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1 Samuel 20

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

David s’enfuit de Naioth en Rama et, étant venu, il dit devant Jonathas : « Qu’ai-je fait ? quel est mon crime, quel est mon péché devant ton père, pour qu’il en veuille à ma vie ? »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

En Ramatha. Voir 1 Rois, 19, 19. ― Il cherche mon âme ; hébraïsme, pour il cher à m’ôter la vie.

Jonathas lui dit : « Loin de là ! Tu ne mourras point. Mon père ne fait aucune chose, grande ou petite, sans m’en faire part ; pourquoi donc me cacherait-il celle-là ? Il n’en est rien. »

David répondit avec un serment : « Ton père sait bien que j’ai trouvé grâce à tes yeux, et il aura dit : Que Jonathas ne le sache pas, de peur qu’il en ait de la peine. Mais, aussi vrai que Yahweh est vivant et que ton âme est vivante ! il n’y a qu’un pas entre la mort et moi. »

Jonathas dit à David : « Tout ce que ton âme dira, je le ferai pour toi. »

Et David dit à Jonathas : « Voici, c’est demain la nouvelle lune, et je devrais m’asseoir auprès du roi pour le repas ; laisse-moi partir, et je me cacherai dans les champs jusqu’au soir du troisième jour.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les calendes ; c’est-à-dire la néoménie, ou fête de la nouvelle lune (voir Nombres, 28, 11-15), qui était célébrée par des sacrifices et un festin sacré. ― Jusqu’au soir du troisième jour, parce que le second jour était le jour du sabbat, et qu’il n’était pas permis, ce jour-là, de faire de longs voyages. D’un autre côté David ne pouvait pas savoir avant ce terme la disposition du roi à son égard.

Si ton père s’aperçoit de mon absence, tu lui diras : David m’a prié de lui laisser faire une course à Bethléem, sa ville, parce qu’il y a là le sacrifice annuel pour toute sa famille.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Les victimes solennelles, annuelles.

S’il dit : C’est bien ! ton serviteur peut être en paix ; mais s’il se met en colère, sache que le mal est bien résolu de sa part.

Use donc de bonté envers ton serviteur, puisque c’est par une alliance au nom de Yahweh que tu as attiré vers toi ton serviteur. S’il y a quelque faute en moi, mets-moi à mort toi-même, car pourquoi me mènerais-tu à ton père ? »

Jonathas lui dit : « Loin de toi cette pensée ! Car si j’apprends vraiment que le mal est résolu de la part de mon père pour venir sur toi, je jure de t’en informer. »

David dit à Jonathas : « Qui m’informera de cela ou de ce que ton père répondrait de fâcheux ? »

Jonathas dit à David : « Viens, sortons dans les champs » ; et ils sortirent tous deux dans les champs.

Jonathas dit à David : « Yahweh, Dieu d’Israël ! Je sonderai mon père demain ou après-demain, et si cela va bien pour David, et que je n’envoie pas vers toi pour t’en informer,

que Yahweh traite Jonathas dans toute sa rigueur ! S’il plaît à mon père de te faire du mal, je t’en informerai aussi et je te ferai partir, afin que tu t’en ailles en paix, et que Yahweh soit avec toi, comme il a été avec mon père !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que le Seigneur fasse ceci, etc. Voir Ruth, 1, 17.

Et si je suis encore vivant, veuille user envers moi de la bonté de Yahweh, et, si je meurs,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

La miséricorde du Seigneur, c’est-à-dire la miséricorde semblable à celle du Seigneur, la plus grande possible.

ne pas retirer à jamais ta bonté de ma maison, pas même lorsque Yahweh retranchera de dessus la face de la terre chacun des ennemis de David ! »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Qu’il tire vengeance des ennemis ; littéralement ; qu’il demande de la main des ennemis, qu’il demande compte à la main des ennemis. Comparer à Genèse, 9, 5.

C’est ainsi que Jonathas fit alliance avec la maison de David, et que Yahweh tira vengeance des ennemis de David.

Jonathas adjura encore une fois David par l’amour qu’il avait pour lui, car il l’aimait comme son âme.

Jonathas lui dit : « C’est demain la nouvelle lune ; on remarquera que ta place est vide.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Demain sont les calendes. Voir verset 5.

Le troisième jour, tu descendras promptement et tu viendras au lieu où tu étais caché, au jour de l’affaire, et tu resteras près de la pierre d’Ezel.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

On s’enquerra de ta place ; on demandera pourquoi elle est vide, et que tu ne l’occupes point. ― Au jour où il est permis de travailler ; c’est-à-dire le lendemain du sabbat, le troisième jour du mois.

Je tirerai trois flèches du côté de la pierre, comme si je visais à un but.

