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2 Samuel 3

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
  • aucune modification du contenu des fichiers ;
  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

La guerre fut longue entre la maison de Saül et la maison de David. David allait se fortifiant, et la maison de Saül allait s’affaiblissant.

Il naquit à David des fils à Hébron. Son premier-né fut Ammon, d’Achinoam de Jezraël ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Paralipomènes, 3, 1.

le second Chéléab, d’Abigaïl de Carmel, femme de Nabal ; le troisième Absalom, fils de Maaca, fille de Tholmaï, roi de Gessur ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Gessur. Voir l’introduction au livre de Josué, fin de la partie B.

le quatrième Adonias, fils de Haggith ; le cinquième Saphathia, fils d’Abital,

et le sixième Jéthraam, d’Egla, femme de David. Tels sont les fils qui naquirent à David à Hébron.

Pendant qu’il y avait guerre entre la maison de Saül et la maison de David, Abner se fortifiait dans la maison de Saül.

Or Saül avait eu une concubine, nommée Respha, fille d’Aia. Et Isboseth dit à Abner :

« Pourquoi es-tu venu vers la concubine de mon père ? » Abner, très irrité des paroles d’Isboseth, répondit : « Suis-je un tête de chien appartenant à Juda ? Aujourd’hui je montre de la faveur à la maison de Saül, ton père, à ses frères et à ses amis, et je ne t’ai point livré aux mains de David, et c’est aujourd’hui que tu me reproches une faute avec cette femme ?

Commentaire (versets 7 à 8) — Abbé Vigouroux (1902)

Ce commentaire porte sur les versets 7 à 8 pris ensemble, pas sur ce seul verset : c'est pour cela qu'il n'apparaît qu'ici, à la fin du passage qu'il couvre.

La femme du second rang, que les auteurs latins désignent par le mot concubine, était une femme très légitime et avait les droits d’épouse, quoiqu’à certains égards elle fût inférieure à la maîtresse de la maison. C’est pour cela qu’Isboseth reproche à Abner de l’avoir épousée. Il n’était pas permis, en effet, à un simple particulier d’épouser la veuve d’un roi ; et en le faisant, on attentait à la royauté, on se déclarait concurrent du roi régnant. Cet usage existait non seulement chez les Hébreux, mais aussi chez d’autres peuples.

Que Dieu traite Abner dans toute sa rigueur, si je n’agis pas avec David selon ce que Yahweh lui a juré,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que Dieu fasse, etc. Voir Ruth, 1, 17.

en disant qu’il enlèverait la royauté de la maison de Saül, et qu’il établirait le trône de David sur Israël et sur Juda, depuis Dan jusqu’à Bersabée !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dan et Bersabée sont les deux extrémités de la Palestine. ― Depuis Dan jusqu’à Bersabée. Voir Juges, note 20.1.

Isboseth ne put répondre un seul mot à Abner, parce qu’il le craignait.

Abner envoya des messagers à David pour lui dire de sa part : « À qui est le pays ? Fais ton alliance avec moi, et voici que ma main t’aidera pour tourner vers toi tout Israël. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A qui est la terre ? A qui appartient tout ce pays, sinon à toi ? ― Ma main sera avec toi. Voir 1 Rois, 22, 17.

Il répondit : « Bien ! je ferai alliance avec toi ; mais je te demande une chose, c’est que tu ne voies pas ma face sans m’amener Michol, fille de Saül, lorsque tu viendras pour voir ma face. »

Et David envoya des messagers à Isboseth, fils de Saül, pour lui dire : « Donne-moi ma femme Michol, que j’ai épousée pour cent prépuces de Philistins. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Rois, 18, 27.

Isboseth l’envoya prendre à son mari Phaltiel, fils de Laïs ;

et son mari l’accompagna, marchant et pleurant derrière elle, jusqu’à Bathurim. Là Abner lui dit : « Va, retourne chez toi. » Et il s’en retourna.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Bahurim, localité de Benjamin, sur le chemin de Jérusalem à Jéricho, près du mont des Oliviers.

Abner eut des pourparlers avec les anciens d’Israël, et leur dit : « Vous désiriez depuis longtemps déjà avoir David pour roi ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tant hier qu’avant-hier ; hébraïsme, pour : depuis un certain temps, depuis assez longtemps.

agissez donc maintenant, car Yahweh a dit à David : C’est par la main de David, mon serviteur, que je délivrerai mon peuple d’Israël de la main des Philistins et de la main de tous ses ennemis. »

Abner parla aussi aux oreilles de Benjamin, et Abner alla reporter aux oreilles de David, à Hébron, ce qui paraissait bon aux yeux d’Israël et aux yeux de toute la maison de Benjamin.

