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Apocalypse 11
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Puis on me donna un roseau semblable à un bâton, en disant : « Lève-toi et mesure le temple de Dieu, l’autel et ceux qui y adorent.
Mais le parvis extérieur du temple, laisse-le en dehors et ne le mesure pas, car il a été abandonné aux Nations, et elles fouleront aux pieds la ville sainte pendant quarante-deux mois.
Et je donnerai à mes deux témoins de prophétiser, revêtus de sacs, pendant mille deux cent soixante jours.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mes deux témoins. Les Pères et les interprètes ont entendu communément par ces deux témoins Hénoch (voir Genèse, 5, 22 ; Ecclésiastique, 44, 16 ; Hébreux, 11, 5) et Elie, « qui doivent revenir à la fin des temps prêcher aux hommes la pénitence. » (CRAMPON) ― De prophétiser ; littéralement : Et ils prophétiseront ; ce qui est un pur hébraïsme.
Ceux-ci sont les deux oliviers et les deux candélabres qui sont dressés en présence du Seigneur de la terre.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Allusion à Zacharie, 4, verset 2 et suivants, où deux oliviers figurent à droite et à gauche d’un chandelier, symbolisant Zorobabel et le grand prêtre Jésus (Josué), les défenseurs du peuple de Dieu. Mais ce n’est qu’un simple rapprochement entre deux visions essentiellement différentes. Les témoins du Christ doivent, comme l’olivier, porter l’huile du Saint-Esprit et de sa divine lumière. » (CRAMPON)
Si quelqu’un veut leur nuire, un feu sort de leur bouche qui dévore leurs ennemis : c’est ainsi que doit périr quiconque voudra leur nuire.
Ils ont la puissance de fermer le ciel pour empêcher la pluie de tomber durant les jours de leur prédication ; et ils ont pouvoir sur les eaux pour les changer en sang, et pour frapper la terre de toutes sortes de plaies, autant de fois qu’ils le vaudront.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« La première partie de ce verset rappelle clairement Elie (voir 1 Rois, 17, 1 ; comparer à Jacques, 5, 17), la seconde Moïse (voir Exode, 17, 19), celui-ci représentant la Loi, celui-là la prophétie, et par suite l’Evangile. Saint Jean les avait vus tous deux sur le Thabor, témoins de la glorification de Jésus et s’entretenant avec lui de ses souffrances (voir Luc, 9, 30). » (CRAMPON)
Et quand ils auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, les vaincra et les tuera ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Dans ces paroles et celles qui suivent, saint Jean décrit la guerre, la mort et la victoire corporelle dans lesquelles Dieu accordera à l’Antéchrist le triomphe sur ces deux prophètes, après leur guerre et leur victoire spirituelle contre lui. L’Antéchrist est ici appelé la bête qui s’élève de l’abîme. Par La bête, saint Jean désigne donc l’Antéchrist, ou le fils de perdition qui apparaîtra dans le monde vers la fin des temps. 1° Il est appelé la bête, à cause de sa vie abominable qu’il passera dans la luxure et la concupiscence des femmes. 2° A cause de sa cruauté sans exemple avec laquelle, comme le farouche léopard, il sévira contre les chrétiens. 3° Une bête féroce dévore et déchire tout ce qu’elle rencontre ; et c’est ainsi que l’Antéchrist dévorera et mutilera toutes choses saintes et sacrées ; il abolira le sacrifice continuel, il foulera aux pieds le Saint des Saints, il ne craindra pas le Dieu de ses pères, et ne s’inquiètera d’aucun dieu (voir Daniel, 11, 37). 4° Comme le destin final de la bête est de naître et de vivre pour être tuée ou périr ; ainsi l’Antéchrist naîtra et sera désigné et choisi pour ne faire que le mal, et pour courir à sa perte ; c’est pour cela qu’il est appelé le fils de perdition. Il est dit que la bête s’élèvera de l’abîme, parce que l’Antéchrist parviendra à [la puissance] par les fraudes les plus sourdes et les plus cachées et par les artifices les plus coupables ; et c’est à l’aide de la puissance des ténèbres, qu’il entrera dans le royaume et s’élèvera par-dessus tout, et ensuite parce qu’il possèdera les trésors d’or, d’argent et de pierreries les plus précieuses qui soient cachées dans les abîmes de la terre et la mer ; et ces trésors lui seront révélés et livrés par le démon Moazim qu’il adorera (voir Daniel, 11, 38). On doit aussi remarquer ici que le verbe s’élever [ou monter] est mis au présent, tandis que les verbes, faire, vaincre et tuer sont au futur ; c’est pour nous apprendre que ce n’est pas dès l’instant de son élévation au trône, qu’il sera permis à l’Antéchrist de sévir contre les deux prophètes, mais seulement après qu’ils auront rendu et terminé leur témoignage de Jésus-Christ. » (HOLZHAUSER)
et leurs cadavres resteront gisants sur la place de la grande ville, qui est appelée en langage figuré Sodome et Égypte, là même où leur Seigneur a été crucifié.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Grande cité, ou grande ville, etc. Ces traits conviennent à Jérusalem (voir Isaïe, 1, 10 ; 3, 9 ; Ezéchiel, 16, 49) ; mais tout, dans ce tableau, étant symbolique, Jérusalem doit l’être aussi : comparer aux versets 9-10. Ce nom signifie donc toute ville, toute contrée de la terre corrompue comme Sodome, rebelle aux ordres de Dieu comme l’Egypte, crucifiant de nouveau Jésus-Christ dans ses membres comme Jérusalem. » (CRAMPON, 1 885). On peut donc penser à la Jérusalem du Temps des Nations : Rome, devenue apostate à la fin des temps.
