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Josué 10

MAIS Adonisédec, roi de Jérusalem, ayant appris que Josué avait pris et détruit la ville de Haï (car il avait traité Haï et le roi de Haï comme il avait traité Jéricho et le roi de Jéricho), et que les Gabaonites les abandonnant avaient passé du côté des enfants d’Israël, et avaient fait alliance avec eux ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Jérusalem. Voir la note 15 à la fin du volume. ― Haï. Voir Josué, 7, 2.

il fut saisi d’une grande crainte. Car Gabaon était une grande ville, comme une des villes royales, et plus grande que la ville de Haï, et tous les gens de guerre de cette ville étaient très-vaillants.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gabaon, Voir 3 Rois, note 3, 4.

Alors donc Adonisédec, roi de Jérusalem, envoya vers Oham, roi d’Hébron, vers Pharâm, roi de Jérimoth, vers Japhia, roi de Lachis, vers Dabir, roi d’Eglon, et leur fit dire :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Hébron. Voir Genèse, note 13.18. ― Jérimoth, ville de la plaine de Juda, sur une haute colline, à trois heures d’Eleuthéropolis. ― Lachis, plus tard ville de Juda, à l’entrée de la plaine de la Séphéla, au nord-ouest et non loin d’Eglon. ― Eglon, aujourd’hui Adjlan, sur la route de Jérusalem à Gaza, à quatre heures au sud-ouest d’Eleuthéropolis.

Venez avec moi, et me donnez du secours, afin que nous prenions Gabaon et que nous nous en rendions les maîtres, parce qu’elle a passé du côté de Josué et des enfants d’Israël.

Ainsi ces cinq rois des Amorrhéens s’unirent ensemble, le roi de Jérusalem, le roi d’Hébron, le roi de Jérimoth, le roi de Lachis, le roi d’Eglon, et ils marchèrent avec toutes leurs troupes ; et ayant campé près de Gabaon, ils l’assiégèrent.

Or les habitants de Gabaon voyant leur ville assiégée, envoyèrent à Josué, qui était alors dans le camp près de Galgala, et lui dirent : Ne refusez pas votre secours à vos serviteurs ; venez vite, et délivrez-nous par l’assistance que vous nous donnerez : car tous les rois des Amorrhéens qui habitent dans les montagnes, se sont unis contre nous.

Josué partit donc de Galgala, et avec lui tous les gens de guerre de son armée, qui étaient très-vaillants.

Et le Seigneur dit à Josué : Ne les craignez point : car je les ai livrés entre vos mains, et nul d’eux ne pourra vous résister.

Josué étant donc venu toute la nuit de Galgala, se jeta tout d’un coup sur eux :

et le Seigneur les épouvanta et les mit tous en désordre à la vue d’Israël ; et Israël en fit un grand carnage près de Gabaon. Il les poursuivit par le chemin qui monte vers Beth-horon, et les tailla en pièces jusqu’à Azéca et Macéda.

Et lorsqu’ils fuyaient devant les enfants d’Israël, et qu’ils étaient dans la descente de Beth-horon, le Seigneur fit tomber du ciel de grosses pierres sur eux jusqu’à Azéca ; et cette grêle de pierres qui tomba sur eux, en tua beaucoup plus que les enfants d’Israël n’en avaient passé au fil de l’épée.

Commentaire (versets 10 à 11) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 10 à 11 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

Par la voie de la montée de Béthoron… Dans la descente de Béthoron. « Une large vallée, toute couverte de champs de blé, part de la plaine de Saron et se dirige tout droit vers les hauteurs, qui ont ici un caractère plus hardi et atteignent une élévation plus (manque un mot ?) qu’ordinaire. Cette vallée est la vallée d’Aïalon ou des Cerfs, dont le nom survit encore dans un petit village situé au sud. La vallée est légèrement interrompue par une petite éminence sur laquelle s’élève le village de Beit-Nouba. Après avoir passé par deux autres villages, Beit-Siréh et Beit-Likhi, on franchit une autre éminence et un autre village. A partir de là, la vallée se rétrécit et l’on commence à monter graduellement. On voit à ses pieds, sur une élévation, le village de Beit-ur el-tahti, reconnaissable à ses palmiers ; au sommet, à l’extrémité orientale du défilé, est situé le village de Beit-ur el-foka. Ce défilé est le passage de Béthoron-le-Bas et de Béthoron-le-Haut, « la Maison des Cavernes. » Il y a encore des traces de ces cavernes, quoique pas assez peut-être pour justifier un tel nom. On dit qu’il existe trois ou quatre cavernes très profondes dans une colline qui est immédiatement au sud de Béthoron-le-Haut. De Béthoron-le-Haut, une autre descente et une autre montée conduisent à une autre éminence qui commande les hauteurs au-dessus d’El-Gib, le village moderne qui retient sous cette forme le nom de Gabaon. De là une descente en pente douce mène à ce village lui-même. » (STANLEY.) « La plupart des commentateurs, dit Calmet, entendent (ce verset) d’une grêle d’une grosseur et d’une dureté extraordinaire. D’autres prennent à la lettre [grandes pierres]. » Le texte et les versions parlent positivement de pierres de grêle.

