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Romains 9

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Enregistrement réalisé par Jean-Marie Weber, mission-web.com, d'après la Bible Crampon (1923).

Mis à disposition sous licence Creative Commons Attribution, Pas d'utilisation commerciale, Pas de modification 2.0 France, dont les conditions sont :

  • aucune utilisation commerciale ;
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  • paternité : l'auteur de l'enregistrement doit être cité.

Les fichiers sont diffusés ici tels qu'ils ont été reçus, sans découpage ni ré-encodage.

Je dis la vérité dans le Christ, je ne mens point, ma conscience m’en rend témoignage par l’Esprit-Saint :

j’éprouve une grande tristesse et j’ai au cœur une douleur incessante.

Car je souhaiterais d’être moi-même anathème, loin du Christ, pour mes frères, mes parents selon la chair,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Actes des Apôtres, 9, 2 ; 1 Corinthiens, 15, 9. ― Bossuet remarque avec raison que l’Apôtre ne porte pas ses vœux vers l’état des damnés, quant aux peines, et quant au péché qui en est la cause, mais qu’il se borne à souhaiter d’être privé de la gloire dont Dieu couronne les élus. D’ailleurs ce souhait n’est pas absolu, puisque, outre qu’il procède d’une condition impossible, saint Paul désire partout posséder Dieu. Ainsi on peut ne voir dans ces paroles qu’une hyperbole dictée par un zèle qu’on admire, mais qui ne doit pas être poussé à la rigueur.

qui sont Israélites, à qui appartiennent l’adoption, et la gloire, et les alliances, et la Loi, et le culte, et les promesses,

et les patriarches, et de qui est issu le Christ selon la chair, lequel est au-dessus de toutes choses, Dieu, béni éternellement. Amen !

Ce n’est pas que la parole de Dieu ait failli. Car tous ceux qui descendent d’Israël ne sont pas le véritable Israël,

et pour être la postérité d’Abraham, tous ne sont pas ses enfants ; mais « C’est la postérité d’Isaac qui sera dite ta postérité »,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 21, 12. ― Littéralement : En Isaac sera appelée ta postérité, pour En Isaac sera ta postérité. Comparer à Romains, 7, 3.

c’est-à-dire que ce sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais ce sont les enfants de la promesse qui sont regardés comme la postérité d’Abraham.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Galates, 4, 28.

Voici en effet les termes d’une promesse : « Je reviendrai à cette même époque, et Sara aura un fils. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 18, 10.

Et non seulement Sara ; mais il en fut encore ainsi de Rebecca qui conçut deux enfants d’un seul homme, d’Isaac notre père ;

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 25, 24. ― Qui eut deux fils Jacob et Esaü.

car, avant même que les enfants fussent nés, et qu’ils eussent rien fait, ni bien ni mal, — afin que le dessein électif de Dieu fût reconnu ferme, non en vertu des œuvres, mais par le choix de celui qui appelle, —

il fut dit à Rebecca : « L’aîné sera assujetti au plus jeune »,

selon qu’il est écrit : « J’ai aimé Jacob, et j’ai haï Esaü. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Genèse, 25, 23 ; Malachie, 1, 2. ― Dans l’Ecriture, le mot haïr signifie souvent aimer moins. Ainsi l’Apôtre veut dire que Jacob a été préféré à Esaü, mais il veut montrer en même temps contre les Juifs, que par cette préférence donnée au plus jeune sur l’aîné, Dieu n’est lié envers aucune nation particulière dans la distribution de ses grâces. Car comme, en effet, il ne voit aucun mérite antérieur à sa grâce, mais qu’il trouve tout enveloppé dans le péché, dans la même masse de condamnation, il n’y a personne qu’il ne puisse justement laisser dans cette masse ; de sorte que quiconque en est délivré, l’est par sa miséricorde, et quiconque y est laissé, l’est avec justice. Comme lorsque, de deux hommes également criminels, un roi veut bien, par pure grâce, pardonner à l’un, tandis qu’il laisse la justice suivre son cours à l’égard de l’autre.

Que dirons-nous donc ? Y a-t-il de l’injustice en Dieu ? Loin de là !

Car il dit à Moïse : « Je ferai miséricorde à qui je veux faire miséricorde, et j’aurai compassion de qui je veux avoir compassion. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 33, 19.

Ainsi donc l’élection ne dépend ni de la volonté, ni des efforts, mais de Dieu qui fait miséricorde.

