Aller au contenu
Quaestio
Confort de lecture
Taille
Espacement
Présentation
Police

Ces réglages restent sur cet appareil et valent pour toutes les pages de lecture du site.

← Juges 8 Juges 9 sur 21 chapitres Juges 10 →

Juges 9

Écouter

Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Abimélech, fils de Jérobaal, se rendit à Sichem vers les frères de sa mère, et il leur adressa ces paroles, ainsi qu’à toute la famille de la maison du père de sa mère :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Sichem. Voir Genèse, note 12.6.

« Dites, je vous prie, aux oreilles de tous les habitants de Sichem : Lequel vaut mieux pour vous que soixante-dix hommes, tous fils de Jérobaal, dominent sur vous, ou qu’un seul homme domine sur vous ? Souvenez-vous que je suis vos os et votre chair. »

Les frères de sa mère ayant répété à son sujet toutes ces paroles aux oreilles de tous les habitants de Sichem, le cœur de ces derniers s’inclina vers Abimélech, car ils se disaient : « C’est notre frère. »

Ils lui donnèrent soixante-dix sicles d’argent, tirés de la maison de Baal-Berith, et Abimélech s’en servit pour soudoyer des gens de rien et des aventuriers, qui s’attachèrent à lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le mot sicle est ici comme en bien d’autres endroits, sous-entendu, pour son poids et sa valeur. ― Soixante-dix sicles d’argent font près d’un kilogramme. ― Baalberith, le baal de l’alliance. Voir Juges, note 6.25.

Il vint dans la maison de son père à Éphra, et il tua ses frères, fils de Jérobaal, au nombre de soixante-dix, sur une même pierre ; il n’échappa que Joatham, le plus jeune fils de Jerobaal, parce qu’il s’était caché.

Alors tous les habitants de Sichem et toute la maison de Mello s’assemblèrent ; ils vinrent et proclamèrent roi Abimélech, près du térébinthe du monument qui se trouve à Sichem.

Lorsque Joatham en eut été informé, il alla se placer sur le sommet du mont Garizim et, élevant la voix, il leur cria en disant : « Écoutez-moi, habitants de Sichem, afin que Dieu vous écoute !

Les arbres se mirent en chemin pour oindre un roi qui les commandât. Ils dirent à l’olivier : Règne sur nous.

Mais l’olivier leur dit : Renoncerais-je à mon huile, qui fait ma gloire devant Dieu et devant les hommes, pour aller me balancer au-dessus des autres arbres ?

Et les arbres dirent au figuier : Viens, toi, règne sur nous.

Mais le figuier leur dit : Renoncerais-je à ma douceur et à mon excellent fruit, pour aller me balancer au-dessus des autres arbres ?

Et les arbres dirent à la vigne : Viens, toi, règne sur nous.

Mais la vigne leur dit : Renoncerais-je à mon vin, qui réjouit Dieu et les hommes, pour aller me balancer au-dessus des autres arbres ?

Alors tous les arbres dirent au buisson d’épines : Viens, toi, règne sur nous.

Et le buisson d’épines dit aux arbres : Si vraiment vous voulez m’oindre pour votre roi, venez, confiez-vous à mon ombrage ; sinon, qu’un feu sorte du buisson d’épines et dévore les cèdes du Liban !…

Commentaire (versets 7 à 15) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 7 à 15 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Cette fable rappelle celle des membres et de l’estomac que Ménénius Agrippa adressa au peuple romain révolté, Tite-Live, II, 30 ; La Fontaine, I. III, fable II.

Maintenant, si c’est avec équité et droiture que vous avez agi en faisant roi Abimélech, si vous vous êtes bien conduits envers Jérobaal et sa maison, et si vous l’avez traité selon le mérite de ses mains,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Est-ce justement, etc. ; littéralement si justement, voir Juges, 5, 8.

— car mon père a combattu pour vous, il a exposé sa vie et vous a délivrés de la main de Madian ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qui a livré, etc. ; c’est-à-dire qui a exposé sa vie.

et vous, vous vous êtes levés aujourd’hui contre la maison de mon père, vous avez tué ses fils, au nombre de soixante-dix, sur une même pierre, et vous avez établi roi sur les hommes de Sichem Abimélech, fils de sa servante, parce qu’il est votre frère, —

si c’est avec équité et droiture que vous avez agi en ce jour envers Jérobaal et sa maison, eh bien, qu’Abimélech fasse votre joie, et que vous fassiez la sienne aussi !

