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Exode 15
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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Alors Moïse et les enfants d’Israël chantèrent ce cantique à Yahweh ; ils dirent : Je chanterai à Yahweh, car il a fait éclater sa gloire : il a précipité dans la mer cheval et cavalier.
Yahweh est ma force et l’objet de mes chants ; c’est lui qui m’a sauvé ; c’est lui qui est mon Dieu : je le célébrerai ; le Dieu de mon père : je l’exalterai.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Isaïe, 12, 2 ; Psaumes, 117, 14.
Yahweh est un vaillant guerrier ; Yahweh est son nom.
Il a jeté dans la mer les chars de Pharaon et son armée ; l’élite de ses capitaines a été engloutie dans la mer Rouge.
Les flots les couvrent ; ils sont descendus au fond des eaux comme une pierre.
Ta droite, ô Yahweh, s’est signalée par sa force, ta droite, ô Yahweh, a écrasé l’ennemi.
Dans la plénitude de ta majesté, tu renverses tes adversaires ; tu déchaînes ta colère, elle les consume comme du chaume.
Au souffle de tes narines, les eaux se sont amoncelées. Les flots se sont dressés comme un monceau ; les vagues se sont durcies au sein de la mer.
L’ennemi disait : « Je poursuivrai, j’atteindrai, je partagerai les dépouilles, ma vengeance sera assouvie, je tirerai l’épée, ma main les détruira. »
Tu as soufflé de ton haleine, la mer les a couverts, ils se sont enfoncés, comme du plomb, dans les vastes eaux.
Qui est comme toi parmi les dieux, ô Yahweh ? Qui est comme toi, auguste en sainteté, redoutable à la louange même, opérant des prodiges ?
Tu as étendu ta droite, la terre les a engloutis.
Par ta grâce tu conduis ce peuple que tu as délivré ; par ta puissance tu le diriges vers ta demeure sainte.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce verset et les suivants contiennent une vraie prophétie de tout ce qui devait arriver aux Israélites dans leur voyage, jusqu’à leur entrée dans la Terre Promise, le pays de Chanaan.
Les peuples l’ont appris, ils tremblent ; la terreur s’empare des Philistins ;
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sont montés ; hébraïsme, pour : ont fait une sortie contre les Hébreux.
Déjà les princes d’Édom sont dans l’épouvante ; l’angoisse s’empare des forts de Moab ; tous les habitants de Chanaan ont perdu courage,
la terreur et la détresse tomberont sur eux ; par la grandeur de ton bras, ils deviendront immobiles comme une pierre, jusqu’à ce que ton peuple ait passé, ô Yahweh, jusqu’à ce qu’il ait passé, le peuple que tu as acquis.
Tu les amèneras et les établiras sur la montagne de ton héritage, au lieu dont tu as fait ta demeure, ô Yahweh, au sanctuaire, Seigneur, que tes mains ont préparé.
Yahweh régnera à jamais et toujours !
Car les chevaux de Pharaon, ses chars et ses cavaliers sont entrés dans la mer, et Yahweh a ramené sur eux les eaux de la mer ; mais les enfants d’Israël ont marché à sec au milieu de la mer.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Car Pharaon est entré… Le texte porte : Le cheval (pour les chevaux) de Pharaon sont entrés dans la mer. ― Il faut remarquer qu’il n’y avait pas de cavaliers dans l’armée égyptienne, mais seulement des chariots portant des soldats.
Marie, la prophétesse, sœur d’Aaron, prit à la main un tambourin, et toutes les femmes vinrent à sa suite avec des tambourins et en dansant.
Marie répondait aux enfants d’Israël : Chantez Yahweh, car il a fait éclater sa gloire : il a précipité dans la mer cheval et cavalier.
