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Josué 7

OR les enfants d’Israël violèrent la défense qui leur avait été faite, et ils prirent pour eux de ce qui avait été mis sous l’anathème. Car Achan, fils de Charmi, fils de Zabdi, fils de Zaré, de la tribu de Juda, déroba quelque chose de l’anathème ; et le Seigneur se mit en colère contre les enfants d’Israël.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Josué, 22, 20 ; 1 Paralipomènes, 2, 7. ― De l’anathème ; c’est-à-dire de ce qui avait été mis sous l’anathème, de ce qui était voué à la destruction, ou consacré au Seigneur.

En même temps Josué envoya de Jéricho des hommes contre Haï, qui est près de Bethaven, à l’orient de la ville de Béthel ; et il leur dit : Allez, et reconnaissez le pays. Ils firent ce qui leur avait été commandé, et reconnurent la ville de Haï.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Béthel. Voir Genèse, 12, 8. Auprès de Béthel, sont les ruines de Khirbet el-Koudeiréh qui marquent, d’après M. Victor Guérin, l’emplacement de Haï.

Et étant revenus, ils lui dirent : Qu’on ne fasse point marcher tout le peuple : mais qu’on envoie deux ou trois mille hommes pour détruire cette ville. Qu’est-il nécessaire de fatiguer inutilement tout le peuple contre un si petit nombre d’ennemis ?

Trois mille hommes marchèrent donc en armes contre Haï. Mais ayant tourné le dos aussitôt,

ils furent chargés par ceux de la ville de Haï, et il y en eut trente-six de tués. Les ennemis les poursuivirent depuis leur porte jusqu’à Sabarim, et tuèrent ceux qui s’enfuyaient vers le bas de la colline. Alors le cœur du peuple fut saisi de crainte, et devint comme de l’eau qui s’écoule.

Mais Josué déchira ses vêtements, se jeta le visage contre terre devant l’arche du Seigneur, et demeura prosterné avec tous les anciens d’Israël jusqu’au soir, et ils se mirent de la poussière sur la tête.

Et Josué dit : Hélas ! Seigneur Dieu ! avez-vous donc voulu faire passer à ce peuple le fleuve du Jourdain pour nous livrer entre les mains des Amorrhéens, et pour nous perdre ? Il eût été à souhaiter que nous fussions demeurés au delà du Jourdain, comme nous avions commencé d’y demeurer.

Que dirai-je, ô Dieu, mon Seigneur ! en voyant Israël prendre la fuite devant ses ennemis ?

Les Chananéens et tous les habitants du pays l’entendront dire ; et s’unissant ensemble ils nous envelopperont, et extermineront notre nom de dessus la terre : et alors que deviendra la gloire de votre grand nom ?

Le Seigneur dit à Josué : Levez-vous ; pourquoi vous tenez-vous couché par terre ?

Israël a péché, et il a violé l’accord que j’avais fait avec lui. Ils ont pris de l’anathème ; ils en ont dérobé, ils ont menti, et ils ont caché leur vol parmi leur bagage.

Israël ne pourra plus tenir contre ses ennemis ; et il fuira devant eux, parce qu’il est souillé de l’anathème. Je ne serai plus avec vous, jusqu’à ce que vous ayez exterminé celui qui est coupable de ce crime.

Levez-vous, sanctifiez le peuple, et dites-leur : Sanctifiez-vous pour demain : car voici ce que dit le Seigneur, le Dieu d’Israël : L’anathème est au milieu de vous, Israël : vous ne pourrez soutenir l’effort de vos ennemis, jusqu’à ce que celui qui est souillé de ce crime soit exterminé du milieu de vous.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Lévitique, 20, 7 ; Nombres, 11, 18 ; Josué, 3, 5 ; 1 Rois, 16, 5.

Vous vous présenterez demain au matin chacun dans votre tribu : et le sort étant tombé sur l’une des tribus, on passera de cette tribu aux familles qui la composent, des familles aux maisons, et de la maison à chaque particulier.

Et quiconque sera trouvé coupable de ce crime, sera brûlé avec tout ce qui lui appartient, parce qu’il a violé l’alliance du Seigneur, et qu’il a fait une chose détestable dans Israël.

Josué se levant donc de grand matin, fit assembler Israël par tribus : et le sort tomba sur la tribu de Juda.

Comme elle se fut présentée avec toutes ses familles, le sort tomba sur la famille de Zaré. Cette famille s’étant présentée par maison, le sort tomba sur la maison de Zabdi,

dont tous les particuliers s’étant présentés séparément, le sort tomba sur Achan, fils de Charmi, fils de Zabdi, fils de Zaré, de la tribu de Juda.

Et Josué dit à Achan : Mon fils, rendez gloire au Seigneur, le Dieu d’Israël : confessez votre faute, et déclarez-moi ce que vous avez fait, sans en rien cacher.

Et Achan répondit à Josué : Il est vrai que j’ai péché contre le Seigneur, le Dieu d’Israël ; et voici ce que j’ai fait :

Ayant vu parmi les dépouilles un manteau d’écarlate qui était fort bon, et deux cents sicles d’argent avec un lingot d’or de cinquante sicles, j’eus une grande passion de les avoir ; et les ayant pris, je les cachai en terre au milieu de ma tente, et je cachai aussi l’argent dans une fosse que j’y fis.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Deux cents sicles. Voir Exode, note 21.32.

Josué envoya donc des gens, qui coururent à la tente d’Achan, et trouvèrent tout ce qui y était caché, avec l’argent au même lieu qu’il l’avait dit.

Et ayant tiré toutes ces choses hors de sa tente, ils les portèrent à Josué, et à tous les enfants d’Israël, et les jetèrent devant le Seigneur.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Devant le Seigneur ; c’est-à-dire devant l’arche du Seigneur.

Or Josué et tout Israël qui était avec lui, ayant pris Achan, fils de Zaré, et l’argent, le manteau et la règle d’or, avec ses fils et ses filles, ses bœufs, ses ânes et ses brebis, et sa tente même, et tout ce qui était à lui, les menèrent en la vallée d’Achor,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la vallée d’Achor. Cette vallée, dans le voisinage de Haï, au nord de Jéricho, ne peut être exactement déterminée.

où Josué lui dit : Parce que vous nous avez troublés tous, que le Seigneur vous trouble et vous extermine en ce jour-ci. Et tout Israël le lapida : et tout ce qui avait été à lui fut consumé par le feu.

Et ils amassèrent sur lui un grand monceau de pierres qui est demeuré jusqu’aujourd’hui. Ainsi la fureur du Seigneur se détourna de dessus eux ; et ce lieu fut appelé, et s’appelle encore aujourd’hui, la vallée d’Achor, c’est-à-dire, la vallée du trouble.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 2 Rois, 18, 17.