Sinon, qu’un feu sorte d’Abimélech et dévore les habitants de Sichem et la maison de Mello, et qu’un feu sorte des habitants de Sichem et de la maison de Mello et dévore Abimélech ! »

Joatham se retira et prit la fuite ; il se rendit à Béra et il y demeura, par crainte d’Abimélech, son frère.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Béra, dans la tribu de Juda, selon les uns ; Béeroth, dans la tribu de Benjamin, selon les autres.

Abimélech domina trois ans sur Israël.

Et Dieu envoya un esprit mauvais entre Abimélech et les habitants de Sichem, et les habitants de Sichem devinrent infidèles à Abimélech :

afin que le crime commis sur les soixante-dix fils de Jérobaal fût vengé et que leur sang retombe sur Abimélech, leur frère, qui les avait tués, et sur les hommes de Sichem qui l’avaient aidé à tuer ses frères.

Les hommes de Sichem placèrent en embuscade contre lui, sur les sommets des montagnes, des gens qui dépouillaient tous ceux qui passaient près d’eux sur le chemin ; et cela fut rapporté à Abimélech.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Au sommet des montagnes d’Hébal et de Garizim.

Gaal, fils d’Obed, vint avec ses frères, et ils passèrent à Sichem. Les hommes de Sichem prirent confiance en lui.

Ils sortirent dans la campagne, vendangèrent leurs vignes, foulèrent les raisins et firent une fête ; puis, étant entrés dans la maison de leur dieu, ils mangèrent et burent, et ils maudirent Abimélech.

Et Gaal, fils d’Obed, dit : « Qui est Abimélech, et qui est Sichem, pour que nous le servions ? N’est-il pas fils de Jérobaal, et Zébul n’est-il pas son officier ? Servez les hommes d’Emor, père de Sichem ; mais nous, pourquoi servirions-nous Abimélech ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sur les hommes d’Hémor ; sur la famille d’Hémor.

Ah ! que ne suis-je le chef de ce peuple ! Je chasserais Abimélech. » Et il dit à Abimélech : « Renforce ton armée et sors ! »

Zébul, gouverneur de la ville, apprit les propos de Gaal, fils d’Obed, et sa colère s’enflamma.

Il envoya secrètement des messagers à Abimélech, pour lui dire : « Voici que Gaal, fils d’Obed, est venu à Sichem avec ses frères, et voici qu’ils soulèvent la ville contre toi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ils attaquent la ville contre toi ; c’est-à-dire ils pressent la ville de se déclarer contre toi ; ou bien ils s’y fortifient pour résister contre toi.

Lève-toi de nuit, toi et le peuple qui est avec toi, et mets-toi en embuscade dans la campagne.

Le matin, au lever du soleil, lève-toi et fonds sur la ville ; et lorsque Gaal et le peuple qui est avec lui sortiront contre toi, tu lui feras selon ce que l’occasion te permettra. »

Abimélech et tout le peuple qui était avec lui se levèrent de nuit, et ils se mirent en embuscade près de Sichem, divisés en quatre corps.

Gaal, fils d’Obed, sortit, et il se plaça à l’entrée de la porte de la ville. Aussitôt Abimélech et tout le peuple qui était avec lui se levèrent de l’embuscade.

En voyant le peuple, Gaal dit à Zébul : « Voici des gens qui descendent du sommet des montagnes. » Zébul lui répondit : « C’est l’ombre des montagnes que tu prends pour des hommes. »

Gaal reprit la parole et dit : « Voici une troupe qui descend du milieu du pays, et un corps qui arrive par le chemin du chêne des devins. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le chêne ; probablement celui dont il est parlé au verset 6.

Zébul lui répondit : « Où donc est ta bouche avec laquelle tu disais : Qui est Abimélech, pour que nous le servions ? N’est-ce point là le peuple que tu méprisais ? Sors maintenant et livre-lui bataille ! »

Gaal fit une sortie, à la tête des hommes de Sichem, et livra bataille à Abimélech.

