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Cantique des cantiques 4
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Crédits
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Oui, tu es belle, mon amie ; oui, tu es belle ! Tes yeux sont des yeux de colombes derrière ton voile ; tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, suspendues aux flancs de la montagne de Galaad.
Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues, qui remontent du lavoir ; chacune porte deux jumeaux, et, parmi elles, il n’est pas de stérile.
Tes lèvres sont comme un fil de pourpre, et ta bouche est charmante ; ta joue est comme une moitié de grenade, derrière ton voile.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Comme un quartier de grenade. La grenade ouverte montre les graines dont elle est pleine et qui sont d’un beau rouge incarnat.
Ton cou est comme la tour de David, bâtie pour servir d’arsenal ; mille boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des braves.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Mille boucliers y sont suspendus. Les perles et joyaux qui ornent le cou de l’Epouse.
Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d’une gazelle, qui paissent au milieu des lis.
Avant que vienne la fraîcheur du jour, et que les ombres fuient, j’irai à la montagne de la myrrhe, et à la colline de l’encens.
Tu es toute belle, mon amie, et il n’y a pas de tache en toi !
Avec moi, viens du Liban, ma fiancée, viens avec moi du Liban ! Regarde du sommet de l’Amana, du sommet du Sanir et de l’Hermon, des tanières des lions, des montagnes des léopards.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Amana, montagne de la chaîne de l’Anti-Liban. ― Sanir, nom amorrhéen de l’Hermon. ― Hermon, partie méridionale de la chaîne de l’Anti-Liban. ― Les lions et les autres animaux féroces étaient autrefois nombreux dans ces montagnes ; on n’y trouve plus que la panthère. Le sens de ce verset est fort controversé. Plusieurs commentateurs l’entendent dans ce sens : Quitte les montagnes sauvages, repaire des bêtes fauves, et viens habiter avec moi.
Tu m’as ravi le cœur, ma sœur fiancée tu m’as ravi le cœur par un seul de tes regards, par une seule des perles de ton collier.
Que ton amour a de charme, ma sœur fiancée ! Combien ton amour est meilleur que le vin, et l’odeur de tes parfums, que tous les aromates !
Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée, le miel et le lait sont sous ta langue, et l’odeur de tes vêtements est comme l’odeur du Liban.
C’est un jardin fermé que ma sœur fiancée, une source fermée, une fontaine scellée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Un jardin fermé. Voir Ecclésiaste, note 2.5. ― La Fontaine scellée est, pense-t-on, le Ras el-Aïn actuel, au sud de Bethléhem, à une centaine de mètres de la forteresse de Kalaâh el-Bourak. « Un escalier de vingt-six marches mène dans une première chambre taillée dans le roc et voûtée en plein cintre, ayant le haut percé d’une ouverture circulaire. Le milieu de cette chambre, qui mesure douze à treize mètres en long sur quatre à cinq de large, est occupé par un petit bassin rectangulaire. C’est là que l’eau vient se rassembler d’abord. De là elle est conduite par un aqueduc au château d’eau [des Bassins ou Vasques de Salomon, près de Kalaâh el-Bourak]. Cet aqueduc, taillé en grande partie dans la roche et voûté au commencement en forme de dos d’âne, est ouvert dans la paroi est. Par une porte qui s’ouvre dans la paroi ouest, on entre dans une deuxième chambre, également taillée dans le rocher et voûtée en plein cintre. Là on voit une abside pratiquée dans la paroi sud et une autre dans celle de l’ouest. Cette paroi est revêtue de briques, mais qui ne sont pas très anciennes. C’est au bas de cette dernière abside que sort du rocher la plus grande partie de ces eaux lesquelles, pures et limpides comme du cristal, vont se jeter par un étroit canal dans un petit réservoir d’où elles sortent aussitôt pour aller se déverser dans celui de la première chambre. » (LIEVIN.)
Tes pousses sont un bosquet de grenadiers, avec les fruits les plus exquis ; le cypre avec le nard,
le nard et le safran, la cannelle et le cinnamome, avec tous les arbres à encens, la myrrhe et l’aloès, avec tous les meilleurs baumiers.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les premiers ; c’est-à-dire les meilleurs, les plus excellents. ― « Le safran se compose des stigmates desséchés [de la plante qui porte ce nom], du crocus sativus. C’était un des aromates les plus appréciés des anciens ; mais il n’est guère employé maintenant que pour la teinture ou comme condiment dans la cuisine méridionale. » (E. RIMMEL.) Pour les autres parfums, voir Exode, notes 30.23 à 30.34.
Source de jardins, puits d’eaux vives, ruisseau qui coule du Liban !
Levez-vous aquilons ; venez autans ! Soufflez sur mon jardin, et que ses baumiers exsudent ! Que mon bien-aimé entre dans son jardin, et qu’il mange de ses beaux fruits !
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Qui sont montées ; c’est-à-dire qui sont venues. Les Hébreux disaient monter et descendre pour aller et venir, suivant la situation réciproque des lieux. ― Galaad, pays fécond en troupeaux, en pâturages et particulièrement en belles chèvres. ― La montagne de Galaad est très fertile et riche en pâturages et les chèvres y sont nombreuses.