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2 Samuel 14

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Joab, fils de Sarvia, s’aperçut que le cœur du roi se tournait vers Absalom.

Joab envoya chercher à Thécua une femme habile, et il lui dit : « Feins d’être dans le deuil et revêts des habits de deuil ; ne t’oins pas d’huile et sois comme une femme qui depuis longtemps est dans le deuil pour un mort.

Tu viendras chez le roi et tu lui tiendras ce discours… » Et Joab lui mit dans la bouche ce qu’elle devait dire.

La femme de Thécua vint parler au roi. Tombant la face contre terre et se prosternant, elle dit : « Ô roi, sauve-moi ! »

Le roi lui dit : « Qu’as-tu ? » Elle répondit : « Je suis une veuve, mon mari est mort.

Or ta servante avait deux fils ; et ils se sont tous deux querellés dans les champs ; comme il n’y avait personne pour les séparer, l’un a frappé l’autre et l’a tué.

Et voici que toute la famille s’est levée contre ta servante, en disant : Livre le meurtrier de son frère ; nous le ferons mourir pour la vie de son frère qu’il a tué, et nous détruirons même l’héritier ! Ils éteindront ainsi le charbon qui me reste, pour ne laisser à mon mari ni un nom ni un survivant sur la face de la terre. »

Le roi dit à la femme : « Va à ta maison ; je donnerai des ordres à ton sujet. »

La femme de Thécua dit au roi : « Que ce soit sur moi, ô roi mon Seigneur, et sur la maison de mon père que la faute retombe ; que le roi et son trône n’aient pas à en souffrir ! »

Le roi dit : « Si quelqu’un t’inquiète encore, amène-le-moi, et il ne lui arrivera plus de te toucher. »

Elle dit : « Que le roi fasse mention de Yahweh, ton Dieu, afin que le vengeur du sang n’augmente pas le dommage, et qu’on ne détruise pas mon fils ! » Il répondit : « Aussi vrai que Yahweh est vivant ! Il ne tombera pas à terre un cheveu de ton fils. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les proches du sans, étaient les plus proches parents, qui, selon la loi, étaient les vengeurs obligés du sang versé.

La femme dit : « Permets à ta servante, je te prie, de dire un mot à mon seigneur le roi ! » Il répondit : « Parle ! »

Et la femme dit : « Pourquoi as-tu pensé ainsi à l’égard du peuple de Dieu — le roi, en prononçant ce jugement, se déclare coupable, — à savoir que le roi ne rappelle pas celui qu’il a banni.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Contre le peuple de Dieu. Le peuple aimait Absalom, et le regardait comme héritier naturel du trône. ― Et pourquoi le roi, etc. ; ce qui signifie : Pourquoi le roi m’a-t-il parlé de manière à tomber en faute, puisque d’un côté, il m’accorde la grâce de mon fils, meurtrier de son frère, et que de l’autre, il refuse à son peuple le retour d’Absalom, qui n’est pas plus coupable que mon fils ?

Car nous mourrons certainement ; nous sommes comme les eaux répandues à terre et qui ne se rassemblent plus ; Dieu n’ôte pas la vie, et il forme le dessein que le banni ne reste pas banni de sa présence.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Ezéchiel, 18, 32 ; 33, 11.

Maintenant, si je suis venue dire ces choses au roi mon seigneur, c’est que le peuple m’a effrayée ; et ta servante a dit : Je veux parler au roi ; peut-être le roi fera-t-il ce que dira ta servante.

Oui, le roi écoutera, pour délivrer sa servante de la main de l’homme qui veut nous retrancher, mon fils et moi, de l’héritage de Dieu.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le roi a écouté, pour délivrer sa servante ; hyperbate, pour : Le roi a écouté sa servante pour la délivrer.

Ta servant a dit : Que la parole de mon seigneur le roi me donne le repos ! Car mon seigneur le roi est comme un ange de Dieu, pour écouter le bien et le mal. Et que Yahweh, ton Dieu, soit avec toi ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

S’accomplisse comme un sacrifice promis à Dieu ; ou bien : devienne comme un sacrifice agréable à Dieu. ― Qu’il ne s’émeut, etc. ; qui ne se laisse ébranler ni par les éloges, ni par le blâme des hommes.

Le roi répondit et dit à la femme : « Ne me cache rien de ce que je vais te demander. » La femme dit : « Que mon seigneur le roi parle ! »

Et le roi dit : « La main de Joab est-elle avec toi dans tout cela ? » La femme répondit : « Aussi vrai que ton âme est vivante, ô mon seigneur le roi, il est impossible d’aller à droite ou à gauche de tout ce que dit mon seigneur le roi. Oui, c’est ton serviteur Joab qui m’a donné des ordres et qui a mis toutes ces paroles dans la bouche de ta servante.

C’est pour détourner l’aspect de la chose que ton serviteur Joab a fait cela ; mais mon seigneur est aussi sage qu’un ange de Dieu, pour connaître tout ce qui se passe sur la terre. »

Le roi dit à Joab : « Voici, je vais faire cela ; va donc, ramène le jeune homme Absalom. »

Joab tomba la face contre terre et se prosterna, et il bénit le roi ; puis Joab dit : « Ton serviteur connaît aujourd’hui que j’ai trouvé grâce à tes yeux, ô roi, mon seigneur, puisque le roi agit selon la parole de son serviteur. »

Et Joab, s’étant levé, alla à Gessur, et il ramena Absalom à Jérusalem.

Mais le roi dit : « Qu’il se retire dans sa maison, et qu’il ne voie point ma face. » Et Absalom se retira dans sa maison, et il ne vit point la face du roi.

Dans tout Israël il n’y avait pas un homme aussi renommé qu’Absalom pour sa beauté ; de la plante du pied au sommet de la tête, il n’y avait en lui aucun défaut.

Lorsqu’il se rasait la tête, — c’était chaque année qu’il le faisait ; lorsque sa chevelure lui pesait, il la rasait — le poids des cheveux de sa tête était de deux cents sicles, poids du roi.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Deux cents sicles ; probablement babyloniens ; ce qui ferait trente ou trente et une onces. ― Le poids public ; l’hébreu porte : Le poids du roi, qui ne différait pas du premier avant la captivité de Babylone, selon de très savants critiques.

Il naquit à Absalom trois fils et une fille nommée Thamar ; c’était une femme de belle figure.

Absalom demeura deux ans à Jérusalem sans voir la face du roi.

Absalom fit demander Joab pour l’envoyer vers le roi ; mais Joab ne voulut pas venir vers lui. Absalom le fit demander une seconde fois, et il ne voulut pas venir.

Absalom dit alors à ses serviteurs : « Voyez, le champ de Joab est à côté du mien ; il s’y trouve de l’orge pour lui : allez-y mettre le feu. » Et les serviteurs d’Absalom mirent le feu au champ.

Joab se leva et, étant venu vers Absalom dans sa maison, il lui dit : « Pourquoi tes serviteurs ont-ils mis le feu au champ qui m’appartient ? »

Absalom répondit à Joab : « Voilà que je t’avais envoyé dire : Viens ici et je t’enverrai vers le roi afin que tu lui dises : Pourquoi suis-je revenu de Gessur ? Il vaudrait mieux pour moi que j’y fusse encore. Maintenant, je veux voir la face du roi ; et, s’il y a quelque iniquité en moi, qu’il me fasse mourir ! »

Joab alla trouver le roi et lui rapporta ces choses. Et il appela Absalom, et celui-ci vint auprès du roi et se prosterna la face contre terre devant le roi. Et le roi baisa Absalom.