Et voici, j’enverrai le garçon en lui disant : Va, retrouve les flèches. Si je dis au garçon : Voici, les flèches sont en deçà toi, prends-les ! alors, viens, car tout va bien pour toi, et il n’y a nul danger, Yahweh est vivant !

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Mon serviteur ; littéralement dans le texte originel, le serviteur, mais, comme nous l’avons déjà remarqué, l’article se met très souvent, en hébreu, pour le pronom possessif. D’ailleurs toute la suite du discours justifie pleinement notre traduction.

Mais si je parle ainsi au garçon : Voici, les flèches sont au delà de toi, alors va-t-en, car Yahweh te fait partir.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Le Seigneur vit ! Voir Juges, 8, 19.

Et quant à la parole que nous avons dite, moi et toi, voici que Yahweh est à jamais entre toi et moi. »

David se cacha dans les champs. La nouvelle lune venue, le roi prit place au festin pour manger ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Manger du pain ; dans l’hébreu le pain. Voir 1 Rois, 14, 24.

comme à l’ordinaire, le roi s’assit sur son siège, sur le siège qui était près du mur ; Jonathas se leva, et Abner s’assit à côté de Saül et la place de David resta vide.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Près de la muraille. La place d’honneur en Orient est vis-à-vis la porte.

Saül ne dit rien ce jour-là, car, disait-il, « quelque chose lui est arrivé ; il n’est pas pur, certainement il n’est pas pur. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Il n’était pas permis de participer au festin des sacrifices, quand on avait contracté une impureté légale.

Le lendemain, second jour de la nouvelle lune, la place de David était encore vide ; et Saül dit à Jonathas, son fils : « Pourquoi le fils d’Isaï n’est-il pas venu au repas, ni hier ni aujourd’hui ? »

Jonathas répondit à Saül : « David m’a demandé avec instances la permission d’aller jusqu’à Bethléem.

Il a dit : Laisse-moi aller, je te prie, car nous avons dans la ville un sacrifice de famille, et mon frère m’a commandé d’y assister ; si donc j’ai trouvé grâce à tes yeux, permets que je m’y rende et que je voie mes frères ! C’est pourquoi il n’est pas venu à la table du roi. »

Alors la colère de Saül s’enflamma contre Jonathas, et il lui dit : « Fils d’une femme perverse et rebelle, ne sais-je pas que tu as pour ami le fils d’Isaï, à ta honte et à la honte de la nudité de ta mère ?

Car aussi longtemps que le fils d’Isaï sera vivant sur la terre, il n’y aura de sécurité ni pour toi, ni pour ta royauté. Et maintenant, envoie-le prendre et amène-le-moi, car c’est un fils de la mort. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Fils de mort ; hébraïsme pour voué à la mort, digne de mort.

Jonathas répondit à Saül, son père, et lui dit : « Pourquoi serait-il mis à mort ? Qu’a-t-il fait ? »

Et Saül brandit sa lance contre lui pour le frapper. Jonathas comprit que c’était chose arrêtée chez son père de faire périr David.

Jonathas se leva donc de table dans une violente colère, et ne prit point de nourriture, le second jour de la nouvelle lune ; car il était affligé à cause de David, parce que son père l’avait outragé.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Une colère de fureur ; hébraïsme pour une colère furieuse.

Le lendemain matin, Jonathas alla aux champs, selon qu’il était convenu avec David ; un petit garçon l’accompagnait.

Il dit à son garçon : « Cours, retrouve les flèches que je vais tirer. » Le garçon courut, et Jonathas tira une flèche de manière à le dépasser.

Lorsque le garçon arriva à l’endroit de la flèche que Jonathas avait tirée, Jonathas cria après le garçon et dit : « La flèche n’est-elle pas plus loin que toi ? »

Jonathas cria encore après le garçon : « Vite, hâte-toi, ne t’arrête pas ! » Et le garçon de Jonathas ramassa la flèche et revint vers son maître.

Le garçon ne savait rien ; Jonathas et David seuls comprenaient la chose.

Jonathas donna ses armes au garçon qui était avec lui, et lui dit : « Va, et portes-les à la ville. »

Dès que le garçon fut parti, David se leva du côté du midi et, se jetant la face contre terre, il se prosterna trois fois devant Jonathas ; puis ils s’embrassèrent l’un l’autre et pleurèrent au sujet l’un de l’autre, au point que David fondit en larmes.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Et il se prosterna ; littéralement : et il adora. Voir Genèse, 18, 2.

Et Jonathas dit à David : « Va en paix, après que nous avons juré l’un et l’autre, au nom de Yahweh, en disant : Que Yahweh soit entre moi et toi, entre ma postérité et ta postérité à jamais ! »