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Michée 7
MALHEUR à moi ! parce que je suis réduit à cueillir des raisins à la fin de l’automne, après que la vendange a été faite : je ne trouve pas à manger une seule grappe, et j’ai désiré en vain quelques-unes de ces figues les premières mûres.
On ne trouve plus de saints sur la terre ; il n’y a personne qui ait le cœur droit : tous tendent des pièges pour verser le sang ; le frère cherche la mort de son frère.
Ils appellent bien le mal qu’ils font : le prince exige : le juge est à vendre : un grand fait éclater dans ses paroles la passion de son cœur ; et ceux qui l’approchent la fortifient.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le mal de leurs mains ; le mal qu’ils font. ― Le prince demande, exige des choses injustes. ― Le juge est pour la rétribution (judex in reddendo est), se fait rétribuer, exige des présents de ses clients. Comparer à Michée, 3, 1. Pour cette interprétation qui paraît la plus simple et la plus conforme au texte hébreu, il faut supposer que reddendo a ici le sens passif. Or ce n’est pas le seul cas où le gérondif en latin se trouve employé dans ce sens. ― La terre ; le pays. Le pronom féminin eam se rapporte à terre (terra) du verset précédent.
Le meilleur d’entre eux est comme une ronce, et le plus juste est comme l’épine d’une haie. Mais voici le jour qu’ont vu les prophètes, voici le temps où Dieu vous visitera dans sa colère : vous allez être détruits.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ta visite ; c’est-à-dire, ta punition, ton châtiment. ― Leurs désolation ; la désolation du prince et du juge, mentionnés au verset précédent.
Ne vous fiez point à votre ami ; ne vous reposez point sur celui qui vous gouverne : tenez fermée la porte de votre bouche, et ne vous ouvrez pas à celle-là même qui dort auprès de vous.
Car le fils traite son père avec outrage ; la fille s’élève contre sa mère, la belle-fille contre sa belle-mère : et l’homme a pour ennemis ceux de sa propre maison.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Matthieu, 10, 35-36.
Mais pour moi, je jetterai les yeux sur le Seigneur ; j’attendrai Dieu, mon Sauveur, et mon Dieu écoutera ma voix.
Ô mon ennemie ! ne vous réjouissez point de ce que je suis tombée : je me relèverai après que je me serai assise dans les ténèbres ; le Seigneur est ma lumière.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ne te réjouis pas, etc. ; c’est Samarie qui parle à Babylone.
Je porterai le poids de la colère du Seigneur, parce que j’ai péché contre lui, jusqu’à ce qu’il juge ma cause, et qu’il se déclare pour moi contre ceux qui me persécutent : alors il me fera passer des ténèbres à la lumière ; je contemplerai sa justice.
Mon ennemie me verra alors, et elle sera couverte de confusion, elle qui me dit maintenant : Où est le Seigneur, votre Dieu ? Mes yeux la verront, et elle sera foulée aux pieds comme la boue qui est dans les rues.
En ce jour-là vos masures seront changées en des bâtiments ; en ce jour-là vous serez affranchis de la loi qui vous avait été imposée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
S’éloignera, etc. ; tu seras affranchie de la loi du vainqueur.
En ce jour-là on viendra de l’Assyrie jusqu’à vous, et jusqu’à vos villes fortes, et de vos villes fortes jusqu’au fleuve, depuis une mer jusqu’à l’autre mer, et depuis les montagnes jusqu’aux montagnes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
D’une mer, etc. Ces deux mers sont probablement la Méditerranée à l’occident et la mer Morte à l’orient. ― De la montagne, etc., c’est-à-dire, depuis les montagnes de l’Arabie Pétrée jusqu’à celles du Liban au septentrion. ― Au lieu de cités fortifiées, l’hébreu porte : cités d’Egypte. ― Jusqu’au fleuve de l’Euphrate.
Et la terre cependant sera désolée à cause de ses habitants, pour les punir de leurs desseins criminels.
Ô Seigneur ! paissez et conduisez avec votre verge votre peuple, le troupeau de votre héritage, désolé comme ceux qui habitent seuls dans une forêt : paissez-le au milieu du Carmel. Les troupeaux iront paître en Basan et en Galaad, comme ils y allaient autrefois.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Le troupeau, etc. ; ce sont les Israélites revenus de la captivité. Affranchis de la captivité de leurs ennemis, capables de se soutenir seuls et sans le secours d’autrui, ils paissent en liberté et sans crainte au milieu de leur pays, et dans la fertilité du Carmel. ― Basan. Voir Nombres, 21, 33. ― Galaad. Voir Nombres, 32, 1.
Je ferai voir des merveilles à mon peuple, comme lorsque je vous tirai de l’Égypte.
Les nations les verront devant leurs yeux, et elles seront confondues avec toute leur puissance : les peuples mettront leur main sur leur bouche, et leurs oreilles deviendront sourdes.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Elles mettront la main sur leur bouche pour marquer que l’étonnement et l’admiration les rendent muettes.
Ils mangeront la poussière comme les serpents ; ils seront épouvantés dans leurs maisons comme les bêtes qui rampent sur la terre : ils trembleront devant le Seigneur, notre Dieu, et ils vous craindront.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Lécher la poussière, c’est ramper.
Ô Dieu ! qui est semblable à vous, qui effacez l’iniquité, et qui oubliez les péchés du reste de votre héritage ? Le Seigneur ne répandra plus sa fureur contre les siens, parce qu’il se plaît à faire miséricorde.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 10, 6 ; Actes des Apôtres, 10, 43.
Il aura encore compassion de nous : il détruira nos iniquités, et il jettera tous nos péchés au fond de la mer.
Ô Seigneur ! vous accomplirez vos paroles sur Jacob ; vous ferez miséricorde à Abraham, selon que vous l’avez promis avec serment à nos pères depuis tant de siècles.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Figues précoces, les premières figues, qui sont excellentes.