Alors Josué parla au Seigneur, en ce jour auquel il avait livré les Amorrhéens entre les mains des enfants d’Israël, et il dit en leur présence : Soleil, arrête-toi sur Gabaon ; lune, n’avance point sur la vallée d’Aïalon.

Et le soleil et la lune s’arrêtèrent jusqu’à ce que le peuple se fût vengé de ses ennemis. N’est-ce pas ce qui est écrit au livre des Justes ? Le soleil s’arrêta donc au milieu du ciel, et ne se hâta point de se coucher durant l’espace d’un jour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ecclésiastique, 46, 5 ; Isaïe, 28, 21. ― Voir à la fin du volume la note 13 sur le miracle du soleil arrêté par Josué.

Jamais jour ni devant ni après ne fut si long que celui-là, le Seigneur obéissant alors à la voix d’un homme, et combattant pour Israël.

Josué retourna ensuite au camp de Galgala avec tout Israël.

Car les cinq rois s’étaient sauvés par la fuite, et s’étaient cachés dans une caverne de la ville de Macéda.

Et l’on vint dire à Josué, qu’on avait trouvé les cinq rois cachés dans une caverne de la ville de Macéda.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dans la caverne de… Macéda. « Nous ne connaissons pas d’une manière précise la position de Macéda, mais elle était probablement située à l’endroit où les dernières pentes des montagnes se confondent avec la plaine. » (STANLEY.)

Alors Josué donna cet ordre à ceux qui l’accompagnaient : Roulez de grandes pierres à l’entrée de la caverne, et laissez des hommes intelligents pour garder ceux qui y sont cachés.

Mais pour vous, ne vous arrêtez point ; poursuivez l’ennemi, tuez les derniers des fuyards, et ne souffrez pas qu’ils se sauvent dans leurs villes, puisque le Seigneur, votre Dieu, vous les a livrés entre les mains.

Les ennemis ayant donc été tous défaits et taillés en pièces, sans qu’il en demeurât presque un seul, ceux qui purent échapper des mains d’Israël, se retirèrent dans les villes fortes :

et toute l’armée revint sans aucune perte et en même nombre vers Josué à Macéda, où le camp de ce corps d’armée était alors ; et nul n’osa seulement ouvrir la bouche contre les enfants d’Israël.

Alors Josué fit ce commandement : Ouvrez la caverne, et amenez devant moi les cinq rois qui y sont cachés.

Ses gens firent ce qui leur avait été commandé ; et faisant sortir de la caverne les cinq rois, ils les lui amenèrent, le roi de Jérusalem, le roi d’Hébron, le roi de Jérimoth, le roi de Lachis et le roi d’Eglon.

Et après qu’ils eurent été amenés en sa présence, il convoqua tout le peuple d’Israël, et s’adressant aux principaux officiers de l’armée qui étaient avec lui, leur dit : Allez, et mettez le pied sur le cou de ces rois. Ils y allèrent, et pendant qu’ils leur tenaient le pied sur la gorge,

Josué ajouta : N’ayez point de peur, bannissez toute crainte, ayez de la fermeté, et armez-vous de courage : car c’est ainsi que le Seigneur traitera tous les ennemis que vous avez à combattre.

