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Juges 5
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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En ce jour-là, Débora et Barac, fils d’Abinoëm, chantèrent en disant :
Les chefs se sont mis à la tête en Israël ; le peuple s’est volontairement offert pour le combat, bénissez-en Yahweh !
Écoutez, ô rois : princes, prêtez l’oreille. C’est moi, c’est moi qui chanterai Yahweh ; je dirai un cantique à Yahweh, le Dieu d’Israël.
Yahweh, quand tu sortis de Séïr, quand tu t’avanças des campagnes d’Edom, la terre trembla, les cieux mêmes se fondirent, et les nuées se fondirent en eau.
Devant Yahweh s’ébranlèrent les montagnes, ce Sinaï, devant Yahweh, le Dieu d’Israël.
Aux jours de Samgar, fils d’Anath, aux jours de Jahel, les routes étaient désertes, et les voyageurs prenaient des sentiers détournés.
Les campagnes étaient dans l’abandon en Israël, jusqu’à ce que je me sois levée, moi Débora, que je me sois levée, une mère en Israël.
On choisissait des dieux nouveaux ; alors la guerre était aux portes, et l’on ne voyait ni bouclier ni lance chez quarante milliers en Israël !
Mon cœur s’élance vers les conducteurs d’Israël, vers ceux du peuple qui se sont offerts : Bénissez Yahweh !
Vous qui montez de blanches ânesses, qui vous asseyez sur des tapis, et vous qui parcourez les chemins, chantez !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans la Palestine, les juges et les principaux du pays n’avaient que des ânes pour monture. Voir Juges, 10, 4 ; 12, 14.
Que de leur voix les archers, près des abreuvoirs, célèbrent les justices de Yahweh, les justices envers ses campagnes en Israël ! Alors le peuple de Yahweh est descendu dans ses portes.
Éveille-toi, éveille-toi, Débora ! Éveille-toi, éveille-toi, dis au cantique ! Lève-toi, Barac, et fais tes prisonniers, fils d’Abinoëm !
En ce moment descends, reste des nobles du peuple ! Yahweh, descends vers moi parmi ces héros !
D’Ephraïm sont venus ceux qui ont leur racine en Amalec ; derrière toi, Benjamin s’est joint à tes troupes ; de Machir, des chefs sont descendus ; de Zabulon des conducteurs, avec le bâton du scribe.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce verset, qui est différent dans l’hébreu et aussi obscur que dans la Vulgate par sa concision, se traduit diversement ; nous avons choisi l’interprétation qui nous a paru la plus conforme au latin.
Les princes d’Issachar sont avec Débora, Issachar est à côté de Barac ; dans la plaine il est envoyé sur ses pas. Près des ruisseaux de Ruben, il y eut de grandes résolutions du cœur :
Pourquoi es-tu resté au milieu de tes pâturages, à écouter le chalumeau de tes pâtres ? Près des ruisseaux de Ruben, il y eut de grandes résolutions du cœur !
Galaad n’a pas quitté sa demeure, au delà du Jourdain ; et Dan, pourquoi s’est-il tenu dans ses vaisseaux ? Aser est resté tranquille sur le rivage de la mer, et il est demeuré dans ses ports.
Mais Zabulon est un peuple qui expose son âme à la mort, ainsi que Nephtali, sur ses hauts plateaux.
Les rois sont venus, ils ont livré bataille ; alors ils ont livré bataille, les rois de Chanaan, à Thanac, au bord des eaux de Mageddo ; ils n’ont pas remporté un seul lingot d’argent.
Du ciel on a combattu pour nous, de leurs sentiers les étoiles ont combattu contre Sisara.
Le torrent de Cison a roulé leurs cadavres. le torrent des anciens temps, le torrent de Cison. — Ô mon âme, avance hardiment ! —
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le torrent de Cadumim ; c’est-à-dire le torrent des combats. Le torrent de Cison s’appelle aujourd’hui Nahr el-Mukatta, la rivière du Massacre.
