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Exode 5

APRÈS cela Moïse et Aaron vinrent trouver Pharaon, et lui parlèrent en ces termes : Voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d’Israël : Laissez aller mon peuple, afin qu’il me sacrifie dans le désert.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dirent à Pharaon, Menephtah Ier. Les scènes racontées dans ce chapitre et les suivants se passèrent à Tanis, dans la Basse-Egypte. Cette ville était située à droite, sur le bras du Nil, auquel elle donnait son nom.

Mais il répondit : Qui est le Seigneur, pour que je sois obligé d’écouter sa voix, et de laisser sortir Israël ? Je ne connais point le Seigneur, et je ne laisserai point sortir Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui est le Seigneur ? Le texte hébreu porte ici le nom propre de Dieu, Jéhovah. Menephtah dit : Je ne connais point Jéhovah.

Ils lui dirent encore : Le Dieu des Hébreux nous a ordonné d’aller trois journées de chemin dans le désert pour sacrifier au Seigneur, notre Dieu, de peur que nous ne soyons frappés de la peste ou de l’épée.

Le roi d’Égypte leur répondit : Moïse et Aaron, pourquoi détournez-vous le peuple de leurs ouvrages ? Allez à votre travail.

Pharaon dit encore : Ce peuple s’est fort multiplié dans mon royaume : vous voyez que cette populace s’est beaucoup accrue : combien croîtrait-elle davantage si on lui relâchait quelque chose de son travail !

Le roi donna donc, ce jour-là même, cet ordre à ceux qui avaient l’intendance des ouvrages du peuple d’Israël, et qui exigeaient d’eux les travaux qu’on leur avait imposés, et leur dit :

Vous ne donnerez plus, comme auparavant, de paille à ce peuple pour faire leurs briques : mais qu’ils en aillent chercher eux-mêmes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On pouvait employer cette paille, en la mêlant avec le mortier, pour donner aux briques plus de consistance, ou seulement pour les ouvriers, de peur qu’étant promptement séchées par l’ardeur du soleil, elles ne fendissent.

Et vous ne laisserez pas d’exiger d’eux la même quantité de briques qu’ils rendaient auparavant, sans en rien diminuer. Car ils n’ont pas de quoi s’occuper. C’est pourquoi ils crient, et se disent l’un à l’autre : Allons sacrifier à notre Dieu.

Qu’on les accable de travaux, qu’ils fournissent tout ce qu’on exige d’eux, afin qu’ils ne se repaissent plus de paroles de mensonge.

Alors ceux qui avaient l’intendance des ouvrages, et qui les exigeaient du peuple, dirent aux Hébreux : Voici l’ordre de Pharaon : Je ne vous donnerai plus de paille.

Allez, et cherchez-en où vous pourrez en trouver ; et néanmoins on ne diminuera rien de vos ouvrages.

Le peuple se répandit donc dans toute l’Égypte, afin d’amasser des pailles.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le texte original porte : Le peuple se répandit dans toute la terre d’Egypte pour y amasser des roseaux au lieu de paille. Ce verset signifie que, ne trouvant plus de paille, les Israélites recueillirent à la place et pour en tenir lieu, dans la fabrication des briques, les roseaux qui croissent en abondance sur les bords du Nil et des canaux qui en dérivent. Le sens précis de l’hébreu n’avait pas été bien compris, parce que Moïse, dans son récit, pour désigner le roseau qui pousse en Egypte sur les bords du Nil et des étangs, l’a appelé de son égyptien, qasch.

Et ceux qui avaient l’intendance des travaux les pressaient en leur disant : Rendez tous les jours la même quantité de briques que vous rendiez lorsqu’on vous donnait des pailles.

Ceux donc qui étaient commis sur les ouvrages des enfants d’Israël, furent battus de verges par les exacteurs de Pharaon, qui leur disaient : Pourquoi n’avez-vous pas rendu, ni hier, ni aujourd’hui, la même quantité de briques que vous faisiez auparavant ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ces exacteurs, ou officiers de Pharaon préposés aux travaux, avaient eux-mêmes sous leur propre surveillance des Hébreux chargés de les faire exécuter par leurs frères.

Alors ces gens qui commandaient aux enfants d’Israël pour les faire travailler, vinrent crier à Pharaon, en lui disant : Pourquoi traitez-vous ainsi vos serviteurs ?

On ne nous donne plus de paille, et on nous commande de rendre le même nombre de briques qu’auparavant. Nous sommes battus de verges, nous qui sommes vos serviteurs, et on tourmente injustement votre peuple.

Il leur répondit : Vous avez trop de loisir, et c’est ce qui vous fait dire : Allons sacrifier au Seigneur.

Allez donc, et travaillez : on ne vous donnera point de paille, et vous rendrez toujours la même quantité de briques.

Ainsi ceux qui étaient commis sur les ouvrages des enfants d’Israël, se trouvèrent dans une grande extrémité, à cause qu’on ne voulait leur rien diminuer du nombre des briques qu’ils étaient auparavant obligés de fournir chaque jour.

Et ayant rencontré Moïse et Aaron, qui s’étaient tenus près de là, attendant que ces Israélites sortissent d’avec Pharaon,

ils leur dirent : Que le Seigneur voie ceci, et en soit le juge : car vous nous avez mis en mauvaise odeur devant Pharaon et devant ses serviteurs ; et vous lui avez donné une épée pour nous tuer.

Moïse étant retourné vers le Seigneur, lui dit : Seigneur ! pourquoi avez-vous affligé ce peuple ? pourquoi m’avez-vous envoyé ?

Car depuis que je me suis présenté devant Pharaon pour lui parler en votre nom, il a tourmenté encore plus votre peuple, et vous ne l’avez point délivré.