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2 Samuel 20
EN même temps il se trouva là un homme de Belial, nommé Séba, fils de Bochri, de la tribu de Benjamin, et il commença à sonner de la trompette, en disant : Nous n’avons que faire de David, et nous n’attendons rien du fils d’Isaï : Israël, retournez chacun dans votre maison.
Ainsi tout Israël se sépara de David, et suivit Séba, fils de Bochri. Mais ceux de Juda demeurèrent toujours auprès du roi, et l’accompagnèrent depuis le Jourdain jusqu’à Jérusalem.
Le roi étant revenu en son palais à Jérusalem, commanda que les dix concubines qu’il avait laissées pour le garder, fussent renfermées dans une maison, où il leur faisait donner ce qui leur était nécessaire ; et il ne s’approcha plus d’elles, mais elles demeurèrent ainsi enfermées, vivant comme veuves jusqu’au jour de leur mort.
Le roi dit alors à Amasa : Faites-moi venir dans trois jours tous ceux de Juda, et trouvez-vous-y avec eux.
Amasa partit aussitôt pour assembler ceux de Juda ; mais il ne vint pas dans le temps que le roi lui avait marqué.
David dit donc à Abisaï : Séba, fils de Bochri, va maintenant nous faire plus de mal que ne nous en a fait Absalom. C’est pourquoi prenez avec vous ce que j’ai ici de troupes, et poursuivez-le, de peur qu’il ne se rende maître de quelques places fortes, et qu’il ne nous échappe.
Il partit donc de Jérusalem accompagné des gens de Joab, des Céréthiens et des Phéléthiens, et de tous les plus vaillants hommes, afin de poursuivre Séba, fils de Bochri.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Céréthiens et les Phéléthiens. Voir 2 Rois, 8, 18.
Lorsqu’ils furent près de la grande pierre qui est à Gabaon, ils rencontrèrent Amasa qui venait trouver le roi. Joab était revêtu d’un habillement étroit qui lui était juste sur le corps, et par-dessus il avait son épée pendue au côté dans un fourreau fait de telle sorte, qu’on pouvait la tirer et en frapper en un moment.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
A Gabaon. Voir 3 Rois, note 3.4.
Joab dit donc à Amasa : Bonjour, mon frère. Et il prit de sa main droite le menton d’Amasa comme pour le baiser.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 3 Rois, 2, 5. ― Et de sa main droite, etc. Telle était la coutume des Orientaux.
Et comme Amasa ne prenait pas garde à l’épée qu’avait Joab, Joab l’en frappa dans le côté : les entrailles aussitôt lui sortirent hors du corps ; et sans qu’il fût besoin d’un second coup, il tomba mort. Joab et Abisaï, son frère, continuèrent à poursuivre Séba, fils de Bochri.
Quelques-uns des gens de Joab s’étant arrêtés près du corps d’Amasa, disaient : Voilà celui qui voulait être général de David au lieu de Joab.
Cependant Amasa tout couvert de son sang était étendu au milieu du chemin. Mais quelqu’un voyant que tout le peuple s’arrêtait pour le voir, le tira hors du chemin dans le champ le plus proche, et le couvrit d’un manteau, afin que ceux qui passaient ne s’arrêtassent plus à cause de lui.
Lors donc qu’on l’eut ôté du chemin, tout le monde marcha après Joab, et poursuivit Séba, fils de Bochri.
Séba ayant passé au travers de toutes les tribus d’Israël, était allé à Abéla-Beth-Maacha ; et tous les hommes choisis d’Israël s’étaient ralliés auprès de lui.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Abéla, ville de Nephtali. ― Beth-Maacha, ville proche d’Abéla et même probablement jointe à elle.
Joab et ses gens vinrent donc l’assiéger à Abéla-Beth-Maacha : ils élevèrent des terrasses autour de la ville, et l’investirent ; et tous les gens de Joab travaillaient à saper la muraille.
Alors une femme de la ville, qui était fort sage, s’écria : Ecoutez, écoutez : dites à Joab qu’il s’approche, et que je veux lui parler.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Prêtre, conseiller intime de David.
Joab s’étant approché, elle lui dit : Etes-vous Joab ? Il lui répondit : Oui, je le suis. Ecoutez, lui dit-elle, les paroles de votre servante. Il lui répondit : Je vous écoute.
Elle ajouta : Autrefois on disait d’ordinaire : Que ceux qui demandent conseil, le demandent à Abéla ; et ils terminaient ainsi leurs affaires.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Et c’est ainsi, etc. On arrivait à son but, on terminait facilement ses affaires, quand on s’en rapportait aux habitants de cette ville, célèbre par sa sagesse. C’est l’explication qui, au milieu de bien d’autres, nous a paru la plus simple et la plus naturelle.
N’est-ce pas moi qui dis la vérité : dans Israël à ceux qui me la demandent ? Et cependant vous voulez ruiner cette ville si célèbre, et renverser une ville mère de tant d’autres ? Pourquoi détruisez-vous l’héritage du Seigneur ?
Joab lui répondit : A Dieu ne plaise ! je ne viens point pour ruiner, ni pour détruire.
Ce n’est point là mon intention ; mais je cherche un Séba, fils de Bochri, de la montagne d’Ephraïm, qui s’est soulevé contre le roi David. Rendez-nous seulement cet homme, et nous nous retirerons aussitôt. Cette femme dit à Joab : On va vous jeter sa tête par-dessus la muraille.
Elle alla ensuite trouver tout le peuple, et leur parla si sagement, qu’en même temps on coupa la tête à Séba, fils de Bochri, et on la jeta à Joab. Il fit aussitôt sonner la retraite, l’armée leva le siège de devant la ville, et chacun s’en retourna chez soi. Joab revint trouver le roi à Jérusalem.
Joab était donc général de toute l’armée d’Israël. Banaïas, fils de Joïada, commandait les Céréthiens et les Phéléthiens.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 2 Rois, 8, 16.
Aduram était surintendant des tributs. Josaphat, fils d’Ahilud, avait la garde des requêtes.
Siva était secrétaire ; Sadoc et Abiathar, grands prêtres ;
et Ira, de Jaïr en Galaad, était prêtre de David.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Homme de Jémini ; signifie probablement homme de la ville de Jémini et non point de la tribu de Benjamin ; ce qui, dans l’hébreu comme dans la Vulgate, s’exprime par fils de Jémini, ainsi qu’on l’a déjà vu dans un certain nombre de passages. ― Bélial. Voir Deutéronome, 13, 13.