Alors retentirent les sabots des chevaux, dans la course, la course rapide de leurs guerriers.
Maudissez Méroz, dit l’ange de Yahweh, maudissez, maudissez ses habitants ! Car ils ne sont pas venus au secours de Yahweh, au secours de Yahweh, avec les vaillants.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Méroz, probablement le Kephr Murs actuel.
Bénie soit entre les femmes Jahel, femme de Héber, le Cinéen ; entre les troupes qui habitent sous la tente bénie soit-elle !
Il demanda de l’eau, elle donna du lait ; dans la coupe d’honneur, elle offrit le lait le plus pur.
D’une main elle saisit le pieu, et de sa droite, le marteau de l’ouvrier. Elle frappe Sisara, elle lui brise la tête, elle fracasse et transperce sa tempe ;
à ses pieds, il s’affaisse, il tombe, il est étendu ; à ses pieds il s’affaisse, il tombe : là où il s’affaisse, là il gît inanimé.
Commentaire (versets 24 à 27) — Abbé Vigouroux (1902)
Ce commentaire porte sur les versets 24 à 27 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.
Voir ce que nous avons dit de l’action de Jahel, Juges, 4, 21.
Par la fenêtre, à travers le treillis, elle regarde, la mère de Sisara, et pousse des cris : « Pourquoi son char tarde-t-il à venir ? Pourquoi est-elle si lente la marche de ses chariots ? »
Les plus avisées de ses dames lui répondent, et elle se répète à elle-même leurs paroles :
« N’ont-ils pas trouvé, ne se partagent-ils pas le butin ? Une jeune fille, deux jeunes filles pour chaque guerrier ; des vêtements de couleur pour butin à Sisara, des vêtements de couleur variée pour butin ; un vêtement de couleur, deux vêtements de couleur variée, pour les épaules de l’épouse ! »
Qu’ainsi périssent tous tes ennemis, ô Yahweh ! Et que ceux qui l’aiment soient comme le soleil, quand il se lève dans sa force !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le cantique de Debbora est d’une belle et forte poésie ; c’est un des monuments littéraires les plus remarquables de l’antiquité, mais ce qui le caractérise surtout, c’est que la prophétesse le consacré à la louange du Dieu des combats qui a vaincu par Israël, et non à la glorification des vainqueurs : les chefs et les soldats ne paraissent qu’au second plan ; c’est Dieu qui tient la première place. Cet admirable cantique se compose de trois parties, chacune de trois strophes : I. Introduction, chapitre 5, versets 2 à 8 ; 1° Adresse du poème, versets 2 et 3 ; 2° Puissance de Jéhovah, gage de victoire pour les Hébreux fidèles, versets 4 et 5 ; 3° Malheurs d’Israël avant Debbora, versets 6 à 8. ― II. Préparatifs du combat, versets 9 à 17 ; 1° Nouvelle exhortation à tous ceux qui doivent chanter et bénir Jéhovah, versets 9 à 12 ; 2° Enumération des combattants, versets 12 à 15c ; 3° Reproches aux tribus qui n’ont pas secouru leurs frères, versets 15d à 17. ― III. Tableau du combat et de ses suites, versets 18 à 31 ; 1° Description de la bataille, versets 18 à 22 ; 2° Malédiction de Méroz, bénédiction de Jahel, versets 23 à 27 ; 3° Inquiétude et illusions de la mère et des femmes de Sisara ; souhait final, versets 28 à 31. ― Herder appelle ce poème « le plus beau chant héroïque des Hébreux… Chez Debbora, dit-il, tout est présent vivant, agissant. »
Le pays fut en repos pendant quarante ans.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Est-ce que ; littéralement si. Cette particule est souvent en hébreu interrogative, ou négative ; on pourrait donc traduire aussi : Ni lance ni bouclier ne paraissaient.