Car l’Écriture dit à Pharaon : « Je t’ai suscité, pour montrer en toi ma puissance et pour que mon nom soit célébré sur toute la terre. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Exode, 9, 16.

Ainsi il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut.

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Dieu endurcit le cœur, non pas en lui inspirant le mal, mais en ne lui accordant pas la grâce, qui est purement gratuite de sa part.

Tu me diras : De quoi donc Dieu se plaint-il encore ? Car qui peut s’opposer à sa volonté ?

Mais plutôt, ô homme, qui es-tu pour contester avec Dieu ? Est-ce que le vase d’argile dit à celui qui l’a façonné : Pourquoi m’as-tu fait ainsi ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Sagesse, 15, 7 ; Isaïe, 45, 9 ; Jérémie, 18, 6.

Le potier n’est-il pas maître de son argile, pour faire de la même masse un vase d’honneur et un vase d’ignominie ?

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Si la comparaison du potier et de l’argile n’est pas juste sous tous les rapports, puisque l’argile ne concourt pas à la forme qu’on lui donne, tandis que l’homme concourt à la sainteté que Dieu lui communique, elle l’est au moins sous ceux pour lesquels l’Apôtre en fait usage ici.

Et si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère, formés pour la perdition,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Que si Dieu, etc. Le raisonnement qui commence ici, et qui se poursuit à travers diverses phrases incidentes, l’Apôtre le conclut au verset 30.

et s’il a voulu faire connaître aussi les richesses de sa gloire à l’égard des vases de miséricorde qu’il a d’avance préparés pour la gloire,

envers nous, qu’il a appelés, non seulement d’entre les Juifs, mais encore d’entre les Gentils, où est l’injustice ?

C’est ainsi qu’il dit dans Osée : « Celui qui n’était pas mon peuple, je l’appellerai mon peuple et celle qui n’était pas la bien-aimée, je l’appellerai bien-aimée. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Osée, 2, 24 ; 1 Pierre, 2, 10.

« Et dans le lieu où il leur fut dit : Vous n’êtes pas mon peuple, là même on les appellera fils du Dieu vivant. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Autre citation d’Osée (voir Osée, 1, 10), parlant encore des dix tribus. La vocation des gentils entre donc dans le plan divin de la rédemption ; il en est de même de l’incrédulité d’une partie des Juifs, et par suite de leur exclusion du salut messianique (voir versets 27 et 28).

D’autre part, Isaïe s’écrie au sujet d’Israël : « Quand le nombre des fils d’Israël serait comme le sable de la mer, un faible reste seulement sera sauvé. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 10, 22.

Car accomplissant sa parole pleinement et promptement, il l’exécutera sur la terre [en toute justice].

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Cette parole ; cette prophétie d’Isaïe. ― L’abrégera ; c’est-à-dire il réglera le temps de son accomplissement ; il l’accomplira promptement.

Et comme Isaïe l’avait prédit : « Si le Seigneur des armées ne nous avait laissé un rejeton, nous serions devenus comme Sodome, et nous aurions été semblables à Gomorrhe. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir Isaïe, 1, 9. ― Sabaoth, mot hébreu, que l’on traduit ordinairement par armées ; mais dont le sens primitif est : ce que le ciel et la terre renferment. Comparer à Genèse, 2, 1.

Que dirons-nous donc ? Que les Gentils, qui ne cherchaient pas la justice, on atteint la justice, mais la justice qui vient de la foi,

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Saint Paul reprend ici le raisonnement qu’il a commencé au verset 22.

tandis qu’Israël, qui cherchait une loi de justice, n’est point parvenu à une loi de justice.

Pourquoi ? parce qu’il a cherché à l’atteindre, non par la foi, mais comme s’il avait pu arriver par les œuvres. Il s’est heurté contre la pierre d’achoppement,

selon qu’il est écrit : « Voici que je mets en Sion une pierre d’achoppement et un rocher de scandale, mais quiconque croit en lui ne sera pas confondu. »

Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)

Voir 1 Pierre, 2, 7. ― Ecrit : l’Apôtre fond ensemble deux versets d’Isaïe (voir Isaïe, 8, 14 et 28, 16) qui, dans le sens littéral, se rapportent à Yahweh et à la théocratie de l’ancienne Alliance, et, dans le sens typique, au Messie. Comparer à 1 Corinthiens, 1, 23 ; Matthieu, 11, 6. ― En lui ; c’est-à-dire en celui qui est représenté par la pierre d’achoppement et de scandale.