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Juges 14

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Samson descendit à Thamna, et il vit à Thamna une femme d’entre les filles des Philistins.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Thamnatha. Thamnatha, aujourd’hui Tibnéh. Tibnéh n’est plus qu’un monceau de ruines, éparses sur les flancs d’une colline hérissée de hautes herbes, de chardons et de lentisques. Une partie de ses débris a été transportée plus loin et a servi à bâtir le village actuel d’el-Bridje. Elle a perdu maintenant ses riches vignobles. De gros blocs de pierres, disséminés aux alentours, sont, avec ces vieux décombres, rongés et couverts de lichens, le seul souvenir qui nous reste de Thamnatha. ― Samson descendit. On a fait une difficulté contre ce verset, parce qu’il y est dit que Samson descendit de Saraa à Thamnatha, mais cette expression est exacte. “ Il fallait descendre, ce qui est effectivement vrai, le village actuel de Saraa étant situé sur une colline plus élevée que Tibnéh, ” dit M. GUERIN.

Lorsqu’il fut remonté, il le déclara à son père et à sa mère, en disant : « J’ai vu à Thamna une femme d’entre les filles des Philistins ; prenez-la maintenant pour être ma femme. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une femme d’entre les Philistins. Du temps de Samson, Thamnatha était au pouvoir des Philistins. Du moins les Philistins y habitaient-ils en nombre et y agissaient-ils en maîtres.

Son père et sa mère lui dirent : « N’y a-t-il point de femme parmi les filles de tes frères et dans tout notre peuple, que tu ailles prendre une femme chez les Philistins, qui sont incirconcis ? » Et Samson dit à son père : « Prends celle-là pour moi, car elle me plaît. »

Son père et sa mère ne savaient pas que cela venait de Yahweh ; car il cherchait une occasion de querelle venant des Philistins. — En ce temps-là les Philistins dominaient sur Israël.

Samson descendit avec son père et sa mère à Thamna. Lorsqu’ils arrivèrent aux vignes de Thamna, voici qu’un jeune lion rugissant vint à sa rencontre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Parut le petit d’un lion. Thamnatha est à une heure à l’ouest de Bethsamès. Ce fut en descendant de Bethsamès à Thamnatha, peut-être dans la gorge même, près du torrent qu’il avait à traverser, que Samson rencontra et tua le lionceau. C’est aussi dans ce massif montueux qu’il prit plus tard les trois cents chacals avec lesquels il brûla les blés des Philistins. Ces lieux abondaient autrefois en bêtes fauves, comme l’attestent les noms que portaient les villages des alentours, Lebaoth ou les lionnes, Saalbim ou les chacals.

L’Esprit de Yahweh saisit Samson ; et, sans avoir rien à la main, Samson déchira le lion comme on déchire un chevreau. Et il ne raconta pas à son père et à sa mère ce qu’il avait fait.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’Esprit du Seigneur ne signifie pas ici l’inspiration divine, ou l’amour de la vertu, mais cet esprit de force dont le Seigneur remplit Samson pour combattre et vaincre les Philistins, qui étaient les ennemis d’Israël. L’Ecriture elle-même nous apprend que la force de Samson n’était pas naturelle, mais qu’elle lui était donnée de Dieu d’une manière miraculeuse, bien qu’il y ait eu des hommes doués d’une force de corps prodigieuse.

Il descendit et parla à la femme, et elle lui plut.

Quelque temps après, s’étant rendu de nouveau à Thamna pour la prendre, il fit un détour pour voir le cadavre du lion, et voici qu’il y avait un essaim d’abeilles et du miel dans le corps du lion.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et après quelques jours, etc. « On sait que les abeilles fuient les cadavres, mais elles ne fuient pas les ossements desséchés. L’expression après quelques jours est plus d’une fois employée dans la Sainte Ecriture pour désigner un espace de temps considérable et même quelques années. Samson peut être resté plusieurs mois fiancé avec la jeune fille, qui était peut-être encore trop jeune. Hérodote, V, 114, raconte que les abeilles firent du miel dans le crâne d’Onésilos, tyran de l’île de Cypre, dont la tête avait été suspendue par les habitants d’Amathonte. » (STOLBERG.) ― Les bois de Palestine sont remplis d’innombrables essaims d’abeilles sauvages qui n’habitent pas seulement des creux d’arbres, mais rassemblent aussi, faute d’autres places, leurs provisions de miel dans les fentes des rochers et dans les cavernes souterraines, sans autre but que de s’abriter à leur ombre.

Il en prit dans ses mains et en mangea chemin faisant ; et lorsqu’il fut arrivé près de son père et de sa mère, il leur en donna et ils en mangèrent ; mais il ne leur dit pas qu’il avait pris le miel dans le corps du lion.

Le père de Samson descendit chez la femme ; et là, Samson donna un festin, car c’était la coutume des jeunes gens.

Dès qu’on le vit, on invita trente compagnons pour être avec lui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

C’était anciennement la coutume de donner à l’époux, pour l’accompagner, un certain nombre plus ou moins considérable de jeunes hommes. Les Grecs les appelaient paranymphes. Ce sont probablement ceux que l’Evangile désigne sous le nom d’amis de l’époux.

Samson leur dit : « Je vais vous proposer une énigme. Si vous me l’expliquez pendant les sept jours du festin et si vous la devinez, je vous donnerai trente tuniques et trente vêtements de rechange ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Pendant les sept jours du festin. Les fêtes qui accompagnaient les mariages duraient une semaine entière et on les égayait par toute espèce de divertissement.

mais si vous me pouvez pas me l’expliquer, c’est vous qui me donnerez trente tuniques et trente vêtements de rechange. » Ils lui dirent : « Propose ton énigme, que nous l’entendions. »

Il leur dit : « De celui qui mange est sorti ce qui se mange, du fort est sorti le doux. » Pendant trois jours, ils ne purent expliquer l’énigme.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le goût des Orientaux pour les énigmes et les jeux de mots est un des traits saillants de leur caractère.

Le septième jour, ils dirent à la femme de Samson : « Persuade à ton mari de nous expliquer l’énigme ; sinon, nous te brûlerons, toi et la maison de ton père. C’est pour nous dépouiller que vous nous avez invités, sans doute ? »

La femme de Samson pleurait auprès de lui et disait : « Tu n’as pour moi que de la haine, et tu me m’aimes pas. Tu as proposé une énigme aux fils de mon peuple, et tu ne me l’as pas expliquée ! » Il lui répondit : « Je ne l’ai expliquée ni à mon père ni à ma mère, et je te l’expliquerais ! »

Elle pleura ainsi devant lui pendant les sept jours que dura le festin ; le septième jour, comme elle le tourmentait, il lui expliqua l’énigme, et elle l’expliqua aux enfants de son peuple.

Les gens de la ville dirent à Samson, le septième jour, avant le coucher du soleil : « Quoi de plus doux que le miel, et quoi de plus fort que le lion ? » Et il leur dit : « Si vous n’aviez pas labouré avec ma génisse, vous n’auriez pas deviné mon énigme. »

L’Esprit de Yahweh le saisit, et il descendit à Ascalon. Il y tua trente hommes et, ayant pris leurs dépouilles, il donna les vêtements de rechange à ceux qui avaient expliqué l’énigme. Puis, enflammé de colère, il monta à la maison de son père.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ascalon, l’une des cinq grandes villes des Philistins, sur la Méditerranée, au nord de Gaza et au sud d’Azot, dans une position très forte et très fertile.

La femme de Samson fut donnée à l’un de ses compagnons qu’il s’était choisi pour ami.