Des hommes des divers peuples, tribus, langues et nations verront leurs cadavres étendus trois jours et demi, sans permettre qu’on leur donne la sépulture.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
De toutes les tribus, etc. Les mots toutes, tous, ne sont pas exprimés dans la Vulgate, mais ils se trouvent dans le Grec suffisamment représentés par l’article déterminatif, lequel, en effet, placé devant les noms de classe, de catégorie, etc., indique, comme en hébreu, l’universalité.
Et les habitants de la terre se réjouiront à leur sujet ; ils se livreront à l’allégresse et s’enverront des présents les uns aux autres, parce que ces deux prophètes ont fait le tourment des habitants de la terre.
Mais après trois jours et demi, un esprit de vie venant de Dieu pénétra dans ces cadavres ; ils se dressèrent sur leurs pieds, et une grande crainte s’empara de ceux qui les regardaient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mais après trois jours et demi : « allusion à la résurrection du Sauveur. ― Un esprit de vie : comparer à Ezéchiel, 27,10. » (CRAMPON)
Et l’on entendit une grande voix venant du ciel, qui leur disait : « Montez ici. » Et ils montèrent au ciel dans une nuée, à la vue de leurs ennemis.
À cette même heure, il se fit un grand tremblement de terre ; la dixième partie de la ville s’écroula, et sept mille hommes périrent dans ce tremblement de terre ; les autres, saisis d’effroi, rendirent gloire au Dieu du ciel.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sept mille hommes ; littéralement, sept mille noms d’homme. Le mot nom, comme on l’a déjà vu (voir Apocalypse, 3, 4), répond dans les énumérations à tête, individu, personne, homme. Etant joint ici au mot homme, il devient pléonastique.
Le second « malheur » est passé ; voici que le troisième « malheur » vient bientôt.
Et le septième ange sonna de la trompette, et l’on entendit dans le ciel des voix fortes qui disaient : « L’empire du monde a passé à notre Seigneur et à son Christ, et il régnera aux siècles des siècles. »
Alors les vingt-quatre vieillards qui sont assis devant Dieu sur leurs trônes, se prosternèrent sur leurs faces et adorèrent Dieu, en disant :
« Nous vous rendons grâces, Seigneur Dieu tout-puissant, qui êtes et qui étiez, de ce que vous vous êtes revêtu de votre grande puissance et que vous régnez.
Les nations se sont irritées, et votre colère est venue, ainsi que le moment de juger les morts, de donner la récompense à vos serviteurs, aux prophètes, et aux saints, et à ceux qui craignent votre nom, petits et grands, et de perdre ceux qui perdent la terre. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le temps de juger les morts ; littéralement, le temps de l’être jugé des morts ; construction hébraïque mise pour : Le temps auquel les morts seront jugés.
Et le sanctuaire de Dieu dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance apparut dans son sanctuaire. Et il y eut des éclairs, des bruits, des tonnerres, un tremblement de terre et une grosse grêle.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Hors du temple, en grec naos. Voir Matthieu, 21, 12. ― « La cité sainte, livrée aux Gentils et saccagée par les infidèles, c’est l’Eglise considérée dans sa plus grande extension, comme comprenant avec le temple toutes ses dépendances, jusqu’aux demeures des chrétiens. Des commentateurs modernes veulent voir là Jérusalem ; mais outre que Jérusalem était en ruines et dévastée depuis longtemps, saint Jean n’aurait pas donné le titre de cité sainte à la ville déicide, si durement châtiée par Dieu, ni celui de temple de Dieu au siège d’un culte réprouvé. D’ailleurs, l’affliction de Jérusalem dure toujours, et celle de cette cité doit cesser après trois ans et demi, quarante-deux mois, mille deux cent soixante et des jours, l’espace de temps que dura en Israël la sécheresse miraculeuse demandée et obtenue par le prophète Elie. » (L. BACUEZ.)