Abimélech le poursuivit, et Gaal s’enfuit devant lui, et beaucoup de ses hommes tombèrent morts jusqu’à l’entrée de la porte.

Abimélech s’arrêta à Ruma ; et Zébul chassa Gaal et ses frères, qui ne purent plus rester à Sichem.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ruma, probablement l’el-Arma d’aujourd’hui.

Le lendemain, le peuple sortit dans la campagne. Abimélech en ayant été informé,

prit sa troupe, la partagea en trois corps, et se mit en embuscade dans la campagne. Dès qu’il aperçut le peuple sortant de la ville, il se leva contre eux et les battit.

Abimélech et les corps qui étaient avec lui se jetèrent en avant et se placèrent à l’entrée de la porte de la ville ; deux de ces corps se jetèrent sur tous ceux qui étaient dans la campagne et les battirent.

Et Abimélech donna l’assaut à la ville pendant toute la journée ; il s’en empara et tua le peuple qui s’y trouvait ; puis il rasa la ville et y sema du sel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le sel jeté en grande quantité dans un terrain le rend stérile. C’est pour cela que l’Ecriture dit une terre de sel, une terre salée, pour désigner une terre stérile. Les auteurs profanes emploient quelquefois la même locution.

À cette nouvelle, tous les hommes de la tour de Sichem se rendirent dans la forteresse de la maison du dieu Berith.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Berith en hébreu signifie pacte, alliance.

Dès qu’on eut annoncé à Abimélech que tous les habitants de la tour de Sichem s’y étaient rassemblés,

Abimélech monta sur le mont Selmon, lui et tout le peuple qui était avec lui. Abimélech prit en main une hache, coupa une branche d’arbre, la souleva et la mit sur son épaule. Il dit au peuple qui était avec lui : « Ce que vous m’avez vu faire, hâtez-vous de le faire comme moi. »

Et tous les gens aussi coupèrent chacun une branche et suivirent Abimélech ; ils placèrent les branches contre la forteresse, et ils la livrèrent au feu avec ceux qu’elle renfermait. Et tous les gens de la tour de Sichem périrent aussi, mille environ, hommes et femmes.

De là, Abimélech marcha contre Thébés ; il assiégea Thébés et s’en empara.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Thèbes, aujourd’hui Tûbas, était sur la route qui conduit de Sichem à Bethsan, à quatre heures de marche de Sichem, au nord-est.

Il y avait au milieu de la ville une forte tour où se réfugièrent tous les habitants de la ville, hommes et femmes ; ayant fermé la porte sur eux, ils montèrent sur le toit de la tour.

Abimélech vint jusqu’à la tour ; il l’attaqua et s’approcha de la porte de la tour pour y mettre le feu.

Alors une femme lança sur la tête d’Abimélech un morceau de meule de moulin et lui brisa le crâne.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Rois, 11, 21.

Il appela aussitôt le jeune homme qui portait ses armes, et lui dit : « Tire ton épée et donne-moi la mort, afin qu’on ne dise pas de moi : C’est une femme qui l’a tué. » Le jeune homme le transperça, et il mourut.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 31, 4 ; 1 Paralipomènes, 10, 4. ― L’histoire profane loue quelques serviteurs qui ont rendu un pareil service à leurs maîtres ; tandis que David fit mourir l’Amalécite, qui se vantait de l’avoir rendu à Saül sur son instante prière. Le christianisme condamne également celui qui demande ce service et celui qui le rend. ― Une mort comme celle d’Abimélech, reçue de la main d’une femme, était considérée comme particulièrement ignominieuse. Voir 2 Rois, 11, 21.

Quand les hommes d’Israël virent qu’Abimélech était mort, ils s’en allèrent chacun dans sa maison.

Ainsi Dieu fit retomber sur Abimélech le mal qu’il avait fait à son père, en tuant ses soixante-dix frères ;

et Dieu fit retomber sur la tête des gens de Sichem toute leur méchanceté. Ainsi s’accomplit sur eux la malédiction de Joatham, fils de Jérobaal.