Après cela Josué frappa ces rois, et les tua, et les fit ensuite attacher à cinq potences, où ils demeurèrent pendus jusqu’au soir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Josué… les suspendit à cinq poteaux. La manière dont Josué traite les rois vaincus, qu’il fait pendre était commune dans l’antiquité. Le pharaon Aménophis II, par exemple, immole de sa main sept des prisonniers qu’il avait faits au voisinage de l’Euphrate et il en attache ensuite les cadavres à l’avant du vaisseau qui le ramène triomphalement dans sa capitale. A son retour, six des cadavres sont suspendus en face des murs de Thèbes, ainsi que les mains coupées aux morts sur les champs de bataille. La septième victime est envoyée jusqu’à Napata, au fond de l’Ethiopie, pour y être exposée de la même manière.

Et lorsque le soleil se couchait, il commanda à ceux qui l’accompagnaient de les descendre de la potence ; et les ayant descendus, ils les jetèrent dans la caverne où ils avaient été cachés, et mirent à l’entrée de grosses pierres qui y sont demeurées jusqu’aujourd’hui.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Deutéronome, 21, 23. ― De les descendre, etc. Voir Josué, 8, 29.

Josué prit aussi la ville de Macéda le même jour, et y fit tout passer au fil de l’épée. Il en fit mourir le roi et tous les habitants, sans qu’il en restât aucun, et traita le roi de Macéda comme il avait traité le roi de Jéricho.

De Macéda il passa avec tout Israël à Lebna, et l’ayant attaquée,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Lebna, ville royale des Chananéens, dans la plaine de la Séphéla, entre Macéda et Lachis, au sud-ouest de cette dernière ville. Son site précis est d’ailleurs inconnu.

le Seigneur livra et la ville et le roi entre les mains d’Israël. Ils firent passer au fil de l’épée tout ce qui se trouva d’habitants dans cette ville, sans y rien laisser de reste, et traitèrent le roi de Lebna comme ils avaient traité le roi de Jéricho.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Josué, 6, 2.

De Lebna il passa à Lachis, avec tout Israël ; et ayant posté son armée autour de la ville, il commença à l’assiéger :

et le Seigneur livra Lachis entre les mains d’Israël. Josué la prit le second jour, et fit passer au fil de l’épée tout ce qui se trouva dedans, comme il avait fait à Lebna.

En ce même temps Horam, roi de Gazer, marcha pour secourir Lachis ; mais Josué le défit avec tout son peuple, sans qu’il en demeurât un seul.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gazer. Voir 3 Rois, 9, 16.

Il passa de Lachis à Eglon, et y mit le siège.

Il la prit le même jour, fit passer au fil de l’épée tout ce qui se trouva dedans, et la traita comme il avait traité Lachis.

Il marcha ensuite avec tout Israël d’Eglon à Hébron ; et l’ayant attaquée,

il la prit, et tailla tout en pièces ; il tua le roi, et tout ce qui se trouva dans la ville et dans toutes les autres villes de ce pays-là, sans y rien épargner. Il traita Hébron comme il avait fait Eglon, et fit main basse sur tout ce qui s’y rencontra.

De là il revint à Dabir,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dabir, appelée Cariath-Sépher ou ville des livres. Voir Juges, 1, 11-12.

qu’il prit et ravagea : et il en fit aussi passer le roi au fil de l’épée avec tout ce qui se trouva dans la ville et dans les villes d’alentour, sans y rien laisser de reste ; et il traita Dabir et le roi de cette ville comme il avait traité Hébron et Lebna, et les rois de ces deux villes.

Josué ravagea donc tout le pays tant du côté des montagnes et du midi que de la plaine, comme aussi Asédoth, avec leurs rois, sans y laisser les moindres restes : il tua tout ce qui avait vie (comme le Seigneur, le Dieu d’Israël, le lui avait commandé),

depuis Cadès-Barné jusqu’à Gaza. Il fit de même dans tout le pays de Gosen jusqu’à Gabaon :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cadèsbarné ou Cadès. Voir Nombres, note 20.1. ― Gaza, l’une des cinq grandes villes des Philistins, au sud-ouest de la Séphéla, sur la route entre l’Egypte et la Syrie, dont elle était la clef. Climat chaud, puits excellents, palmiers et oliviers. ― Gosen, au sud de la tribu de Juda.

il prit et ruina en même temps toutes les villes de cette contrée, tous leurs rois et toutes leurs terres ; parce que le Seigneur, le Dieu d’Israël, combattit pour lui ;

et il revint avec tout Israël à Galgala, où était le camp général.