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1 Samuel 28
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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).
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En ce temps-là, les Philistins rassemblèrent leurs troupes en une seule armée pour aller combattre contre Israël. Et Achis dit à David : « Sache que tu viendras avec moi au camp, toi et tes hommes. »
David répondit à Achis : « Aussi tu verras ce que fera ton serviteur. » Et Achis dit à David : « Et moi je t’établirai pour toujours gardien de ma personne. »
Samuel était mort ; tout Israël l’avait pleuré, et on l’avait enterré à Rama, dans sa ville. Et Saül avait fait disparaître du pays ceux qui évoquaient les morts et les devins.
Les Philistins s’étant rassemblés, vinrent camper à Sunam ; Saül rassembla tout Israël, et ils campèrent à Gelboé.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Sunam ou Sunem, dans la plaine d’Esdrelon, au nord de Jezraël, au sud de Naïm. ― Gelboé, au sud-est de Jezraël.
À la vue du camp des Philistins, Saül eut peur, et son cœur fut fort agité.
Saül consulta Yahweh, et Yahweh ne lui répondit point, ni par les songes, ni par l’Urim, ni par les prophètes.
Alors Saül dit à ses serviteurs : « Cherchez-moi une femme qui évoque les morts, et j’irai vers elle et je la consulterai. » Ses serviteurs lui dirent : « Il y a à Endor une femme qui évoque les morts. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Lévitique, 20, 27 ; Deutéronome, 18, 11 ; Actes des Apôtres, 16, 16. ― Un esprit de python. Voir Lévitique, note 20.27. ― Endor, au nord-est de Naïm, en face du mont Thabor.
Saül se déguisa et mit d’autres vêtements, et il partit, accompagné de deux hommes. Ils arrivèrent de nuit chez la femme, et Saül lui dit : « Prédis-moi l’avenir en évoquant un mort, et fais-moi monter celui que je te dirai. »
La femme lui répondit : « Voici que tu sais ce qu’a fait Saül, comment il a retranché du pays ceux qui évoquent les morts et les devins ; pourquoi me tends-tu un piège, pour me faire mourir ?
Saül lui jura par Yahweh en disant : « Aussi vrai que Yahweh est vivant ! il ne t’arrivera aucun mal à cause de cela. »
Et la femme dit : « Qui te ferai-je monter ? » Il répondit : « Fais-moi monter Samuel. »
À la vue de Samuel, la femme poussa un grand cri ; et la femme dit à Saül : « Pourquoi m’as-tu trompée ? Tu es Saül ! »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Les Pères de l’Eglise, la plupart des juifs et des interprètes catholiques soutiennent que par une intervention surnaturelle du pouvoir de Dieu, Samuel a réellement apparu en personne à Saül. Ce sentiment est d’ailleurs plus conforme à la lettre de l’Ecriture et à tout le contexte.
Le roi lui dit : « Ne crains pas ; mais qu’as-tu vu ? » La femme dit à Saül : « Je vois un dieu qui monte de la terre. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ce sont des dieux. Le mot Elôhîm, qui signifie proprement le vrai Dieu, se donne aux fausses divinités, aux anges, aux juges, aux magistrats ; et quoiqu’il soit au pluriel par sa forme grammaticale, on l’emploie pour désigner une seule personne à laquelle on veut donner les marques d’un grand honneur et d’un grand respect, comme ici la pythonisse à Samuel.
Il lui dit : « Quelle figure a-t-il ? » Et elle répondit : « C’est un vieillard qui monte, et il est enveloppé d’un manteau. » Saül comprit que c’était Samuel, et il se jeta le visage contre terre et se prosterna.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’un manteau, le long vêtement supérieur que portaient les prophètes.
Samuel dit à Saül : « Pourquoi m’as-tu troublé, en me faisant monter ? » Saül répondit : « Je suis dans une grande détresse : les Philistins me font la guerre, et Dieu s’est retiré de moi ; il ne m’a répondu ni par les prophètes ni par les songes. Je t’ai évoqué pour que tu me fasses connaître ce que j’ai à faire. »
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Ecclésiastique, 46, 23.
Samuel dit : « Pourquoi me consultes-tu, puisque Yahweh s’est retiré de toi et qu’il est devenu ton adversaire ?
Yahweh a agi comme il l’avait annoncé par mon intermédiaire : Yahweh a arraché la royauté de ta main, et l’a donnée à ton compagnon, à David.
Parce que tu n’as pas obéi à la voix de Yahweh, et que tu n’as pas traité Amalec selon l’ardeur de sa colère, c’est pour cela que Yahweh a ainsi agi envers toi en ce jour.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La colère de sa fureur. Voir 1 Rois, 20, 34.
Et même Yahweh livrera Israël avec toi aux mains des Philistins. Demain, toi et tes fils, vous serez avec moi, et Yahweh livrera le camp d’Israël entre les mains des Philistins. »
Aussitôt Saül tomba par terre de toute sa hauteur, car les paroles de Samuel l’avaient rempli d’effroi ; de plus, les forces lui manquaient, car il n’avait pris aucune nourriture de tout le jour et de toute la nuit.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
« Il est évident, dit très justement M. Munk, que l’auteur de ce récit, ainsi que ceux pour qui il écrivait, croyaient à l’existence du prophète au-delà de la tombe et à un séjour où les [âmes] se réunissaient après la mort. »
La femme vint vers Saül et, voyant son grand trouble, elle lui dit : « Ta servante a obéi à ta voix ; j’ai exposé ma vie, en obéissant aux paroles que tu m’as dites.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
J’ai mis mon âme en ma main. Voir 1 Rois, 19, 5.
Écoute maintenant, toi aussi, la voix de ta servante, et que je t’offre un morceau de pain ; manges-en, pour avoir de la force lorsque tu poursuivras ta route. »
Mais il refusa et dit : « Je ne mangerai point. » Ses serviteurs, ainsi que la femme, le pressèrent, et il se rendit à leurs instances. Il se leva de terre et s’assit sur le divan.
La femme avait chez elle un veau gras, elle se hâta de le tuer et, prenant de la farine, elle la pétrit et en cuisit des pains sans levain.
Elle les mit devant Saül et devant ses serviteurs, et ils mangèrent. Puis s’étant levés, ils partirent la nuit même.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir 1 Rois, 25, 1 ; Ecclésiastique, 46, 23. ― Samuel était mort. Le verbe en hébreu est au plus-que-parfait ; d’ailleurs cette mort a été déjà rapportée. Voir 1 Rois, 25, 1. ― Ramatha, Ramathaïm-Sophim. Voir 1 Rois, 1, 1