Abner vint près de David, à Hébron, accompagné de vingt hommes ; et David fit un festin à Abner et aux hommes qui l’accompagnaient.

Et Abner dit à David : « Je vais me lever et partir pour rassembler tout Israël vers mon seigneur le roi ; ils feront alliance avec toi et tu régneras sur tout ce que ton âme désire. » Et David congédia Abner, qui s’en alla en paix.

Mais voici que les serviteurs de David et Joab revenaient d’une excursion, ramenant avec eux un grand butin. — Abner n’était plus auprès de David à Hébron, car David l’avait congédié et il s’en était allé en paix. —

Joab et toute la troupe qui était avec lui arrivèrent, et on fit ce rapport à Joab : « Abner, fils de Ner, est venu auprès du roi, qui l’a congédié, et il s’en est allé en paix. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La nouvelle de l’entrevue de David et d’Abner (voir versets 20 et 21).

Joab se rendit chez le roi et dit : « Qu’as-tu fait ? Voilà qu’Abner est venu vers toi : pourquoi l’as-tu congédié et laissé partir ?

Tu connais Abner, fils de Ner : c’est pour te tromper qu’il est venu, pour épier ta conduite, et savoir tout ce que tu fais. »

Joab, ayant quitté David, envoya sur les traces d’Abner des messagers qui le ramenèrent depuis la citerne de Sira, sans que David en sût rien.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La citerne de Sira était, d’après Josèphe, à vingt stades d’Hébron, au nord.

Quand Abner fut de retour à Hébron, Joab le tira à l’écart, dans l’intérieur de la porte, comme pour lui parler tranquillement, et là il le frappa au ventre ; il mourut, à cause du sang d’Asaël, frère de Joab.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 3 Rois, 2, 5.

David l’apprit ensuite, et il dit : « Je suis à jamais, moi et mon royaume, innocent, devant Yahweh, du sang d’Abner, fils de Ner.

Que ce sang retombe sur la tête de Joab et sur toute la maison de son père ! Qu’il y ait toujours dans la maison de Joab un homme qui souffre d’un flux ou de la lèpre, ou qui tienne le fuseau, ou qui tombe par l’épée, ou qui manque de pain. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Tenant le fuseau ; comme les femmes ; c’est-à-dire mou, efféminé, ou comme l’eunuque que l’on occupe à filer et à faire de la toile.

C’est ainsi que Joab et Abisaï, son frère, tuèrent Abner, parce qu’il avait donné la mort à leur frère Asaël, à Gabaon, dans la bataille.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

A Gabaon. Voir 3 Rois, 3, 4.

David dit à Joab et à tout le peuple qui était avec lui : « Déchirez-vos vêtements, ceignez-vous de sacs et faites le deuil devant Abner. » Et le roi David marchait derrière la litière.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Ceignez-vous de sacs de deuil. Ce sac de deuil, que l’on portait aussi dans la pénitence et dans une extrême pauvreté, était une espèce de cilice ou de haire, de couleur noire ou brune, et faite de poils de chameau ou de chèvre.

On enterra Abner à Hébron. Le roi pleura à haute voix sur le tombeau d’Abner et tout le peuple pleura.

Le roi chanta un chant funèbre sur Abner, et dit : Abner devait-il mourir comme meurt un insensé ?

Tes mains ne furent pas liées et tes pieds ne furent pas jetés dans les chaînes ! Tu es tombé comme on tombe devant des scélérats. Tout le peuple continua de se lamenter sur Abner ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Des fils d’iniquité ; hébraïsme, pour iniques, méchants.

et tout le peuple s’approcha de David pour lui faire prendre de la nourriture lorsqu’il était encore jour. Mais David fit ce serment : « Que Yahweh me traite dans toute sa rigueur, si je goûte du pain ou quoi que ce soit avant le coucher du soleil ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que Dieu me fasse, etc. Voir Ruth, 1, 17.

Tout le peuple le remarqua et le trouva bon, comme il trouvait bon tout ce que faisait le roi.

Tout le peuple et tout Israël comprirent en ce jour que ce n’était point de par le roi qu’on avait fait mourir Abner, fils de Ner.

Le roi dit à ses serviteurs : « Ne savez-vous pas qu’un chef, qu’un grand homme est tombé aujourd’hui en Israël ?

Pour moi, je suis doux, quoiqu’ayant reçu l’onction royale ; et ces hommes, les fils de Sarvia, sont plus durs que moi. Que Yahweh rende à qui fait le mal selon le mal qu’il fait ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Quoique ; c’est le sens qu’a ici, comme en plusieurs endroits de l’Ecriture, la particule et.