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Exode 14

LE Seigneur parla encore à Moïse, et lui dit :

Dites aux enfante d’Israël : Qu’ils retournent, et qu’ils campent devant Phihahiroth, qui est entre Magdal et la mer, vis-à-vis de Béelséphon. Vous camperez vis-à-vis de ce lieu sur le bord de la mer.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Phihahiroth, peut-être l’Adjroud actuel. ― Magdalum, forteresse dont le site est inconnu. ― Et la mer Rouge ou golfe de Suez. ― Contre Béelséphon, probablement la montagne de Djébel-Attaka, qui se dresse à l’ouest et au nord-ouest de la mer Rouge.

Car Pharaon va dire des enfants d’Israël : Ils sont embarrassés en des lieux étroits, et renfermés par le désert.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le désert les tient enfermés, par les montagnes qui s’y trouvent. En effet, il y a au couchant de la mer Rouge des montagnes presque impraticables.

Je lui endurcirai le cœur, et il vous poursuivra : je serai glorifié dans Pharaon et dans toute son armée, et les Egyptiens sauront que je suis le Seigneur. Les enfants d’Israël firent donc ce que le Seigneur leur avait ordonné.

Et l’on vint dire au roi des Egyptiens, que les Hébreux avaient pris la fuite. En même temps le cœur de Pharaon et de ses serviteurs fut changé à l’égard de ce peuple, et ils dirent : A quoi avons-nous pensé, de laisser ainsi aller les Israélites, afin qu’ils ne nous fussent plus assujettis ?

Il fit donc préparer son chariot de guerre, et prit avec lui tout son peuple.

Il emmena aussi six cents chariots choisis, et tout ce qui se trouva de chariots de guerre dans l’Égypte, avec les chefs de toute l’armée.

Le Seigneur endurcit le cœur de Pharaon, roi d’Égypte, et il se mit à poursuivre les enfants d’Israël. Mais ils étaient sortis sous la conduite d’une main puissante.

Les Egyptiens poursuivant donc les Israélites qui étaient devant, et marchant sur leurs traces, les trouvèrent dans leur camp sur le bord de la mer. Toute la cavalerie et les chariots de Pharaon, avec toute son armée, étaient à Phihahiroth, vis-à-vis de Béelséphon.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Josué, 24, 6 ; 1 Machabées, 4, 9.

Lorsque Pharaon était déjà proche, les enfants d’Israël levant les yeux, et ayant aperçu les Egyptiens derrière eux, furent saisis d’une grande crainte. Ils crièrent au Seigneur ;

et ils dirent à Moïse : Peut-être qu’il n’y avait point de sépulcres en Égypte ; c’est pour cela que vous nous avez amenés ici, afin que nous mourions dans la solitude. Quel dessein aviez-vous,quand vous nous avez fait sortir de l’Égypte ?

N’était-ce pas là ce que nous vous disions étant encore en Égypte : Retirez-vous de nous, afin que nous servions les Egyptiens ? Car il valait beaucoup mieux que nous fussions leurs esclaves, que de venir mourir dans ce désert.

Moïse répondit au peuple : Ne craignez point, demeurez fermes, et considérez les merveilles que le Seigneur va faire aujourd’hui : car ces Egyptiens que vous voyez devant vous vont disparaître, et vous ne les verrez plus jamais.

Le Seigneur combattra pour vous, et vous demeurerez dans le silence.

Le Seigneur dit ensuite à Moïse : Pourquoi criez-vous vers moi ? Dites aux enfants d’Israël qu’ils marchent.

Et pour vous, élevez votre verge, et étendez votre main sur la mer, et la divisez, afin que les enfants d’Israël marchent à sec au milieu de la mer.

J’endurcirai le cœur des Egyptiens, afin qu’ils vous poursuivent ; et je serai glorifié dans Pharaon et dans toute son armée, dans ses chariots et dans sa cavalerie.

Et les Egyptiens sauront que je suis le Seigneur, lorsque je serai ainsi glorifié dans Pharaon, dans ses chariots et dans sa cavalerie.

Alors l’ange de Dieu qui marchait devant le camp des Israélites, alla derrière eux ; et en même temps la colonne de nuée quittant la tête du peuple,

se mit aussi derrière, entre le camp des Egyptiens et le camp d’Israël ; et la nuée était ténébreuse d’une part, et de l’autre elle éclairait la nuit, en sorte que les deux armées ne purent s’approcher dans tout le temps de la nuit.

Moïse ayant étendu sa main sur la mer, le Seigneur l’entr’ouvrit, en faisant souffler un vent violent et brûlant pendant toute la nuit ; et il en dessécha le fond, et l’eau fut divisée en deux.

Les enfants d’Israël marchèrent à sec au milieu de la mer, ayant l’eau à droite et à gauche, qui leur servait comme d’un mur.

Et les Egyptiens marchant après eux, se mirent à les poursuivre au milieu de la mer, avec toute la cavalerie de Pharaon, ses chariots et ses chevaux.

Mais lorsque la veille du matin fut venue, le Seigneur ayant regardé le camp des Egyptiens au travers de la colonne de feu et de la nuée, fit périr toute leur armée ;

il renversa les roues des chariots, et ils furent entraînés dans le fond de la mer. Alors les Egyptiens s’entre-dirent : Fuyons les Israélites, parce que le Seigneur combat pour eux contre nous.

En même temps le Seigneur dit à Moïse : Etendez votre main sur la mer, afin que les eaux retournent sur les Egyptiens, sur leurs chariots et sur leur cavalerie.

Moïse étendit donc la main sur la mer ; et dès la pointe du jour elle retourna au même lieu où elle était auparavant. Ainsi lorsque les Egyptiens s’enfuyaient, les eaux vinrent au-devant d’eux, et le Seigneur les enveloppa au milieu des flots.

Les eaux étant retournées de la sorte, couvrirent et les chariots et la cavalerie de toute l’armée de Pharaon, qui était entrée dans la mer en poursuivant Israël, et il n’en échappa pas un seul.

Mais les enfants d’Israël passèrent à sec au milieu de la mer, ayant les eaux à droite et à gauche, qui leur tenaient lieu de mur.

En ce jour-là le Seigneur délivra Israël de la main des Egyptiens.

Et ils virent les corps morts des Egyptiens sur le bord de la mer, et les effets de la main puissante que le Seigneur avait étendue contre eux. Alors le peuple craignit le Seigneur, il crut au Seigneur, et à Moïse, son serviteur.

Commentaire (versets 21 à 31) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 21 à 31 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Le passage de la mer Rouge tel que Moïse le rapporte, est un miracle évident que les rationalistes ont vainement cherché à expliquer d’une manière naturelle. Nous dirons de même des prodiges qui ont été opérés ensuite pendant le séjour des Hébreux dans le désert, tels que les eaux amères adoucies, les cailles, la manne, l’eau sortie du rocher d’Horeb, l’apparition de Dieu sur le mont Sinaï. Voir à la fin du volume la note 9 sur la sortie d’Egypte.