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Exode 3
CEPENDANT Moïse conduisait les brebis de Jéthro, son beau-père, prêtre de Madian ; et ayant mené son troupeau au fond du désert, il vint à la montagne de Dieu, nommée Horeb.
Alors le Seigneur lui apparut dans une flamme de feu qui sortait du milieu d’un buisson : et il voyait brûler le buisson sans qu’il se consumât.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Actes des Apôtres, 7, 30.
Moïse dit donc : Il faut que j’aille reconnaître quelle est cette merveille que je vois, et pourquoi ce buisson ne se consume point.
Mais le Seigneur le voyant venir pour considérer ce qu’il voyait, l’appela du milieu du buisson, et lui dit : Moïse ! Moïse ! Il lui répondit : Me voici.
Et Dieu ajouta : N’approchez pas d’ici : ôtez les souliers de vos pieds, parce que le lieu où vous êtes est une terre sainte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ote la chaussure de tes pieds, en signe de respect, selon un usage encore en vigueur dans l’Orient.
Il dit encore : Je suis le Dieu de votre père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, parce qu’il n’osait regarder Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 22, 32 ; Marc, 12, 26 ; Luc, 20, 37.
Le Seigneur lui dit : J’ai vu l’affliction de mon peuple qui est en Égypte : j’ai entendu le cri qu’il jette à cause de la dureté de ceux qui ont l’intendance des travaux :
et sachant quelle est sa douleur, je suis descendu pour le délivrer des mains des Egyptiens, et pour le faire passer de cette terre en une terre bonne et spacieuse, en une terre où coulent des ruisseaux de lait et de miel, au pays des Chananéens, des Héthéens, des Amorrhéens, des Phérézéens, des Gergéséens, des Hévéens et des Jébuséens.
Le cri des enfants d’Israël est donc venu jusqu’à moi ; j’ai vu leur affliction, et de quelle manière ils sont opprimés par les Egyptiens.
Mais venez, et je vous enverrai vers Pharaon, afin que vous fassiez sortir de l’Égypte les enfants d’Israël, qui sont mon peuple.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Vers Pharaon, Menephtah Ier.
Moïse dit à Dieu : Qui suis-je moi, pour aller vers Pharaon, et pour faire sortir de l’Égypte les enfants d’Israël ?
Dieu lui répondit : Je serai avec vous ; et ce sera là le signe qui vous fera connaître que c’est moi qui vous aurai envoyé. Lorsque vous aurez tiré mon peuple de l’Égypte, vous offrirez à Dieu un sacrifice sur cette montagne.
Moïse dit à Dieu : J’irai donc vers les enfants d’Israël, et je leur dirai : Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous. Mais s’ils me disent : Quel est son nom ? que leur répondrai-je ?
Dieu dit à Moïse : Je suis Celui qui Est. Voici, ajouta-t-il, ce que vous direz aux enfants d’Israël : Celui qui Est m’a envoyé vers vous.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le nom par lequel Dieu manifeste ici sa nature à Moïse est celui qu’on prononce ordinairement Jéhovah. La prononciation Jéhovah n’est certainement pas la véritable prononciation du tétragramme divin ; les voyelles de ce nom sont celles du mot Adonaï que les Hébreux lisaient à la place du nom incommunicable. La plupart des orientalistes croient aujourd’hui que la braie prononciation est Jahvéh ou Yahvéh. ― Je suis celui qui suis. « Cette définition parfaite, dit saint Hilaire, rend la notion de la nature divine par l’expression la mieux appropriée à l’intelligence des hommes. En effet, rien ne se conçoit comme plus essentiel à Dieu que d’être, parce que celui qui est l’existence même ne peut avoir de fin ni de commencement, et que dans la continuité d’une béatitude inaltérable, il n’a pu et ne pourra jamais ne pas être. »
Dieu dit encore à Moïse : Vous direz ceci aux enfants d’Israël : Le Seigneur, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. Ce premier nom est celui que j’ai dans toute l’éternité ; et celui-ci est le nom qui me fera connaître dans la suite de tous les siècles.
Allez, assemblez les anciens d’Israël, et dites-leur : Le Seigneur, le Dieu de vos pères, m’est apparu. Le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob, m’a dit : Je suis venu vous visiter, et j’ai vu tout ce qui vous est arrivé en Égypte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les anciens d’Israël ; probablement les chefs des tribus, les principaux du peuple. ― Visitant, etc., c’est-à-dire je vous ai visités avec le plus grand soin. En hébreu, comme en bien d’autres langues, ces sortes de répétitions donnent de l’intensité à l’idée exprimée par le verbe.
J’ai résolu de vous tirer de l’oppression des Egyptiens, et de vous faire passer au pays des Chananéens, des Héthéens,des Amorrhéens,des Phérézéens, des Gergéséens, des Hévéens et des Jébuséens, en une terre où coulent des ruisseaux de lait et de miel.
Ils écouteront votre voix, et vous irez, vous et les anciens d’Israël, vers le roi d’Égypte ; vous lui direz : Le Seigneur, le Dieu des Hébreux, nous a appelés. C’est pourquoi nous sommes obligés d’aller trois journées de chemin dans le désert, pour sacrifier au Seigneur, notre Dieu.
Mais je sais que le roi d’Égypte ne vous laissera point aller, s’il n’y est contraint par une main forte.
J’étendrai donc ma main, et je frapperai les peuples d’Égypte par toutes sortes de prodiges que je ferai au milieu d’eux ; et après cela il vous laissera aller.
Je ferai trouver grâce à ce peuple dans l’esprit des Egyptiens : et lorsque vous partirez, vous ne sortirez pas les mains vides ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Exode, 11, 2 ; 12, 36.
mais chaque femme demandera à sa voisine et à son hôtesse des vases d’or et d’argent, et des vêtements précieux : vous en habillerez vos fils et vos filles, et vous dépouillerez l’Égypte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dieu, maître souverain de toutes choses, donne cet ordre aux Israélites pour les dédommager de tous les maux que les Egyptiens leur avaient faits, et pour les payer des services qu’ils avaient rendu à l’Egypte Comparer à Sagesse, 10, vv. 17, 19.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Jéthro. Voir Exode, 2, 18. ― Horeb est appelée montagne de Dieu par anticipation ; car elle n’a reçu ce nom qu’à cause de l’apparition de Dieu à Moïse. ― Le mont Horeb est le mont Sinaï proprement dit, sur lequel Dieu, après la sortie d’Egypte, donna sa loi à son peuple.