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Michée 6
ÉCOUTEZ ce que le Seigneur m’a dit : Allez, soutenez ma cause devant les montagnes, et faites entendre aux collines votre voix.
Montagnes, écoutez la défense du Seigneur, écoutez-la, vous qui êtes les fondements de la terre. Car le Seigneur veut entrer en jugement avec son peuple, et se justifier devant Israël.
Mon peuple, que vous ai-je fait ? en quoi vous ai-je donné sujet de vous plaindre ? Répondez-moi.
Est-ce à cause que je vous ai tiré de l’Égypte, que je vous ai délivré d’une maison d’esclavage, et que j’ai envoyé pour vous conduire, Moïse, Aaron et Marie ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Marie était la sœur de Moïse.
Mon peuple, souvenez-vous, je vous prie, du dessein malicieux que Balac, roi de Moab, avait formé contre vous, de ce que lui répondit Balaam, fils de Béor, et de ce que j’ai fait pour vous entre Sétim et Galgala ; et reconnaissez combien le Seigneur est juste et plein de bonté.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Nombres, chapitre 23. ― De ce que pensa ; des desseins, etc. Voir Nombres, chapitres 22 et 24. ― Sétim, lieu où les Israélites se livrèrent à l’idolâtrie avec les Moabites. ― Galgala, le premier campement des Israélites dans la terre de Chanaan (voir Josué, 4, 19). ― Sétim, sur les bords du Jourdain, à l’est, près de son embouchure dans la mer Morte, était vis-à-vis de Galgala et de Jéricho.
Qu’offrirai-je au Seigneur qui soit digne de lui ? Fléchirai-je les genoux devant le Dieu très-haut ? Lui offrirai-je des holocaustes, et des veaux d’un an ?
L’apaiserai-je en lui sacrifiant mille béliers, ou des milliers de boucs engraissés ? Lui sacrifierai-je pour mon crime mon fils aîné, et pour mon péché quelque autre de mes enfants ?
Ô homme ! je vous dirai ce qui vous est utile, et ce que le Seigneur demande de vous : c’est que vous agissiez selon la justice, que vous aimiez la miséricorde, et que vous marchiez en la présence du Seigneur, avec une vigilance pleine d’une crainte respectueuse.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Marcher, etc. ; hébraïsme, pour se conduire d’une manière irréprochable, parfaitement conforme à la volonté divine.
Le Seigneur parle à la ville avec une voix puissante : et ceux qui craindront votre nom, ô Dieu ! seront sauvés. Écoutez-le donc, ô tribus ! mais qui est-ce qui recevra avec soumission cette parole ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La cité, Jérusalem ou Samarie, capitale du royaume d’Israël ; car il paraît, par le verset 16, que la prophétie contenue dans ce chapitre regarde les dix tribus. ― Qui approuvera cela : qui est-ce qui recevra avec soumission la parole du Seigneur ?
Les trésors de l’iniquité sont encore dans la maison de l’impie comme un feu qui la consume : et la fausse mesure dont il se sert, est pleine de la colère de Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
La petite mesure. Voir Amos, 8, 5.
Puis-je, dit le Seigneur, ne pas condamner la balance injuste, et le poids trompeur du sac ?
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Anciennement, chez les Hébreux, chacun portait sur soi un sachet dans lequel étaient des pierres qui servaient de poids pour peser l’argent.
C’est par ces moyens que les riches de cette ville sont remplis d’iniquité : ses habitants usent de déguisement et de mensonge, et leur langue est dans leur bouche comme un instrument de tromperie.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Ses riches ; les riches de Jérusalem, ou de Samarie. Voir le verset 9.
C’est donc pour cela, c’est pour vos péchés que j’ai commencé à vous frapper d’une plaie mortelle.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Dans ce verset et les suivants Dieu s’adresse à Samarie.
Vous mangerez, et vous ne serez point rassasié ; vous serez pénétré de confusion et de maux : vous prendrez entre vos bras vos enfantspour les sauver, et vous ne les sauverez point : si vous en sauvez quelques-uns, je les livrerai encore au tranchant de l’épée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Tu saisiras ; tu prendras tes enfants entre tes bras.
Vous sèmerez, et vous ne recueillerez point ; vous presserez les olives, et vous ne vous servirez point de l’huile qui en sortira ; vous foulerez les raisins, et vous n’en boirez point le vin.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Deutéronome, 28, 38 ; Aggée, 1, 6.
Vous avez gardé avec soin les ordonnances d’Amri : vous avez imité en toutes choses la maison d’Achab, et vous avez marché sur leurs traces. C’est pourquoi je vous abandonnerai à votre perte ; je rendrai vos habitants l’objet de la raillerie des hommes, et vous serez couvert de l’opprobre que mérite un peuple rebelle à son Dieu.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Amri, roi d’Israël, et Achab son fils, furent de très méchants princes (voir 3 Rois, 16, verset 25 et suivants). ― Au sifflement ; c’est-à-dire, à la risée.
Commentaire — Abbé Vigouroux (1902)
Voir Jérémie, 2, 5.