Moïse fit partir Israël de la mer Rouge. Ils s’avancèrent vers le désert de Sur, et marchèrent trois jours dans ce désert sans trouver d’eau.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Au désert de Sur. « Le mot Sur signifie en hébreu muraille. Pendant que nous étions à Ayoun Mouça (c’est-à-dire la Fontaine de Moïse, à l’entrée du désert), en regardant, au-delà de la plaine étincelante, les monts er-Rahah et et-Tih, qui la bordent, nous remarquâmes aussitôt que ce qui forme le caractère principal, sinon unique, de cette partie du désert, c’est cette longue chaîne montagneuse en forme de mur, et nous ne fûmes plus surpris que les Israélites eussent appelé ce lieu mémorable, d’après son trait le plus saillant, le désert de Sur ou de la Muraille. » (E. H. PALMER). ― Ils marchèrent trois jours dans la solitude et ils ne trouvaient pas d’eau. « Cette notice laconique met parfaitement en relief le caractère principal de cette contrée à l’époque actuelle. Une plaine morte et stérile, couverte seulement de quelques herbes et de quelques arbustes misérables, des cailloux noircis et rayés par le sable, une monotonie désolante, l’absence totale d’eau, à part celle que fournissent une demi-douzaine de crevasses remplies d’eau saumâtre, sur une superficie de 1 600 kilomètres carrés, tout cela ne produit que trop vivement dans l’esprit du voyageur l’impression d’un désert sans eau. » (H. S. PALMER).
Ils arrivèrent à Mara, mais ils ne purent boire l’eau de Mara, parce qu’elle était amère. C’est pourquoi ce lieu fut appelé Mara.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et ils vinrent à Marah. On s’accorde généralement à l’identifier avec Aïn-Haouarah. La fontaine est au centre d’une petite éminence, établie sur un dépôt calcaire ; elle a environ 1 mètre 80 de circonférence et 60 centimètres de profondeur. La qualité de l’eau varie un peu, selon les saisons, mais elle est toujours mauvaise et amère. Les hommes ne peuvent la boire et les chameaux eux-mêmes ne s’y désaltèrent que quand ils souffrent beaucoup de la soif.
Le peuple murmura contre Moïse, en disant : « Que boirons-nous ? »
Moïse cria à Yahweh, et Yahweh lui indiqua un bois ; il le jeta dans l’eau, et l’eau devint douce. Là Yahweh donna au peuple un statut et un droit, et là il le mit à l’épreuve.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Judith, 5, 15 ; Ecclésiastique, 38, 5. ― Lui ; c’est-à-dire au peuple d’Israël. ― Lui montra un bois. On a supposé que ce bois était une plante appelée gharkad, dont les baies auraient été jetées dans la source. Mais les baies du gharkad n’ont aucune vertu adoucissante, et les Israélites traversaient le désert une saison où la plante ne les avait pas encore produites. Aucun bois connu ne possède la propriété de rendre potable la fontaine de Haouarah.
Il dit : « Si tu écoutes la voix de Yahweh, ton Dieu, si tu fais ce qui est droit à ses yeux, si tu prêtes l’oreille à ses commandements, et si tu observes toutes ses lois, je ne mettrai sur toi aucune des maladies que j’ai mises sur les Égyptiens ; car je suis Yahweh qui te guérit. »
Ils arrivèrent à Élim, où il y avait douze sources d’eau et soixante-dix palmiers ; et ils campèrent là, près de l’eau.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Nombres, 33, 9. ― Les enfants d’Israël vinrent à Elim. On s’accorde généralement à placer Elim à l’ouadi Gharandel ; c’est une oasis située à 86 kilomètres d’Ayoun Mouça. On y trouve des palmiers sauvages (nakhl), des tamaris et d’autres plantes du désert, entretenues par un ruisseau perpétuel, où coule une eau limpide. Au printemps, c’est-à-dire à l’époque où les Hébreux se trouvaient en ce lieu-là, ce ruisseau se subdivise, et il forme des étangs, entourés de joncs où abondent des oiseaux aquatiques et non aquatiques.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Sagesse, 10, 20.