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Cantique des cantiques 7

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Crédits

Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Reviens, reviens, Sulamite ? Reviens, reviens, afin que nous te regardions. L’ÉPOUX. Pourquoi regardez-vous la Sulamite, comme une danse de Machanaïm. LE CHŒUR.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que verras-tu. Suivant les uns, ce sont les paroles de l’Epoux qu’il s’adresse à lui-même ou qu’il adresse aux filles de Jérusalem, d’autant que l’hébreu et les Septante portent le pluriel que verrez-vous ; suivant les autres, c’est l’Epouse elle-même qui parle ; suivant d’autres enfin ce sont les filles de Jérusalem. ― Les chœurs des camps ; c’est-à-dire, probablement, les assemblées, les réunions dans les camps, l’armée. L’Epouse a été déjà comparée (voir Cantique, 6, 9) à une armée rangée en bataille.

Que tes pieds sont beaux dans tes sandales, fille de prince ! La courbure de tes reins est comme un collier, œuvre d’un artiste.

Ton nombril est une coupe arrondie, où le vin aromatisé ne manque pas. Ton ventre est un monceau de froment, entouré de lis.

Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d’une gazelle.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tes yeux, etc. Les Hébreux donnaient aux fontaines le nom d’yeux ; c’est ce qui fait ici une des beautés de la comparaison. ― Hésébon, ville ancienne et célèbre au-delà du Jourdain. ― La fille ; c’est-à-dire, suivant le style des Hébreux, la ville. ― De la multitude ; du peuple. Ainsi la fille de la multitude signifie la ville où réside le peuple. ― Les piscines d’Hésébon sont mentionnées dans 2 Machabées, 12, 16, (?) qui nous apprend qu’elles étaient très grandes. ― A la porte de la fille de la multitude, en hébreu, à la porte de Bath-Rabim.

Ton cou est comme une tour d’ivoire ; tes yeux sont comme les piscines d’Hésébon, près de la porte de cette ville populeuse. Ton nez est comme la Tour du Liban, qui surveille le côté de Damas.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’auteur compare les rubans, les frisures et les autres ornements de la tête de l’Epouse au Carmel, montagne magnifique, fertile, chargée de vignes, d’arbres fruitiers, etc. ― Sicut purpura, etc. Anciennement on liait les tresses des cheveux avec des rubans de pourpre.

Ta tête est posée sur toi comme le Carmel, la chevelure de ta tête est comme la pourpre rouge : un roi est enchaîné à ses boucles.

Que tu es belle, que tu es charmante, mon amour, au milieu des délices !

Ta taille ressemble au palmier, et tes seins à ses grappes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Je monterai sur un palmier, et j’en prendrai les fruits. Il y a des palmiers mâles et des palmiers femelles. Le fruit de ces derniers n’est bon qu’autant qu’il a été fécondé par le palmier mâle. « Le 21 mars, raconte Hasselquist dans son Voyage en Palestine, les fleurs d’un palmier femelle s’étaient ouvertes pendant la nuit. J’allai les voir le matin, pendant que la rosée tombait encore. Je trouvai le jardinier qui était monté sur ce palmier, aussi grand que nos plus grands sapins. Il avait pris avec lui un bouquer du palmier mâle et s’en servit pour en imprégner les fleurs écloses, s’assurant ainsi de bons fruits pour la récolte. »

J’ai dit : je monterai au palmier, j’en saisirai les régimes. Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, le parfum de ton souffle comme celui des pommes,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Digne d’être bu, etc. ; littéralement digne de mon bien-aimé pour boire, et pour savourer, etc. : ce qui est une construction purement hébraïque.

et ton palais comme un vin exquis !… Qui coule aisément pour mon bien-aimé, qui glisse sur les lèvres de ceux qui s’endorment.

Je suis à mon bien-aimé, et c’est vers moi qu’il porte ses désirs.

Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs, passons la nuit dans les villages.

Dès le matin nous irons aux vignes, nous verrons si la vigne bourgeonne, si les bourgeons se sont ouverts, si les grenadiers sont en fleurs ; là je te donnerai mon amour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le terme hébreu, traduit dans la Vulgate par mandragores, a été rendu de bien de manières différentes par les interprètes. Celle de mandragores, qu’on lui donne assez généralement, ne nous paraît pas être la vraie, d’autant que la mandragore appartient à la famille des solanées, laquelle comprend les plantes qui ont une odeur désagréable, un aspect sombre. De plus, la mandragore est justement classée parmi les végétaux vénéneux. Le mot hébreu signifie, d’après sa racine, fleur d’amour ; mais on ne sait quelle est cette espèce de fleur.

Les mandragores font sentir leur parfum, et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits, les nouveaux et aussi les vieux : mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi.