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Josué 3

JOSUÉ s’étant donc levé avant le jour, décampa ; et étant sortis de Setim, lui et tous les enfants d’Israël, ils vinrent jusqu’au Jourdain, où ils demeurèrent trois jours.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sétim. Voir Josué, 2, 1.

Après ce temps expiré, les hérauts passèrent par le milieu du camp,

et commencèrent à crier : Quand vous verrez l’arche de l’alliance du Seigneur, votre Dieu, et les prêtres de la race de Lévi qui la porteront, levez-vous aussi, vous autres ; et marchez après eux :

et qu’il y ait entre vous et l’arche un espace de deux mille coudées, afin que vous puissiez la voir de loin, et connaître le chemin par où vous irez ; parce, que vous n’y avez jamais passé : et prenez garde de ne vous point approcher de l’arche.

Josué dit aussi au peuple : Sanctifiez-vous : car le Seigneur fera demain des choses merveilleuses parmi vous.

Et il dit aux prêtres : Prenez l’arche de l’alliance, et marchez devant le peuple. Ils firent ce qu’il leur avait commandé ; et ayant pris l’arche, ils marchèrent devant le peuple.

Alors le Seigneur dit à Josué : Je commencerai aujourd’hui à vous relever devant tout Israël ; afin qu’ils sachent que je suis avec vous comme j’ai été avec Moïse.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Josué, 1, 5.

Donnez donc cet ordre aux prêtres qui portent l’arche de l’alliance, et leur dites : Lorsque vous serez au milieu de l’eau du Jourdain, arrêtez-vous là.

Alors Josué dit aux enfants d’Israël : Approchez-vous, et écoutez la parole du Seigneur, votre Dieu.

Puis il ajouta : Vous reconnaîtrez à ceci, que le Seigneur, le Dieu vivant, est au milieu de vous, et qu’il exterminera à vos yeux les Chananéens, les Héthéens, les Hévéens, les Phérézéens, les Gergéséens, les Jébuséens et les Amorrhéens.

L’arche de l’alliance du Seigneur de toute la terre marchera devant vous au travers du Jourdain.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 7, 45.

Tenez prêts douze hommes des douze tribus d’Israël, un de chaque tribu.

Et lorsque les prêtres qui portent l’arche du Seigneur, le Dieu de toute la terre, auront mis les pieds dans les eaux du Jourdain, les eaux d’en bas s’écouleront et laisseront le fleuve à sec ; mais celles qui viennent d’en haut s’arrêteront et demeureront suspendues.

Le peuple sortit donc de ses tentes pour passer le Jourdain ; et les prêtres qui portaient l’arche de l’alliance marchaient devant lui.

Et aussitôt que ces prêtres furent entrés dans le Jourdain, et que l’eau commença à mouiller leurs pieds (c’était au temps de la moisson, où le Jourdain regorgeait par-dessus ses bords),

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 24, 36. ― Le Jourdain avait couvert ses rives au temps de la moisson. « Le récit biblique correspond exactement à ce qu’on remarque encore aujourd’hui. Les Israélites traversèrent le Jourdain quarante jours avant la Pâque. Alors comme maintenant la moisson se faisait en avril et au commencement de mai, la moisson des orges précédant celle du froment de deux ou trois semaines. Alors, comme aujourd’hui, il y a une légère croissance des eaux qui est cause que le fleuve coule à cette saison à pleins bords et sort même quelquefois de son lit, là où il est le moins profond, de sorte qu’en certains endroits l’inondation s’étend sur la partie du rivage qui est couverte d’arbres et de végétation. » (Dr ROBINSON.) « Il est d’ailleurs impossible de déterminer l’endroit précis où s’effectua le passage. Tout ce que nous savons à ce sujet, c’est qu’il eut lieu vis-à-vis de Jéricho. Les Israélites descendaient des hauteurs de Moab, probablement par l’ouadi Hesban et ils campèrent dans la plaine au pied des montagnes, près d’une ville appelée Sétim, qui devait tirer indubitablement son nom de ses bosquets d’acacias (voir Nombres, 23, 48-49). De là ils se rendirent sur les bords du Jourdain, et ils demeurèrent là, avant de passer le fleuve, à un endroit situé vis-à-vis, c’est-à-dire à l’est de Jéricho. » (PORTER.)

les eaux qui venaient d’en haut s’arrêtèrent en un même lieu, et s’élevant comme une montagne, elles paraissaient de bien loin, depuis la ville qui s’appelle Adom, jusqu’au lieu appelé Sarthan : mais les eaux d’en bas s’écoulèrent dans la mer du désert, qui est appelée maintenant la mer Morte, jusqu’à ce qu’il n’en restât point du tout.

Cependant le peuple marchait vis-à-vis de Jéricho ; et les prêtres qui portaient l’arche de l’alliance du Seigneur, se tenaient toujours au même état sur la terre sèche au milieu du Jourdain ; et tout le peuple passait au travers du canal qui était à sec.

Commentaire (versets 16 à 17) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 16 à 17 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Il est impossible de ne pas reconnaître dans ce passage du Jourdain un vrai miracle dont le but était de servir à conserver la vraie religion et à affermir les Israélites, la jeunesse surtout, dans la croyance à son Dieu unique, créateur et gouverneur de l’univers, et en particulier protecteur du peuple hébreu. ― La situation d’Adom et celle de Sarthan sont incertaines.