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2 Samuel 1

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

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Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Après la mort de Saül, David était revenu de battre les Amalécites, et David demeurait depuis deux jours à Siceleg.

Le troisième jour, voici qu’un homme arriva du camp, d’auprès de Saül, les vêtements déchirés et de la terre sur la tête. Lorsqu’il arriva près de David, il se jeta par terre et se prosterna.

David lui dit : « D’où viens-tu ? » Et il lui répondit : « Je me suis sauvé du camp d’Israël. »

David lui dit : « Qu’est-il arrivé ? Raconte-le-moi donc. » Il dit : « Le peuple s’est enfui de la bataille, et un grand nombre parmi le peuple sont tombés et ont péri ; Saül même et son fils Jonathas sont morts. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’est-ce qui a été fait ? Que s’est-il passé ? Qu’est-il arrivé ? littéralement : Quelle chose ; car le terme hébreu que la Vulgate a rendu ici par parole, signifie aussi chose, affaire.

David dit au jeune homme qui lui apportait ces nouvelles : « Comment sais-tu que Saül et son fils Jonathas sont morts ? »

Et le jeune homme qui lui apportait la nouvelle répondit : « Je me trouvais par hasard sur la montagne de Gelboé ; et voici que Saül s’appuyait sur sa lance, et voici que les chars et les cavaliers étaient près de l’atteindre.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Saül était appuyé, etc. L’Amalécite dit ce qu’il veut pour s’attribuer le prétendu mérite d’avoir tué l’ennemi de David ; car, comme on l’a vu au chapitre précédent, Saül s’était jeté sur son glaive pour se tuer lui-même.

Il se retourna et, m’ayant aperçu, il m’appela, et je dis : « Me voici. »

Et il me dit : « Qui es-tu ? » Je lui répondis : « Je suis un Amalécite. »

Et il me dit : « Approche-toi donc de moi et donne-moi la mort ; car je suis pris de vertige, et ma vie est encore tout entière en moi.

Je m’approchai de lui et je lui donnai la mort, car je savais bien qu’il ne survivrait pas à sa défaite. J’ai pris le diadème qui était sur sa tête et le bracelet qu’il avait au bras, et je les apporte ici à mon seigneur. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les hommes, surtout ceux qui étaient élevés en dignité, portaient des bracelets de même que les femmes. On sait que les Romains en donnaient aussi bien que des couronnes d’or à ceux qui s’étaient distingués par leur valeur dans les combats.

David saisit ses vêtements et les déchira, et tous les hommes qui étaient auprès de lui firent de même.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Déchirer ses vêtements était une marque de deuil commune aux anciens peuples.

Ils célébrèrent leur deuil, pleurant et jeûnant jusqu’au soir, sur Saül, sur son fils Jonathas, sur le peuple de Yahweh et sur la maison d’Israël, parce qu’ils étaient tombés par l’épée.

David dit au jeune homme qui lui avait apporté la nouvelle : « D’où es-tu ? » Il répondit : « Je suis fils d’un étranger, d’un Amalécite. »

David lui dit : « Comment n’as-tu pas craint d’étendre ta main pour donner la mort à l’oint de Yahweh ? »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Psaumes, 104, 15.

Et David, appelant un des jeunes gens, dit : « Approche et tue-le. » Cet homme frappa l’Amalécite, et il mourut.

Et David lui dit : « Que ton sang soit sur ta tête ! Car ta bouche a déposé contre toi quand tu as dit : C’est moi qui ai donné la mort à l’oint de Yahweh. »

David entonna ce chant funèbre sur Saül et sur Jonathas, son fils,

et il ordonna de l’enseigner aux enfants de Juda ; c’est le chant de l’Arc. Voici qu’il est écrit dans le Livre du Juste :

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’arc. Il nous paraît très simple et très naturel de considérer ce mot, qui a fort embarrassé les commentateurs, comme le titre de la complainte ou élégie de David, parce que l’auteur y fait surtout l’éloge de l’arc de Saül et de celui de Jonathas. Les écrivains profanes en ont souvent usé ainsi dans leurs compositions. ― Tes hauts lieux, les lieux élevés.

