicanor, et sa main avec l’épaule, et qu’on les portât à Jérusalem.
Lorsqu’il y fut arrivé, il fit assembler près de l’autel ses concitoyens avec les prêtres, et il appela aussi ceux qui étaient dans la forteresse ;
Et leur ayant montré la tête de Nicanor, et cette main détestable qu’il avait osé étendre contre la maison sainte du Dieu tout-puissant avec tant d’orgueil et d’insolence,
Il commanda qu’on coupât aussi en petits morceaux la langue de cet impie Nicanor, et qu’on la donnât à manger aux oiseaux ; et qu’on suspendît vis-à-vis le temple la main de ce furieux.
Tous bénirent donc le Seigneur du ciel, en disant : Béni soit celui qui a conservé pur son temple saint !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Son lieu, c’est-à-dire, son temple.
Il suspendit aussi la tête de Nicanor au haut de la forteresse, afin qu’elle fût exposée aux yeux de tout le monde, comme un signe visible du secours de Dieu.
Il fut arrêté, d’un commun consentement, qu’on ne devait point laisser passer ce jour si célèbre sans en faire une fête particulière,
Et qu’on la célébrerait le treizième du mois appelé adar en langue syriaque, le jour de devant celui de Mardochée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Adar. Voir 1 Machabées, 7, 43. ? La veille de la fête des Sorts (Phurim), en laquelle on célébrait la délivrance procurée aux Juifs par Mardochée (voir Esther¸ chapitre 9).
Telle fut la fin de Nicanor, après laquelle les Hébreux demeurèrent les maîtres de la ville sainte ; et je finirai aussi par-là ma relation.
Si elle est bien, et telle que l’histoire le demande, c’est ce que je souhaite moi-même ; que si au contraire elle est écrite d’une manière moins digne de son sujet, c’est à moi qu’on doit l’attribuer.
Car comme on a de l’éloignement de boire toujours du vin, ou de boire toujours de l’eau, et qu’il paraît plus agréable d’user de l’un et de l’autre successivement ; aussi un discours ne plairait pas aux lecteurs, s’il était toujours si exact. Je finirai donc ici.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Boire toujours, etc. En Orient on boit aujourd’hui l’eau après le vin pour en tempérer la chaleur. Les anciens orientaux mêlaient toujours le vin avec l’eau. Le texte grec est conforme à cette coutume. ? Uniforme ; on voit clairement que c’est le sens du latin exactus, et qu’il s’agit uniquement du style.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Machabées, 7, 26.