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Josué 18
TOUS les enfants d’Israël s’assemblèrent à Silo, et y dressèrent le tabernacle du témoignage ; et le pays leur était soumis.
Or il était demeuré sept tribus des enfants d’Israël, qui n’avaient pas encore reçu leur partage.
Josué leur dit donc : Jusqu’à quand demeurerez-vous lâches et paresseux, sans vous mettre en possession de la terre que le Seigneur, le Dieu de vos pères, vous a donnée ?
Choisissez trois hommes de chaque tribu, afin que je les envoie, qu’ils aillent faire le tour du pays, et qu’ils en fassent la description, selon le nombre de ceux qui doivent le posséder, et qu’ils m’en fassent rapport quand ils l’auront faite.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Selon le nombre de chaque multitude ; c’est-à-dire suivant le nombre des tribus qui n’ont pas reçu leur lot.
Divisez entre vous la terre en sept parts : que Juda demeure dans ses limites du côté du midi, et la maison de Joseph du côté du septentrion.
Décrivez le reste de la terre qui n’est point à eux, et faites-en sept parts ; et puis venez me trouver ici, afin que je jette vos partages au sort devant le Seigneur, votre Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La terre qui est au milieu d’eux, signifie probablement le reste de la terre, la terre qui reste à partager. Plusieurs critiques veulent qu’on lise dans la Vulgate aliam, l’autre, au lieu de mediam, qui tient le milieu.
Car les Lévites n’ont aucune part entre vous, parce que le sacerdoce du Seigneur est leur part et leur héritage. Quant à la tribu de Gad, à la tribu de Ruben, et à la moitié de la tribu de Manassé, elles avaient déjà reçu les terres qu’elles devaient posséder au delà du Jourdain à l’orient, et qui leur avaient été données par Moïse, serviteur du Seigneur.
Ces hommes se préparant donc à partir pour aller faire la description de tout le pays, Josué leur donna cet ordre : Faites le tour et la description de la terre, et revenez me trouver, afin que je jette ici à Silo vos partages au sort devant le Seigneur.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Se furent levés ; hébraïsme, pour se furent préparés, disposés.
Etant donc partis, ils reconnurent avec soin la terre, et divisèrent ses villes en sept parts, qu’ils écrivirent dans un livre, et ils revinrent trouver Josué, au camp à Silo.
Josué jeta le sort devant le Seigneur à Silo, et divisa la terre en sept parts pour les enfants d’Israël.
Le premier partage échu par le sort, fut celui des enfants de Benjamin, distingués selon leurs familles, qui eurent pour leur part le pays situé entre les enfants de Juda et les enfants de Joseph.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sur le territoire de la tribu de Benjamin, voir l’Introduction au livre de Josué, partie III.
Leur frontière vers le septentrion commence au bord du Jourdain, d’où elle s’étend au côté septentrional de Jéricho. De là elle monte sur les côtes des montagnes vers l’occident, et vient jusqu’au désert de Beth-aven.
Elle passe ensuite vers le midi le long de Luza, qui s’appelle aussi Béthel. Elle descend a Ataroth-addar, près de la montagne qui est au midi de Beth-horon la basse ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Genèse, 28, 19. ― Ataroth-Addar, aujourd’hui ed-Dâriéh.
puis elle tourne en baissant vers la mer au midi de la montagne qui regarde Beth-horon du côté du midi, et elle se termine à Cariath-baal, qui s’appelle aussi Cariath-iarim, ville des enfants de Juda. C’est là son étendue vers la mer du côté de l’occident.
Du côté du midi sa frontière s’étend depuis Cariath-iarim vers la mer, et vient jusqu’à la fontaine des eaux de Nephtoa.
Elle descend jusqu’à la partie de la montagne qui regarde la vallée des enfants d’Ennom, et qui est du côté du septentrion à l’extrémité de la vallée des Géants. Elle descend vers Géennom, c’est-à-dire, vers la vallée d’Ennom, au côté des Jébuséens au midi, et elle vient jusqu’à la fontaine de Rogel.
Elle passe vers le septentrion, s’étend jusqu’à En-sémès, c’est-à-dire, la fontaine du soleil.
Elle passe jusqu’aux terres élevées qui sont vis-à-vis de la montée d’Adommim. Elle descend jusqu’à Aben-Boën, c’est-à-dire,la pierre de Boën, fils de Ruben, et elle passe du côté du septentrion jusqu’aux campagnes, et descend dans la plaine.
Elle s’étend vers le septentrion au delà de Beth-hagla, et elle se termine à la pointe septentrionale de la mer Salée, au bout du Jourdain qui regarde le midi,
et qui la termine du côté de l’orient. Ce sont là les limites et l’étendue du partage des enfants de Benjamin, distribué selon leurs familles.
Ses villes sont Jéricho, Beth-hagla, la vallée de Casis,
Beth-araba, Samaraïm, Béthel,
Avim, Aphara, Ophéra,
la ville d’Emona, Ophni et Gabée ; qui toutes font douze villes avec leurs villages.
Gabaon, Rama, Béroth,
Mesphé, Caphara, Amosa,
Récem, Jaréphel, Tharéla,
Séla, Eleph, Jébus, qui est la même que Jérusalem, Gabaath et Cariath ; qui toutes font quatorze villes avec leurs villages. C’est là ce que possèdent les enfants de Benjamin, distingués selon leurs familles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Silo, aujourd’hui Seiloûn. Sur une espèce de Tell ou monticule, on voit les ruines d’un village moderne. A l’est et au nord, l’horizon est fermé par des collines nues de calcaire gris, où poussent des figuiers ; au sud, le plateau va mourir dans une plaine. Une vallée profonde court, au nord, derrière les ruines ; sur ses flancs sont des tombeaux taillés dans le roc. ― Là ils dressèrent le tabernacle de témoignage. Silo, d’après les Juifs, fut, pendant 369 ans, la demeure du Tabernacle et de l’arche. Au-dessous du sommet de la colline, au nord des ruines, il y a une sorte de rectangle irrégulier, penchant un peu vers l’ouest, élevé au-dessus des terrasses construites pour l’exploitation agricole. Le rocher a été grossièrement taillé en deux escarpes parallèles, sur une étendue de plus de 120 mètres ; une cour, de 23 mètres de large et de 1 mètre 50 de profondeur au-dessous de la surface extérieure, est entre les deux. Il y a donc là une place suffisante pour la cour du Tabernacle. D’après la Mischna, la partie inférieure du Tabernacle de Silo était en pierre ; une tente était dressée au-dessus. C’est ce qui a porté la commission scientifique anglaise, qui a exploré la Palestine, à supposer que cet endroit était celui où Dieu avait si longtemps habité. Quand on visite les lieux, on ne peut guère douter, en effet, qu’on ne soit là sur l’emplacement du Tabernacle. A pied se déroule un immense amphithéâtre ovale, d’où tout le peuple pouvait voir la tente où habitait le Seigneur.