La splendeur d’Israël a-t-elle péri sur tes hauteurs ? Comment sont tombés les héros ?

Ne l’annoncez pas à Geth, ne le publiez pas dans les rues d’Ascalon, de peur que les filles des Philistins ne s’en réjouissent, de peur que les filles des incirconcis ne sautent de joie !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Geth, l’une des cinq villes principales des Philistins, au pied des montagnes de Juda. ― Ascalon, dans la plaine de la Séphéla, sur la Méditerranée, ville forte des Philistins.

Montagnes de Gelboé, qu’il n’y ait sur vous ni rosée ni pluie, ni champs de prémices ! Car là fut jeté bas le bouclier des héros. Le bouclier de Saül n’était pas oint d’huile,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Comme s’il n’avait pas été, etc. Quelques interprètes rapportent ces paroles au bouclier de Saül ; mais la plupart les appliquent à Saül lui-même, qui avait été oint ou sacré avec l’huile sainte. ― Gelboé. Voir 1 Rois, 18, 4.

mais du sang des blessés, de la graisse des vaillants ; l’arc de Jonathas ne recula jamais en arrière, et l’épée de Saül ne revenait pas inactive.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Sans avoir du sang. C’est la seule traduction admissible ; car, outre que le contexte l’exige, ce passage est un de ceux dans lesquels la Vulgate, à l’exemple de la Version grecque, donne aux particules hébraïques leur sens le plus ordinaire, bien qu’elles y aient leur signification moins usitée.

Saül et Jonathas, chéris et aimables dans la vie et dans la mort, ils ne furent point séparés. Ils étaient plus agiles que les aigles, ils étaient plus forts que les lions.

Filles d’Israël, pleurez sur Saül, qui vous revêtait de pourpre au sein des délices, qui mettait des ornements d’or sur vos vêtements !

Comment les héros sont-ils tombés dans la bataille ? Jonathas a été percé sur tes hauteurs !

L’angoisse m’accable à cause de toi, Jonathas, mon frère. Tu faisais toutes mes délices ; ton amour m’était plus précieux que l’amour des femmes.

Comment les héros sont-ils tombés ? Comment les guerriers ont-ils péri ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

L’élégie de David sur la mort de Saül et de Jonathas portait le nom de chant de l’arc. Elle est composée avec beaucoup d’art. Il y a dans l’original deux vers d’introduction et deux de conclusion ; les derniers mots du verset 19 sont les mêmes que les premiers du verset 27. Les vers du verset 27 sont plus courts, comme terminant le poème. ― L’élégie elle-même renferme cinq strophes très distinctes par le sens. La première et la seconde, la quatrième et la cinquième, sont de quatre vers ; la troisième formant le milieu, a six vers et est ainsi de tous points la plus longue. ― Introduction, versets 18 et 19 : Thème de l’élégie. ― 1re strophe, verset 20 : La douleur ne doit pas éclater, afin de ne pas réjouir les ennemis. ― 2e strophe, verset 21 : Malédiction contre Gelboé, où les héros sont tombés. ― 3e strophe, versets 22 et 23 : Eloge commun de Jonathas et de Saül. Les deux parties de cette strophe médiale sont symétriques. ― 4e strophe, verset 24 : Eloge particulier de Saül ; les filles d’Israël doivent le pleurer. ― Répétition du refrain, verset 25. ― 5e strophe, versets 25 et 26 : Eloge particulier de Jonathas, son ami. ― Conclusion et refrain, verset 27. ― On peut comparer, au point de vue littéraire, le poème de David à l’ode XX du Ier livre d’Horace, et à l’élégie de Malherbe à Duperrier sur la mort de sa fille.